Economie

La réduction de la pauvreté extrême dans le monde est une bonne nouvelle. Pourquoi l’Occident en parle-t-il si peu?

Repéré par Jean-Laurent Cassely, mis à jour le 05.06.2014 à 11 h 56

Smile, Rosario, we are investment grade now! / JAIRO BD via Flickr CC License By

Smile, Rosario, we are investment grade now! / JAIRO BD via Flickr CC License By

Le site Price Economics met en lumière dans un article un rapport de la Banque mondiale, publié en avril 2014, rappelant que le taux de personnes vivant dans des conditions d’extrême pauvreté (moins de 1,25 dollar par jour) dans le monde continue de baisser, passant de 36% en 1990 à 18% en 2010.

Cette baisse impressionnante est surtout dûe à la région Asie-Pacifique (dont la Chine), passée selon le rapport d’un peu plus de 600 millions de personnes dans une pauvreté extrême en 1999 à 200 millions en 2010. A propos de la population en extrême pauvreté, l'économiste Paul Collier parle du «milliard du bas» (c’est le titre de son livre, Bottom billion), à 70% situé en Afrique mais aussi en Haïti, au Yémen, en Birmanie.

Le rapport de la Banque mondiale

Prospérité pour tous: en finir avec l'extrême pauvreté

Lire le rapport

Pourquoi cette nouvelle n’est pas célébrée dans les pays occidentaux autant qu’elle le devrait? Parce que comme le précise Price Economics,  les inégalités ont tendance à augmenter dans les pays occidentaux pendant qu’elles se réduisent ailleurs, dans les pays dits en développement ou émergents.

Dans les vieux pays développés, et particulièrement aux États-Unis, l’opinion a plutôt l’impression d’assister à la tendance inverse. La focalisation sur les 1% (de plus riches), sur la part croissante des revenus du capital (la folie Piketty aux USA) et le déclin de la classe moyenne dessinent un portrait différent.

Nous vous avons d'ailleurs récemment parlé de la note alarmante de l’Observatoire des inégalités sur le décrochage des revenus les moins élevés depuis 2008 (l’auteur y notait d’ailleurs que ce phénomène intéressait peu les médias).

Ces faits n'ont bien sûr pas grand-chose à voir avec l'extrême pauvreté, mais la sensibilité de l'opinion des pays développés n'est sans doute pas en phase avec les bonnes nouvelles qui arrivent d'autres parties du monde.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte