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Les Etats-Unis attendaient que Snowden fasse un faux pas pour l'arrêter. Et c'est Washington qui a fait l'erreur

Étienne Goetz, mis à jour le 16.06.2014 à 16 h 12

Edward Snowden lors d'une visioconférence avec les députés européens sur la "surveillance de masse" le 8 avril 2014. REUTERS / Vincent Kessler

Edward Snowden lors d'une visioconférence avec les députés européens sur la "surveillance de masse" le 8 avril 2014. REUTERS / Vincent Kessler

Malgré leurs moyens, les autorités américaines n’ont pas réussi à mettre la main sur le lanceur d'alerte qui a révélé le système de surveillance de la NSA. Et pour cause! Leur stratégie était simplement d’attendre qu'Edward Snowden commette un faux pas, raconte le Washington Post.  Et avec l'affaire de l'avion d'Evo Morales, les Etats-Unis ont réduit à quasi néant leurs chances d'arrêter Edward Snowden un jour.

Après le début des révélations et pendant des semaines, le FBI, la CIA, le département d’Etat et d’autres agences de renseignement se réunissaient presque tous les jours pour déterminer comment appréhender Edward Snowden. A chaque fois, les réunions tombaient dans la même impasse, raconte Lisa Monaco, conseillère en sécurité à la Maison Blanche: tout le monde devait interpeller ses homologues russes et tout le monde attendait un faux pas de Snowden.

«La meilleure opportunité aurait été qu’il atterrît dans un troisième pays», explique Lisa Monaco avant de poursuivre: «Nous espérions qu’il soit assez stupide pour monter dans un avion et avoir un allié disant: "Vous êtes dans notre espace aérien. Atterrissez"

L'erreur des Etats-Unis

C’était trop compter sur l’erreur humaine: Snowden n’a jamais été «assez stupide». Les autorités américaines en revanche ont commis un grossier faux pas en tentant de fouiller l’avion d’Evo Morales, président de la Bolivie ayant exprimé son soutien à l’égard de Snowden, quand son avion a été forcé de se poser à Vienne alors qu’il était de retour d’une réunion sur le gaz naturel à Moscou. Le président était soupçonné, à tort,  de transporter le lanceur d’alerte.

Cette erreur est d'autant plus grossière que les autorités autrichiennes étaient sceptiques à l’idée que Snowden se trouvât à l’intérieur, notant que Morales avait décollé d’un autre aéroport moscovite que celui où se trouvait Snowden. 

Même si le lanceur d’alerte s’était trouvé à bord, les Autrichiens n’auraient rien pu faire. En droit international, l’avion est considéré comme un territoire souverain. Cette règle est encore plus vraie en Autriche qui se considère comme diplomatiquement neutre.

L’affaire de l’avion de Morales est plus qu’un revers diplomatique. Elle est sans doute la cause pour laquelle Edward Snowden a abandonné toute idée de quitter la Russie réduisant à néant la «meilleure opportunité» décrite par Lisa Monaco.

Étienne Goetz
Étienne Goetz (12 articles)
Journaliste
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