Coupe du monde 2014Sports

Deschamps a raison: la France sera (presque) qualifiée si elle gagne son premier match

Grégoire Fleurot, mis à jour le 14.06.2014 à 0 h 49

Didier Deschamps porté par ses joueurs après la qualification pour la COupe du monde face à l'Ukraine au Stade de France le 19 novembre 2013, REUTERS/Benoit Tessier

Didier Deschamps porté par ses joueurs après la qualification pour la COupe du monde face à l'Ukraine au Stade de France le 19 novembre 2013, REUTERS/Benoit Tessier

Dès 2004, deux ans avant la Coupe du monde en Allemagne, Raymond Domenech avait donné rendez-vous à la France entière le 9 juillet, jour de la finale de la compétition. Certains avaient moqué un objectif  inatteignable, mais le sélectionneur avait répété cette échéance pendant des mois aux journalistes qui  l'interrogeaient sur les objectifs de l'équipe de France. Le pari s'est avéré gagnant, et les Bleus étaient bien présents le soir de la finale sur la pelouse de l'Olympiastadion de Berlin, finalement perdue face à l'Italie.

Cette année, Didier Deschamps a annoncé dès le mois de décembre une autre date, beaucoup moins glamour, celle du 15 juin et du premier match de l'équipe de France face au Honduras. Et la martèle lui aussi à longueur d'interviews.

Si, à l'inverse  de Domenech en 2006, certains peuvent voir dans ce rendez-vous un manque d'ambition ou du moins de «rêve» pour l'équipe de France, Deschamps lui insiste sur son caractère «réaliste», «pragmatique» et «cartésien».

Et le raisonnement cartésien est effectivement du côté du sélectionneur.  Sports Illustrated s'est intéressé aux chances de progression des équipes pour le second tour en Coupe du monde depuis 1998 (premier tournoi à 32 équipes et où les deux premiers de chaque groupe se qualifient) en fonction du résultat du premier match.

 

 

40 des 46 équipes qui ont gagné leur premier match se sont qualifiées pour les huitièmes de finales, soit 87%. En d'autres termes, gagner son premier match ouvre grand les portes du second tour.

Commencer par un match nul n'est pas en soi une catastrophe: 54% des équipes ayant débuté ainsi se sont qualifiées. En revanche, perdez votre premier match, et votre destin s'assombrit considérablement avec seulement 9% de chances de qualification.

L'historique de l'équipe de France depuis 1998 vient confirmer presque parfaitement ces chiffres. Quand elle a gagné son match d'ouverture (1998), elle s'est qualifiée. Quand elle a fait match nul (2006 et 2010), elle a survécu une fois et sombré une fois. Quand elle a perdu son premier match (2002), elle est rentrée à la maison.

9%

Le pourcentage de chances de se qualifier pour le 2d tour si le premier match est perdu

Bien sûr, gagner son premier match n'est pas une garantie absolue. En 2006, la République Tchèque avait gagné son match d'ouverture 3-0 contre les Etats-Unis avant de subir la loi du Ghana et de l'Italie et de terminer à la troisième place. A l'inverse, la grande équipe d'Espagne avait perdu, à la surprise générale, son premier match face à la Suisse en 2010 avant de gagner la compétition.

Mais les chiffres n'en restent pas moins très concluants, et toutes les équipes semblent avoir fait le même calcul. «Le premier match est tellement important, a déclaré le milieu de terrain américain Michael Bradley à Sports Illustrated. Statistiquement, les chances de se qualifier augmentent beaucoup si vous arrivez à prendre les trois points au premier match.» L'Espagnol Gerard Piqué et le Brésilien Dani Alves ont eux aussi récemment insisté sur l'importance de l'entrée en matière.

La France n'est pas obligée de gagner son premier match pour se qualifier, et un match nul ne serait pas une catastrophe. Mais en gagnant face au Honduras, elle ferait un pas de géant vers la qualification.  

Grégoire Fleurot
Grégoire Fleurot (799 articles)
Journaliste
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