Allô, ta circonscription est supprimée
Comment les députés sacrifiés ont appris qu'ils allaient perdre leur poste.
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C’est un plan social qui n’en porte pas le nom qu’a préparé le gouvernement avec le redécoupage électoral. Présenté en Conseil des ministres le 29 juillet par le secrétaire d’Etat aux Collectivités locales, Alain Marleix, le projet prévoit de supprimer 33 circonscriptions et donc de renvoyer à la maison autant de députés en 2012.
Sur ces 33 malheureux, rares sont ceux qui crient au génie du coup de ciseau d’Alain Marleix. Souvent vécue comme une injustice — pour ne pas dire une manœuvre politique — la suppression d’une circonscription est l’opération la plus lourde du redécoupage électoral. Elle consiste à dispatcher les cantons d’une circonscription dans les circonscriptions voisines. En 2012, le député pourra soit renoncer à l’hémicycle (comme Martine Billard du Parti de Gauche à Paris), soit tenter une périlleuse opération en s’invitant dans une autre circonscription où d’autres sont déjà installés. Un humiliant «parachutage» puisque le député peut devenir un intrus sur ses propres terres.
En cas de licenciement, le patron peut vous convoquer ou vous envoyer une lettre recommandée. Mais qu’en est-il en matière de redécoupage électoral? Qui annonce la mauvaise nouvelle aux députés? Il y a en fait de nombreux cas de figures.
La rumeur
C’est le cas le plus fréquent. Depuis que le nouveau nombre de circonscriptions par département a été arrêté en janvier, les députés des territoires qui perdent un ou des sièges gambergent pour savoir sur qui cela va tomber. Dans les couloirs de l’Assemblée où les parlementaires se croisent sans cesse, on s’échange les infos — les députés UMP sont les mieux informés — et par recoupement, les élus sacrifiés comprennent progressivement qu’ils sont le maillon faible.
Le socialiste Daniel Goldberg a perdu sa 3éme circonscription de la Seine-Saint-Denis. Il l’a compris en entendant à plusieurs reprises qu’il fallait «sauver le soldat Buffet», autrement dit ménager les communistes. Dans le même temps, les élus locaux lui laissaient entendre que les circonscriptions UMP et Nouveau Centre seraient consolidées. «Par déduction, j’ai fini par comprendre que ma circonscription allait disparaître. Mais il n’y a personne qui m’a appelé pour me dire «M. Goldberg, pas de chance, ça tombe sur vous», raconte-t-il.
Le coup de fil à un ami
C’est le traitement réservé aux députés UMP. Alain Marleix a été le Secrétaire national aux Élections du parti majoritaire de 2004 à 2008. A ce titre, il connaît personnellement tous les parlementaires et a donc pris soin d’appeler les députés UMP perdants au tirage lors de ce redécoupage électoral.
Michel Raison a appris «très en amont» que sa circonscription de Haute-Saône allait être démantelée: «Alain Marleix a eu le bon goût de m’appeler. J’ai demandé à le rencontrer pour en parler, ce qu’il a tout de suite accepté.» Ce petit coup de ciseau entre amis s’est tellement bien passé que Michel Raison s’est fait une raison: il annonce dès aujourd’hui qu’il se présentera en 2012 dans la circonscription voisine, acquise à la gauche.
Le coup de fil à un ami (bis)
Pour «négocier» le redécoupage, le Parti socialiste a dépêché ses deux plus fins connaisseurs de la carte électorale, Bruno Le Roux et Christophe Borgel. «On a pris connaissance du contour de la nouvelle carte par vagues successives à partir de février-mars, raconte Bruno Le Roux. Il nous a fallu pas moins de 9 réunions pour avoir toutes les données en main».
Quand les émissaires du PS apprenaient les mauvaises nouvelles, c’étaient à eux de faire le sale boulot en appelant les députés concernés. «Quand Marleix était content de ne pas avoir touché à une circonscription socialiste menacée, il appelait le député concerné. Mais il ne prenait son téléphone que pour les bonnes nouvelles», explique Bruno Le Roux.
Le préfet un peu gêné
Pour donner l’illusion d’un projet consensuel, Alain Marleix avait chargé les préfets de réunir tous les acteurs politiques de leur département pour faire des propositions de redécoupage. Dans de nombreuses régions, la gauche a boycotté ces consultations — qui n’ont de toute façon eu que peu d’influence, Marleix ayant déjà arrêté les grands traits de la carte depuis bien longtemps.
Les préfets étaient visiblement informés en amont des projets du gouvernement dans leur département. C’est ce qu’a découvert Alain Cacheux, député socialiste du Nord: «Le PS du Nord avait décidé de ne pas aller aux consultations. J’ai appelé le préfet pour m’en excuser. En discutant avec lui, j’ai compris sans qu’il me le dise formellement que ma circonscription était menacée».
L’ami qui vous veut du mal
C’est la méthode la plus cruelle. Alors que beaucoup de socialistes ont appris la mauvaise nouvelle par les rumeurs distillées par leurs collègues UMP, Jean Glavany, ancien ministre de Jospin, l’a appris de la bouche de… son ancienne colistière.
