Slatissime

Le lapidaire en pierre de couleur

, mis à jour le 25.04.2014 à 18 h 54

Il est grand temps de mettre en lumière le métier du lapidaire, parent pauvre et méconnu de l’univers de la joaillerie et pourtant personnage incontournable et talentueux !

«Rends-moi la plus belle possible ! » C’est ce que pourrait dire la pierre au lapidaire si elle pouvait parler ! Le lapidaire est celui dont le métier consiste à tailler des pierres (sauf le diamant) précieuses ou fines pour les rendre dignes d’orner des bijoux ou des objets d’art.

L’excellence est présente lorsqu’il arrive à trouver le point d’équilibre entre rentabilité et beauté. Tout l’art de ce métier est de tirer le meilleur parti d’une pierre en la rendant, compte tenu de sa taille, la plus resplendissante, tout en essayant d’en conserver le plus de poids possible puisque le nombre de carats est important pour son prix de vente.

 

Le lapidaire a une grande connaissance des pierres et de leurs différentes caractéristiques physiques et chimiques. Cela lui permet de savoir les tailler à des endroits précis pour qu’elles ne se cassent pas pendant l’opération. Il a aussi l’art de savoir mettre en lumière leur meilleure couleur et de faire disparaître, autant que possible, des inclusions disgracieuses.

Il existe deux sortes de lapidaires: le lapidaire «en facettes», il piège la lumière dans la pierre par un jeu de facettes grâce à des proportions et des angles précis. Cette taille est utilisée pour les pierres transparentes. Il peut aussi tailler des pierres en cabochon lorsque les gemmes sont incluses ou opaques. Les pierres sont alors, rondes ou ovales, bombées sur le dessus.

Le lapidaire « tourneur » est celui qui travaille sur le volume de la pierre. Cette technique est utilisée pour les pierres opaques pour réaliser toutes sortes de formes complexes, en creux et contre-creux. Dans certains cas, et pour des pièces de haute joaillerie, la pierre peut devenir une petite sculpture. Il existe plusieurs techniques pour la taille
des pierres. Ces techniques varient en fonction du résultat escompté. 

À l’origine, les tailleurs de pierres étaient installés près des cours d’eau pour l’utilisation de la force motrice de l’eau (le Jura était un des lieux historiques de taille). Depuis 1930, l’utilisation de l’électricité a complètement modifié le travail du lapidaire.

Aujourd’hui, après avoir cimenté la pierre sur un bâton, le lapidaire utilise un outil, «l’évention» qui lui permet de régler les angles des facettes. Ensuite, il pose la pierre sur une meule enduite de poudre de diamants. Cette poudre a révolutionné le travail du lapidaire. La matière de la pierre devient grise à mesure que les facettes sont taillées. Il faut alors la polir pour lui redonner tout son éclat.

Les meilleurs artisans français préfèrent utiliser une meule à rotation manuelle qui leur permet d’affiner au plus près leur travail. Dans d’autres pays, on peut trouver des meules industrielles qui facettent des dizaines de pierres en même temps. Le résultat final n’est pas comparable ! La France est réputée dans le monde pour avoir les lapidaires les plus recherchés pour la Haute Joaillerie.

Pour finir, il ne faut pas oublier que c’est un travail extrêmement délicat où la moindre erreur peut être fatale. Une petite erreur de jugement et la pierre éclate ! Tous les lapidaires connaissent la même angoisse avant d’attaquer une pierre de grande valeur et certains la jaugent plusieurs jours avant de se mettre au travail.

Victoria Alexandre

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