Vive les «subprimes»!
Le risque économique majeur aujourd'hui est celui de l'exclusion financière, en particulier en Europe.
- Maison à vendre aux Etats-Unis John Gress/ Reuters -
Il est vrai que les crédits «subprimes» américains sont la goutte d'eau qui a fait «déborder le vase» de la finance dérégulée. Il est vrai que, aux Etats-Unis, des courtiers en crédit ont fait n'importe quoi et ont poussé des ménages dont les revenus annuels n'excédaient pas 10 000 dollars à contracter des emprunts de plusieurs centaines de milliers de dollars. Il est vrai que des banques, principalement américaines, ont cru que les prix de l'immobilier, contrairement aux arbres, «pouvaient monter jusqu'au ciel». La crise actuelle est là pour acter de tels errements et permettra peut-être de remettre un peu d'ordre et de morale sur la planète Finance.
Mais le risque majeur aujourd'hui est celui de l'exclusion financière, en particulier en Europe. Toute crise économique agit comme un filtre (le mot grec «Krisis » signifie tamis, crible) laissant passer le meilleur mais retenant inexorablement les «impuretés». Toute crise est ainsi facteur de bipolarisation entre ceux qui peuvent faire le dos rond et ceux qui ne le peuvent pas. Pour simplifier entre les pauvres et les riches. C'est le cas, en premier lieu, pour les banques, la liste, établie par la FDIC, des banques américaines à problèmes s'allongeant chaque mois depuis un an. Mais c'est le cas aussi pour les PME qui commencent à subir, en matière de crédit, un effet prix (la hausse des marges d'intérêt) et un effet quantité (le «credit crunch»).
Il est vrai que les statistiques officielles, trop globales, masquent, à ce jour, le phénomène. Il est vrai aussi que la demande de crédit, témoin de la confiance évanouie, marque aujourd'hui le pas. Il n'empêche: l'accès au marché du crédit risque de se rétrécir au cours des prochains mois pour les entreprises les plus fragiles, et donc pour celles qui ont le plus besoin de financement.
Raréfaction du crédit
Ce qui est vrai pour les entreprises est vrai, et peut être surtout, aussi pour les particuliers. Les ménages pour lesquels le crédit constitue le seul moyen de pallier leur déficit d'épargne risquent d'être, eux aussi, exclus du crédit ou, pire, vont découvrir les affres du surendettement.
Il faut absolument réagir. Soit on développe un marché maitrisé des «subprimes», soit la transmission de la crise financière à l'économie réelle sera d'une brutalité inouïe. Il ne suffit pas d'exhorter les banques à «faire leur boulot» comme le fait, à juste titre, le Président de la République. Les banques françaises travestissent la réalité quand elles affirment que leurs conditions de crédit ne se sont modifiées qu'à la marge depuis quelques mois. Mais il est difficile, pour elles, d'encourager leurs réseaux à prêter, alors que leur aversion au risque à augmenté de manière exponentielle. Il faut donc maintenir la pression sur les banques mais il ne faut pas se faire d'illusion sur l'efficacité d'une telle «croisade».
Il faut donc trouver d'autres voies pour éviter le «credit crunch». Il faut commencer par ne pas diaboliser le crédit à la consommation comme le font, depuis quelques semaines, certains parlementaires. La loi qui vient d'être votée en France est, de ce point de vue, décevante. Pour les ménages, il n'est qu'une solution pour développer le crédit responsable: l'établissement d'un «fichier positif» des emprunteurs qui, seul, permettra de responsabiliser les banques face au risque de surendettement.
Pour les entreprises, l'équation est plus difficile à résoudre. Il faudrait, en toute rigueur, modifier les règles prudentielles qui s'appliquent aux banques (Bâle II) et aux assureurs (Solvency II) pour, au moins, ne pas les décourager de contribuer au renforcement des fonds propres des entreprises. Mais cela prendra du temps. Il faut donc, en France, mettre en place un système de garantie publique qui permette aux banques, françaises ou non, de dépasser plus facilement leur aversion au risque. Il faut aussi renforcer très vite et de manière très significative les moyens d'Oséo, la banque des PME. Il faut non pas pénaliser mais encourager le capital-développement sous toutes ses formes. Des solutions existent. Il faut examiner celles-ci de toute urgence. Et, s'il le faut, en imaginer de nouvelles.
Il faut faire de la lutte contre l'exclusion bancaire une priorité nationale. Faute de quoi, ce qui n'est aujourd'hui qu'une crise économique se transformera très vite en drame social et donc, peut être, politique.
Diogène
Image de Une: Maison à vendre aux Etats-Unis John Gress/ Reuters
Mis à jour le 04/08/2009 à 15h20









































J'ai du mal comprendre l'article, puisque déjà je trouve qu'il ne dit rien, c'est beau d'encourager le crédit mais on se croirait dans le format économique des gratuits, un paragraphe ou presque pour tout expliquer.
Et inciter au crédit je trouve sa toujours aussi bête, je n'ai rien contre le crédit, il a son utilité, mais le crédit à la consommation n'a jamais et ne sera jamais une bonne chose à grande échelle. Et en période d'augmentation du chômage, je ne crois pas que les banques veulent perdre de l'argent, par ce genre de crédit risqué, sa aurait été bien d'accorder les crédits sous conditions contractuelles aux banques, mais le passé est le passé.
Maintenant s'acharner sur le crédit alors qu'en France le gros problème c'est le prix des logements, qui est malgré l'accalmie, une horreur qui a une influence sur les ménages et qui restreint leur consommation, là où le nombre de précaires à augmenter en grand nombre ces dernières années. Le crédit ne règle pas tout quand c'est la structure qui se porte mal. On parle de tout temps, d'une crise du crédit mais comme le marque l'auteur, ce n'est qu'une goutte d'eau, même si on prend en compte que le crédit est une aide certaine à l'innovation des structures économique. Mais le problème avec nos sociétés économiques c'est qu'on à tendance à innover qu'en surface.
je n'ai pas bien compris le sens de l'article non plus.
En plus je ne pense pas que les banques américaines soient tant à blamer, il y a d'abord la réserve fédéral qui maintenait les taux bas et freddy mac et fanny mae, organismes demi étatisés qui les garantissaient. Enfin, il y avait une série de rehausseurs qui supportaient une large part des risques crédit dont même des européens (Natixis, filiale des trés vertueuses Caisse d'épargne et banque pop, encore du quasi public par leur management). Bref beaucoup de rssponsabilités publiques qui détraquaient l'équilibre du marché. On va recommencer ?