Culture

Qui est l'homme mystérieux caché dans «La chambre bleue» de Picasso?

Repéré par Jean-Laurent Cassely, mis à jour le 18.06.2014 à 11 h 27

Repéré sur Washington Post

Le portrait d’un homme a été identifié sous les couches de peinture d’un célèbre tableau de Picasso, La chambre bleue, et sa silhouette révélée par l’Associated Press. L’aboutissement d’une enquête picturale qui dure depuis au moins un demi-siècle.

Dès 1954, un conservateur avait remarqué des coups de pinceau qui ne correspondaient pas à la composition du tableau et dans les années 1990, un scanner au rayon X laissait entrevoir un dessin caché sous les couches de La chambre bleue, sans qu’on puisse en identifier le motif. En 2008, la silhouette d’un homme barbu avait été pour la première révélée par l’imagerie infrarouge. Mais il aura fallu attendre 2014 pour avoir une image claire de la peinture cachée.

Durant cinq ans, des experts de l’université Cornell, de la National Gallery of Art, du musée Winterthur du Delaware et de la collection Phillips à Washington, propriétaire de la toile depuis 1927, ont utilisé l’imagerie infrarouge et ont réussi à séparer les différents pigments pour obtenir l’image de l’homme mystère, qui porte une veste et un nœud papillon et repose sa tête légèrement inclinée sur sa main. L’homme est peint à la verticale alors que la composition de La chambre bleue est peinte à l’horizontale.

Les chercheurs de la collection Phillips se demandent à présent qui peut être ce personnage, ayant éliminé la possibilité qu’il s’agisse d’un autoportrait. Les conservateurs de la collection envisagent l’hypothèse que le portrait représente le marchand d’art et galeriste Ambroise Vollard, qui a accueilli la première exposition de Picasso à Paris en 1901.

Si la découverte de l’«homme mystère» caché derrière la toile de Picasso a tout de l'amorce du scénario à énigme, l’explication de sa présence est en revanche très prosaïque.

En 1901, l’artiste vit à Paris dans la pauvreté, et peint frénétiquement dès que l’inspiration lui vient. Comme le précise la conservatrice de la collection Philips, Susan Behrends Frank:

«Il ne pouvait pas se permettre d’acheter de nouvelles toiles à chaque fois qu’il avait une idée qu’il voulait suivre. Il travaillait parfois sur du carton car les toiles étaient bien plus chères».

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