SportsCoupe du monde 2014

Voici sept choses qui vont forcément se passer pendant la Coupe du monde

Jérémy Collado, mis à jour le 11.06.2014 à 16 h 24

Crystal ball, exterior. Mark Skipper via Flickr CC License by.

Crystal ball, exterior. Mark Skipper via Flickr CC License by.

Une Coupe du monde réserve toujours beaucoup de surprises mais si l’on se plonge un peu dans l’histoire, certains faits semblent se répéter. Au Brésil, vous verrez bien évidemment un gardien d'une grande sélection se trouer tandis que l’outsider que tout le monde attend se plantera complètement. Voici une sélection à peine fictive de sept choses que vous risquez d’apercevoir pendant le Mondial 2014.

1.Le joueur qui devait porter son équipe mais qui l'a lâchéeFranck Ribéry (2010)

Il avait fait une bonne préparation et était censé porter l’équipe de France, à la manière de Zidane en 2006. En 2010, Franck Ribéry arrive en Afrique du Sud avec un statut de cadre. C’est sa troisième saison au Bayern comme titulaire.

Loupé: on se souviendra de lui pour son interview mythique sur le plateau de Téléfoot, en tongs, tentant d’aligner des bouts de phrases façon B2O. Il sort de Knysna lessivé et avouera même, trois ans plus tard, qu’il a complètement «craqué psychologiquement». Depuis, la France n’a pas totalement pardonné à Francky, comme l'attestent les réactions plutôt tièdes à son forfait.

Notre pronostic: Neymar

Après une saison en demi-teinte au Barça, Neymar veut se racheter. Il mise tout sur la Coupe du monde et veut gagner à domicile.

D’autant plus que c’est la seule grosse star du Brésil 2014, dont le point fort est surtout… la défense. Autant dire qu’il va tenter d’affoler le pays natal de zigzags furieux, comme à la belle époque Santos.

Mais l’objectif est trop grand pour lui. A 22 ans, il va prouver que Romario avait raison:

«Avant de devenir Pelé, qu'il devienne déjà Messi.»

2.L'équipe la plus survendueLa Colombie (1994)

La Coupe du Monde 94 restera à jamais gravée dans les mémoires colombiennes. L'équipe du sélectionneur Francisco Maturana, dans laquelle figurent notamment l'attaquant de Parme Faustino Asprilla et Oscar Cordoba, survole son groupe de qualifications. Elle se paie même le luxe d'écraser l'Argentine 5 à 0 lors de la dernière journée.

En toute logique, les Colombiens sont annoncés comme outsiders par les supporters et chez les bookmakers. Pelé lui-même annonce que c'est la meilleure équipe du tournoi.

Après deux défaites contre la Roumanie (1-3) et les Etats-Unis (1-2), elle termine finalement dernière de son groupe, sans avoir pu démontrer son talent ni son fameux jeu à une touche de balle, le toque. Pire, un drame vient ternir l'après-compétition: coupable d'avoir marqué un but contre son camp face aux États-Unis qui provoqua l'élimination des siens, le défenseur Andrés Escobar est assassiné par balles à son retour au pays.

Notre pronostic: la Belgique

Une nouvelle génération hyper talentueuse (Hazard, Lukaku, Courtois, de Bruyne…), une première place de son groupe de qualification (8 victoires et 2 matchs nuls), une communication ultra-efficace sur les réseaux sociaux. Et même… un clip avec Stromae, qui leur a composé un hymne officiel.

Les Diables rouges surfent sur un engouement indéniable. Ceux qui n’ont plus participé à cette compétition depuis l’édition asiatique de 2002 (où ils avaient fait trembler le futur vainqueur brésilien en huitièmes) rêvent de gagner le titre. Et puis quoi encore? Un bon directeur marketing n’a jamais fait gagner une Coupe du monde.

3.L'équipe que personne n'attendaitLa Bulgarie (1994)

Suède troisième, Bulgarie quatrième: aux États-Unis, les bourreaux des Bleus ont fait un bon Mondial. Que pouvait-il arriver de pire?

Jusqu’ici, les Bulgares n’avaient jamais remporté un seul match de Coupe du monde en cinq participations. Cette fois, ils battent la Grèce, l’Argentine et même l’Allemagne, en quart de finale, grâce à un Stoichkov endiablé, qui terminera co-meilleur buteur du tournoi avec le Russe Salenko.

Mais épuisée par sa défaite face à l’Italie de Baggio en demi-finale, la Bulgarie cède la troisième place à la Suède. L’ivresse, elle, a bien eu lieu.

Notre pronostic: le Cameroun

Une vraie équipe de Ligue 1, c’est-à-dire de braqueurs, spécialiste du hold-up et des matchs gagnés 1-0. Voilà ce qu’est le Cameroun.

L’ancien lensois Itandje dans les buts, Chedjou (ex-Lille) et Nkoulou (Marseille) en charnière centrale, le lyonnais Bedimo à gauche et le rennais Jean II Makoun. Et Vincent Aboubakar, auteur d’une superbe saison avec Lorient (16 buts, deuxième buteur du championnat derrière Zlatan).

Une équipe emmenée par un Eto’o revanchard, qui disputera là sa dernière grande compétition internationale. On prend les paris?

4.L'équipe qui fait un bon parcours en poules avant de s'écroulerLe Danemark et l'URSS (1986)

Deux exemples pour le prix d'un. Battu aux tirs au but en demi-finale de l'Euro 84, le Danemark arrive au Mexique avec une génération baptisée la «Danish Dynamite», emmenée par Michael Laudrup, Jesper Olsen ou Preben Elkjær Larsen. L'URSS de Lobanovski, elle, s'appuie sur l'excellent gardien Rinat Dassaev et l'ossature du Dynamo Kiev qui vient de donner une leçon de football à l'Atletico Madrid en finale de Coupe des coupes.

Les deux équipes survolent le premier tour, l'URSS devant le champion d'Europe français, le Danemark dans un groupe de la mort où on retrouve l'Allemagne, l'Uruguay et l'Écosse. L'URSS explose notamment la Hongrie 6-0, le Danemark l'Uruguay 6-1. Les deux font figure de postulants sérieux au titre.

Résultat? En huitièmes, la bande à Belanov s'incline après prolongation contre la Belgique au terme d'un match à rebondissements (3-4). Pour le Danemark, c'est presque pire: Jesper Olsen ouvre le score sur pénalty avant qu'un quadruplé de Butragueño ne vienne lui rappeler que les matchs à élimination directe, c'est autre chose (1-5).

Notre pronostic: la Côte d’Ivoire

Sabri Lamouchi a un objectif immense: remporter la Coupe du monde. C’est le président ivoirien qui le lui a demandé «personnellement».

Alors pour tenir sa promesse, il va jouer le coup à fond. Au risque d’aller vite, trop vite. Avec un Didier Drogba flamboyant et un Yaya Touré en patron, les Eléphants réalisent une première partie du tournoi excellente dans un groupe facile: Japon, Colombie et Grèce.

Mais voilà, ça ne suffit pas pour embrayer. En huitièmes, les Ivoiriens se font corriger par le second du groupe de la mort, au choix l'Angleterre, l'Italie ou l'Uruguay. Et oui, c’est ça de prendre des blessés dans ton groupe, Sabri.

5.La bourde du gardien d'une grosse équipeHarald Schumacher (1986)

Oui, c’est bien lui. L’agresseur de Battiston. Le bourreau de l’injuste défaite de 1982.

Quatre ans plus tard, il est l’un des meilleurs gardiens du monde, mais il va entraîner son équipe vers l’abîme. L’Allemagne est en finale face à l’Argentine de Maradona, qui va filer vers le titre grâce à deux bourdes du portier de la RFA. D’abord sur une mauvaise appréciation sur une sortie aérienne, sur le premier but de Jose Luis Brown. Ensuite lorsqu’il tarde à sortir dans les pieds de Valdano.

2-0: l’Allemagne est KO. Deux corners plus tard, elle revient quand même à hauteur des Argentins. Mais c’était sans compter sur le génie Maradona, qui glisse en profondeur à Burruchaga, lequel va crucifier Schumacher à cinq minutes de la fin. Pour toujours, merci Diego.

Notre pronostic: Stéphane Ruffier

Hugo Lloris blessé lors de la dernière séance avant le premier match de l’équipe de France, c’est Stéphane Ruffier qui garde les buts face au Honduras. Un joli concours de circonstances pour celui qui était, juste avant la blessure de Steve Mandanda, le quatrième gardien. Et une belle histoire à raconter.

Mais sur un des premiers ballons du match, Rony Martinez frappe de 35 mètres, tout droit. Gêné par ses défenseurs, Ruffier laisse passer le ballon entre ses gants, juste au-dessus de sa tête. Et la France perd 1-0. Comme quoi, la chance peut tourner.

6.La révélation du MondialPelé (1958)

A 17 ans, Pelé éclabousse de son talent la Coupe du monde 1958 en Suède. Grâce notamment à un triplé contre la France en demie (5-2), pour ce qui était à l’époque la meilleure performance de notre chère équipe nationale.

En finale, le roi Pelé fond en larmes après ses deux buts (5-2). Des larmes télévisuelles, puisque la Coupe est retransmise pour la première fois sur le petit écran. Un bonheur brut. 

Notre pronostic: la défense hollandaise

Janmaat, De Vrij, Martins Indi et Blind. Voilà les quatre défenseurs sélectionnés par Louis Van Gaal pour défendre les cages des Pays-Bas. 21 ans de moyenne.

Et la particularité de jouer tous les quatre au pays, au Feyenoord Rotterdam pour les trois premiers et à l’Ajax pour le dernier, qui enchaîne les titres de champion. Pas encore d’expérience, mais de l’énergie, du souffle et un talent qui ne demande qu’à exploser.

7.L'équipe qui gagne même sans sa starBrésil (1962)

La blessure musculaire de Pelé, l’idole du pays, lors du deuxième match n’empêche pas le Brésil de réussir la passe de deux, en remportant cette Coupe du monde qui se déroule au Chili. Pourquoi? Parce que Garrincha emporte la Seleçao, la transporte même. Et fait tomber la Tchécoslovaquie en finale (3-1).

En 2002, la France, privée de Zidane pendant deux matchs, n’a pas connu le même sort. Et oui, faire jouer Dugarry en numéro 10 ne suffit pas... En 2014, elle va retenter le coup, cette fois-ci sans Ribéry.

Notre pronostic: la Colombie 

Après une saison quasi blanche à Monaco, Falcao ne pourra pas briller au Brésil. Et alors? Avec James Rodriguez, Fredy Guarin et Jackson Martinez, la sélection de José Pekerman va quand même réaliser un parcours parfait. Après tout, l’ASM a bien terminé deuxième sans lui...

Jérémy Collado
Jérémy Collado (133 articles)
Journaliste
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