Partager cet article

«Moi, ministre du Numérique»: cinq personnalités du Net français exposent leurs idées

Montage Slate.fr sur l'arrière-plan utilisé sur le site actuel du ministère de l'économie numérique.

Montage Slate.fr sur l'arrière-plan utilisé sur le site actuel du ministère de l'économie numérique.

Benjamin Bayart, Sandrine Bélier, Lionel Maurel, Lionel Tardy et Jean-Baptiste Descroix-Vernier se sont prêtés au jeu pour Slate.fr.

Aucun ministre spécifiquement chargé du Numérique dans le gouvernement Valls: le portefeuille revient à l'Economie et son ministre Arnaud Montebourg.

Si l'annonce est synonyme pour certains de la disparition pure et simple d'un cabinet chargé des questions relatives à tous les champs, et ils sont nombreux, touchant de près ou de loin au numérique, d'autres attendent la nomination prochaine, attendue incessamment, de nouveaux ministres délégués ou de secrétaires d'Etat. 

Pour beaucoup, la reconduite de Fleur Pellerin semble d'ores et déjà compromise, la jeune femme étant régulièrement annoncée ailleurs, en particulier au commerce extérieur

Qui va reprendre le flambeau? En attendant la nomination d'un(e) éventuel(le) secrétaire d'Etat ou ministre délégué(e) au Numérique, le journaliste Xavier de la Porte s'est mis, le temps d'une brillante chronique sur France Culture, dans la peau de l'heureux élu et a imaginé le programme qu'il proposerait alors.

Nous avons décidé de prolonger l'exercice en demandant à différentes personnalités de l'Internet français, politiques, entrepreneurs, mais aussi militants associatifs, de livrer leur programme et leurs idées si eux aussi, se voyaient propulsés à la tête du numérique. Nous avons proposé cela à plusieurs personnes, certaines ont décliné l'offre, d'autres n'étaient pas immédiatement disponibles... Voici un extrait des réponses:

Benjamin Bayart

Porte-parole de French Data Network (FDN), le plus vieux fournisseur d'accès à Internet français toujours en activité, cet expert en télécommunications est un incontournable des sphères numériques. Il milite depuis des années en faveur de la neutralité du Net, du logiciel libre et de la protection de la liberté d'expression en France:

«La question du programme général d'un gouvernement que je puisse soutenir n'est pas celle qui est posée aujourd'hui. On va même faire l'inverse: quel serait le programme numérique d'un gouvernement qui pourrait me soutenir...»

» Lire l'intégralité de sa tribune: Tout reprendre dans le bon sens

Sandrine Bélier

La députée européenne Europe Ecologie-Les Verts, qui écrit régulièrement sur Slate.fr, est très engagée sur les questions relatives aux libertés numériques. Membre de l'«Internet Core Group» des Verts, elle s'est notamment opposée à l'adoption du traité anti-contrefaçon Acta et milite en faveur d'une protection de la neutralité du Net:

«Qui sera exactement chargé de quoi? Certes, Arnaud Montebourg hérite sur le papier de ce fameux “numérique”. Mais Bercy pourra-t-il véritablement aller à l'encontre d'une position défendue par le Quai d’Orsay, lors des négociations commerciales entre l'Union et des pays tiers, ou devra-t-il se cantonner –ce qui ne serait déjà pas une moindre tâche– à accompagner le développement du secteur, d’un point de vue purement économique, à l'échelle nationale? Quid, également, de la culture, tant elle est intégrée au numérique? La réforme européenne du droit d'auteur sera-t-elle du ressort de Bercy, de la Rue de Valois ou du Quai?...»

» Lire l'intégralité de sa tribune: Le numérique au Quai d'Orsay, «une véritable chance pour la France et l'Europe»

Jean-Baptiste Descroix-Vernier

Nous avons proposé à des entrepreneurs du numérique de prendre également la parole sur le sujet. Pratiquement tous ont décliné, certains expliquant ne pas particulièrement apprécier l'idée même d'un ministère sur le sujet.

Parmi eux, Jean-Baptiste Descroix Vernier, fondateur de Rentabiliweb, société côtée qui monétise les audiences des sites sur Internet. Présenté comme un entrepreneur atypique qui figure dans les «500 plus grosses fortunes de France», il est aussi un ancien membre du Conseil national du numérique. Et a bien voulu participer en nous adressant ces quelques mots:

«Si j'étais ministre du numérique, je démissionnerais et je rentrerais chez moi travailler.»

 

Lionel Maurel

Connu sur Internet sous le pseudonyme Calimaq, ce bibliothécaire est aussi un expert des questions de droits d'auteur et de propriété intellectuelle, dont il étudie l'évolution sur son blog S.I.Lex. Il est également membre de La Quadrature du Net, association en faveur des libertés sur Internet, et défend une refonte du système de droits d'auteur.

«Si j’étais ministre du Numérique, j’agirais pour replacer au centre de la politique de la France la question du respect des droits et libertés.Je répondrais aux inquiétudes des citoyens face à la violation constante de leur vie privée et à l’exploitation abusive de leurs données personnelles par une politique industrielle privilégiant les logiciels libres, le chiffrement des communications et l’auto-hébergement, seuls à même de rendre aux individus les moyens de retrouver la souveraineté sur leurs vies numériques...»

» Lire l'intégralité de sa tribune: L'intelligence collective plutôt que les lobbies»

Lionel Tardy

Député siégeant avec l'UMP, Lionel Tardy est informaticien de profession. Qualifié de «franc tireur» par son entourage, il s'est particulièrement fait remarquer lors de la discussion sur l'Hadopi, en s'opposant notamment à la riposte graduée.

«Le numérique est trop souvent associé au mot «taxation» et aux questions d’évasion fiscale. C’est un angle extrêmement réducteur et surtout très négatif. Si le secteur génère de l’argent, voyons déjà comment cet argent pourrait profiter à l’économie française, à nos entreprises, avant de vouloir le rapatrier dans les caisses de l’Etat, sans que cela soit vraiment possible...»

» Lire l'intégralité de sa tribune: Voir plus loin que la dimension économique»

Màj: article actualisé le 9 avril 2014 avec la réponse de l'entrepreneur Jean-Baptiste Descroix Vernier.

Vous devez être membre de Slate+ et connecté pour pouvoir commenter.
Pour devenir membre ou vous connecter, rendez-vous sur Slate+.
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte