Monde

En Ukraine, même le caramel est politique

Temps de lecture : 2 min

A Donetsk, les familles ont accusé le gouvernement d’avoir cherché à empoisonner leurs enfants avec des bonbons distribués… par les séparatistes.

L’histoire peut sembler anodine. Pourtant, elle illustre parfaitement la manière dont, malgré la récente élection démocratique du président ukrainien, la confusion la plus totale règne dans l’est du pays.

Dimanche dernier, dans l’autoproclamée république populaire de Donetsk, les séparatistes ont organisé une opération de propagande que Poutine ne renierait pas. Les familles avec enfants ont été invitées à se rassembler au square Lénine pour entendre les mégaphones vilipender «la junte sanguinaire de Kiev» qui «tire sur les civils» et «nos enfants».

Clou du spectacle, un camion blancs est arrivé et les séparatistes, portant treillis et mitraillettes, en ont sorti des dizaines de cartons contenant des bonbons, des caramels, chocolats et autres sucettes avant de les distribuer aux enfants.

Enfants et leurs parents se sont d’abord jetés dessus, en remplissant leurs poches. Mais la manifestation a pris un tour spectaculaire quand certains parents se sont rendus compte que les confiseries étaient de la marque Roshen, l’entreprise qui a fait la fortune du président ukrainien Petro Porochenko.

Comme le rapporte le Washington post, les mères se sont alors mis à piétiner les boites, à donner de furieux coups de pieds dans les emballages en criant «c’est une provocation» «les bonbons sont empoisonnés!». Certains enfants se sont joints à elles.

Décontenancés par la violence des réactions, les hommes en treillis sont remontés à bord de leurs camions, sous les jets de bonbons d’un père de famille… En février dernier, une journaliste qui s’était rendu en Ukraine au plus fort des affrontements s’était interrogée sur les conséquences du climat de tension sur les familles et l’éducation.

Nul doute qu’instiller l’idée qu’un dirigeant peut vouloir empoisonner les enfants avec des bonbons laissera des traces dans les esprits des enfants qui auront assisté à cette scène ubuesque.

Slate.fr

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