Coupe du monde 2014

En surclassant la Suisse (5-2), la France entre dans le club des cent buts marqués en Coupe du monde

Jean-Marie Pottier, mis à jour le 21.06.2014 à 1 h 24

À Salvador, les Bleus n'ont pas seulement fait un grand pas vers les huitièmes de finale, ils sont devenus la cinquième nation à marquer au moins cent buts en phase finale. Voici tout ce qu'il faut savoir sur les 104 réalisations françaises entre 1930 et 2014.

Olivier Giroud, auteur du centième but de l'équipe de France en phase finale de Coupe du monde, et Mathieu Valbuena. REUTERS/Dylan Martinez.

Olivier Giroud, auteur du centième but de l'équipe de France en phase finale de Coupe du monde, et Mathieu Valbuena. REUTERS/Dylan Martinez.

En surclassant la Suisse (5-2), vendredi 20 juin à Salvador, l'équipe de France n'a pas seulement fait un très grand pas vers les huitièmes de finale: elle a franchi une borne historique, celle des cent buts marqués en phase finale de Coupe du monde. 

De Lucien Laurent en 1930 à Olivier Giroud, l'auteur de ce centième but à la 17e minute, imité ensuite par Blaise Matuidi, Mathieu Valbuena, Karim Benzema et Moussa Sissoko, voici tout ce qu'il faut savoir sur ces Bleus qui ont fait trembler les filets dans la plus grande compétition au monde, avec cette sélection de statistiques collectées par Slate ou énoncées par nos partenaires de L'Équipe dans un récent et passionnant ouvrage consacré aux buts français dans le tournoi.

1.La concurrenceLa cinquième nation à 100 buts

L'équipe de France est la cinquième formation à atteindre les 100 buts marqués en phase finale de Coupe du monde, après le Brésil (1970), l'Allemagne (1974), l'Argentine et l'Italie (1998). La prochaine est probablement l'Espagne, mais, après son élimination face au Chili, il manque onze buts à la Roja, qui devra donc attendre au mieux 2018...

 

 

S'il est important pour la qualification, le centième but français en phase finale aura en revanche été plus «banal» que celui de la Seleçao (le but de Pelé en finale du Mondial 70) ou de la Mannschaft (celui de Müller sacrant la RFA en 1974).

La moyenne de buts inscrits par les Bleus en match de phase finale est de 1,86, à comparer à la moyenne générale de toutes les équipes participantes, qui est de 1,43. Cela la situe dans la moyenne haute des nations déjà championnes du monde.

23

Le nombre de buts
inscrits par la France
lors de la Coupe du monde 1958, troisième plus gros total
de l'histoire de la compétition

La France a marqué près du quart de ses buts (23) en une seule compétition, en 1958. Avec un 7-3 contre le Paraguay au premier tour (record des Bleus en Coupe du monde) et un 6-3 contre l'Allemagne en match pour la troisième place, scores d'un autre âge dont les Bleus se sont rapprochés vendredi à Salvador... Seules deux équipes ont déjà marqué davantage sur un tournoi, la Hongrie et l'Allemagne en 1954 (respectivement 27 et 25 buts).

 

 

Le centième but français en Coupe du monde, inscrit par Olivier Giroud contre la Suisse.

Deux nations ont affronté la France en Coupe du monde sans jamais lui concéder un but: le Chili (1930) et le Sénégal (2002). La Suisse avait réalisé cette performance en 2006, mais a donc totalement échoué à la répéter à Salvador. À l'inverse, l'équipe qui a le plus encaissé de buts est l'Allemagne: 6 lors du match de classement de 1958 et 3 lors de l'inoubliable demi-finale de Séville en 1982 (3-3, 4-5 t.a.b.).

2.Le chronoQuatre matches sans marquer en 2002-2006

Les Français ont inscrit 21 buts dans le dernier quart d'heure de la première période, le plus prolifique, soit seulement deux de moins que sur les premiers quarts d'heure des deux périodes cumulés.

Elle est un peu plus «diesel» que la moyenne puisque, sur l'ensemble des Coupes du monde, le deuxième tiers de la première période est légèrement plus prolifique que le troisième, arrêts de jeu compris, selon une étude publiée en 2013.

Une analyse statistique de la répartition des buts en Coupe du monde par le chercheur Werlayne Stuart Soares Leite

369

Le nombre de minutes sans but français entre la 90e minute
de France-Brésil, le 12 juillet 1998, et la 9e minute de France-Corée du Sud, le 18 juin 2006.

La plus longue disette offensive des Bleus en Coupe du monde a atteint 369 minutes, soit l'équivalent de plus de quatre matchs entre le but de Petit contre le Brésil dans les arrêts de jeu en 1998 et celui de Henry contre la Corée du Sud en 2006. Un record qu'elle a failli «améliorer» en 2006-2010, avec 363 minutes sans but. Le record de l'histoire de la Coupe du monde est pour l'instant détenu par la Bolivie, avec 517 minutes à cheval sur trois éditions.

Certaines nations championnes du monde ont déjà connu des disettes comparables, voire pires, à celle connue par les Bleus.

3.La techniqueDes penaltys, peu de tirs de loin

Avec celui marqué par Karim Benzema contre le Honduras, la France a inscrit dix buts sur penalty en Coupe du monde –un peu moins d'un but sur dix, donc. Les autres marqueurs sont Verriest, Kopa (deux fois), De Bourgoing, Platini, Amoros, Djorkaeff et Zidane (deux fois).

Lors du match pour la troisième place contre la Belgique en 1986, Manuel Amoros a inscrit sur penalty son seul but en Bleu.

11

Le nombre de penaltys obtenus par la France en Coupe du monde, pour un seul raté:
Benzema contre la Suisse en 2014

Depuis 1930, la France n'en a raté qu'un, celui du même Benzema contre la Suisse à Salvador. En nombre de penaltys obtenus, à environ un tous les cinq matchs, elle se situe néanmoins loin de l'Espagne, qui en a obtenu 17 pour un nombre de matchs comparables.

A noter, en revanche, la fréquence assez basse des tirs de loin, notamment quand on compare aux canonniers allemands. Hors coups francs (deux buts pour Genghini en 1982), assez peu de Français ont marqué depuis l'extérieur de la surface: Hausser (1966), Lopez (1978), Girard et Giresse (1982), Thuram (1998)...

4.Les joueursFontaine intouchable, le 7 maudit

Avec 13 buts, Just Fontaine reste intouchable en tête du classement des buteurs français en Coupe du monde, loin devant Thierry Henry (6 buts). Toujours recordman des buts inscrits sur une seule compétition, il a été dépassé au classement global des buteurs par le Brésilien Ronaldo (15 buts) et les Allemands Klose et Müller (14 buts).

Deux Français ont eux réussi à marquer lors de trois Coupes du monde, Rocheteau et Platini en 1978, 1982 et 1986. Six autres joueurs ont marqué lors de deux tournois : Nicolas (1934, 1938), Vincent et Kopa (1954, 1958), Genghini (1982 et 1986), Henry et Zidane (1998 et 2006). Il n'y en aura pas d'autre cette année, le seul Bleu déjà buteur en Coupe du monde, Ribéry, ayant quitté le groupe.

Sur un seul match, c'est là aussi Fontaine qui détient le record, avec un quadruplé contre la RFA en match de classement en 1958. Lors de la même compétition, l'attaquant avait aussi inscrit un triplé et deux doublés! Six autres Bleus ont inscrit un doublé: Maschinot (1930), Nicolas (1938), Rocheteau et Giresse (1982), Henry, Thuram et Zidane (1998) et Benzema (2014).

17

Le numéro qui a vu son porteur inscrire le plus de buts en Coupe du monde: 13 pour Fontaine (1958), 1 pour Lacombe (1978),
2 pour Papin (1986)
et 2 pour Petit (1998)

Fontaine portait le numéro 17, et a largement contribué à en faire le maillot le plus «chanceux» des Bleus en Coupe du monde, avec 18 buts. A l'inverse, le numéro 7 est le seul, hormis les numéros des gardiens, à n'avoir jamais scoré. Il faut dire qu'il a été plusieurs fois porté par des défenseurs non titulaires (Patrice Rio en 1978, Philippe Mahut en 1982, Yvon Le Roux en 1986) avant de progresser au milieu de terrain (Didier Deschamps 1998, Patrice Makélélé 2002, Florent Malouda 2006) pour échouer en 2010 sur les épaules de Franck Ribéry, à qui il n'a pas réussi. Cette année, c'est son remplaçant Rémy Cabella qui le porte.

On peut aussi pointer qu'en marquant contre la Suisse, Olivier Giroud a mis fin à l'éclipse du 9: depuis Fernandez, buteur contre l'URSS en 1986, ses quatre porteurs (Guivarc'h, Cissé, Govou puis encore Cissé) n'avaient pas marqué.

À noter enfin que quatre remplaçants ont marqué pour la France en Coupe du monde: Rocheteau en 1986 contre la Hongrie, Dugarry en 1998 contre l'Afrique du Sud, Trézéguet en 1998 contre l'Arabie saoudite et Malouda en 2010, à nouveau contre l'Afrique du sud.

5.Les curiositésLe rapide Lacombe et le jeune Trézéguet

31 secondes: c'est le temps qu'il a fallu à Bernard Lacombe pour inscrire le but français face à l'Italie en 1978, le plus rapide de l'histoire des Bleus en phase finale. C'était alors, a-t-on cru à l'époque, le but le plus rapide de l'histoire de la compétition. Jusqu'à ce qu'on découvre que le Tchécoslovaque Masek avait inscrit un but en 15 secondes en 1962 –un record qui a lui même été battu depuis, avec un but en 11 secondes du Turc Sukur en 2002. Avec le but ultra-rapide de l'Américain Dempsey en début de Mondial, Lacombe est désormais sixième du classement des gâchettes rapides.

 

 

20 ans et huit mois: c'est l'âge du plus jeune buteur français en phase finale, David Trézéguet, en 1998 contre l'Arabie Saoudite (4-0). Il ne sera pas battu cette année, le plus jeune Bleu, Lucas Digne, étant déjà plus vieux de quelques mois. Pas plus a priori que le record du plus vieux buteur, Zidane contre l'Italie en 2006, à 34 ans –le seul joueur plus âgé du groupe est Mickaël Landreau...

Jean-Pierre Papin est le seul buteur à n'avoir jamais évolué en D1 française avant de marquer, contre le Canada en 1986. À l'époque, ce genre de situation était rarissime, mais cet exploit pourrait également être réalisé cette année par Eliaquim Mangala, Antoine Griezmann et Paul Pogba.

 

 

3

Le nombre de buts
contre son camp inscrits en faveur de la France en Coupe du monde

Sur les 104 buts inscrits par la France, trois n'ont pas été marqués par les Français, mais par des adversaires contre leur camp. Le premier a été le Mexicain Cardenas en 1954, le second le Sud-Africain Issa en 1998 (qui, malheureux, se voit même parfois attribuer deux buts contre son camp ce jour-là, mais n'a officiellement fait qu'accompagner dans ses buts le troisième, signé Henry) et le troisième le Hondurien Valladares dimanche dernier.

Un but qui a été le théâtre de la première véritable utilisation en Coupe du monde de la goal-line technology. Car, bien avant d'atteindre les 100 buts, la France avait déjà trouvé le moyen d'en inscrire des historiques, notamment le tout premier, le premier annulé après avoir été validé par l'arbitre, le premier tir au but ou encore le premier but en or. Vendredi soir, comme pour affirmer encore sa singularité, elle est devenue une des très rares équipes à se voir annuler un but pour cause... de coup de sifflet final.

À lire aussi

L'Équipe, Et 1, et 2, et 96! Tous les buts de la France en Coupe du monde

Dans cet ouvrage de 196 pages, la rédaction du quotidien sportif décrit dans le détail les 96 buts inscrits par la France en Coupe du monde entre 1930 et 2010, avec des témoignages et des portraits de leurs auteurs et force statistiques et anecdotes.

 

Jean-Marie Pottier
Jean-Marie Pottier (944 articles)
Rédacteur en chef, responsable de la newsletter politique «Le Jour d'après». Auteur de «Indie Pop 1979-1997» et «Ground Zero. Une histoire musicale du 11-Septembre» (Le Mot et le Reste).
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