Culture

J’ai vu (presque) toutes les comédies françaises de 2013, et j’ai survécu

Daniel Andreyev, mis à jour le 13.01.2014 à 14 h 43

Le genre de tous les records n’a pas fait recette l'année dernière. Retour sur vingt films qui ont marqué l'année, entre les perles et les navets désespérants.

Alain Chabat, Lucien Jean-Baptiste, Philippe Duquesne et Edouard Baer dans «Turf».

Alain Chabat, Lucien Jean-Baptiste, Philippe Duquesne et Edouard Baer dans «Turf».

Qu’elles soient populaires, romantiques, dramatiques ou sociales, les comédies françaises ne font plus rêver grand monde. «Pourquoi tu t’infliges ça?», est la réponse qu’on obtient quand on dit qu’on s’intéresse au genre. Essayez de dire que vous allez toutes les voir en salles: on vous traitera de fou.

Pourtant, la comédie française est un genre assez fascinant, dont le résultat est très aléatoire. Depuis quelques années, j'en réalise un classement comparatif pour partager les moments les plus drôles, involontaires ou non.

En 2013, certaines tendances se sont dégagées. On a encore eu droit aux adaptations de pièces de théâtre (La Vénus à la fourrure, Les garçons et Guillaume, à table!), à cette spécificité de la comédie française qu'est l'adaptation de BD (Les Profs, film français le plus vu en salles, Boule & Bill), ou encore à son Waterloo, la comédie sociale sur fond, si possible, de sport, de Max aux Invincibles en passant par les Reines du catch, le Full Monty de Marilou Berry.

Les suites, elles, se sont autodétruites en plein vol, qu'il s'agisse du creux Casse-tête chinois ou du Cœur des hommes 3, où le kagemusha Eric Elmosnino a remplacé Gérard Darmon, qui avait sans doute senti le coup fourré.

La rom-com à la française, de son côté, se cherche un peu depuis le succès de L'Arnacoeur et s'essaye aux antihéros. Virginie Efira est cynique dans 20 ans d'écart, Joséphine est une menteuse et Amour et Turbulences montre si peu d'empathie qu'on en sortirait le goudron et les plumes pour Nicolas Bedos. La stratégie de la poussette a poussé encore plus loin le concept en transformant son héros en maniaque kidnappeur de bébé. Flippant.

En revanche, les comédies pour seniors, que je surnomme «Les vieux qui s'encanaillent», ne se portent pas mal, soutenues par la performance de Luchini dans Alceste à bicyclette. Faisant encore mieux que Camille redouble, Pierre Arditi pousse loin le concept de cabotinage dans La Fleur de l'âge, jouant le jeune de 63 balais face au daron Jean-Pierre Marielle. Et comment ne pas mentionner Paulette, où Bernadette Lafont, qui nous a quittés peu après, faisait son Breaking Bad en vendant du cannabis dans les HLM? Une retraite par capitalisation, en quelque sorte.

Le buddy-movie à la française, popularisé par le Veber des vertes années, se transforme, sans doute sous l'influence du ciné américain, avec en tête les productions Apatow. 16 ans ou presque avec Laurent Lafitte, esprit d'ado coincé dans un corps d'adulte, n'était pas si loin dans l'intention de Step Brothers. Dans Les Gamins, Alain Chabat a littéralement incarné ce cool dude qui refuse de grandir mais qui sera ramené à la raison par l'amour et la femme qu'il aime. Quant aux Coquillettes, véritable étoile filante des salles de ciné, elles proposaient une version dépressivo-nihiliste pas si éloignée de Spring Breakers, le glam en moins.

Enfin, chaque année propose son lot de bizarreries. Par exemple, on a pu voir le physique Clovis Cornillac en coureur cycliste d'un Tour de France parallèle sur une musique d'André Manoukian dans La Grande Boucle. C'était à se demander vraiment s'il s'agissait d'une comédie une fois dans la salle. 2013, année improbable où on a aussi pu découvrir Christophe Barbier dans une comédie, incarnant dans Doutes un sondeur face à ses incertitudes, tout le contraire du personnage qu'il joue dans ses podcasts pour L'Express. Les murs des cinés tremblent encore.

Précision: en plus d’être bon client des nanars, je pense qu’un seul très bon moment comique peut sauver la pire des purges. Mais par habitude et un peu de cruauté, quand je fais le bilan de l'année comique, je commence par les meilleurs et remonte pour terminer avec ce qui m’a semblé incarner le paroxysme du non-drôle, le meilleur du pire de 2013. Voici donc ce qu'auront apporté (ou pas) au genre vingt films marquants de l'année écoulée, en quelques lignes qui vous donneront peut-être envie de les voir —ou vous aideront à parler sans les avoir vus.

