France

Affaire Bygmalion: pendant la campagne 2012, des meetings à plus de 100 euros le participant

Jean-Laurent Cassely, mis à jour le 17.06.2014 à 19 h 11

Le meeting de Nicolas Sarkozy au Trocadéro à Paris, le 1er mai 2012. REUTERS/Philippe Wojazer

Le meeting de Nicolas Sarkozy au Trocadéro à Paris, le 1er mai 2012. REUTERS/Philippe Wojazer

L'affaire Bygmalion est loin d'être terminée. Ce mardi 17 juin, Mediapart a publié le détail de la double comptabilité de l'entreprise de communication fondée par des proches de Jean-François Copé, soupçonnée d'avoir aidé l'équipe de campagne de Nicolas Sarkozy à sous-estimer une partie de ses dépenses lors de l'élection présidentielle de 2012.

Une enquête préliminaire a été ouverte, dans lequel l'ancien bras droit de Copé Jérôme Lavrilleux vient d'ailleurs d'être placé en garde à vue, et l'avocat de la société a d'ores et déjà admis une sous-déclaration d'un montant de 11 millions d'euros pour arranger l'UMP –et faire en sorte que son candidat ne dépasse pas le plafond. Or, les prestations dissimulées s'élèveraient, selon le document publié par Mediapart, à 17 millions d'euros. Le tableau présenté par le site est simple: une ligne par meeting avec, en colonnes, le montant facturé et déclaré à la Commission des comptes de campagne, le montant réel et la différence entre les deux...

L'affaire a déjà coûté son poste de président de l'UMP à Jean-François Copé. Reste à savoir jusqu'où et à qui elle remontera, à commencer par l'ancien président de la République, qui pourrait vouloir se représenter en 2017 contre François Hollande.

En attendant les prochains épisodes qui rythmeront l'haletante marche vers 2017 et la guerre froide à droite, nous nous sommes demandés, à partir des éléments de Mediapart et des estimations du nombre de personnes ayant assisté à chaque meeting en 2012, combien avait coûté chaque réunion par militant/sympathisant présent. 

Notre petit jeu a consisté à retrouver dans la presse l'évaluation du nombre de militants présents à chaque meeting: il s'agit d'estimations faites sur place par les journalistes ou bien de chiffres avancés par l'organisation et parfois, enfin, d'un compromis entre deux chiffres. Au-delà de l'exercice impossible du décompte précis, cela permet de se faire une idée du coût par sympathisant d'un meeting de l'UMP en 2012, qui dépasse les 100 euros pour nombre d'entre eux, surtout dans les petites villes.

Pour le deuxième meeting du candidat et premier grand rassemblement, celui de Marseille le 19 février 2012, l'équipe de campagne de Nicolas Sarkozy déclare ainsi 100.104 euros pour un prix réel facturé par l'agence d'événementiel Event & Cie, filiale de Bygmalion, de... 770.677 euros, près de huit fois plus! Pour un meeting dont l'affluence est alors estimée à environ 10.000 personnes, on arrive à un coût d'environ 77 euros par participant.

Mais c'est peu en comparaison de meetings plus modestes organisés dans des villes moyennes, où se se sont déplacées environ 2.000 personnes à chaque fois: à Avignon (304.289 euros), Morlaix (282.372 euros) ou aux Sables d'Olonne (311.704 euros), l'ordre de grandeur est de 120 à 140 euros par militant!

Et le 5 avril 2012, pour un coût réel d'un peu plus de 249.000 euros et déclaré d'environ 92.000 euros, le candidat donnait une conférence de presse devant 400 journalistes pour présenter le coût de son programme. Coût de l'opération, plus de 620 euros par journaliste: on regrette de ne pas y être allés, ne serait-ce que pour le buffet...

Jean-Laurent Cassely
Jean-Laurent Cassely (990 articles)
Journaliste
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte