Culture

Le Weather Festival fête l'été et le réveil des nuits électros parisiennes

Didier Lestrade, mis à jour le 06.06.2014 à 18 h 58

Le festival de ce week-end, dispersé sur trois sites du «Grand Paris», symbolise une nouvelle culture du clubbing: plus mixte et plus extra-muros.

Préparation de la «Boiler Room» à l'Institut du Monde arabe, un des lieux du festival. DR

Préparation de la «Boiler Room» à l'Institut du Monde arabe, un des lieux du festival. DR

Il va fait beau ET chaud ce weekend et ça tombe bien : c'est le grand lancement des méga fêtes house et techno dans la capitale. Villette Sonique a commencé, We Love Green vient de finir et le Weather Festival espère attirer 45.000 personnes pour sa seconde édition en éclatant les nuits électro sur des sites du Grand Paris

Weather Festival

Vendredi à lundi à l'Institut du Monde Arabe, au Bourget, sur l'ïle-Seguin à Boulogne et le off à Montreuil et Bobigny.

Plus d'infos sur le site officiel

Ça ressemble aux grandes raves classiques de la fin des années 80 en Angleterre, aux Nuits Sonores de Lyon ou à la Love Parade de Berlin en 1995. Mais c'est Paris et c'est le symbole de la nouvelle vague house qui déferle sur la France depuis quelque temps, poussée par une génération qui n'a pas connu les vieux rendez-vous, et qui s'en fiche d'ailleurs. De Concrete au Wanderlust, la capitale qu'on croyait lobotomisée se réveille en plein revival de la nouvelle forme d’ecstasy, le DMEA. Les fêtes n'arrêtent pas, les étrangers reviennent s'amuser à Paris et le weekend de la Pentecôte est le premier sommet musical de l'été.

Mais ce qui rend unique le Weather Festival, c'est le choix des sites avec une nette préférence pour les endroits ouverts, la nuit en plein air, hors les murs. Et ça commence le vendredi 6 à l'Institut du Monde Arabe (déjà complet) qui offre du prestige à l'évènement. Selon Brice Coudert, un des organisateurs:

«Se faire prêter le parvis de l'Institut du Monde Arabe par Jack Lang pour l'ouverture du festival, c'est assez bon signe. Quand on voit comment les Nuits Sonores à Lyon marchent main dans la main avec la ville, on se dit qu'on en est pas encore là mais qu'on est sur la bonne voie».

Tout ça avec un line up sérieux: Moritz von Osvald, Underground Resistance et une Boiler Room qui promet.

Le gros morceau qui rappellera certains grands hangars du Sonar de Barcelone, c'est samedi midi et toute la nuit au Parc des expos du Bourget. Avant de finir en beauté, lundi, à Boulogne. Car ce qui permet de remplir de tels endroits, c'est effectivement l'arrivée de nombreux étrangers (Italiens, Anglais, Hollandais représentent 15% des préventes) mais surtout de la banlieue, comme l’explique Brice Coudert:

«Notre public est tout autant de Paris intramuros que de banlieue. Le clubbing s'est démocratisé à Paris, et la house/techno n'est plus réservée aux Parisiens capables de rentrer dans les clubs. Aujourd'hui les clubs parisiens ont des portes plus faciles (une partie...), et la multiplication des évènements extramuros donne la possibilité aux banlieusards de sortir écouter de la musique électronique près de chez eux. La nouvelle génération de clubbers est définitivement beaucoup plus mixte que la génération précédente. D'ailleurs c'est une des raisons pour laquelle le nombre de fêtards est beaucoup plus important aujourd'hui».

Paris n’est pas encore Berlin mais cette mixité sociale relance la techno. Ce n'est plus la rave classique, mais un renouveau poussé par une vague musicale (sans oublier la démocratisation de la MDMA) qui touche beaucoup de jeunes.

Banlieusards, parisiens, filles ou garçons, tout le monde y sera. L'édition 2013 avait attiré 25.000 personnes, c’est le double qui est prévu cette année

Mieux organisé

Tout est fait pour ne pas galérer dans ces soirées et ne pas faire la queue. À l'Institut du Monde Arabe : 20 portiques d'entrée, 60 mètres de bar, 80 sanitaires. Au Bourget : 50 portiques d'entrée, 220 sanitaires, 50 robinets d'eau potable, plus de 10 bars 360°, une dizaine de foodtrucks, 7000 casiers vestiaires. Au Parc de la Bergère: 25 portiques d'entrée, 2.000 casiers vestiaire, 100 sanitaires, 20 robinets d'eau potable, 60 mètres de linéaire de comptoir.

Ça vous paraît ridicule cette suite de données brutes? C'est pourtant ça qui garantit une belle nuit: ne pas perdre son temps à se bousculer pour le vestiaire alors qu'on serait tellement mieux sur le dancefloor. Brice Coudert, encore:

«On prend énormément de risques économiquement car justement on essaie de proposer le meilleur évènement possible. Que ce soit au niveau du sound system, de la scénographie avec des installations assez impressionnantes, du confort avec la location de 10.000 casiers qui serviront de vestiaires aux festivaliers ou de mise en place d'espaces lounge etc., nous avons tout mis en œuvre pour que le public en prenne plein les yeux et plein les oreilles dans les meilleures conditions possible».

Paris est redevenu central dans le lancement de ces grands évènements et on a l’impression d’un point de basculement. Entre mai et juillet, pas moins de 4 festivals s'y succèdent: Marvelous Island, Weather Festival, Macki Festival, Peacock Society, tous situés entre Paris et sa banlieue. C'est gratuit ou payant, mais c'est pour tout le monde. Et ça, c'est presque une révolution.

Didier Lestrade
Didier Lestrade (71 articles)
Journaliste et écrivain
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