20. 9 mois ferme, de l'humour BD réussi 19. Alceste à bicyclette, Luchini fait du méta-Molière 18. Mohamed Dubois, la relève de Chatiliez 17. 20 ans d'écart, des personnages dont on tombe amoureux 16. Je fais le mort, l'outsider de l'année 15. Pop Redemption, simple et sans cynisme 14. Les Invincibles, monument kitsch 13. Au bout du conte, notre dose de Bacri 12. La Vraie Vie des profs, presque une préquelle des Beaux Gosses 11. Le Grand Méchant Loup, pour un seul petit cochon 10. Eyjafjallajökull, moins foutraque que son titre 9. Les garçons et Guillaume, à table!, pas si feel-good que ça 8. Casse-tête chinois, un film de gros canard 7. Les Profs, n'est pas P.R.O.F.S. qui veut 6. Pas très normales activités, Norman fait un bide 5. 100% cachemire, ça gratte mais ça ne griffe pas 4. Vive la France, Boraté 3. Amours et turbulences, la mauvaise pub de Nicolas Bedos 2. Boule & Bill, le malaise est total 1. Turf, totalement dans le désordre

20. 9 mois ferme, de l'humour BD réussi

Cadrage, montage, photo, 9 mois ferme est sans doute le film le mieux maîtrisé de toute cette liste. La stakhanoviste Sandrine Kiberlain (cette année dans Les Gamins et l’ovni Tip-Top) y est assez jubilatoire en juge coinços face à Dupontel, toujours maboul et borderline. Et puis, il y a de bons caméos, dont Jean Dujardin dans son rôle le plus hilarant depuis les OSS.

La touche de Dupontel, c’est ce côté anar au grand coeur, propulsé par une haine féroce de la hiérarchie, de l’autorité et des magistrats, quelque part entre Brassens et Charlie Hebdo. il semble le seul apte à maîtriser l’humour bande-dessinée au cinéma, auquel se sont essayés cette année Quai d’Orsay et Boule & Bill avec moins de réussite. Même avec un film apparemment mineur, il reste quoi qu’il arrive dans le peloton de tête de la comédie française.

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19. Alceste à bicyclette, Luchini fait du méta-Molière

Le connaisseur sait que, même réussi, un film avec Luchini sera toujours un peu décevant, comme si on savait d’avance qu’il attendra encore un rôle à la mesure de son panache. L’amateur lira alors chacun de ses films comme une étape de la longue psychanalyse de l’artiste. Et là, ça devient génial.

Oublions les personnages: Lambert Wilson vient proposer à Luchini un rôle dans Le Misanthrope. Lui, le grand acteur, retiré comme Jospin dans sa datcha sur l’île de Ré, hésite et fait sa star. Durant quelques jours, ils vont jouer des scènes comme on se défie en boxe, pour voir si le senior a encore un combat en lui.

Il faut voir comment Luchini s’investit totalement dans le rôle de Luchini qui joue du Molière. Il est devenu comme Tom Cruise, a atteint une autre sphère magnétique où la qualité finale importe peu, son jeu étant toujours égal. Il se donne complètement à l’écran et regarde Lambert Wilson comme s’il prenait le spectateur à témoin. Écrit sa propre légende en faisant d’Alceste à Bicyclette du méta-Molière. Comédie habile et modeste en 2013, mais dans trente ans, c’est un classique.

18. Mohamed Dubois, la relève de Chatiliez

Cette année, les comédies françaises sont restées assez monochromes mais, en cherchant bien, on trouve toujours un Neuilly sa mère! Un film avec cette patate à l’ancienne, comme une recette qui s’est perdue avec les années et que plus personne n’utilise.

En 2013, on a assisté à l'émergence des wannabe rabza. Il y a eu le petit blanc de La Vraie Vie des profs et, donc, Mohamed Dubois, trusté par un Eric Judor au sommet de sa forme. De film en film, l’acolyte de Ramzy s’est mué en véritable ovni comique, s’intégrant parfaitement dans l’usine de rire absurde de Quentin Dupieux (Steak, Rubber, Wrong).

Eric incarne ici un Blanc qui se découvre Arabe par le truchement d’un prof de tennis et d’une mère infidèle. Pour les beaux yeux d’une fille, il part à la découverte de la banlieue et de ses clichés, racontés avec beaucoup de coeur, entre le vendeur de grecs, les keufs et le couscous.

Déprimer devant les derniers films de Chatilliez n’est plus une fatalité. La relève est prête, Mohamed Dubois en est le cousin germain. Bsahtek.

17. 20 ans d’écart, des personnages dont on tombe amoureux

Une bonne comédie romantique doit pousser le spectateur à tomber amoureux de ses acteurs: c’est ce qui arrive ici.

Pierre Niney campe un jeune de 20 ans assez maladroit mais follement amoureux d’Alice (Virginie Efira), 38 balais (36 d’après la police, je veux dire Wikipédia). Du haut de la rédaction de Rebelle (comprendre Elle), un magazine féminin lambda en pleine crise de jeunisme, la vraie-fausse cougar est obligée de se choper un petit jeune.

