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La crise nous rend-elle raciste?

Repéré par Étienne Goetz, mis à jour le 17.06.2014 à 12 h 29

Repéré sur Newswise

Hassan Mekki, un migrant soudanais,  âgé de 32 ans montre ses cicatrices en décembre 2012. REUTERS / Yannis Behrakis

Hassan Mekki, un migrant soudanais, âgé de 32 ans montre ses cicatrices en décembre 2012. REUTERS / Yannis Behrakis

La montée de l'extrême droite un peu partout est souvent expliquée par la crise économique. La récession rend-elle pour autant raciste? C'est ce que laisse entendre une étude de l’université de New York qui montre qu’en période de vache maigre, les Américains blancs perçoivent les Afro-Américains «plus noirs» que d’habitude, ils trouvent qu'ils correspondent plus au «stéréotype des blacks», et que leurs allocations devraient diminuer.

La perception que les Américains ont de la race (terme employé aux Etats-Unis) d’une autre personne est biaisée par des facteurs économiques et «peut contribuer à renforcer les discriminations», conclut l’étude.

D’après cette étude, «les effets de perception semblent agir sans que la personne en ait conscience», explique Amy Krosh coauteur de l’étude et doctorante à la NYU. «Les gens ont tendance à croire que ce qu’ils voient est une représentation exacte de la réalité, (…) ils ne réalisent pas tous les biais potentiels», poursuit-elle. 

Noir ou blanc?

Pour arriver à ces résultats, les auteurs de l’étude ont montré 110 visages à des hommes et des femmes «non-noirs». Les participants devaient dire si les personnes photographiés étaient noires ou blanches. Auparavant, ils ont dû remplir un questionnaire sur la compétition économique entre les blancs et les noirs pour déterminer si les personnes adhèrent ou non à l’idée que si les noirs gagnent de l’argent alors les blancs en perdent.

La comparaison des réponses au diaporama et au questionnaire met en évidence une corrélation: plus les personnes interrogées croient à la compétition économique entre les noirs et les blancs, plus elles catégorisent «noirs» les visages photographiés. Cette première série de test n’a permis de mettre en évidence qu'une corrélation entre la perception d'une conjoncture économique difficile et la perception «raciale».

Pour être sûr que la corrélation soit valable en toutes circonstances, les chercheurs ont pris un autre groupe de personnes. Ils leur ont passé des images subliminales de mots évoquant la crise avant chaque photo de visage. Là encore la corrélation est vérifiée. Les personnes ayant été soumis aux flashs avant photo, ont plus tendance à dans la catégorie «noir» des visages.

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