L'après Hadopi: la fin du tout gratuit
Ce que la bataille d'Hadopi a changé pour les usagers.
- CC Flickr Ferrari + caballos + fuerza = cerebro Humano -
Il est évident que les lois Hadopi n'arriveront pas à atteindre leur objectif qui est de supprimer ou de réduire le téléchargement illégal de musique et de films sur Internet. Tout le monde (ministre, parlementaire, industries culturelles) est maintenant dans l'après Hadopi. Je vais tenter, par une série de billets, de dresser l'état des lieux des acteurs et des enjeux de ce débat qui doit s'ouvrir. Après l'état des lieux pour les industries culturelles, l'état des lieux pour les usagers.
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En apparence, les usagers et les internautes semblent les grands gagnants de l'échec de l'Hadopi. C'est David qui triomphe de Goliath. Il y a un peu de cela, et il est clair qu'ils sortent renforcés de l'épisode. Mais il n'y a pas de quoi pavoiser pour autant. Ce n'est qu'une bataille, pas la guerre.
Les internautes ont beaucoup gagné dans cette affaire. Une mobilisation a eu lieu, des débats ont été menés et petit à petit, une position des internautes a émergé sur ces sujets de propriété intellectuelle. Certes, il y a eu beaucoup de bruit, mais une position cohérente a pu se construire, grâce à la menace représentée par la loi et les autres textes. Sans cette urgence, la cristallisation n'aurait peut-être pas eu lieu. A la suite de cela, des contacts se sont noués, des coordinateurs et des porte-paroles sont apparus. Tout cela restera et petit à petit, des instances «légitimes» selon les normes du monde de l'Internet, émergent. En vue des futures négociations, c'est essentiel.
Autre point essentiel, l'acquis du Conseil constitutionnel: l'accès à Internet est reconnu comme une composante de la liberté d'expression. Et le Conseil constitutionnel a pris soin de préciser la liberté d'expression est la première des libertés. C'est un levier juridique formidable dont on n'a sans doute pas encore mesuré toutes les implications.
Mais la guerre est loin d'être gagnée.
Si la coalition pro-Hadopi est un peu déconfite, elle peut se reformer. Une alliance entre les industries de contenu et celle des télécoms serait une très mauvaise nouvelle. Ce n'est pas à l'ordre du jour, mais c'est toujours possible, voire probable à terme, quand l'un aura racheté l'autre (car c'est comme cela que leur rivalité prendra fin).
Actuellement, il faut que les usagers soient conscients que la quasi gratuité dont certains bénéficient n'est pas «normale». C'est une situation exceptionnelle vouée à cesser, car c'est leur intérêt. Si on veut des contenus de qualité, cela coute cher. Le contenu généré par l'utilisateur (le fameux UGC) est une vaste fumisterie et cela ne suffira pas à satisfaire les appétits de usagers. Si on veut des contenus professionnels, il faut payer. L'idée de tout financer par la publicité est dangereuse, car les annonceurs ne sont pas des philanthropes. Ils payent, donc ils décident et ça donne TF1. Si les internautes veulent du Arte, il faudra bien qu'ils mettent la main au porte-monnaie.
Reste à définir le niveau du prélèvement, ses modalités et les droits dont pourra en échange bénéficier l'internaute-financeur. C'est ça, l'enjeu des débats à venir.
Authueil
Image de une: CC Flickr Ferrari + caballos + fuerza = cerebro Humano
Mis à jour le 22/07/2009 à 20h09
















































La majorité des téléchargeurs sont prêt a rentrer dans la légalité pour peu qu'ils puissent accéder à la même quantité et qualité de service qu'actuellement.
Par contre si on les prend pour des andouilles, du type "100€ pour 3 films / mois" un peu à la façon des opérateurs mobiles actuels ... ils iront chercher une nouvelle parade, un nouveau contournement, et on continuera a jouer au chat et à la souris.