Efira, dont la filmo naviguait entre Cookie et l’intenable L'Amour c’est mieux à deux, joue le jeu à fond. Elle surprend, usant des meilleurs combos talons-tailleurs du cinéma français pour jouer la MILF sans scrupule.

Pierre Niney est aussi pitch perfect qu’elle. Séduisant, nonchalant mais habité, il joue la gaucherie romantique avec aisance. Je vous fais grâce du couplet sur les personnages secondaires sympathiques, 20 ans d’écart réussit bien au-delà de nos espoirs de plaisirs coupables.

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16. Je fais le mort, l'outsider de l'année

L’outsider de l’année, c’est Jean-Paul Salomé. Après avoir flirté avec les grosses machines qui font du bruit comme Arsène Lupin, Belphégor et Les Femmes de l’ombre, il est revenu avec un film plus modeste et éminemment plus sympathique.

L’histoire est délicieusement absurde. Un jour, un comédien dans le creux de la vague se voit offrir par Pôle Emploi un rôle de victime dans des reconstitutions de police. Hop, téléportation à Megève en pleine hors-saison. La station de ski prend alors un petit côté pays de l’Est sur le retour, tenue par les apparatchiks locaux, les bons petits bourgeois de province. Évidemment, quelque chose n’est pas clair dans ces meurtres et l’acteur va y mettre son grain de sel.

Le gars en question, c’est François Damiens, indiscutablement ce que la Belgique a envoyé de meilleur à la comédie française depuis Poelvoorde, capable de coups de génie dynamitant les recettes ronronnantes comme L’Arnacoeur (avec son «plombier polonais» hilarant).

Il prouve qu’il est capable de tenir un film, tout comme Géraldine Nakache, la juge d’instruction en rodage qui ne va pas pouvoir l’encadrer. Je fais le mort respecte parfaitement les codes de ce sous-genre trop souvent oublié aujourd’hui qu’est la comédie policière.

15. Pop Redemption, simple et sans cynisme

Encore une fois, la simplicité et l’absence de cynisme paye dans la comédie française. Ici, un groupe de black métal appelé les Dead MaKabés décide de partir pour une énième et dernière tournée à travers les festivals d’été: rien ne va se dérouler comme prévu et leur vraie nature de gentils losers va reprendre le dessus.

Pop Redemption prend ses racines dans le buddy-movie un peu gauche, pas très éloigné de l’esprit popu des Charlots. Les potes vont enchaîner les bons plans foireux face à des écolos yéyé et des gendarmes franchement débiles, le tout dans un esprit bon enfant, à mille lieux de leur dégaine de hardeux. Le côté agréablement toc du groupe, avec son van décoré d’un cercueil, fait beaucoup penser à Dousseur de Vivre, le groupe parodique des Inconnus.

Et comme la greffe télévision/real TV/cinéma prend généralement très mal, il serait injuste de ne pas souligner la bonne perf’ de Julien Doré, loin de l’égotrip à la Nicolas Bedos qu’on aurait pu craindre.

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14. Les Invincibles, monument kitsch

Sur le papier, Les Invincibles avait tout d’une purge. Procédons méthodiquement: c’est une comédie sociale française à la Rocky. Elle est produite par EuropaCorp, maison experte en comédies burlesques «since Taxi 1, 2, 3, 4». Virginie Efira revient avec ses ensembles talons-tailleurs, avis aux amateurs.

Et c’est aussi un film sur fond de compétition de pétanque, avec Atmen Kelif en génie des boules. Le projet devait même s’appeler Les Boulistes. C’est comme si La Graine et le Mulet s’était appelé Les Indestructibles, mais c’était déjà pris.

On partait perdant. Mais il ne faut jamais sous-estimer Depardieu, qui s’abandonne dans ses rôles comme personne. Il joue le manager de pétanque magouilleur comme il incarne Cyrano. A la fin de l’envoi, il touche et il pointe.

Les Invincibles est renforcé par une paire inattendue de zouaves. Daniel Prévost et Edouard Baer, en génies du mal qui organisent ce nouveau tournoi international de pétanque. Toutes leurs vannes racistes sont tirées de l’almanach Taxi mais ils en rajoutent tout le temps. Plus ils sont ignobles et sournois, mieux ça marche! Le meilleur duo de super-fourbes de la comédie française en 2013, haut la main.

Enfin, le final de ce monument kitsch injustement oublié est parfait: Atmen Kelif, le grand espoir du jeu de pétanque et héros de cette fable moderne, se fait expulser. Pour un vice de papiers improbable, il repart en Algérie, où il ne connaît personne. Depardieu vient alors le chercher. Et pour concourir au tournoi mondial, Gégé demande et obtient la nationalité algérienne. Un twist si visionnaire, ça ne s’invente pas.

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13. Au bout du conte, notre dose de Bacri

Le principal enjeu du dernier Jaoui-Bacri était d’abord de savoir si on se situerait au-dessus des deux précédents. C’est le cas, mais on a du mal à s’emballer pour cette comédie qui semble presque trop réfléchie pour être naturelle.

Au bout du conte use et abuse de la métaphore de la fablen grâce à un spectacle d’enfants qui sert de fil rouge durant tout le film. Le problème vient de la mécanique des contes transposés à la réalité, assez bien pensée mais dans les faits, pas très drôle.

Il ne reste plus que les dialogues cruels et efficace du couple pour faire tenir ce petit univers en vase clos. Agnès Jaoui se filme sans fard tandis que Benjamin Biolay, avec son sourire carnassier, a l’air autant à sa place qu’en fan de DSK dans Doutes.

Mais dans un film complètement tourné vers la jeunesse et l’enfance, il faut un vieil arbre comme Bacri. Son personnage ronchon est le doudou transitionnel de tous les films de Jaoui, une véritable balise. Il joue toujours un peu le même type qui se déteste et qui ne respecte pas grand-chose, à commencer par lui-même. Il a l’intelligence d’être économe dans ses participations et donc de ne pas lasser son public.

Quoiqu’il arrive, on aura notre dose de gueulante, même s’il semble s'être assagi avec le temps. Je connais des gens qui paieraient pour voir un film sans conte de fée, avec juste Bacri qui grogne.

12. La Vraie Vie des profs, presque une préquelle des Beaux Gosses

Chaque année, deux films avec à peu près le même titre, destinés au même public, s’affrontent à quelques mois d’intervalle. Ce choc des titans, qui aura lieu cette année autour de la vie de Yves Saint Laurent, avait atteint son apogée avec le clash pathétique que personne n’avait demandé des deux Guerres des boutons de 2011.

La Vraie Vie des profs, à ne pas confondre avec Les Profs, le carton de l’année, se déroule dans un Marseille guimauve, coloré et décomplexé. Deux cancres, un petit Arabe et un autre couleur Eminem, se retrouvent punis. Collés dans la rédaction du journal du bahut, ils vont découvrir les «secrets» des profs et les révéler à tout le monde.

Le principal est amoureux de la jolie prof (Audrey Fleurot), qui prend des cours de booty shake. Un autre enseignant va dans des soirées gay, etc. L’idée (signée Alexandre Jardin) paraissait nauséabonde. Qui a envie de voir des marmots qui font de la délation?

Pourtant, le fait de voir des vrais gosses, et pas simplement des singes savants à qui on a appris des bons mots d’auteur fait tout le charme de cette farce réalisée par le duo à qui l’on devait les Kaïra en 2012. En y réfléchissant, La Vraie Vie des profs est un peu la préquelle des Beaux Gosses de Riad Sattouf, sans en avoir la finesse.

11. Le Grand Méchant Loup, pour un seul des petits cochons

Le Grand Méchant Loup commence par une blague: Benoit Poelvoorde, Kad Merad et Fred Testot sont frères…

Le grand méchant loup, c’est cette fièvre qui va s’emparer un à un de ces petits bourgeois versaillais. Evidemment, les coupables de ce clash sont les femmes, qui sont traitées ici comme dans un film récent de Veber. Soit ce sont des vamps tentatrices, soit ce sont des chieuses. Ou encore une table pour sushis, grâce au corps nu de Charlotte Le Bon. Je suis certain qu’Eric Zemmour a utilisé ce film pour étayer ses théories de démasculanisation de l’homme (à vérifier).

Réalisé par Nicolas & Bruno (du Message à caractère informatif), ce Grand Méchant Loup ne sait pas sur quel pied danser, comme cette voix off qui casse soudainement le ton: «Natacha aimerait mettre un doigt dans le cul de Philippe mais lui ne veut pas, il trouve ça dégueulasse.» Après chaque micro-tentative, le film retombe dans la mondanité de l’adultère planplan.

Fred Testot est aussi bon que dans Dépression et des potes ou Sea, no Sex and Sun, c’est à dire totalement décharné. Le seul enjeu est le duel des poids lourds. Poelvoorde à fleur de peau, excellent même quand le film déraille, tient tête à Kad Merad.

Derrière ce duo d’acteurs, tous deux nés la même année, il y a des choix de carrières et de jeux radicalement opposés. Jamais dans l’économie, Poelvoorde est parfaitement juste quand il interpelle son frangin dans sa bourgeoisie molletonnée. Kad Merad, lui, s'est anesthésié dans un rôle de pacha patriarche qu'il a retrouvé dans une autre comédie de 2013 qui fait presque suite au Grand Méchant Loup, Des gens qui s’embrassent de Danielle Thompson.

