France

2014 en questions

Stylist & Slate.fr, mis à jour le 21.01.2014 à 14 h 56

On ne peut pas vous donner les résultats du Mondial de foot, en revanche on a planché sur tout le reste. En partenariat avec le magazine Stylist, nous avons décrypté 18 tendances à venir, histoire d’éclairer un peu cette nouvelle année.

Sochi, décembre 2013. REUTERS/Maxim Shemetov

Sochi, décembre 2013. REUTERS/Maxim Shemetov

En partenariat avec le magazine Stylist, nous avons décrypté 18 tendances à venir, histoire d’éclairer un peu cette nouvelle année. 
 

1. Poutine, Nobel de la paix?

Ils ont réagi trop tard en 2013 mais pour 2014, ils y croient: des députés russes 
ont proposé Vladimir Poutine pour le Prix Nobel de la paix. L’idée paraîtra sans doute baroque au Comité norvégien qui prend la décision. L’ancien colonel du KGB est arrivé au pouvoir en menant une guerre sans merci aux indépendantistes tchétchènes. Il s’est débarrassé de ses opposants politiques en les expédiant dans des camps en Sibérie. Il mène une politique homophobe. Il a envoyé ses troupes annexer une partie de la Géorgie pour punir le petit état du Caucase de se tourner vers l’Occident. Avec l’Ukraine voisine, il a utilisé le chantage au gaz pour l’empêcher de s’associer à l’Europe.

Le bilan ne paraît guère compatible avec les objectifs du Prix Nobel de la paix. 
Mais les communistes et leurs avatars postsoviétiques sont passés maîtres dans l’art de changer le sens des mots en leur contraire, comme l’avait remarqué George Orwell. Les mal-pensants sont réprimés au nom de la stabilité de l’État. La guerre est menée au nom de la paix. L’arbitraire est célébré au nom de la vraie démocratie. En Syrie, Poutine a réussi à retourner 
la situation en sa faveur en imposant à Bachar el-Assad de renoncer à son arsenal chimique, après l’avoir soutenu dans sa croisade contre l’opposition, au prix de plus de cent mille morts.

Une des membres des «Pussy Riot», Nadezhda Tolokonnikova, devant un tribunal, en juillet 2013. Condamnée en 2012 à deux ans de camp de travail pour vandalisme et incitation à la haine religieuse, elle a été libérée en décembre dernier. REUTERS/Sergei Karpukhin

L’objectif ultime de l’homme fort du Kremlin est de restaurer le statut de la Russie comme grande puissance égale et rivale des États-Unis. Vladimir Poutine attend d’être récompensé du Nobel de la paix, comme Barack Obama en 2009.

Daniel Vernet

2. Va-t-on faire les poubelles?  

En 2014, l’Union européenne lance l’année de lutte contre le gaspillage alimentaire, bien décidée à combattre ses 89 millions de tonnes de gabegie annuelle. Elle n’est pas seule, la Coupe du Monde de foot sera placée sous le signe du recyclage: 
des bouteilles en plastique serviront à construire les sièges du stade de Rio et à fabriquer les maillots de l’équipe brésilienne! Mais si 2014 s’avère être l’année de la récup’, pas la peine de troquer son cabas pour un sac poubelle: l’upcycling (ou la revalorisation des déchets) vous permettra de garder le style –en témoigne la nouvelle griffe d’Hermès: Petit h.

Marie-Salomé Peyronnel

3. L’année de l’exhibitionnisme tranquille? 

2013 a été une sale année pour la vie privée: avec les écoutes de la NSA, puis Google et Facebook qui veulent utiliser nos données pour leurs pubs, on a songé à ne plus communiquer qu’en chuchotant à l’oreille de nos amis. Heureusement, 2014 pourrait marquer un retour de hype de l’intimité. Les géants du Web dont Apple, Google, Facebook ou Yahoo, pas très clairs sur l’étendue de leur collaboration avec la NSA, ont fini, devant le tollé médiatique, par adresser en décembre une lettre ouverte à Obama demandant de stopper la collecte sauvage de données par l’État.

Au Brésil, durant les XIIe Jeux des peuples indigènes, en novembre 2013. REUTERS/Paulo Whitaker

Ces entreprises ne comptent pas pour autant arrêter leur propre collecte, mais les usagers prennent les choses en main. En témoigne le succès de Snapchat, l’application qui permet d’envoyer des photos qui s’autodétruisent après quelques secondes
 (400 millions de photos échangées chaque jour). Mais la bataille est loin d’être gagnée: Snapchat garde une copie des photos sur ses serveurs… Des outils plus faciles à utiliser pour se protéger naissent, grâce aux spécialistes qui tentent de rendre Internet moins 
«écoutable». Comme Cryptocat, pour chatter en crypté. 


Au-delà des aspects techniques, on aurait intérêt à s’inspirer des jeunes générations, affirme danah boyd, spécialiste des pratiques des ados en ligne. Ils restreignent «l’accès au sens, plutôt qu’au contenu», en parlant dans un langage incompréhensible pour leurs parents. Tuv skeujv?

Cécile Dehesdin

4. Tout le monde va se faire une nouvelle Amy?

Crinière blonde + rondeurs bien placées + humour assassin = plus de 500.000 followers sur Twitter. 
La fille la plus drôle de 2014 s’appelle Amy Schumer. Derrière un physique de fille de pasteur, cette New-Yorkaise de 32 ans parle de sexe en frontal (cf. les sketchs hilarants de son émission Inside Amy Schumersur Comedy Central, dont la deuxième saison débute le 1er avril prochain.) 
Judd Apatow est en train de lui écrire une comédie sur mesure: Train Wreck, l’histoire d’une trentenaire en perdition, qui devrait lui garantir un succès mérité.

Mehdi Omaïs

5. Le prochain premier ministre portera-t-il des talons de 12 ?

Vingt-trois ans après le bref passage d’Édith Cresson, Martine Aubry deviendra-t-elle Premier ministre? 64% des Français ne le souhaitent pas (sondage BVA), mais «l’opinion est tout à fait prête à accepter» une femme Premier ministre, estime la politologue Mariette Sineau*, selon qui «les hommes politiques sont beaucoup plus sexistes et machistes» que leurs électeurs. Dès 2005, 85% des sondés se disaient d’ailleurs prêts à élire une présidente et le gouvernement compte désormais 18 ministres femmes. Elles étaient 6 en 1991, dont… Martine Aubry.

François Hollande et Martine Aubry, en janvier 2012. REUTERS/Fred Dufour/Pool

C.D.

*Femmes et pouvoir sous la Ve République de Mariette Sineau, Presses de Sciences Po, 2011.

6. Les non-croyants doivent-ils faire leur prière?

Depuis quelques mois, les Sunday Assembly sont parties à l’assaut des États-Unis. Ces messes pour athées créées par deux comédiens britanniques, Sanderson Jones et Pippa Evans, il y a juste un an, réunissent tous les dimanches, de New York à Portland, des centaines de «fidèles» venus écouter des discours, discuter, chanter… Le mouvement va-t-il débarquer en France où vivent 30% d’athées convaincus? «Les gens ne se parlent plus, il y a donc un manque que ce type d’initiative peut combler, sans la rigueur qu’impose la religion», analyse la spécialiste du Vatican Caroline Pigozzi co-auteure de Ainsi fait-il (éd.Plon).

Jennifer Murzeau

7. Les geeks sont-ils les nouveaux salauds?

Héros bigleux des années 2000, les geeks sont en passe de devenir les boucs émissaires de la crise économique. Grimés en modestes nerds de l’Amérique moderne, ils ont bâti en moins 
de dix ans un empire 2.0 dont le fleuron, la Silicon Valley, concentre la moitié du capital-risque américain et le cinquième du capital-risque mondial. Les 6.000 entreprises de haute-technologie de la région ont beau avoir créé des dizaines de milliers d’emplois et fait du niveau de vie de la Valley l’un des plus élevés du pays, les Américains se lassent de ces enfants gâtés (congés illimités, repas gratuits) qui font exploser les loyers.

En décembre, à San Francisco, des manifestants ont bloqué un bus Google pour protester contre la gentrification de la ville: un studio s’y loue autour de 2.300$ par mois. Mais le geek bashing dépasse les frontières de la Californie. Décriés pour leur mainmise sur la technologie et l’information, les géants du Net agacent avec leur art de l’optimisation fiscale. Facebook, par exemple, ne paye quasi aucun impôt en France. Face aux critiques,  la Valley envisage un dernier doigt d’honneur: se délocaliser au large des côtes californiennes, sur le Blueseed, un immense bateau situé dans les eaux internationales, où aucun État n’exerce son autorité. 

Marie Koch

8. 2014, année de la boulette?

Après les burgers et kebab de luxe, les bagels ou les cupcakes, voici venu le temps des boulettes — assemblages de viande hachée, d'éléments de mouillage et d'herbes, épices et condiments. The Meatball Shop est apparu à New York en 2010, et essaime désormais dans tout Manhattan; l’un des meilleurs foodtrucks de Londres se penche sur les boulettes. A Paris, le water bar de Colette et Zaline en servent, mais jusqu’à présent, aucun lieu ne les mettait à l’honneur. Balls et Choke pallient cette absence.

Salomée Vidal et Jérémie Kanza, ouvrent Balls dès janvier, rue Saint-Maur, dans le 11e arrondissement de Paris. Matthieu Tessier, producteur et manager du groupe Lilly Wood & the Prick, ouvrira Choke (même nom que son label) en février, juste à côté, avenue Parmentier — le quartier a le potentiel pour devenir aux boulettes ce que la rue des Rosiers est aux fallafels.

Comme Grillé qui vend un kebab avec de la viande de chez Denoyer, LE boucher parisien, cette déferlante boulette dans le XIe à Paris s’inscrit dans la tendance de la junk food devenue chic.

«On ne veut pas être assimilés à de la junk food», nuance Salomée Vidal, «mais oui, on s’ancre dans cette tendance de la comfort food de qualité. La boulette c’est un mets réconfortant, très populaire, mais il y a plein de choses à faire autour de ça». Balls entend ainsi proposer cinq sortes de boulettes pour commencer, peut-être plus ensuite.

«Cette comfort food marche très bien à Paris, avec les trentenaires, les quadra : on a grandi avec l’arrivée du MacDo en France et des hamburgers, juge Matthieu Tessier. Aujourd’hui, on a un peu plus d’argent et un peu plus de goût mais toujours un attachement à cette cuisine là. Ce mélange donne de la junk food de qualité».

Et de la junk food a prix fort: menus entre 13 (Balls) et 15 euros (Choke).

Charlotte Pudlowski

Balls, rue Saint-Maur, 75011. Choke, avenue Parmentier, 75011 (ouverture fév 2014).

9. Des sangsues pour soigner nos bronchites?

Mieux vaut ne pas tomber malade en 2014 au risque de ne pas pouvoir se soigner. L’industrie pharmaceutique est en rupture de stock: 539 médicaments étaient absents des pharmacies à l’automne, dont plus de 200 indispensables (dont l’arrêt met en jeu le pronostic vital). En cause, la mondialisation de la demande et la complexité des circuits de fabrication. «Pour rentabiliser leurs sites, les industriels doivent faire tourner leurs usines à 70% ou 80% de leur capacité, ce qui leur laisse peu de marge pour s’adapter si la demande augmente brutalement», expliquait l’Agence nationale de sécurité du médicament au Monde en novembre.

Un phénomène lié à la hausse de la demande, notamment dans les pays émergents, et à la mondialisation de la production: 60 à 80% des matières premières actives sont fabriquées en Asie avec des sites de production parfois uniques. Selon Jean-Pierre Paccioni, président de la section industrielle de l’Ordre des Pharmaciens, cette situation est transitoire: «Les laboratoires font des investissements énormes pour répondre à l’explosion de cette demande mais cela prend du temps. Nous sommes dans une phase d’ajustement.»

J.M.

