La fin des cadenas d'amour de Paris: néo-coutume beauf ou réappropriation de la ville?

GF_PHOTO-3614-Edit / Glenn Forrest via Flickr CC License By

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Entretien avec Lisa Anselmo, New-Yorkaise résidant à Paris à l'origine avec une amie de la pétition «No love locks». Où l'on essaie de mettre en balance la mondialisation par le bas du tourisme de masse et la brooklynisation de Paris...

La mairie de Paris installe, à partir de ce lundi 1er juin, des panneaux sur le pont des Arts, afin d’empêcher les couples d’y accrocher des cadenas. Nous republions à cette occasion cet article du 22 avril 2014.

Si vous êtes déjà au fait de la controverse autour des cadenas d'amour parisiens et que vous souhaitez lire directement l'entretien avec Lisa Anselmo, co-initiatrice de la pétition contre les cadenas (ou «love locks»), cliquez ici.

Pour un rappel des faits, commencez à lire l'article dès le début.

Le rappel des faits: que se passe-t-il avec tous ces cadenas?

On a vu dans les années 1990 – 2000 apparaître dans plusieurs villes un rituel contemporain, prisé des couples de touristes. Pour sceller leur amour, ils accrochent un cadenas à un monument, souvent un pont, inscrivent leurs noms ou initiales dessus, puis ils jettent la clé dans l’eau.

L’origine de la coutume n’est pas claire: on la fait parfois remonter aux années 1980 et à un monument de la ville de Pécs en Hongrie, ou de Cologne en Allemagne. Une version crédible de la popularisation de cette pratique renvoie à 2006, lorsqu’est publié un roman à l’eau de rose italien qui devient un best-seller international, J’ai envie de toi (Ho Voglia di te) ensuite adapté en film. Dans une scène, les deux amoureux attachent un cadenas à un pont romain.

A Paris, le Pont des Arts est depuis plusieurs années la cible privilégiée de ce petit rituel qui a démarré en 2008. C’est désormais un passage obligé du touriste comme l’est la Fontaine de Trevi à Rome où il est de coutume de jeter une pièce.

L’engouement pour cette néo-tradition, sorte de «mème» du monde physique, a atteint un niveau préoccupant. Désormais, les cadenas tapissent les garde-corps du Pont des Arts sur toute sa longueur, mais se multiplient aussi Pont-Neuf, Pont Henri-IV, sur les Passerelles Léopold-Senghor et Simone de Beauvoir ou Pont de l’Archevêché. On parle à présent de 700.000 cadenas d’amour, ou «love locks» en anglais.

Un aperçu de l'ampleur du phénomène, ici Pont de l'Archeveché face à Notre-Dame-de-Paris. Locks of Love / Thompson Photography via Flickr CC License By

Que fait la mairie de Paris?

Le poids du métal accumulé ferait craindre un effondrement du pont. Dernièrement, un article de Libération affirmait néanmoins qu’il n’existait pas de risque à ce niveau. La gestion des cadenas par la mairie s’apparente plutôt à un problème d’aménagement de l’espace public. Récemment, une photo qui a circulé sur les réseaux sociaux, montrant des employés de la voirie de la mairie de Paris en train de retirer une rambarde du Pont des Arts, a fait craindre –ou espérer– que les cadenas allaient être tous retirés… mais il n’en est rien!

Car l’affaire des love locks est sensible politiquement! Mais oui! La mairie est d’ailleurs jusque-là restée très prudente: elle intervient quand l’accumulation de cadenas endommage les ponts, mais se refuse à condamner cette coutume d’amoureux: ce serait lutter contre le romantisme qui fait l’attrait de Paris. Le site renvoie à la place vers un service virtuel de substitution

Sur le ponte Milvio, à Rome, le maire n’a pourtant pas hésité à faire interdire la pratique, désormais punie d’une amende de 50 euros.

Comme le résume un article d'Associated Press, «pour le moment, c'est le status quo –pas de restriction».


