France

Libération: nous sommes une valise, une foodbox, un pop-up store

Vincent Glad, mis à jour le 11.02.2014 à 14 h 36

Ouvrir un café ou un restaurant «Libération» n'est que la suite logique de tous les produits dérivés qui capitalisent déjà sur la «marque».

En 2006. REUTERS/Charles Platiau

En 2006. REUTERS/Charles Platiau

L'annonce par les actionnaires de Libération de la création d'un espace culturel et de conférence dans les locaux actuels du journal, avec notamment un restaurant et un bar, a provoqué la colère des journalistes. Qui ont répliqué par cette désormais célèbre une.

Certes, Libé n'est pas encore un restaurant, un bar ou un réseau social. Mais Libé est déjà beaucoup de choses.

Les journalistes de Libé le disent eux-même dans un article publié lundi 9 février:

«La diversification fait partie de l’ADN de Libé.»

La rédaction met en avant son site web, ses podcasts, ses vidéos, son compte Twitter comme autant de diversifications. C'est oublier toutes les déclinaisons commerciales de la marque, pratiquées déjà depuis plusieurs années.

Nous sommes une valise (119€)

Nous sommes une coque iPhone personnalisée (29.90€)

 

Nous sommes une box gastronomique (29,90€)

«Chaque mois, la rédaction de Libération vous concocte une "box" en partenariat avec TheTops.»

Nous sommes un parapluie (30,30€)

Nous sommes un hoodie American Apparel (41€)

Nous sommes un tee-shirt à message (20,40€)

Nous sommes un pop-up store (pour vendre tous ces produits)

 

 

Nous sommes un organisateur d'événements pour les grandes entreprises

 

Nous sommes un organisateur d'événements pour les collectivités locales

 

Nous sommes un site de rencontres (24,90€/mois)

 

Nous sommes des cours de cuisine (9,99€/mois)

 

Nous sommes un comparateur de prix (lien)

 

Nous sommes un moteur de recherche d'emploi (lien)

 

Nous sommes un éditeur de livres

 

Nous sommes des cours d'anglais (20€/mois)

 

Nous étions un minitel rose (3615 Turlu)

 

Ouvrir un café ou un restaurant Libération ne serait finalement que la suite logique de tous ces produits dérivés qui capitalisent sur la marque. Jusqu'à faire croire parfois que la rédaction y est associée directement, comme pour les box gastronomiques.

Ce qui est plus nouveau dans la crise actuelle de Libération, c’est la méthode expéditive utilisée par l'actionnaire Bruno Ledoux et le mépris pour la rédaction dont il a fait preuve dans un mail qui a fuité dans la presse

«Je veux les rendre ringards tous ces esprits étriqués et tirer un coup d'avance, un coup cash, où tout est dit, y compris le projet sur l'immeuble [...] Je pense qu'il faut prendre […] à témoin tous les Français, qui raquent pour ces mecs, pour que tout le monde comprenne bien l'enjeu qui se joue actuellement...»

Le plus ringard dans l'affaire, ça reste les tee-shirts à message.

Vincent Glad

Photo Minitel: Wikimedia Commons/Rama

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