10. Va-t-on dormir dans une chapelle napolitaine?

Votre appartement est encore équipé d’un bahut scandinave, de rideaux en voile de coton et de fauteuils Jean Prouvé? Vous pouvez tout brûler. La déco minimaliste, c’est fini. Bienvenu au barré et au bizarre. La devise de Marcel Duchamp, «le grand ennemi de l’art, c’est le bon goût», risque d’en inspirer plus d’un. Selon Vincent Grégoire, tendanceur au cabinet NellyRodi, on va assister cette année au «retour du baroque et du surréalisme».

La tendance déco-déglinguo est parfaitement incarnée par Marcel Wanders, ses fauteuils tricotés et ses papiers peints rococo. Le designer néerlandais exposera son travail au Stedelijk Museum à Amsterdam, de février à mai 2014. Autre fou de Dada présent cette année, Vincent Darré designe les sept suites de l’hôtel du Montana à Paris, qui ouvrira en juin 2014. Et si tout va bien, «cela ira de pair avec une certaine reprise économique, et donc une envie de faire la fête», prévoit Vincent Grégoire. Let’s Party with Dali.

C.P.

11. Le diable va-t-il s’habiller en Prada et en Afrique?

Un front row de luxe se rassemblait en octobre dernier à la Lagos Fashion Week: Suzy Menkes, papesse de la mode au New York Times, Franca Sozzani, rédactrice en chef de Vogue Italie, Andrea Panconesi, fondateur de Luisaviaroma.com… Bouillonnant de jeunes talents (Lisa Folawiyo, fondatrice du label Jewel by Lisa, Ituen Basi ou Lanre da Silva), la capitale du Nigéria est devenue le nouveau fashion hotspot et le reflet d’un continent en pleine mutation. «L'Afrique devient une puissance pétrolière et économique», explique Katell Pouliquen, auteure de Afro, une célébration. «On y retrouve une classe moyenne florissante et des privilégiés qui, après une éducation en Europe ou aux États-Unis, font le choix de revenir pour participer à la revivification économique, artistique et culturelle de leur pays.»

Défilé de la collection printemps-été des «African Icons», au cours de la Fashion Week de New York en septembre 2012, avec les stylistes Ozwald Boateng, Gavin Rajah, Tiffany Amber, Tsemaye Binitie et Maki Oh. REUTERS/Carlo Allegri

C’est le cas de la Nigérienne Maki Oh, diplômée en Angleterre du Bournemouth Arts Institute, qui avec son esthétique tribale et inspirée de Dries Van Noten a déjà charmé Michelle Obama et Solange Knowles. L’Ivoirienne Laurence Chauvin-Buthaud travaille entre Abidjan et Paris, où ses chemises en wax Laurence Airline font un carton. Pareil pour Anita Quansah, créatrice de bijoux basée à Londres. Pour Katell Pouliquen:

«L’Afrique infuse la mode contemporaine depuis quelques saisons avec ses imprimés –utilisés de manière littérale ou détournée– qui, pour un public occidental, sont chatoyants, colorés et nouveaux. Reste à savoir si, avec le temps, tous ces jeunes créateurs deviendront vraiment influents à l’échelle internationale.»

Martha Represa

12. Les séries vont-elles remplacer le cinéma?

Le problème s'est matérialisé avec un rapport de la Cour des comptes: les aides publiques à la production française augmentent aussi sûrement que le nombre de spectateurs diminue.  À quoi bon alors, investir les fonds publics dans ce Titanic auquel ressemble parfois le cinéma français ? L’exception culturelle ne serait plus un argument pour justifier les 1,6 milliard d’euros investis cette année.

Là où ça se complique, c’est que le ciné intéresse aussi moins les chaînes télé. Beaucoup rêvent désormais de se désengager du 7e art. «Quand une chaîne finance un film, c’est avec de nombreux partenaires, elle a une liberté réduite», note Thierry Chèze, critique ciné et expert au sein de la mission Lescure. «Quand elle finance une série, elle a tout le contrôle, peut s’assurer que le produit va véritablement lui correspondre.»