Time-lapse : Le pont des arts pris d'assaut par... par lemondefr

La pétition «No Love Locks»

Lisa Anselmo et Lisa Taylor Huff, une Américaine et une Franco-Américaine résidant toutes deux à Paris, se sont lancées dans une croisade contre ces cadenas: leur pétition «No love locks» a recueilli plus de 5.000 signatures. Lisa Anselmo a publié un article intitulé «Chers touristes, libérez votre amour», très lu et commenté, sur son blog. Elle y explique pourquoi cette mode est devenue «une folie», avec « des cadenas accrochés à d’autres cadenas, d’énormes cadenas de vélo» qui défigurent les monuments parisiens.

Cette mode, écrivent-elles, «présente un problème croissant de sécurité, de maintenance à un coût élevé, de dommages à l’environnement et de dégradations de structures historiques aimées de tous. Ces cadenas créent une menace pour le patrimoine culturel de Paris. Le moment est venu de réguler ce phénomène».

Cet envie de régulation peut paraître paradoxale: Paris est une ville dont l’attrait réside en grande partie dans sa beauté architecturale, mais aussi dans l’entretien du mythe d’une cité stimulante et créative. L’appel à la sécurité, à la normalisation, à la mise en conformité, rompt avec les discours qui vantent d’habitude le charme bohème de Paris tout comme l’inévitable appel à la «réappropriation» de l’espace public par les usagers de ce dernier…

Entretien avec Lisa Anselmo, co-initiatrice de la pétition No Love Locks

Co-fondatrice de cette initiative, Lisa Anselmo répond en détail à nos questions sur cette affaire des cadenas qui suscite les passions à Paris bien sûr, mais bien au-delà, puisque la coutume est devenue mondiale et que Paris reste une étape de choix sur la carte des grandes destinations touristiques.

Pourquoi avoir lancé cette campagne contre les cadenas d’amour?

Tout a commencé par un article publié sur mon blog et qui est devenu viral (plus de 3.000 vues, contre environ 200 en temps normal). L’article était une lettre ouverte aux touristes au sujet de ce phénomène. C’était une réaction à ma découverte du Pont de l’Archevêché complètement recouvert de cadenas et de graffitis, la majorité n’étant pas écrits en français.

La co-fondatrice de No Love Locks, Lisa Taylor Huff, a re-publié mon article sur son blog, et en a écrit un autre, qui est lui aussi devenu viral. Nous nous sommes rendu compte que beaucoup partageaient cet état d’esprit. A force d’en parler à nos amis parisiens, à nos voisins, nos proches, et de les entendre déplorer l’état des ponts et la dégradation de lieux qu’ils aiment, nous nous sommes dit: pourquoi ne pas faire quelque chose, au lieu de nous plaindre? Nous voulions être utiles à cette ville que nous aimons.

Votre initiative a rencontré un large écho sur Internet, dans les médias français et dans le monde…

Nous étions loin de nous imaginer l’ampleur que ça allait prendre. Il y a eu beaucoup, beaucoup de messages d’encouragement et de remerciement, et oui, il y a quelques contestataires, mais ils ne sont qu’une poignée, comparés à ceux qui soutiennent ce mouvement. Cela en dit long…

Depuis quand vivez-vous à Paris?

Lisa Taylor Huff s’est installée à Paris en 2006. Elle a rencontré un Français. Ils se sont mariés, et elle a aujourd’hui la double nationalité, française et américaine. Je viens régulièrement à Paris depuis 2002, je me suis recréé une vie ici, j’ai donc fini par m’acheter un petit appartement il y a deux ans pour officialiser ma vie parisienne.

Que faites-vous dans la vie?

Nous sommes toutes les deux écrivains, mais je suis également directrice créative et chanteuse. Paris est un endroit formidable pour l’art, la littérature et la musique, une ville qui nous a réussi à toutes les deux.

Combien de gens ont signé la pétition?

Au 18 avril, il y avait 5.198 signatures. Ces derniers temps, nous avons une moyenne de 350 signatures par jour. Cette pétition n’a été lancée qu’en mars, donc cela va vite. Pour avoir le dernier décompte, voici la page (cliquer ici).

A Slate, il y a débat. Certes, la question de la sécurité se pose, mais au-delà vous proposez un retour à l’esthétique du patrimoine parisien qui peut rappeler un autre cri d’alarme, mené également par un New-Yorkais, l’année dernière: l’écrivain Thomas Chatterton Williams a publié le 8 novembre 2013 dans le New York Times un article qui a suscité une cascade de réactions, «Comment les hipsters ont détruit Paris».

Une lamentation sur l’homogénéisation du quartier au Sud de Pigalle dans le neuvième arrondissement, dit South Pigalle qui, sous l’effet des nouveaux commerces et des dynamiques de populations, perd de son caché populaire un brin canaille… Il écrit:

«L'extension logique est de scénographier nos espaces urbains comme des blogs de mode ou des tableaux Pinterest représentant une expression unique, auto-satisfaite et préservée de la sensibilité des classes moyennes et supérieures».

«Le brunch est partout le même» où qu’on se trouve», déplorait l’auteur.

Seriez-vous donc d’accord pour reconnaître qu’en parallèle de la «disneylandisation» par le bas que représente la coutume des cadenas d’amour, une culture internationale promue par les classes créatives reconfigure l’espace des villes gentrifiées dans le monde, et Paris n'échappe pas à ce phénomène.

Pourquoi pas une pétition contre les hipsters et les expats de SoPi?

La controverse autour de l’article du New York Times «How Hipster Ruined Paris», est peut-être née du fait qu’aucun argument concret n’est présenté. L’idée que la gentrification et l’homogénéisation sont causées par les hipsters ou les bobos est aussi étroite d’esprit que sensationnaliste. Le problème, qui est également celui de New York et de Londres, est causé par des promoteurs immobiliers et des propriétaires âpres au gain qui font flamber le prix des loyers et la valeur des biens, à tel point que les petits commerçants et les familles modestes ne peuvent plus se permettre de vivre intra-muros. 

Cela modifie le paysage urbain et socio-démographique. Mais cela est rendu possible par la même approche non-interventionniste qui permet au phénomène des cadenas de s’épanouir hors de tout contrôle: dans les deux cas, nous devons nous tourner vers la Mairie. 

Ce phénomène des cadenas est devenu pour les touristes une sorte d’activité banalisée, du genre «Disneyland», qui n’a plus rien à voir avec le plaisir de la découverte du vrai Paris. Une activité qui modifie complètement l’atmosphère et l’esthétique de la ville, et ce sont les résidents qui en souffrent. Mais tant que la Mairie n’agira pas en pensant aux contribuables et non aux touristes, on ne pourra pas en vouloir aux touristes, comme on ne peut pas en vouloir aux hipsters de «SoPi» d’aller chez Rose Bakery.

Revenons à la brooklynisation de Paris, phénomène décrit notamment dans l'article du New York Times. Est-ce un mythe? Est-ce réel et si oui, qu’en pense la New-Yorkaise d’origine que vous êtes?

Paris est une des rares villes où on peut regarder une photo d’il y a un siècle et demi, la comparer avec la même rue aujourd’hui, et la seule différence sera la présence de voitures. On pourrait même parler de résistance au changement, d’une certaine façon. Ce lien continu avec le passé, c’est aussi ce qui rend cette ville merveilleuse.

Mais on perçoit aujourd’hui un profond désir de nouveauté, et ce sont les Parisiens qui en sont à l’origine. Souvent les plus jeunes, qui semblent fascinés par Londres et New York, spécialement Brooklyn. C’est particulièrement remarquable dans la nouvelle génération de restaurants qui remplacent le traditionnel bistrot, restaurants créés par de jeunes chefs français, comme Bertrand Grébaut au Septîme

Mais même ceux créés par des chefs étrangers sont plébiscités par les Parisiens de souche, comme Bones par exemple, dans mon quartier, où le français est la langue majoritaire chez les clients. Donc, dire que les expats sont à l’origine de ce changement, c’est nier la réalité. Les médias aiment à véhiculer cette idée pour créer la controverse, mais ils se trompent de cible, et ne font qu’encourager la xénophobie. 

