Politique

Manuel Valls «Le PS doit changer ou mourir»

Temps de lecture : 2 min

Il fut un temps où les leaders socialistes communiquaient dans l'Aurore ou dans La Petite république. Aujourd'hui, pour eux, il semble que la dernière mode soit de s'exprimer en anglais dans un journal économique. Manuel Valls, opposé maintenant frontalement à Martine Aubry, a adressé une tribune au Financial Times, institution de la finance britannique.

Dans son texte intitulé «Le PS doit changer ou mourir», il explique que son parti risque de décéder. Après trois défaites consécutives aux élections présidentielles et la dernière défaite aux européennes, le parti «est dans une crise profonde».

Il est persuadé que «l'effondrement» du PS n'est pas dû aux succès de Nicolas Sarkozy: le chômage atteint des niveaux inquiétants, le déficit augmente et certaines réformes structurelles n'ont pas apporté les effets escomptés. Cependant, comme il l'avait déjà affirmé, «le reflexe anti-sarkosyste nuit à la crédibilité de la gauche».

«Nous avons besoin de comprendre les raisons du déclin de la sociale-démocratie européenne», explique-t-il. Il appartient à la gauche de «se créer une nouvelle doctrine» qui «prend en compte l'extension des droits individuels, la protection des biens publics et la poursuite d'une plus grande équité, puisque l'égalité s'est avérée irréalisable».

«C'est parce que je veux que la gauche affronte la réalité que j'ai voulu présenter ma candidature pour l'élection présidentielle de 2012», argumente-t-il. Il souhaite «moderniser radicalement l'idéologie » du PS dont il propose «un nom plus approprié». «Je crois en effet que le mot «socialisme», hérité des concepts du XIXe siècle, contribue aujourd'hui à brouiller notre identité».

Hier, Bertrand Delanoë avait déjà regretté «le gâchis de talents» et Arnaud Montebourg avait estimé que son parti «est tombé dans le formol». Dans une interview au Parisien, Jack Lang affirme lui aujourd'hui que le PS est un «arbre sec».

Des divisions et des bonnes intentions opposées qui ne risquent pas d'arranger la visibilité du parti de la rose rouge. Comme en témoignent les lettres à Martine Aubry de nos lecteurs, les militants et partisans ont l'impression d'être délaissés. Relisez ainsi celle de Tibiglout: «Chère Martine, j'ai 22 ans et le PS m'a oublié» et écrivez la votre.

Photo Reuters/ Pascal Rossignol

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