10. Eyjafjallajökull, moins foutraque que son titre

Vous n’arrivez pas à prononcer le titre? Pas grave, le volcan qui a paralysé les trafics aériens n'apparaît même pas dans le film. Mais l’éruption à laquelle nous avons eu droit est celle du Maravalgate qui balançait sur les cachets exorbitants des acteurs français, en première ligne Dany Boon.

D’un coup, c’est comme si tout le monde espérait que le dernier Boon se viande au box office. Pour les amateurs de chiffres, il a finalement fait mieux qu’un Plan Parfait, son «tube» de l’an dernier, mais ne s'est pas trop foulé créativement.

Sa Guerre des Rose improbable avec Valérie Bonneton n’est jamais aussi explosive qu’on le souhaiterait. Les rares bons gags ont lieu sur fond de cruauté et de douleur, quand il est dans un état second ou dans les vapes, mais il n’a malheureusement pas l’occasion de suffisamment déployer sa panoplie de néo-Pierre Richard.

9. Les garçons et Guillaume, à table!, pas si feel-good que ça

Devant le déluge de critiques positives et le flot de petites étoiles sur Allociné, on court le risque de passer pour un pisse-froid à critiquer «le petit bijou d’humour» qu’on nous a vendu avec Les garçons et Guillaume à table!

Un histoire en or: Guillaume Gallienne a des problèmes d’identité, sa mère le prend dès sa naissance pour une fille. Il va alors se chercher, quitte à se mettre à l’épreuve.

Du courage, Gallienne en a pour dire qu’aucune actrice ne saurait incarner sa mère aussi bien que lui, comme il le faisait déjà sur scène. Les pièces au cinéma, c’est quitte ou double pour l’adaptation, que ce soit pour Le Prénom (la bonne surprise de l’an dernier) ou La Vénus à la fourrure, où Polanski fait du méta sur lui-même avec sa propre femme. Ici, la mère campée par Gallienne est tellement vacharde que les saynètes qu’ils partagent sont ce qu’il y a de mieux.

Et puis soudain, quelques scènes épouvantables. Les seuls homosexuels que l’on verra seront ces Arabes qui l’entraîneront dans un plan lope aux allures sordides de tournante de banlieue. C’est tellement terre à terre, si sinistre pour le film d’un mec qui a assez recul pour jouer sa propre mère, que les mots manquent. Bon dieu, de tous les endroits possibles pour montrer des homos dans leur lieu de fête, il a choisi celui-là! A côté, le bar gay complètement caricatural de La Vraie Vie des profs, c’est Disneyland.

J’ai aussi ressenti un frisson de gêne quand sa mère (incarnée par quelqu’un d’autre) pleure comme une fontaine dans le public de son spectacle. Et comme une fatalité, la punchline du film: il se fait mettre une poire dans le cul. «Je me suis fait déflorer», dit-il. Pour un film qui se veut la feel-good comédie de l’année, Les garçons et Guillaume laisse un assez mauvais goût dans la bouche.

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8. Casse-tête chinois, un film de gros canard

Sur le quai du métro new-yorkais, Romain Duris se fait dévisager par les trois (belles) femmes de sa vie. L’une d’entre elles lui dit en toute simplicité: «En fait, ce qu’il te faudrait, c’est un mélange de nous trois.» Autant dire que Casse-tête chinois, troisième volet des aventures de Xavier par Cédric Klapisch, ne passerait pas le test de Bechdel.

Dans les comédies françaises, l’épisode maudit, c’est toujours le troisième. Les Bronzés 3. Astérix 3, celui des Jeux olympiques de l’enfer. Ou encore Taxi 3, qui en son temps a déçu, ne sachant pas renouer avec les origines débiles et racistes de la série.

En 2013, «le spectre du 3» a encore frappé le Coeur des hommes 3, sans Darmon, quatre fois moins d'entrées que le second. Et donc ce Casse-tête chinois où, dix ans après avoir réalisé un des rares films sur Erasmus, Klapisch embourgeoise définitivement son personnage. Sa femme part aux Etats-Unis en emmenant les enfants? Pas de problème, Cécile de France est là pour l’héberger dans son loft grand comme le nouveau Forum des Halles. Xavier, écrivain à succès n’ayant jamais écrit que des premières pages, décide de faire coursier à vélo.

Je me souviens de débats entre cinéphiles visant à prouver que Xavier est un auteur nul. Les doutes se sont envolés. Le héros nous sort des métaphores à quatre sous, je vous la fais de tête: «New York, cette ville où tout est fait pour que tu regardes vers le haut, alors que toi tu es tout en bas. Downtown. Etre un coursier, c’est être en bas, rouler sur les crevasses du bitume comme sur la peau d’un boxeur.» Au. Secours.

Il y a quelques années, Klapisch avait déjà essayé d’expliquer le capitalisme avec des canards dans Ma part du gâteau: «Tu vois, il faut lancer le pain plus près des petits canards, sinon ils se font voler et taper dessus par les gros canards.» Casse-tête chinois est un film de gros canard.

7. Les Profs, n'est pas P.R.O.F.S. qui veut

«Na na na na na na nananana na.» C’est l’horrible bande-son lancinante qui ponctue le film grâce auquel Pierre-François Martin-Laval, a.k.a Pef, est devenu officiellement l’ex-Robin des bois auteur du plus gros succès en salle.

Il y a sept profs stars en tout. C'est un peu comme dans un boys band, on a vite son préféré.

Isabelle Nanty est étonnamment la plus harassante. J’ai toujours trouvé les blagues basées sur le concept de «mal parler une langue» assez nulles et malheureusement, elle est une prof d’anglais affligeante.

Pef lui-même se trouve un rôle à sa mesure avec Polochon, le prof d’histoire maladroit. Les autres (dont Stéfi Celma, vue dans Pas très normales activités), remplissent les cases manquantes. Christian Clavier s’en sort bien, jouant l’instit je-m’en-foutiste comme s’il avait fait ça toute sa vie.

Si l'on voulait résumer le film d'une formule mathématique, elle indiquerait sans doute que «P.R.O.F.S > Les Profs». Ce n’est pas la nostalgie qui parle: aucun gag ne décolle vraiment dans cette histoire de lycée qui essaie d’avoir au moins 50% de réussite au bac.

Alors, pourquoi un tel succès? Beaucoup de gens s’attarderont sur la perf’ de Kev Adams, au jeu aléatoire. Le cancre de l’école n’est autre que la nouvelle idole des jeunes et futur taulier des comédies françaises. Ça n’explique pas tout. Comme les YouTubeurs à succès, Les Profs a réussi, sans doute sans le vouloir, à capter le zeitgeist de son époque.

6. Pas très normales activités, Norman fait un bide

L’insolente popularité de Norman Thavaud et ses millions d’abonnés sur YouTube face aux 170.000 entrées de Pas très normales activités, le parallèle est tout trouvé. De toute évidence, les gens ne sont pas prêts à payer pour voir une star du web se jeter dans une fosse septique pour échapper à un cochon fantôme.

Le problème de cette parodie qui a coûté moins cher que les cacahuètes de la loge du dernier film de Dany Boon, c’est qu’elle a fait l’économie de l’écriture. Du coup, Norman tente des punchlines pour occuper l’espace: au bout du quatrième «swag!» lancé pour combler les vides, on voit bien qu’il est en impro.

On ne le répétera jamais assez, les bons seconds rôles sont fondamentaux pour qu’une comédie respire un peu. C’était longtemps une spécialité anglaise et les productions Apatow sont devenus une référence, avec leur vivier d’acteurs si différents. Ici, on est dans l’exemple diamétralement opposé, et même les premiers rôles sont incompréhensibles, Norman incarnant son personnage YouTube tout en jouant au mec casé avec la plutôt douée Stéfi Celma.

Tout cela est très gênant et pas forcément pour celui que l’on croit. Norman n’est ici que la victime consentante de Maurice Barthélémy, alias le-moins-bon-des-Robins-des-Bois, ce qui pose un peu le niveau. Jamais marrant, Pas très normales activités correspond au concept de base de son ancienne troupe: le gag, c’est que ce n’est pas drôle.

5. 100% cachemire, ça gratte mais ça ne griffe pas

Valérie Lemercier incarne Aleksandra, la très cassante rédactrice en chef d’un magazine féminin (encore!). Odieuse, elle décide quand même d’adopter un enfant en compagnie de son mari Cyril (Gilles Lellouche).

Mais le petit Russe est incontrôlable. Il leur éclate entre les doigts, au point qu’Alexandra va envisager de le renvoyer comme le premier lave-vaisselle défectueux. Le môme est bien le seul à convaincre ici: s’il n’y avait pas eu Boule & Bill, il serait le gamin le plus insupportable de l’année, toute comédies confondues.

Quoiqu’il en soit, le sujet est intéressant, avec de la bonne matière pour faire une bonne comédie de classes, comme dans un Chatilliez grande époque.

Ce n’est évidemment pas le cas. Il n'y a absolument aucune empathie pour les personnages. Pas assez cruel là où il fallait un vrai coup de griffe? 100% Cachemire ressemble en l’état à un brouillon dont les vannes ont été rajoutées à la va-vite. Comment expliquer que Valérie Lemercier, superbe dans Adieu Berthe de Bruno Podalydès l’année dernière, ait pu réaliser cette coquille vide?

On blâme souvent Gilles Lellouche, le seul comédien qui arrive à surjouer même en n’étant pas à l’écran (remember Les Petits Mouchoirs), mais son charisme falot n’y est même pas pour grand chose. 100% cachemire se déglingue tout seul, comme un grand, à cause de son écriture plate. Rien ne nous est épargné, pas même la belle-mère juive envahissante.