On parle à longueur de plaquette municipale de «réappropriation» de la ville, qu’il s’agisse de l’aménagement de la Seine depuis Paris Plage, de la «végétalisation» des espaces, de leur «piétonnisation» ou, encore, de leur transformation en «espaces civilisés»… Alors pourquoi ne pas se féliciter de cette forme, certes un peu sauvage et métallique, d’«appropriation»?

Ces nouveaux «espace civilisés» sont planifiés et conçus pour maximiser la qualité de vie des résidents. Ils prennent en considération les structures existantes et sont pensés pour améliorer l’espace sans le détruire. Les planificateurs urbains étudient l’impact psychologique du design et de l’entretien des espaces publics, parce que les espaces urbains communs sont un facteur déterminant de la satisfaction des citoyens. Quand ces zones communes sont bien entretenues, elles génèrent une sensation de bien-être; quand elles sont laissées à l’abandon, comme c’est le cas du Pont des Arts et d’autres ponts alourdis par les cadenas, cela donne l’effet inverse. 

Les cadenas sont donc plutôt une forme de confiscation de l’espace. D’où qu’ils viennent, quelqu’ils soient, ceux qui s’opposent aux cadenas partagent un même sentiment: un profond désir justement de se réapproprier leur espace public. Ils nous ont dit se sentir étouffés, envahis, déprimés, par ce phénomène. C’est de tout cela dont devraient parler les médias, l’effet de ces cadenas sur l’humeur des parisiens. C’est un élément important du débat.

Les «expats» seraient-ils paradoxalement ceux qui défendent avec le plus d’ardeur le «vrai» ou «l’authentique» Paris?

Concernant les cadenas et à la préservation du Pont des Arts, la majorité des gens qui nous soutiennent sont des Français, mais vous soulevez un point intéressant: les expats qui se battent pour préserver le «vrai Paris». Il est évident que nombreux sont les Parisiens de souche qui veulent préserver la tradition, mais il est également vrai que ceux qui viennent d’une autre partie du globe s’installent ici parce qu’ils aiment tout ce qui est parisien: la culture, la nourriture, l’architecture, et toutes ces choses qui pour les parisiens font partie du passé.

L’écrivain expatrié Alexander Lobrano s’est fait le champion du bistrot français traditionnel, dont il craint la disparition parce que les Parisiens trouvent ces endroits trop «lourds» à leur goût, ou pas assez modernes et chic pour l’époque. Mais quand on vient de New York, on n’a pas envie de se sentir à Brooklyn quand on dîne dans un restaurant rue de Charonne. 

Etes-vous les «Monument Women» de Paris dans la guerre contre la laideur et la globalisation des pratiques touristiques?

J’aime cette idée! Et pourquoi pas des femmes pour une fois, pousse-toi un peu George Clooney! Pour répondre sérieusement, quand il s’agit de préserver l’héritage parisien, il y a une histoire des relations franco-américaines, nées d’une admiration et d’une fraternité mutuelles, qui remonte au XVIIIe siècle. La French Heritage Society en est un exemple. Avec treize branches aux Etats-Unis et une à Paris, sa mission est de s’assurer que les trésors de l’architecture française, à Paris comme aux Etats-Unis, seront transmis aux générations à venir.

No Love Locks s’inscrit peut-être dans cette tradition. Ce que nous faisons, nous le faisons avec beaucoup d’amour pour Paris et nos compatriotes Parisiens. Oui, en tant que résidentes de cette ville, nous nous considérons comme des Parisiennes nous aussi. 

On voit sur twitter beaucoup de journalistes soutenir votre initiative, alors que les cadenas continuent d’avoir la faveur d’une population peut-être moins éduquée et ayant moins d’accès au cyberespace médiatique dominant, comme on peut le constater avec le hashtag «TouchePasAMonCadenas»

En ce qui concerne la couverture médiatique de No Love Locks, je pose une question au journaliste que vous êtes: pensez-vous que la presse a relayé notre histoire parce qu’elle soutient notre cause, ou parce que c’est un sujet à controverse? Je pense que la dernière réponse est la bonne.

