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Le bac, mythes et légendes urbaines

Lycée Clemenceau à Nantes, en 2011. REUTERS/Stephane Mahe

Lycée Clemenceau à Nantes, en 2011. REUTERS/Stephane Mahe

La rumeur court toujours, qu'on ait passé son bac dans les années 1980 ou en 2014.

Les élèves français passent ce mercredi 17 juin la première épreuve du bac: celle de philosophie. Nous republions à cette occasion cet article.  

Le bac est un monument de 206 ans et un lieu de mémoire pour une part de plus importante de la jeunesse –en 2013, 73% d’une génération a obtenu ce premier diplôme– qui clôt avec lui une quinzaine d’années d’école.

L’examen a changé durant ces deux siècles, mais l’anxiété avant les épreuves et l’émotion à l’annonce des résultats constituent des expérience communes à ces bacheliers. Le bac a aussi eu le temps de construire ses mythologies et ses légendes, comme le montrent les histoires qui tournent depuis des décennies à son sujet. Florilège.

20/20 pour une phrase au bac philo

Voici la plus courante et la meilleure des légendes, celle que tous les élèves de terminale de France qui passent le bac philo ont entendu au moins une fois:

Au sujet Qu'est-ce que le courage? (Variantes Qu'est-ce que l’audace? / Qu'est-ce que le risque?) un élève aurait répondu un «c'est ça!», avant de quitter la salle d’examen, lui valant un 20 sur 20.

La rumeur a même carrément obsédé une ministre...  Najat Vallaud Belkacem, comme elle l’a confié récemment à l’Express.fr.

Selon le ministère, ce sujet n'a jamais été donné et «il s'agit bien d'une légende qui s'ajoute aux nombreuses idées reçues sur le baccalauréat», est-il écrit sur la FAQ du site de l'Education nationale. D'après deux enseignants de philosophie interrogés, elle ne permettrait en aucun cas d'avoir un 20!

Le zéro est éliminatoire

C’est faux, mais il peut sérieusement faire baisser la moyenne et conduire à un échec à l’examen.

Si un élève meurt dans l'année toute la classe a le bac

...Franchement?

Si on perd une copie, l’élève obtient 20 d’office

Totalement faux, dixit le ministère de l'Education nationale: «Il s'agit bien d'une légende qui s'ajoute aux nombreuses idées reçues sur le baccalauréat.»

Le cas s'est produit en 2012 dans l'académie Aix-Marseille, une correctrice s'étant fait voler son sac. Les élèves ont dû repasser l'épreuve.

En cas de fraude, le candidat sera interdit à l’examen du permis de conduire?

Sur le site du ministère toujours:

«C’est une idée reçue qui a la vie dure: l’interdiction de passer son permis de conduire en cas de fraude est bien une légende urbaine.»

En revanche, frauder à l’examen est passible, entre autres, de l'interdiction de repasser le bac ou tout titre ou diplôme délivré par un établissement public dispensant des formations post-baccalauréat pour une durée maximum de cinq ans. Et pour les cas de divulgation de sujets d’épreuves ou de substitution de personne, le fraudeur risque un emprisonnement de trois ans et une amende de 9.000 euros.

Tout le monde a eu son bac en 1968

Pas tout à fait vrai. Le taux de réussite fut de 81,3%, très proche de celui d’aujourd’hui, mais environ 20 points au-dessus de celui des années précédentes.

Selon les sociologues Eric Maurin et Sandra Mc Nally, qui ont étudié le destin de ces bacheliers, l’accès aux études supérieures leur a permis de décrocher de meilleurs emplois et finalement de prétendre à des salaires plus élevés que ceux des sessions 1967 et 1969.

Pour résumer l’idée, voici le commentaire qu’ont inspiré ces travaux à l’économiste Thierry Pech:

«68 est pour eux une expérience “grandeur nature” des effets que l’on pourrait attendre aujourd’hui d’une ouverture accrue de l’enseignement supérieur à l’ensemble des catégories sociales, a fortiori de celles qui restent le plus souvent à sa porte.»

Intéressant non?

Une mère remplace sa fille à une épreuve et personne ne s'aperçoit de rien

Une mère a en effet, l’an dernier, tenté de se substituer à sa fille. Mais elle s’est fait repérer...

Le prof qui est tellement dur qu'il est interdit de correction bac

Non... mais on l’évite! Voici la réponse des pros

(IPR: inspecteurs pédagogiques régionaux).

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