Boire & manger

Le souvenir de la dernière bouchée influence nos futures envies alimentaires

Repéré par Lucie de la Héronnière, mis à jour le 20.06.2014 à 9 h 57

Repéré sur Psychological Science, Association for Psychological Science, New York Daily News

Ou pourquoi il ne faut pas manger de trop grosses portions de quelque chose de sain et/ou que l'on aime.

Vegan Double Chocolate Brownie Chunk Ice Cream/ Veganbaking.net via Flickr CCLicence By

Vegan Double Chocolate Brownie Chunk Ice Cream/ Veganbaking.net via Flickr CCLicence By

Votre mémoire retient le goût de la dernière bouchée d’une entrecôte, d’une glace au chocolat ou de tout autre plat. Que vous ayez apprécié ou détesté cet ultime morceau, il influencera beaucoup plus que la première bouchée votre future décision de manger de nouveau (ou pas) le plat en question.

Une récente étude publiée dans Psychological Science se penche sur la manière dont les souvenirs alimentaires sont créés et déterminent les choix alimentaires. «La dernière bouchée de nourriture est une pure sensation de goût, qui va instiller un souvenir durable de la nourriture en question, et déterminer quand vous aller en avoir encore envie», explique New York Daily News.

Pour arriver à ces résultats, les chercheurs ont demandé à 134 étudiants de choisir leur saveur préférée parmi trois différents crackers. Les cobayes ont ensuite reçu différentes portions de leur goût favori.

Le groupe qui a reçu des grosses portions de 15 crackers par personne a rapporté, au final, avoir eu moins de plaisir à manger que le groupe qui avait une portion limitée à 3 crackers. Ce qui confirme un fait bien établi: la première bouchée d’un aliment qu’on aime bien est très plaisante, mais au fur et à mesure, les bouchées deviennent moins agréables. C’est le rassasiement sensoriel spécifique, «la diminution progressive, jusqu’au rassasiement, du plaisir tiré de la consommation d’un aliment déterminé alors que le plaisir lié à d’autres aliments présentant des caractéristiques sensorielles différentes n’est pas affecté»

Ensuite, les individus du groupe «petite portion» ont été plus rapides que le groupe «grosse portion» à demander une boîte à emporter de leur biscuit préféré. Ce qui signifie que la mémoire de la dernière bouchée est plus importante que celle de la première bouchée. Les goûts les plus récemment rencontrés guident nos décisions quand il s’agit de manger de nouveau, ou pas, cette nourriture. 

La suite de l’étude montre que des «rappels verbaux» aident la mémoire à se rappeler du bon goût de la première gorgée d’un jus d’orange. L’équipe suggère donc que certaines stratégies, comme repenser aux premières bouchées ou gorgées, pourrait encourager les consommateurs à manger de nouveau un aliment sans trop tarder.

Bref, «la mémoire des moments de fin, quand les gens sont plus rassasiés, interfère avec la mémoire des moments du début. Donc, quand les gens décident dans combien de temps ils vont de nouveau manger un aliment, les moments de fin influencent plus le choix que les moments initiaux».

Emily Garbinsky, principale auteure de l'étude, explique à New York Daily News une application agro-alimentaire:

«Ces résultats sont importants, car ils suggèrent que des grosses portions pourraient être préjudiciables pour les entreprises, parce qu’elles allongent le temps jusqu’à la répétition de la consommation du produit. (…) Et c’est aussi important pour les consommateurs, car manger trop de notre aliment préféré –ou d'un aliment sain– pourrait augmenter le laps de temps avant que l'on ait envie d’en manger de nouveau.»

Elle précise bien qu’il s’agit bien d’une expérience en labo qu’il faudra la reproduire dans d’autres contextes. 

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