SportsCoupe du monde 2014

Les Pays-Bas ont fait un grand match contre l'Espagne, mais ils ne gagneront sans doute pas le Mondial

Grégoire Fleurot, mis à jour le 17.06.2014 à 1 h 16

Arjen Robben célèbre un but avec ses coéquipiers lors de Pays-bas-Espagne le 13 juin 2014 à Salvador de Bahia, REUTERS/Tony Gentile

Arjen Robben célèbre un but avec ses coéquipiers lors de Pays-bas-Espagne le 13 juin 2014 à Salvador de Bahia, REUTERS/Tony Gentile

Salvador de Bahia, Brésil

Première grosse surprise du Mondial: les Pays-Bas, qui abordaient la compétition avec peu de certitudes, ont humilié l'Espagne championne du monde et d'Europe en titre sur le score de 5-1 à Salvador de Bahia, ce vendredi 13 juin.

Le stade Fonte Nova a d'abord résonné au son des insultes du public brésilien envers le «traître» Diego Costa, joueur né au Brésil mais qui a récemment choisi de jouer pour l'Espagne, puis des vivats espagnols dans les minutes qui ont suivi le pénalty réussi de Xabi Alonso, avant de voir l'imposante colonie néerlandaise plonger un peu plus dans la folie collective à chaque but des Oranje.

C'est une certitude: en battant l'équipe supposément la meilleure de leur groupe, les Pays-Bas ont déjà fait un très grand pas vers la qualification, surtout quand on sait que 87% des équipes ayant gagné leur premier match de Coupe du monde dans son format actuel se sont qualifiées pour le second tour.

Mais faut-il pour autant faire des Pays-Bas un des favoris de ce Mondial? Pas sûr. D'abord parce que les exemples d'équipes ayant impressionné au premier tour sans confirmer dans la phase à élimination directe sont légion.

Danemark et URSS 1986, Argentine 2006 et Pays-Bas 2008...

En 1986, le Danemark ultra-offensif de Michael Laudrup avait survolé son groupe en corrigeant l'Uruguay 6-1 et en battant la grande Allemagne de l'Ouest de Lothar Matthäus et Rudi Völler avant de se faire humilier à son tour 5-1 par l'Espagne en huitièmes de finale. La même année, l'URSS entrait en grande pompe dans la compétition en écrasant la Hongrie 6-0, avant elle aussi de se faire éliminer au tour suivant par la Belgique.

 

Plus proche de nous, l'Argentine avait réalisé une véritable démonstration face à la Serbie-Monténégro en 2006 (6-0), avec une maîtrise collective exceptionnelle et le fameux but de Cambiasso au terme d'un mouvement de 25 passes.

Déjà placés parmi les favoris avant la compétition, les coéquipiers d'Hernan Crespo étaient devenus l'équipe à éviter. Il ont finalement battu le Mexique en huitièmes avant de se faire éliminer par l'Allemagne en quarts de finale.

Les Pays-Bas pourraient bien connaître un destin similaire: s'ils terminent en tête de leur groupe, scénario le plus probable à l'heure actuelle, ils hériteront du deuxième du groupe A, celui du Brésil, dans lequel le Mexique, la Croatie et le Cameroun vont lutter pour la qualification. Dans les trois cas, un adversaire à leur portée. Mais le quart de finale sera beaucoup plus compliqué, avec probablement le vainqueur du «groupe de la mort», soit l'Angleterre, l'Italie ou l'Uruguay.

Les chances de victoire finale ont augmenté, mais restent maigres

Les Pays-Bas ne sont d'ailleurs pas étrangers aux premiers tours flamboyants sans lendemain. Vainqueurs haut la main du groupe de la mort à l'Euro 2008 avec trois succès, dont deux par trois buts d'écart contre la France et l'Italie, ils s'étaient inclinés au tour suivant contre la Russie.

Le but ici n'est pas de minimiser la performance impressionnante des Oranje face aux Espagnols, mais simplement de rappeler qu'une Coupe du monde ne se joue pas sur un seul match et que bien des choses peuvent se passer à partir des huitièmes de finale. Il faut aussi prendre en compte le fait que les équipes qui misent sur un long parcours, comme l'Espagne, effectuent une préparation pour arriver au meilleur de leur forme à la fin de la compétition, et sont souvent lentes au démarrage (la Roja avait perdu son premier match face à la Suisse en 2010 avant de remporter le titre).

Depuis le match de Salvador, les bookmakers ont nettement revu à la hausse les chances des Néerlandais de soulever le trophée. Elles sont selon eux, désormais, à 11 contre 1, soit au même niveau que celles... de l'Espagne, mais bien moins grandes que celles de l'Allemagne, de l'Argentine et du Brésil. 

Grégoire Fleurot
Grégoire Fleurot (799 articles)
Journaliste
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