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Est-il possible, comme Cristiano Ronaldo, de faire 3.000 abdos par jour?

Grégoire Fleurot, mis à jour le 16.01.2014 à 17 h 33

Oui, et sans se blesser, s'ils sont bien faits. Mais la plupart des footballeurs professionnels en font dix fois moins.

Cristiano Ronaldo fête un but lors du match Real Madrid-Almeria à Madrid le 5 décembre 2009, REUTERS/Vincent West

Cristiano Ronaldo fête un but lors du match Real Madrid-Almeria à Madrid le 5 décembre 2009, REUTERS/Vincent West

Cristiano Ronaldo, qui vient de reprendre le titre de meilleur joueur du monde à son rival Lionel Messi en remportant le deuxième Ballon d'or de sa carrière, a la réputation de faire 3.000 abdominaux par jour. Est-il vraiment possible d'effectuer autant d'exercices de renforcement de la ceinture abdominale, et est-ce vraiment nécessaire pour un footballeur?

Oui, c'est possible, et cela l'aide sans doute à être meilleur. Si les sessions sont effectuées avec un positionnement maîtrisé, une respiration bien calée sur les mouvements et une diversité dans les exercices, faire 3.000 abdos par jour ne comporte pas de risques particuliers (des abdos mal faits peuvent au contraire entraîner des blessures à la colonne vertébrale ou au pubis).

Les footballeurs effectuent généralement un mélange de gainage, qui consiste en des positions qu'il faut tenir pendant plusieurs dizaines de secondes, parfois en s'aidant d'accessoires comme un ballon d'exercice, et d'abdos classiques dits «crunch», où l'on part d'une position allongée pour relever de manière répétitive les omoplates, avec des variantes. Il n'y a pas de règle figée, mais les footballeurs de haut niveau effectuent généralement entre 200 et 300 abdominaux environ trois fois par semaine. La cadence peut être plus élevée en fonction du club et du championnat.

Equilibre, explosivité, détente et prévention

Renforcer sa sangle abdominale permet de manière générale au sportif d'avoir une meilleure transmission des forces entre le haut et le bas du corps, d'où la présence de cet exercice dans les entraînements de quasiment tous les sports. Pour le footballeur, les abdos permettent d'avoir un meilleur équilibre, d'être plus costaud dans les duels mais aussi d'être plus percutant et explosif avec le ballon et de mieux jaillir à la sortie d'un dribble, ce que peu de joueurs au monde font mieux que Cristiano Ronaldo.

Les abdos sont aussi très importants pour le jeu aérien: pour faire une tête, le footballeur doit non seulement sauter, mais rester le plus longtemps possible en l'air, et smasher le ballon dans un deuxième mouvement du haut du corps. Le Portugais est capable de sauter à 44 cm sans élan et à 78 cm avec élan, et impressionne régulièrement les observateurs avec ses sauts hors du commun.

Dernier avantage des abdos: ils ont aussi une fonction de prévention chez les footballeurs, qui ont des adducteurs surdéveloppés. S'ils ne travaillent pas assez leurs abdominaux, cela crée un déséquilibre et leur corps tire sur le pubis. L'inflammation de ce cartilage, appelée pubalgie, est une blessure très répandue.

Les compliments de Schwarzie

Le quotidien sportif espagnol As, qui a publié en premier le chiffre de 3.000 abdominaux en 2009, affirmait que Cristiano Ronaldo y consacrait un peu plus d'une heure par jour, un chiffre qui correspond effectivement au temps que prendrait un tel travail si l'on compte une moyenne d'un mouvement par seconde plus 10 minutes de récupération entre les séries.

De l'avis de tous ceux qui le côtoient, le Portugais est un bourreau de travail, notamment depuis son passage à Manchester United. Il arrive souvent plus d'une heure avant ses coéquipiers à l'entraînement et repart aussi une heure après, ce qui rend la thèse des 3.000 abdos plausible, à défaut d'être vérifiée.

Une chose est sûre, Cristiano Ronaldo fait plus d'abdos que la plupart des footballeurs, et il ne manque pas une occasion d'exhiber le résultat, qui est d'ailleurs salué par de nombreux sites Internet pas vraiment officiels à son nom et des personnalités reconnues dans ce domaine comme Arnold Schwarzenegger.

Grégoire Fleurot

L'explication remercie Alexandre Dellal, entraîneur adjoint de Claude Puel à l'OGC Nice et auteur de Une saison de préparation physique en football, Benjamin Dumortier, préparateur physique à Bordeaux et président de l'Association nationale des préparateurs physiques universitaires (ANPPU), et Jean-Etienne Poisot pour avoir posé la question.

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Grégoire Fleurot
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