Le gouvernement a retenu le projet de redécoupage des Hautes-Pyrénées proposé par les radicaux de gauche. Selon Glavany, son ex-suppléante, la députée PRG Chantal Robin-Rodrigo lui a transmis par correction la proposition qui supprimait la circonscription du socialiste et renforçait la sienne. «C’est une déclaration de guerre», lui a alors répondu le socialiste. En vain. Malgré ses entrevues avec Alain Marleix, Jean Glavany ne parviendra pas à sauver sa circonscription.
Les fuites dans la presse
Les députés socialistes, non informés officiellement du destin de leur circonscription, ont souvent eu confirmation de leurs soupçons dans la presse. Lors des différentes étapes du projet, des cartes ont circulé dans les journaux, notamment dans Le Monde. Ce fut, par exemple, le cas de Jean Glavany qui a eu confirmation dans la presse que le gouvernement avait retenu le projet favorisant les radicaux de gauche.
Vincent Glad
(photo: Alain Marleix, Reuters/Charles Platiau)
Mis à jour le 03/08/2009 à 16h19










































C'est faire de la mauvaise politique que de supprimer des circonscriptions,car cala signifie qu'une majorité craint pour son avenir,ça n'a pas souvent porté chance aux partis au pouvoir tout au long des derniers siècles,en sera-t-il de même au XXI ème?
En tout cas l'analyse de cadeau au PCF,reste pertinente dans la 3ème de Seine Saint Denis,de même que pour les autres circonscriptions où finalement c'est nier le vote du peuple,pourtant le seul juge ,c'est donc également nier la démocratie,et c'est là qu'est la mauvaise politique:ce régime est-il déjà en danger,pour en arriver à ces magouillages?
Le découpage dans le 93 est en effet favorable au PCF...
Et alors ?
Je ne suis pas communiste, loin s'en faut, mais qui peut nier que le PCF participe aujourd'hui au débat démocratique, avec sa spécificité ?
Dès lors, au nom de quoi il faudrait l'effacer de la carte électorale comme le propose le PS ?
15 députés communistes, cela représente 2.5% des députés. Le PCF a fait un peu moins de 5% lors des deux dernières législatives. 15 députés, c'est encore trop pour le PS, qui hurle à la manoeuvre en Seine-St-Denis...
Moi, ce qui me choque en tant que démocrate, c'est une Assemblée nationale aujourd'hui constituée à 95% de députés PS ou UMP-NC, quand ces deux partis ne faisaient pas 60% au 1er tour de la présidentielle, et moins de 50% lors des européennes.
Il est là le déni démocratique le plus absolu, pas dans la disparition de la 3ème circonscription du 93 !
http://naturellement.typepad.fr/franck_naturellement/2009/07/d%C3%A9coupage-le-ps-me-les-gonfle.html
La France fait partie des grandes démocraties du monde. "Certitude" de laquelle il ne faut pas s'écarter. Pfff... Quand on voit sans s'en émouvoir tous ces manquements aux fondamentaux de LA démocratie, on continue à être écoeuré par la gouvernance absolue du mensonge, de l'hypocrisie et leurs corollaires. C'est pitoyable mais tout le monde s'en fout. Et je ne fais pas dans le moralisme primaire.
Découpages, re-découpages... foutaises toujours et encore, la caste étatique veille à ce que rien ne soit changé à l'essentiel. Les privilèges ont la vie dure. Les "lésés" conserveront avantages et privilèges.
Il n'y a qu'environ 8 millions de pauvres en France, et cela ne fait pas une majorité. Et quand bien même le Parlement serait à majorité populaire, la constitution plébiscite une monarchie cachée mais bien présente. 1981 fut une imposture. 2002 fut le début des grandes manoeuvres de l'avènement de qui vous savez. Et 2012 au train où cela va, ne changera rien non plus. Alors, un parlement godillot dont le seul intérêt est d'apporter richesses et notorioté à ses occupants ! Sarkozy pille l'Etat avant de le brader au privé, au chacun pour soi. Il détruit les solidarités, humilie la population naïve, il divise ses Sujets parce qu'il ne les aime pas, les Français. Il n'aime que l'argent et lui-même. Surtout lui-même.
Je n'ai aucune peine pour ces députés privés de circonscription. Cela fera un peu moins de cumul de mandats
Jean Glavany, outre son titre de député est aussi (selon son site internet)
-Membre du Conseil municipal de Tarbes (dans l’opposition)
-Président du Pays du Val d’Adour
-Président du Comité de Suivi du Plan Patrimoine à l’OPH 65
Michel Raison:
- Maire de Luxeuil-les-Bains
Alain Cacheux:
- Membre du Conseil municipal de Lille
- Vice-président de la communauté urbaine de Lille Métropole
Daniel Goldberg :
- Membre du Conseil municipal de La Courneuve
Martine Billard est la seule "perdante" de cette liste car elle n'a pas d'autres mandats.
