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Les études menées sur des étudiants pourraient être biaisées, selon une étude menée sur des étudiants

Repéré par Jean-Laurent Cassely, mis à jour le 13.06.2014 à 12 h 44

Repéré sur British Psychological Society

Students enjoy a study break / Tulane Public Relations via Flickr CC License By

Students enjoy a study break / Tulane Public Relations via Flickr CC License By

Quel est le rapport entre l’étude dont nous vous avons parlé sur l’intelligence supérieure des amateurs de chats par rapport à celle des amateurs de chiens, celle sur le fait que les hommes trouvent les femmes plus attirantes quand elles ont l’air stupide, l’étude selon laquelle plus on gagne d’argent plus l’argent nous préoccupe, l’étude qui conclut que lire un livre a des bénéfices à long terme sur le cerveau, et des milliers d’autres études?

Les cobayes sont à chaque fois des étudiants, la plupart du temps en psychologie. Car c’est devenu une pratique de routine de la recherche, explique le site de la British Psychological Society. Les étudiants reçoivent des crédits qui comptent pour l’obtention de leur diplôme s’ils se prêtent au jeu au moins une fois dans un semestre, d’autres sont payés ou reçoivent des compensations pour leur participation.

 Or selon une étude menée sur des étudiants, il semblerait que les bons étudiants se portent volontaires dès le début du semestre, alors que les étudiants moins disciplinés attendent la dernière minute pour le faire.

Et c'est un problème. Michael Nicholls (Flinders University) et son équipe ont testé deux groupes d'étudiants de leur université à deux moments différents, au début et à la fin du semestre. Un groupe d’étudiants recevait en échange de sa participation des points pour valider son année, et l'autre groupe, de l’argent. Si les deux groupes effectuant un même test au début de l’année ont montré un même niveau de motivation et de performance, un écart a été observé en fin de semestre: les étudiants motivés par l’argent étaient tout aussi efficaces, mais ceux qui avaient décidé de s’inscrire tardivement pour obtenir des crédits l’étaient moins...

De quoi introduire «du bruit dans les données», particulièrement problématique quand une même expérience est reproduite à différents moments du semestre et que les résultats sont ensuite comparés. 

S'il peut y avoir des biais à cause des moments choisis pour faire des expériences sur des étudiants, le fait même d'avoir recours en majorité à cette population de jeunes américains en première année de psycho pour en tirer des généralisations sur le comportement humain pose depuis longtemps question dans la discipline.

C'est ce qu'expliquait en 2010 Fabienne Gallaire sur Slate à propos de l’ethnocentrisme des recherches expérimentales en psychologie. Des chercheurs canadiens montraient en 2010 que l’écrasante majorité de ces résultats étaient tirés de l’observation d’«individus occidentaux, éduqués, industrialisés, riches, et vivant en démocratie (en anglais: Western, Educated, Industrialised, Rich and Democratic d'où le sigle WEIRD, mot qui signifie “bizarre”)», de fait peu représentatifs de l’ensemble de l’humanité.

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