Ils insistent souvent sur le fait que nous sommes Américaines (même si Lisa Taylor Huff a également la nationalité française), ce qui entraîne très certainement les commentaires haineux qui sont vendeurs. Nous ne critiquons pas les médias; ils nous ont beaucoup aidé à faire parler de nous, mais l’histoire peut leur sembler intéressante parce qu’il y a clairement deux facettes à cette histoire. Et ça, ça fait une bonne histoire, non?

On a l’impression que les usagers réguliers de Paris sont plutôt contre et que les usagers occasionnels, qu’ils soient Français de province ou étrangers de passage à Paris, les aiment au contraire bien: comme on l’a vu lors des débats sur le diesel pendant les municipales, avec des candidates qui défendaient à l'unanimité la préservation de l’espace parisien, n’y a-t-il pas ici un antagonisme entre ceux qui vivent à Paris et ceux qui ne font qu’y passer?

Les cadenas sont importants pour certains, donc bien sûr il y en aura toujours pour vouloir les garder. Nous nous y attendions. C’est pour cela que la ville devrait envisager de créer un endroit spécifique pour que les gens accrochent leurs cadenas. Ce à quoi nous nous opposons, comme beaucoup de Parisiens, c’est à la dégradation que ce phénomène entraîne sur des sites historiques, encourageant en plus le graffiti et d'autres vandalismes, ce qui est aussi irrespectueux que coûteux. Aujourd’hui, de nombreux riverains se sentent moins libres de profiter de leur espace public, et déplorent une baisse de leur qualité de vie.

Souvent, les défenseurs des cadenas n’ont pas vu la réalité des dégâts, ou l’impact sur les riverains. Nombreux sont ceux qui n’ont jamais mis les pieds à Paris. Et, oui, beaucoup sont des touristes. Un touriste anglais interviewé par CNN a qualifié la mode des cadenas de «vandalisme acceptable». Nous lui demandons: qu’est-ce qui est acceptable? C’est ce qui est le plus intolérable: que des visiteurs d’une ville trouvent acceptable de vandaliser des sites publics au nom de l’amour. Qu’est-il advenu de l’expression «ne prenez que des photos; ne laissez que des traces de pas»? Comment est-ce possible?

L’argument pour ou contre les cadenas n’est pas vraiment un problème de classe sociale ni même de situation géographique. Nous avons entendu des voix s’élever contre ces cadenas partout dans Paris et hors de Paris. Et ces voix sont de tous les groupes démographiques et socio-économiques. Parce qu’il ne s’agit pas uniquement d’esthétique ou d’héritage; cela touche un aspect profondément émotionnel et philosophique.

Enfin, parlons un peu d’amour… Parce qu’au départ c’est de ça qu’il s’agit non?

Beaucoup de Français trouvent qu’un cadenas est un symbole barbare pour l’amour. L’amour devrait être libre, c’est pour cela que notre slogan est: «Libérez votre amour. Sauvez nos ponts.» Agnès Catherine Poirier a parlé de ce concept dans une tribune au New York Times du 18 août 2012 («An Affront to Love, French-Style»). Et, si certains jeunes Parisiens trouvent ça cool, d’autres trouvent cela dépassé et stupide. 

Nous avons lancé No Love Locks pour aider les gens à comprendre qu’en amour, nos intentions doivent être désintéressées. Il faut d’abord penser à leur impact sur le monde, avoir une conscience sociale. Le plus ironique dans tout ça, c’est que le phénomène des cadenas d’amour est fondamentalement égoïste: d'abord l’acte irrespectueux de vandaliser la propriété d’autrui, puis l’idée qu’on peut emprisonner quelqu’un à jamais. C’est peut-être pour cela que le résultat visuel de tous ces cadenas est aussi affreux, aux yeux de tant de gens.

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