Sports

Les bases militaires américaines en Allemagne, vivier de choix pour la sélection des Etats-Unis

Temps de lecture : 2 min

Les équipes de Camp Darby et du District 3 de Livourne lors d'un tournoi de l'armée américaine à Livourne, en Italie, le 28 mars 2011/USAG Livorno PAO via Flickr licence CC BY 2.0
Les équipes de Camp Darby et du District 3 de Livourne lors d'un tournoi de l'armée américaine à Livourne, en Italie, le 28 mars 2011/USAG Livorno PAO via Flickr licence CC BY 2.0

Parmi les 30 joueurs présélectionnés pour représenter les Etats-Unis à la Coupe du monde, cinq ont une mère allemande et un père américain, plus précisément un père militaire américain. Le journaliste Aaron Gordon s'est intéressé dans un article très intéressant pour le site du Pacific Standard à l'influence considérable de l'histoire militaire américaine sur l'équipe nationale de football.

Après le blocus de Berlin, quand il est devenu clair que les Américains allaient devoir rester en Allemagne de manière permanente, des centaines d'installations de l'armée y ont vu le jour, dont neuf bases majeures en Allemagne de l'ouest. Pour améliorer les contacts avec la population locale, l'Air Force a rapidement lancé un programme de création d'équipes de foot dans la plupart des bases.

Les enfants issus des unions entre ces militaires et des femmes allemandes, qui sont nés en Allemagne et ont grandi dans ce pays fou de football, sont devenus un véritable vivier pour l'équipe américaine:

«Les joueurs qui n'ont aucune chance d'intégrer l'équipe allemande cherchent d'autres pays n'ayant pas le pédigree de l'Allemagne et pour lesquels ils sont éligibles. Pour les enfants de militaires américains, les Etats-Unis sont un choix évident.»

Le phénomène n'est pas sans rappeler celui des fameux joueurs «binationaux», ces joueurs nés et et formés en France mais qui choisissent de rejoindre la sélection nationale du pays d'origine de leur parents, souvent en Afrique, afin d'avoir une chance de jouer à l'échelle internationale.

Dans un article consacré au sujet en 2011, Nabil Djellit et Mathieu Grégoire écrivaient au sujet du dilemme qui se présente aux joueurs dans cette situation:

«En Algérie, il a donné lieu à une maxime:

"Il vaut mieux avoir un destin comparable à celui de Zinedine Zidane avec l’équipe d’Algérie que de connaître le sort d’un Camel Meriem avec les Bleus."

D’un côté, le bled, une possible qualification au Mondial, une CAN tous les deux ans, un engouement exponentiel pour des joueurs professionnels adulés comme des popstars… ou alors 3 sélections avec les Bleus, le tube d’un été flamboyant, et l’anonymat au bout.»

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Pour les Etats-Unis, Aaron Gordon souligne néanmoins que le boom des binationaux américano-allemands ne durera pas éternellement. L'armée américaine est en train de fermer la plupart de ses bases. «Heureusement pour nos espoirs futurs en Coupe du monde, il reste 13.000 soldats en Italie et en Espagne», conclut-il.

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