«Les séries sont de plus en plus ambitieuses en France, et attisent de plus en plus la curiosité de tous les gens du cinéma», remarque Fabrice Gobert, créateur des Revenants et également réalisateur de cinéma. A l’inverse d’un film, une série n’a pas besoin, pour réussir, de tête d’affiche aussi puissante qu’Omar Sy. Et son tournage est moins coûteux. «On tourne deux fois plus vite en télé qu’au cinéma en essayant de perdre moins de temps et de faire tout aussi bien.»

Or les chaînes ont de moins en moins d'argent. «Cela fait plusieurs années qu’on est en crise et la part de financement des films venant des chaînes de télévision est liée aux ressources de ces chaînes, en baisse. Il y a donc moins d’argent à investir dans le cinéma», concède Manuel Alduy, directeur du cinéma chez Canal+.

Les films les plus menacés sont les «films du milieu». Pour Thierry Chèze, ce sont ceux que les séries pourraient remplacer. Historiquement décrits comme à la fois qualitatifs et grand public, populaires, ces qualificatifs collent de plus en plus à des projets de séries Canal ou Arte: Les Revenants, cas typique.

Mais, le cinéma reste irremplaçable. «Vous ne ferez pas Pacific Rim avec un budget de séries. Même 0SS 117 serait trop cher pour la télé» note Manuel Alduy. Et à Canal, les sommes consacrées au cinéma restent bien supérieures à celles consacrées aux séries et ce n’est pas prêt de s’inverser.

C.P.

13. Les néonazis vont-ils débarquer en masse à Strasbourg?

En mai prochain auront lieu les élections européennes, scrutin où seuls 40 % des Français 
se déplacent pour élire ceux qui prennent des décisions cruciales pour nos vies. Cette année, les observateurs redoutent une arrivée en force de l’extrême droite. Vlaams Belang en Belgique, Jobbik en Hongrie, FPÖ en Autriche, Aube dorée en Grèce… La France, où un sondage Ifop donnait en octobre le FN en tête des intentions de vote, n’est pas en reste. Faut-il pour autant craindre une vague brune? «Ce serait de la fiction, estime Jean-Yves Camus, spécialiste des nationalismes en Europe. 28 pays vont voter avec une offre politique très diversifiée, 
il y a trop d'inconnues.»

Manifestation des militants d'Aube dorée, le parti néo-nazi grec, à Athènes, en novembre 2013. REUTERS/Yorgos Karahalis

Cependant, même si ces groupes envoient de nombreux députés, pèseront-ils sur le Parlement? L’une des clés sera la capacité de ces partis à créer un groupe parlementaire. Ce statut qui nécessite de rassembler 25 députés de 7 pays différents offre plusieurs avantages: plus de moyens et de temps de parole, des bureaux… C’est l’ambition affichée par Marine Le Pen, qui a déjà convaincu plusieurs voisins populistes et eurosceptiques de se joindre à elle.

Mais ce n’est pas si simple car le Parlement compte une quarantaine d’eurodéputés de droite radicale, parmi lesquels des libéraux et des protectionnistes, des anti 
et des pro-Israël, des xénophobes et d’autres en voie de dédiabolisation. «Et il y a des contentieux historiques, souligne Camus. Essayez de faire cohabiter des nationalistes slovaques, hongrois et roumains…»

Grégoire Fleurot

14. Findus va-t-il sauver Hélène Ségara?

En 2014, la cérémonie de récompenses Music+Sound Awards décernera pour la première fois le prix du Meilleur partenariat entre une marque et un artiste. Et en novembre dernier, la PRS for music (équivalent anglais de la Sacem), dévoilait qu’en 2012, les marques (Coca-Cola, Blackberry, et Volkswagen) avaient dépensé 120 millions d’euros dans l’industrie musicale britannique.

Ce chiffre vient confirmer la collaboration entre les patrons de la musique et les marques. Jay-Z proposait cet été le téléchargement de son album Magna Carta Holy Grail en avant-première sur les smartphones Samsung. Réunies par le magazine Billboard pour échanger sur les tendances 2014, Lori Feldman de Warner Bros. Records et Bozoma Saint John de PepsiCo sont formelles: les marques vont devenir un maillon indispensable de l’industrie, jusqu’à se transformer en labels qui signeront directement des artistes.

Antoine Leclerc-Mougne

15. Hollande finira-t-il à 0% d’opinions favorables?

Tombera ou tombera pas plus bas? En 18 mois, François Hollande a vu sa popularité chuter de 57% à 24%, selon la moyenne de huit instituts de sondages. À quand les 0%? Soutenu juste après son élection par les électeurs de gauche non socialistes et 20% des électeurs de droite, le chef de l’État a aujourd’hui une popularité située autour 26% des mais aussi plus dure à entamer. «Plus votre popularité baisse, plus ceux qui vous soutiennent depuis longtemps le font fortement. À 20-30%, on arrive au noyau dur, les indéfectibles», résume Eric Bonnet, directeur d’études chez BVA. Plutôt que les 0%, surveillons les 16%, record d’impopularité de Jacques Chirac en juillet 2006, alors que les Bleus atteignaient la finale du Mondial. Pas sûr donc que l’Élysée doive prier pour un bon parcours au Brésil l’été prochain!

Jean-Marie Pottier

16. Le luxe survivra-t-il aux lois made in China?

Le nouvel homme fort de la Chine Xi Jinping a déclaré la guerre à la corruption. Depuis son arrivée, on ne compte plus le nombre d’officiels qui ont sauté pour avoir un peu trop profité de leur position. Les nouvelles lois rendent quasi impossible le backchich de luxe, jusque-là monnaie courante. Coup dur pour les ripoux, mais aussi pour l’industrie du luxe: la Chine représentera 1/3 
du marché mondial des produits de luxe, soit 175 milliards de dollars en 2015, selon une étude du cabinet McKinsey. Or il accuse une baisse notable pour les marques les plus voyantes. Parce qu’être «irréprochable» se marie mal avec un look à 100.000 dollars. Heureusement pour le bling, l’expansion de la classe moyenne (déjà 600 millions de personnes) devrait enrayer la baisse des ventes à moyen terme.

Hugo Lindenberg

17. Y a-t-il un logiciel pour gagner les municipales?

Les municipales de mars s’annoncent périlleuses pour les candidats du PS, confrontés au rejet 
du gouvernement et à la tentation de l’abstention. Ils savent néanmoins qu’ils peuvent compter sur des geeks de la politique qui ont retenu les leçons des campagnes d’Obama. Cinquante Plus Un, logiciel développé par Liegey Muller Pons, trio déjà en place lors de la campagne de terrain de Hollande en 2012, propose de mieux gérer le porte-à-porte: cibler les quartiers réservoirs d’électeurs de gauche, repérer les zones d’abstentionnistes… Le logiciel aurait rapporté 280.000 voix en plus à Hollande en 2012. 

Autres outils de précision: les services de gestion de bases de données NationBuilder, utilisé par l’agence web la Netscouade notamment pour la campagne de Patrick Mennucci à Marseille ou Blue State Digital, choisi par l'équipe de campagne d'Anne Hidalgo à Paris et qui a déjà fait ses preuves lors de la dernière élection présidentielle américaine.

Ces bases de données permettent de faire des envois ciblés: plutôt que d’être inondé de newsletters rébarbatives, vous recevez des informations calibrées selon votre profil et votre degré d’implication. Un spam qui vous connaît si bien n’est plus vraiment un spam.

Jean-Laurent Cassely

18. Le Botox rend-il dépressif?

Selon une étude menée par l’Université de Cardiff en 2013, la toxine botulique, injectée dans le bas du visage, bloque les neurotransmetteurs qui signalent à notre cerveau qu’on est en train de sourire. Du coup, notre encéphale pense qu’on est déprimée.

Injection de botox. REUTERS/Jim Young

Injecté dans le haut du visage, plus précisément pour combler les rides du lion, le botox affecte moins le moral. Alors, vaut-il mieux avoir un faciès qui ressemble à une chiffonnade et être heureuse ou avoir le visage tendu comme le fessier d’un bodybuilder et le moral à zéro?

Déborah Malet

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