Monde

Payer les gens pour qu'ils ne se tuent pas, ça fonctionne?

Temps de lecture : 2 min

C'est l'expérience menée par la ville de Richmond, aux Etats-Unis.

Carlson Avenue Spot - Richmond, California / Kris Krug via Flickr CC License By

Le magazine Mother Jones consacre un long reportage à une surprenante opération de prévention de la criminalité menée à Richmond, en Californie, l’une des villes les plus meurtrières du pays. L’expérience consiste à identifier les 50 personnes de la ville les plus susceptibles de tuer quelqu’un ou d’être tuées, et de leur proposer de participer au programme, qui consiste à être payé pour rester à l’écart des problèmes.

Démarré en 2007, le programme du Bureau pour la sécurité du voisinage («Office of Neighborhood Safety», ONS) a été initié par DeVone Boggan, lui-même ancien délinquant devenu consultant. Chaque année, l’équipe de l’ONS consulte les documents de la police, compile des statistiques et des probabilités et croise le tout avec ses informations recueillies dans la rue. Une fois que les volontaires du programme, souvent d’anciens délinquants, ont identifié leurs «clients», ils les rencontrent et leur proposent de 300 dollars à 1.000 dollars par mois (de 220 euros à 735 euros) en fonction de leurs progrès dans les objectifs qui leur sont assignés.

Le programme repose sur la connaissance du terrain, des quartiers et des individus des volontaires, mais aussi sur leur principe fièrement affiché et controversé de ne pas collaborer avec la police... Les membres d’ONS ne témoignent pas dans les procès impliquant des cibles de leur programme, ni ne servent d’informateurs aux autorités.

L’expérience en rappelle une autre, menée à Chicago dans les années 1990 auprès d’étudiants à risque, à laquelle avaient participé des statisticiens et même Steven Levitt, l’auteur du célèbre Freakonomics. Comme dans le programme ONS, il consistait à prévenir les meurtres et règlements de compte entre bandes rivales entre confrontant les potentiels tireurs et en suivant les jeunes concernés par un programme de tutorat.

Résultat: sur les 47 mois du programme, 65 des 68 personnes concernées étaient toujours en vie. Le taux d’homicides de Richmond, qui était la neuvième ville la plus dangereuse des Etats-Unis, est passé de 47 pour 100.000 à 15 pour 100.000 en 2013, même si ce taux a également baissé ailleurs aux Etats-Unis, mais en moindre proportion.

Slate.fr

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