Economie

Acquisitions: jouez à notre Pac-Man Google et dévorez toutes les entreprises!

Andréa Fradin et Julien Verkest, mis à jour le 17.08.2015 à 17 h 00

Et profitez-en pour vous plonger dans l'univers des boîtes acquises par le géant du web.

Utilisez les flèches directionnelles pour jouer à PacMan!

Et une de plus! Google vient de faire l'acquisition d'une nouvelle société, Titan Aerospace, a-t-on appris ce mardi 15 avril. Spécialisée dans la construction de drones, convoitée par Facebook, cette nouvelle emplette vient parfaire un tableau de chasse savamment entretenu par Google. Et ce depuis ses tout premiers pas.

Un parcours atypique qui illustre bien l'histoire réticulaire de Google, de ses activités de moteur de recherche à la maison connectée et l'intelligence artificielle, en passant par le mobile ou la cartographie. Un parcours que Slate vous propose de revivre, en jeu. Au coeur d'un Pac-Man revisité, incarnez Google et faites l'expérience de ce que ressentent Larry Page et Sergey Brin: croquez toutes les boîtes qui se présentent à vous le plus vite possible et évitez vos adversaires comme l'éternel concurrent Mark Zuckerberg ou le Gaulois Arnaud Montebourg! Et surtout, appréciez la valeur de vos différents achats qui défilent à droite de l'écran!

Au-delà de son caractère ludique, cette petite appli résume l'application déployée par Google pour grossir d'une part, mais aussi et surtout multiplier ses secteurs d'activités.

«Tu vieillis, tu ralentis et tu meurs. Sauf si tu injectes du sang frais»: tel est l'impératif stratégique qui s'impose aux colosses du web, sous peine de se voir reléguer dans les limbes du Net. Une formule très juste, et que l'on doit à TechCrunch, qui réalisait en février dernier une visualisation des acquisitions d'Apple, Amazon, Google, Yahoo, et Facebook sur ces quinze dernières années.

A partir de ce travail et des informations renseignées par Google dans son rapport annuel sur ses performances financières, nous avons également réalisé une série d'infographies permettant de visualiser toutes les acquisitions du géant (voir ci-dessous), mais aussi de les classer, notamment par année ou secteur d'activité (que nous avons tenté de résumer en 10 groupes identifiables).

Premier enseignement: cette stratégie d'acquisitions s'est imposée très tôt. Trois ans seulement après son lancement en 1998, Google prenait possession de Deja. Un «service de discussion Usenet», qui nous rappelle que le visage du web évolue pour devenir méconnaissable à une allure folle: peu nombreux sont ceux aujourd'hui capables de définir, si ce n'est de se rappeler, ce que permettaient ces forums Usenet... 

Après ce premier achat, bien d'autres ont suivi. Et si Titan Aerospace vient aujourd'hui occuper la 145e place des trophées de Google, comme l'indiquent les classements très renseignés de Techcrunch et de Wikipedia, la liste est a priori bien plus longue: toutes les sociétés entrées dans son giron n'ont pas forcément été signalées, et, si elles le sont, c'est bien souvent le montant de leur vente qui demeure opaque.

Des sommes à l'images de Google: colossales

A ce sujet, il est à noter que les sommes engagées par Google sont à l'image de la force de frappe du géant, aujourd'hui souvent comparée à celle d'un Etat. Le seul invetissement dans la société de mobile Motorola fait tourner la tête: 12,5 milliards de dollars! Bouclée en mai 2012, cette acquisition n'est pas la seule, loin de là: Google avance le chiffre de «52 autres acquisitions et achats d'actifs incorporels» –comme les brevets par exemple–, pour un montant de «1.171 millions de dollars» pour cette même année. En dix ans, la société américaine aurait dépensé plus de 25 milliards de dollars en «acquisition et achat d'actifs incorporels» si l'on se fie aux rapports financiers annuels. De quoi s'acheter Renault, par exemple. Ou Carrefour. Ou Pernod-Ricard.

Si cette somme vous étonne, sachez qu'en s'offrant WhatsApp, Facebook l'a presque égalée: la transaction s'élevait en effet à 19 milliards de dollars. C'est dire les enjeux que représentent ces acquisitions.

Bien plus que ces sommes colossales, ou même que ces listes d'achats longues comme le bras, elles constituent à elles seules le futur des boîtes du web. Chaque société acquise, et chaque domaine dans lequel elle excelle, représente peut-être le bon virage à prendre, celui que suivra nos pratiques et nos usages sur Internet.

Et en la matière, Google surprend par sa logique de diversification extrême: longtemps résumée à sa seule activité de moteur de recherche, à sa racine, l'entreprise est désormais partout. Y compris en dehors des activités classiques du Net (publicité, mobile, infrastructure, recherche, carte...). «Ne soyez pas surpris si nous investissons dans des projets qui paraissent étranges et spéculatifs par rapport à nos activités Internet», disait Larry Page sur Google+ il y a quelques temps.

Et en effet, en classant ses acquisitions par année, on peut ainsi constater l'incursion de Google dans ce qu'on a appelé de façon arbitraire «le futur». Derrière cette appellation, des sociétés de robotique, d'objets et de maisons connectés, d'intelligence artificielle, et donc, avec Titan Aerospace, de drones... Auxquelles il faudrait aussi ajouter les nombreux brevets déposés, ou la création de Calico, censée combattre «l’âge et toutes les maladies qu’on peut y associer».

Un possible aperçu de ce que nous réserve l'avenir du réseau. Où Google entend bien se rendre indispensable.

 

Andréa Fradin et Julien Verkest

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