Après avoir joué à la riche odieuse, Aleksandra se déballonne très vite, et le film avec. Le petit Russe est récupéré et tout le monde se réunit pour Noël. Le happy end est si subtilement parachuté qu’il aurait pu débarquer à bord d’un robot de Pacific Rim. Et c'eût sans doute été mieux.

4. Vive la France, Boraté

Michael Youn est une pile électrique, et n’a pas besoin d’être canalisé pour montrer l’étendue de son talent. Dès qu’on lui rajoute des couches supplémentaires et superflues telles que «scénario», «interprétation» ou encore «cohérence», on le dévitalise. C’est pour cela que sa plus grande réussite à ce jour, c’est le Morning Live, où il s’est usé pendant quelques mois.

Ici, dans le rôle de son bruyant comparse, on retrouve José Garcia, dont le jeu ne connaît que deux variables: son personnage de La Vérité si je mens! et son imitation forcée de Robert de Niro dans feu Nulle Part Ailleurs. Il imite ce qu’il pense être juste: pour lui, tout ressemble à une caricature. Pas étonnant de le voir cette année dans Fonzy, la version karaoké du film canadien Starbuck.

Borat mettait en scène un journaliste qui part enquêter sur les Etats-Unis. Les deux «héros» de Vive la France sont des terroristes qui veulent faire sauter la Tour Eiffel. Il était tout seul, ils sont deux. Il était hilarant, eux pédalent dans la semoule. Voilà pour le jeu des sept erreurs.  

Dans l’absolu, le concept est très similaire, à savoir la découverte du monde occidental par des ploucs d’un pays fantoche du Proche-Orient. Ici, les deux terroristes viennent du Taboulistan, le pays vexé qu’on ne lui reconnaisse pas l’invention du taboulé. Ambiance.

J’adore Borat. C'est un show américain absolu, du génie comique pur, toujours au bord du précipice. Vive la France n’en a copié que la grosse moustache.

3. Amours et turbulences, la mauvaise pub de Nicolas Bedos

Au court de la longue promo pour son film, Nicolas Bedos nous a ressorti en permanence le même personnage. C’est lui-même ou plutôt lui tel qu’il essaye de se montrer, un être cynique, d’un narcissisme forcené et qui tombe en amour de ses propres mots parce qu’ils sonnent à peu près bien quand ils sont lus assez vite.

Il a écrit les dialogues d’Amour et turbulences, il l’a dit et répété pour qu’il n'y ait pas tromperie sur la marchandise. Et au moins, on lui accordera ça.

Sur le vol New York-Paris, Antoine (Nicolas Bedos, donc) se retrouve assis à côté de Julie (Ludivine Sagnier), son ex d’il y a trois ans. Le hasard fait bien les choses, surtout quand on vole en première sur Air France. Il a maintenant sept heures pour la reconquérir avant l’atterrissage, car elle va se marier à un mec chiant, tellement moins drôle et spirituel que lui.

Un détail qui ne trompe pas sur la mégalo totale dans laquelle ce film a été imaginé, ce sont les personnages secondaires. Tous plus débiles les uns que les autres, ils sont tous écrasés et humiliés, à commencer par Jonathan Cohen (16 ans ou presque, Pop Redemption), probablement le pire rôle de «pote» dans une comédie sentimentale cette année. Même Julie est montrée comme une conne, refusant d’écouter les explications parfaitement justifiées de la conduite d'Antoine qui, on l'aura compris, n’est pas si odieux.

L’échec d’Amour et turbulences se situe là, dans ce faux second degré atroce auquel Nicolas Bedos s’était déjà essayé dans le rôle du beau cocu dans L’Amour dure trois ans de son ex-pote Beigbeder. Riche et camé, il quitte New York en laissant un appartement où les filles jonchent le sol, traite au passage les femmes enceintes de poubelles, mais n’oublie pas d’être sympa avec le gamin de service. A la fin, triste et sans le sou (on se demande pourquoi), c’est en larmes qu’il se rend à son entretien d’embauche.

La vérité, c’est que Bedos veut gagner sur tous les tableaux. Dandy mais popu, séducteur mais odieux, queutard, aimant les enfants, il veut tout être à la fois.

Mais si l’objectif était de faire d’Amour et turbulences son véhicule publicitaire, c’est réussi. C’est une voiture en feu. Un brasier qui fonce droit sur un train à pleine vitesse.

2. Boule & Bill, le malaise est total

Ça partait mal pour Boule & Bill. Un making of hallucinant circulant sur les réseaux sociaux, montrait un Frank Dubosc émerveillé de trouver une bédé de Boule & Bill «dans une presse». On y voyait surtout deux auteurs/réalisateurs qui avaient l’air de ne rien connaître à la bande dessinée.

