Mondial 2014 / Sports

Les équipes les plus violentes ne gagnent pas la Coupe du monde

Temps de lecture : 2 min

L'Australien Tim Cahill tacle l'Allemand Bastian Schweinsteiger pendant la Coupe du monde le 13 juin 2010 à Durban, REUTERS/Ina Fassbender
L'Australien Tim Cahill tacle l'Allemand Bastian Schweinsteiger pendant la Coupe du monde le 13 juin 2010 à Durban, REUTERS/Ina Fassbender

Comme beaucoup de sports, le football est un jeu où l'agressivité a une importance primordiale. Une équipe qui ne «mord» pas les chevilles de ses adversaires ou qui n'est pas assez «dure sur l'homme» ne peut pas espérer grand chose, et les entraîneurs rabâchent aux joueurs à longueur d'entraînement et de causerie la nécessité de «muscler leur jeu» selon la formule rendue célèbre par Aimé Jacquet en 1998.

Mais l'agressivité peut-elle compenser un déficit de talent en Coupe du monde? Le site économique Quartz s'est intéressé à la question en comparant le nombre de cartons jaunes et rouges reçus par les équipe ayant participé à la Coupe du monde depuis 1970 (première édition où le système actuel de pénalités a été utilisé) à leurs performances, pour en tirer un nombre de cartons reçus par match de Coupe du monde.

Le résultat? Aucune des 20 équipes les plus souvent punies n'a atteint une finale depuis 1970. La Slovénie est le plus grand transgresseur: avec un rouge et 19 jaunes reçus en seulement six matchs, elle obtient une moyenne de 3,3 cartons par match de Coupe du monde.


Du côté des rouges, l'Australie avec ses 4 cartons rouges en 10 matchs (on se souvient de l'agression de Tim Cahill sur Bastian Schweinsteiger en 2010) et le Cameroun avec ses 7 rouges en 20 matchs (ah ce tacle Benjamin Massing sur Claudio Caniggia lors du match d'ouverture en 1990!) sont les plus grands spécialistes. Et là encore, les deux équipes ne se sont pas particulièrement illustrées: le Cameroun n'est sorti qu'une fois des poules en six tentatives, l'Australie une fois en trois participations.

Bien sûr, ce petit exercice statistique ne signifie pas que les grandes équipes ne se prennent jamais de cartons. L'arbitre en avait distribué 14 jaunes (cinq pour l'Espagne et neuf pour les Pays(Bas) lors de la finale, et tous ceux qui ont regardé ce match se souviennent du coup de pied de karateka de Nigel De Jong sur Xabi Alonso.

Il ne signifie pas non plus que les équipes qui ont du succès ne sont pas agressives. En 2011, des universitaires de la Stillman School of Business aux Etats-Unis avaient montré, en étudiant cinq saisons de Bundesliga entre 2004 et 2009, que les équipes qui reçoivent plus de cartons jaunes et rouges gagnaient moins souvent, mais que celles qui terminaient le match avec plus de fautes à leur actif voyaient leur probabilité de gagner augmenter.

Au final, l'agressivité est bien nécessaire, mais doit être maîtrisée et devient un obstacle à la performance quand ce n'est pas le cas.

Grégoire Fleurot Journaliste

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