Billet pas mal vu, mais je dois avouer que j'en ai un peu assez d'entendre le PS se plaindre du redécoupage, des conditions du redécoupage, etc...
Jean Glavany qui se plaint, c'est quand même symptomatique de la période...
Comme indiqué dans le billet, Glavany a été ministre de Jospin, il n'est donc pas tombé de la dernière pluie et, surtout, ayant siégé au gouvernement, a une responsabilité directe sur la non mise en oeuvre d'un engagement des socialistes dans la période 1997-2002, la proportionnelle !
Sans faire de la politique fiction, imaginons 30 secondes que la proportionnelle ait été appliquée après le 21 avril 2002. Il y aurait eu sans doute une majorité de droite UMP-UDF à l'Assemblée, mais y aurait-il eu une majorité pour revenir au scrutin majoritaire ? J'en doute... Idem en 2007, avec, pour le coup, une vraie place pour le Modem.
Comme je l'ai écrit dans mon dernier billet sur mon blog, nous sommes entrés, avec le quinquennat et le scrutin majoritaire pour l'AN dans un phénomène de rouleau compresseur majoritaire, avec tout ce que cela comporte comme risques pour la démocratie. Le PS en paie aujourd'hui le prix ? Voire. Avec l'UMP, il contrôle 95% des sièges à l'Assemblée nationale...
http://naturellement.typepad.fr/franck_naturellement/2009/07/d%C3%A9coupage-le-ps-me-les-gonfle.html
Le redécoupage électoral est nécessaire pour tenir compte de l'évolution démographique de la société. Mais, on le sait, il est et sera toujours un moyen parmi tant d'autres pour le parti au pouvoir de tirer un avantage de ses fonctions et d'y assurer son avenir. Confier cette mission à une commission représentative, composée de députés de tous bords? Nous ne sommes déjà pas parvenus à trouver le bon algorithme concernant l'élection de nos parlementaires... et cela ne ferait qu'accentuer le jeu des tractations entre partis, jeu que nous connaissons déjà. On dit que les perdants sont les députés? Les députés de gauche? Mais à regret, je me pose une question : pourquoi le Parti socialiste n'a-t'-il pas pris les devants, en effectuant lui-même un redécoupage lorsqu'il en a eu l'occasion, comme la loi l'y obligeait? Le dernier date en effet de 1986, un découpage organisé par... Charles Pasqua alors ministre de l'Intérieur d'Édouard Balladur. Depuis, les gouvernements successifs, de droite comme de gauche, se livrent au jeu de la patate chaude, dont les seuls perdants sont finalement les Français.
Mais il s'agit d'un autre phénomène ici : l'État n'assume pas ses responsabilités lorsqu'un député est ainsi informé de la suppression de sa circonscription. Le redécoupage serait-il hors-la-loi, ou l'État n'aurait-il pas assez de considération pour les élus de son peuple pour daigner les informer? Quel message pour les électeurs? Il semble que ce courant de "je passe la balle à quelqu'un d'autre" soit en vogue, à l'heure où les citoyens qui s'intéresseraient aux activités et aux dépenses de leurs élus seraient trop voyeurs, et où il est toujours mieux d'attirer l'attention sur les autres que d'assumer ses erreurs. (article du Nouvel Obs : http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/politique/20090804.OBS6498/trois_deputes_sur_577_detaillent_leurs_depenses.html?idfx=RSS_notr&xtor=RSS-17
qui renvoie à l'article de Libé : http://www.liberation.fr/politiques/0101583504-deputes-a-vos-factures )
La Politique est la chasse gardée des "petits seigneurs" de notre royaume et cela depuis la déclaration de la République. Il est intéressant de voir que notre pays a autant de députés que de sénateurs aux US seul ce chiffre est comparable. Autre point intéressant nos députés sont toujours des "petits malins " pour gérer les pb beaucoup de discours peu d'efficacité. Leur indépendance se limite au bon vouloir du pouvoir, je peux continuer ainsi sur bien des pages. Je pense que si l'Etat était honnête il diviserait le nombre de députés par 3 cela ne changerait RIEN pour le citoyen car moins d' un tiers des députés sont réellement actifs, par contre une économie pour le contibuable. J'ai fait appel à un député du Var pour qu'il intervienne auprès du ministère du budget pour apporter un amendement sur le plan de la relance, son bureau m'a répondu que le député en question ne s'occupait pas de pb personnel le sujet touche les handicapés "petite population"de dizaine de milliers de citoyens pas nantis.
J'oubliais être député à vie quelle aubaine ( salaire: présent ou pas à l'assemblée souvent pas, retraite particulière, une prime pour le secrétariat mais combien son payés les assistants???? etc...) alors en être écarté impose de "mouiiller" la chemise pour son salaire et sa retraite.
Pas d'inquiétude la nomenklatura POLITICIENNE marchera et les écartés retrouveront un poste dans toute cette nébuleuse qu'est la politique au pire comme cela est courant la nomenklatura créera des postes pour les plus nantis. Alors Messieurs un peu de dignité face à ceux qui n'ont pas la chance d'appartenir à une caste de nantis.