A la rigueur, passe encore. Les drilles sont Alexandre Charlot et Frank Magnier, les ex-auteurs des Guignols «d’après les belles années», co-scénaristes de Bienvenue chez les Ch'tis. Ils ont droit à leur chance, après tout. Glissons sur le gamin, vraiment insupportable, c’est sans doute un peu l’effet désiré.

Quittant son pavillon coquet, «Papa Boule» emmène sa famille et son chien vivre dans l'effervescence de ces banlieues qui apparaissent autour des capitales. C’est les années 1970, on y croit encore. Sa femme, jouée par Marina Foïs, tente une partition intéressante de working girl proto-féministe.

On comprend assez vite que Boule & Bill va essentiellement se consacrer à la genèse de la crise des banlieues. A quelques années près, le gamin, c’est Vincent Cassel dans La Haine. Même l’interprétation de Franck Dubosc, qui a sauvé bien des films par sa folie et son abandon total devant la caméra, ne peut rien pour sa petite famille au bord du gouffre. La cité va craquer.

Vers la fin, Dubosc dessine son fils et son chien. Le même trait que la bédé. Il trouve ça nul et jette son papier au vide-ordures. C’est avec effroi qu’on comprend que Dubosc n’est autre que Roba, le créateur des héros, et que ce film aurait dû s'appeler Boule et Bill Begins.

Le coup de grâce, c'est Bill le chien, dont la voix off atroce est assurée par Manu Payet. Pour la tortue Caroline, c’est Sara Giraudeau. Voir le chien et la tortue sauter au ralenti, doublés comme un film porno, est de loin l’image la plus gênante de toutes les comédies françaises de l’année. Le malaise est total.

1. Turf, totalement dans le désordre

Quatre potes turfistes, pas encore dans la galère mais pas loin, se cotisent pour acheter un cheval de course. Le canasson n’a pas l’air de vouloir courir et les quatre larrons ont bien peur de s’être fait avoir par Gérard Depardieu.

Bien entendu, le cheval va se remettre à courir et, comme tout bon outsider, il gagne la course finale. Et si je spoile avec légèreté la fin si originale de cette pénible comédie de potes, c’est qu'elle est pompée sur le vieux dessin animé Gigi.

Pas besoin d’attendre: dès la crispante affiche type de film choral photoshopée à l’arrache, on sent que quelque chose cloche. La bande d’amis n’est pas sur le même plan. Ils ne sont pas raccords et ce sera comme ça durant tout le film.

Les grands gestes d’Edouard Baer n’y pourront rien. Même le capital sympathie immense d’Alain Chabat est annihilé. Le seul qui s’en sort, c’est Depardieu, ravi de jouer cet odieux type qui fait un dernier coup avant de se mettre au vert à l’étranger. Story of his life.

Onteniente n’a pas son pareil pour filmer des gens ensemble comme s’ils étaient dans un film différent. Le mémorable Disco était un miracle de comédie étrange où personne ne donnait l’impression de se parler, laissant Dubosc faire ce qu’il fait de mieux, c'est à dire du Franck Dubosc. Du génie.

Dans Turf, la bande de potes est filmée sans aucune alchimie. Pour un peu, Chabat, Baer, Phillipe Duquesne et Lucien Jean-Baptiste feraient passer les footballeurs français en grève dans leur bus à Knysna pour la troupe du Splendid.

Turf est aussi atteint d’un des pires fléaux de la comédie française: le caméo. Soit l’apparition des copains, le petit rôle d'une tête connue, histoire d’occuper un peu l’espace car le reste n’est pas beau à voir. Il y en a tellement qu'ils abîment le travail des comédiens. Cela ne fera jamais un bon gag et le dernier à avoir autant abusé de ce procédé, c’est Astérix aux Jeux olympiques de sinistre mémoire.

Allez, on retient son souffle: Valéry Zeitoun, qui jouait déjà le méchant dans Stars 80 l’année dernière. Jérôme Commandeur. Et Xavier Beauvois, comme ça, gratos. Encore? Allez, un peu de Cristiana Réali, d’Alex Lutz et surtout du Pierre Ménès, toujours prompt à ramener sa bonne humeur de commentateur blasé.

Je crois que Nikos était dedans, mais comme il est partout, on ne sait plus trop. Bon dieu, dans Turf, il y a même Thierry Roland, R.I.P. A ce niveau, ce n’est plus la fièvre du caméo, c’est le syndrome de la Tourette.

Tout en explorant la dimension sociale des joueurs de PMU, Turf essaye d’être à la fois une farce sportive et une comédie de potes. En faisant tout mal, il mérite largement son titre du meilleur du pire de la comédie française, dans une année finalement bien meilleure que prévu.

Daniel Andreyev

Article actualisé le 13 janvier 2014 à 14h45: une première version parlait par erreur des Sales Gosses de Riad Sattouf, et non des Beaux Gosses.

Daniel Andreyev
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Journaliste
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