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Qui sont les Occidentaux en Irak? Des Américains, quelques Français, des mercenaires...

Étienne Goetz, mis à jour le 13.06.2014 à 16 h 30

Des combattants de l'EIIL dans les rues de Mossoul le 12 juin 2014. REUTERS/ Stringer

Des combattants de l'EIIL dans les rues de Mossoul le 12 juin 2014. REUTERS/ Stringer

Les djihadistes de l’Etat islamique en Irak et au Levant poursuivent leur avancée vers le sud. Mossoul est tombé mardi 10 juin, et jeudi soir les combattants de l’EIIL ont pris Jalawla et de Saadiyah au nord-est de Bagdad. Ils sont désormais aux portes de la capitale, à une centaine de kilomètres de la capitale selon certains responsables irakiens. 

En dépit du retrait quasi total de l’armée US fin 2011, de nombreux Américains sont toujours sur place. Les autorités américaines n’ont pas encore décidé d’évacuer leurs concitoyens, mais s’inquiètent de la situation, rapporte le Washington Post.

En janvier, environ 5.000 contractuels travaillent pour l’ambassade des Etats-Unis à Bagdad et pour les consulats à Basra et Erbil assure un  porte-parole du département d'Etat. Parmi eux 2.000 sont des citoyens américains. Quant à l’armée, quelque 250 soldats sur place alors qu’ils étaient plus de 150.000 au plus fort de l’intervention en Irak en 2009. 

La moitié des militaires encore présents est dédiée à la protection des ambassades et du corps diplomatique. Les autres travaillent au bureau de coopération militaire en tant que consultant pour le gouvernement irakien.

Reste un nombre inconnu d’Américains employés par des entreprises privées de sécurité. Leur mission est notamment de protéger le personnel administratif des Etats-Unis, et travaillent aussi en partenariat avec le gouvernement irakien dans la domaine de la défense. En gros des mercenaires.

Huit entreprises ont passé un contrat de 10 milliards de dollars avec le gouvernement pour cinq ans. On y trouve les géants du secteur dont Dyncorp International ou Triple Canopy. Dyncorp a par ailleurs signé un contrat avec le gouvernement américain en 2010, d’une valeur allant jusqu’à 894 millions de dollars pour la livraison d’une flotte aérienne.

Et les Français?

Selon le dernier décompte du quai d’Orsay, un peu plus de 300 ressortissants français sont présents en Irak. Ils sont en grande partie des binationaux intégrés au tissu économique local. Certains travaillent dans des entreprises françaises comme Alstom, Thales ou Lafarge.

L'évacuation n'est pas encore à l'odre du jour au quai d'Orsay dont les service restent en contact régulier par mail avec leur ressortissants. Toutefois, le ministère les a mis en garde: «Compte tenu de la dégradation sensible de la situation sécuritaire dans le nord de l’Irak (à l’exception des trois provinces du Kurdistan irakien) et des menaces pesant sur Bagdad, il est rappelé que tout déplacement y est formellement déconseillé.»

Pas d'évacuation chez les Amérciains non plus, mais des déplacements d'employés travaillant pour des sociétés américaines. Dans un bref communiqué, le département d'Etat a expliqué que des «ressortissants américains, sous contrat avec le gouvernement irakien (...), ont été provisoirement déplacés par leurs entreprises pour des raisons de sécurité».
 
Plus tôt dans la semaine, mardi 9 juin, l’ambassade américaine à Bagdad a publié un message urgent faisant état de la progression des islamistes. Deux jours plus tard, tout voyage en Irak a été déconseillé pointant un «haut risque d’enlèvement et de terrorisme».

 

Étienne Goetz
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