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Les Français sont pessimistes et ils ont bien raison

Étienne Goetz, mis à jour le 11.06.2014 à 13 h 59

Black glue (slime) renversé / 1Suisse via Flick CC License by

Black glue (slime) renversé / 1Suisse via Flick CC License by

Sommes-nous les plus pessimistes de la Terre? Oui, à en croire un graphique de Citi mis en ligne par Business Insider. 90% des Français adultes pensent que leurs enfants vivront moins bien qu’eux à leur âge. A titre d’exemple, en Allemagne, ils ne sont que 64% à porter le même jugement. 

Quand les enfants grandissent dans ce pays, ont-ils un avenir financier meilleur que leurs parents? PEW RESEARCH GLOBAL ATTITUDES PROJECT AND CITI via BUSINESS INSIDER

Les Français ont-ils une bonne raison d'avoir le moral dans les chaussettes? Certainement. Louis Chauvel, sociologue à l’université du Luxembourg, affirme dans une tribune (payant) dans le journal Le Monde que la France aurait sacrifié sa jeunesse. Le «niveau relatif des trentenaires», par rapport à celui de des sexagénaires a perdu 17% depuis 1984. C'est que montre le sociologue dans un article intitulé «Generational Inequalities and Welfare Regimes», publié en juin dans la revue Social Forces. 

La démonstration s’appuie sur le niveau selon les générations, un indice calculé à partir des revenus net en fonction de la taille des ménages. Après étude, les baby-boomers ont eu une adolescence plus heureuse que les celle de leurs enfants. «Les sexagénaires nés avant 1954 ont eu 20 ans dans une période d’expansion exceptionnelle», explique Louis Chauvel, tandis que leurs enfants vivent la crise de plein fouet.

Or la dégradation du niveau de vie de la jeunesse ne peut pas être attribué uniquement à l’économie mondiale: aucun autre pays européen ne connaît autant d’inégalités de générations. Dans les pays anglo-saxons, aucune classe d'âge n’écrase une autre. Le niveau de vie des nouvelles générations progresse autant que celui des générations précédentes.

L’intuition des Français est donc bonne, mais «le diagnostic fait l’objet d’un profond déni», assure le sociologue. Et ce pour trois raisons. D’abord parce qu’on imagine que la jeunesse toujours plus flexible saura s’adapter et faire mieux. D’autres affirment aussi qu’avec un rythme de croissance de 2%, le régime des retraites ne connaîtrait pas de problème d’ici 2015. Le dernier argument consiste à dire que les principales inégalités à combattre sont les inégalités de classe et les inégalités de diplôme au sein d’une génération. 

Étienne Goetz
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Journaliste
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