Cher Autheuil,
en définissant le périmètre du débat pro/anti hadopi ou pro/anti téléchargement illégal, vous êtes lassant. Une référence partielle au Conseil Constitutionnel habille le propos ( pas faux au demeurant) mais cela néglige le seul point de droit réellement important. Tout le monde est d'accord pour qu'une oeuvre soit rémunérée à sa "juste" valeur. En revanche, et le conseil constitutionnel le souligne, la présomption d'innocence prévaut en France. Or l'usurpation d'identité sur internet est très facile à réaliser. Que ce soit par des substitutions d'adresse ( on peut se faire passer pour le serveur web de l'Elysée par exemple, ou du ministère de l'intérieur via un whois pour les récupérer) ou en prenant les plages d'adresses IP qu'achètent les FAI (disponibles en deux clics sur le net) ou en se faisant pirater sa connexion wifi, et craquer sa clé wep.
Le défaut de surveillance de sa ligne est une belle fumisterie, et les services de l'Intérieur seraient incapables de garantir que leurs adresses IP ne servent pas à faire du téléchargement illégal.
Et si ils venaient à expliquer qu'ils protègent leurs accès, alors c'est qu'ils sont des pirates.
Je ne télécharge pas. Je ne vais pas chercher à leurrer les systèmes avec ces petites astuces d'un part, et cela ne résoud en rien la protection de mon adresse IP fixe d'autre part. M'en faire l'obligation implique en cas d'usurpation d'identité que je suis le pirate. Ce qui est faux et je ne peux pas le prouver. C'est plus vicieux que le mouchard d'Hadopi I .
Olivier m, j'ai du mal à comprendre votre commentaire. Je m'efforce justement de sortir du débat hadopi, pour envisager la suite. Ce billet n'est qu'une partie de mon analyse.
Les questions d'usurpations d'identité et de sécurisation de ligne sont de faux problèmes. Les magistrats se chargeront de démolir le peu qu'il restera du texte à sa sortie du conseil constitutionnel. La présomption de culpabilité rétablie dans hadopi 2 ne passera pas le cap du CC (du moins, je l'espère).
J'ai confiance dans les magistrats pour mettre bon ordre à tout cela établir une bonne fois pour toute que l'adresse IP n'est pas une preuve, juste un commencement de preuve. Rien qu'avec ça, c'est l'édifice hadopi qui s'écroule.
Bonjour,
Comme le titre de ma réponse l'indiquait, il y avait un certain ras le bol dans mon commentaire. Non que votre analyse et description du chantier qui attend tous les acteurs dans l'après hadopi soient erronées, mais parce que l'aspect présomption d'innocence est souvent omis dans les commentaires et articles sur hadopi. La presse en général a quasiment passé sous silence ce point fondamental.
"Tout le monde" accrédite le fait que tout internaute est un pirate par défaut.
Surtout au Parlement. Je trouve attristant pour la représentation nationale le manque de lucidité (enfin les débats ne sont pas clos) et le fait que les rares députés et sénateurs essayant de faire de la pédagogie ne soient pas entendus.. N'est-il pas lamentable que sur un point aussi fondamental de notre droit -la présomption d'innocence- que l'on soit obligé de constater que le CC est le dernier rempart et qu'on en arrive à espérer pour la 2ème fois.
Bref. j'arrête.
Quant au modèle économique à mettre en place pour rémunérer les ayant-droits, c'est à inventer ou dupliquer ( itunes moins cher, google-youtube +pub, ...) ou effectivement à adapter : les FAI sont rémunérés pour le transport des données des youtubes et dailymotions, alors pourquoi ne pas ouvrir son propre service et facturer à l'acte après X téléchargements ( et/ou sponsoriser partiellement ou non par de la pub) type 0,2 € hors forfait etc..... un peu comme dans la téléphonie mobile.
des nouvelles de Eolas qui est parti en vacances avec sa 504 ?