MondeCoupe du monde 2014

Luis Suarez consolant Steven Gerrard, la plus belle image de ce Mondial

Grégoire Fleurot, mis à jour le 20.06.2014 à 10 h 05

Steven Gerrard et Luis Suarez à la fin du match entre l'Angleterre et l'Uruguay le 19 juin à Sao Paulo, AFP PHOTO / BEN STANSALL

Steven Gerrard et Luis Suarez à la fin du match entre l'Angleterre et l'Uruguay le 19 juin à Sao Paulo, AFP PHOTO / BEN STANSALL

C'est sans doute la plus belle image de ce début de Mondial. Luis Suarez, le génial attaquant uruguayen qui vient de mettre l'Angleterre à genoux en marquant deux buts lors d'un match fort en émotions, vient réconforter son coéquipier et capitaine en club Steven Gerrard. La photo réunit deux grands footballeurs qui jouent ensemble depuis quatre ans à Liverpool, mais dont les histoires personnelles au cours de ces dernières semaines ne peuvent être plus différentes.

Luis Suarez est le miraculé du moment. Il y a moins d'un mois, il sortait de l'hôpital en chaise roulante après une opération des ménisques, et sa participation à la Coupe du monde était pour le moins incertaine.

Absent lors du premier match de l'Uruguay, une piteuse défaite face à l'équipe la plus faible du «groupe de la mort», le Costa Rica, il était de retour pour le match contre l'Angleterre. Visiblement diminué, sa hargne et son talent hors norme lui ont permis de compenser et d'inscrire deux buts qui l'ont chacun fait rentrer dans un état second, et avec lui une bonne partie de ses trois millions de compatriotes. En Uruguay, le football est bien plus qu'un sport, et Suarez, déjà adulé depuis sa prestation au dernier Mondial, en est définitivement devenu le roi.

Le capitaine anglais, lui, vient de vivre les quelques semaines les plus cruelles de sa carrière. En Premier League, Liverpool était idéalement placé pour gagner le seul trophée qui lui échappait depuis que Steven Gerrard y a débuté à 18 ans, en 1998.

 

 

Après la victoire contre Manchester City

En avril, après une victoire cruciale face au concurrent Manchester City, ses larmes et son discours à ses coéquipiers pour les mettre en garde contre tout relâchement alors que le titre leur tendait les bras avaient résumé l'importance d'une possible victoire finale pour cet enfant de la ville devenu joueur emblématique de ce club pas comme les autres.

Mais quelques jours plus tard, terrible ironie du sort: celui qui avait demandé à ses coéquipiers de ne pas laisser le titre leur «glisser» entre les mains glisse face à Chelsea sur une passe anodine du Français Mamadou Sakho, offrant un but à l'adversaire et compromettant sérieusement les rêves de titre de son équipe.

Une semaine plus tard, à l'issue d'un match nul face à Crystal Palace qui enlevait leurs derniers espoirs aux Reds, c'était Steven Gerrard qui avait dû consoler son coéquipier Luis Suarez:


REUTERS/Dylan Martinez 

L'histoire s'est répétée ce jeudi à São Paulo: à la 85e minute, alors que l'Angleterre était parvenue à égaliser et à conserver à ce moment-là toutes ses chances de qualification, Gerrard dévie un long dégagement du gardien uruguayen Muslera dans les pieds de Suarez, qui ne se fait pas prier pour faire parler son redoutable sens du but. 

Cette fois-ci, c'est Suarez qui a consolé son adversaire:


AFP photo / Ben Stansall

Bien sûr, l'erreur de Gerrard n'est pas aussi grossière que celle qu'il avait commise contre Chelsea. Et l'Angleterre, malgré ses deux défaites, n'est pas encore tout à fait éliminée: elle peut passer au tour suivant si l'Italie bat le Costa Rica vendredi puis l'Uruguay lors du dernier match, et que les Anglais remportent leur dernier match face au Costa Rica avec une grosse différence de buts. Mais ce scénario est loin d'être le plus probable, et ce deuxième but de Suarez a de bonnes chances d'être celui qui a éliminé l'Angleterre.

Il restera donc de ce match cette photo de deux joueurs immenses, mais si différents: l'un voyou, accusé de tricherie et de racisme, ayant déjà mordu pas un mais deux adversaires, prêt à tout pour gagner, l'autre symbole de l'engagement à la régulière et de l'amour du maillot des classes populaires anglaises.

Grégoire Fleurot
Grégoire Fleurot (799 articles)
Journaliste
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