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  • Par Sophie Audoubert
  • Auteur et scénariste, elle enseigne dans un collège zep de Saint-Denis depuis 2001 et a publié «Don Quichotte en banlieue» (août 2008).
  • DU MÊME AUTEUR

Sophie Audoubert

Auteur et scénariste, elle enseigne dans un collège zep de Saint-Denis depuis 2001 et a publié «Don Quichotte en banlieue» (août 2008).

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Bac: la vieille rengaine est de retour

La réussite au bac de 66% d'une classe d'âge ne signifie pas que le diplôme est bradé.

Vendredi 17 Juillet 2009
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En 1850, 1% d’une classe d’âge obtenait le baccalauréat. En 2009, 66,4%. Se réjouit-on d’une telle progression? Point. La session 2009 du premier diplôme universitaire – toutes séries confondues – atteint un niveau record de réussite (86%). Ce chiffre représente pour certains la preuve irréfutable, non, comme on pourrait légitimement le penser, de la qualité de notre enseignement secondaire, mais, bien au contraire, celle de son échec généralisé. Le paradoxe est redoutable. Il y a en France une tradition assez perverse d’(auto)dénigrement de notre système scolaire, où les bons chiffres deviennent suspects. Rien ne va plus: près de neuf élèves sur dix obtiennent leur bac! L’heure est grave. Il faudrait interroger les ressorts, enfouis au plus profond de notre inconscient collectif, qui nous font sans cesse douter de notre propre capacité à transmettre. Ou plutôt, de la valeur même de notre transmission dès lors qu’elle s’adresse au plus grand nombre. Car c’est bien de cela qu’il s’agit ici.

Le phénomène n’est, hélas, pas nouveau. Je lis ici ou là les remarques de quelques enseignants correcteurs du baccalauréat cette année. Un grief en particulier revient, lancinant: les lycéens ne maîtrisent plus l’orthographe. La belle affaire. Hervé Hamon, qui a beaucoup réfléchi sur la question, notamment dans son livre «Tant qu’il y aura des élèves», cite Victor Bérard, professeur en Sorbonne: «Les trois quarts des bacheliers ne savent pas l’orthographe». C’était en 1899. Que, à 110 ans de distance, le même constat désolé revienne dans la bouche de ceux qui se sentent seuls légitimes du savoir qu’ils détiennent, pour mieux dénigrer celui de la génération qui les suit, laisse songeur. Et que l’orthographe soit restée le point névralgique de ce dénigrement, elle qui n’a jamais cessé d’incarner, semble-t-il, le saint graal qui distingue l’élite de l’ignorante turba – en dit long sur les motivations réelles de ceux qui déplorent le record de réussite au baccalauréat 2009.

La vieille rengaine est de retour

A vrai dire, elle n’a jamais cessé de faire entendre sa voix déprimante. Elle révèle une tension inhérente à notre système scolaire et à la façon dont la société que ce système soutient se projette en lui. Cette rengaine montre d’abord une peur pathétique, un mépris malsain, d’une génération pour celle qui vient après elle, et qui doit, fatalement, la remplacer. Il y a là une crise profonde de la transmission — souvent interprétée, à tort, comme une crise d’autorité, laquelle n’en est au fond qu’un symptôme. Comme si nous voyions la jeunesse incapable, par essence, de prendre la relève, indigne, même, de nous succéder. Si le niveau baisse, non pas depuis trente ans, mais depuis plus de cent, depuis toujours en réalité, il est surprenant que l’humanité n’en soit pas revenue à l’âge de pierre.

Nous voulons bien transmettre, mais à condition que les nouveaux venus n’aient pas l’audace de s’approprier librement ce savoir qui appartient à tous et à personne, et d’en faire ce qu’ils doivent: autre chose. Alors on se rattache à la sacro-sainte orthographe, valeur sûre et inaliénable mais dont la maîtrise n’en dit jamais très long sur la liberté de pensée de l’individu. L’orthographe n’est pas tout.

Le deuxième enseignement de la rengaine a une dimension idéologique. Face à cette peur de ce que la jeune génération pourrait faire de notre patrimoine intellectuel, certains sont tentés de n’admettre que quelques élus dans le cercle, qu’ils rêvent fort restreint, des initiés. C’est la raison première qui les fait déplorer, contre toute raison, les résultats exceptionnels du baccalauréat 2009. Un diplôme n’a de valeur que s’il est attribué à quelques-uns, soigneusement sélectionnés pour leur capacité à reproduire les modes de pensée déjà en vigueur. Le nombre grandissant des lauréats est leur seul argument pour décréter la fabuleuse baisse du niveau, que contredisent toutes les études sérieuses sur le sujet.

Il y a vingt ans, Roger Establet et Christian Baudelot l’avaient déjà démontré, dans un livre qui fit polémique à l’époque, «Le niveau monte». Plus récemment, Eric Maurin a proposé une analyse détaillée, et convaincante, de la question, à l’encontre des idées reçues sur la dévalorisation des diplômes.

Plusieurs processus, davantage psychologiques qu’intellectuels à mon sens, entrent en jeu dans la construction du mythe. L’un argue que les diplômes, le baccalauréat en tête, ont perdu de leur valeur puisqu’un bachelier d’aujourd’hui n’accède plus au même statut social qu’un bachelier des années soixante. C’est incontestable. Mais l’effet est purement mécanique, dans une société où près de 40% d’une classe d’âge atteint désormais le niveau de la licence. Faut-il pour autant regretter que notre pays connaisse un niveau d’étude généralement plus élevé? Car il reste faux de conclure que la valeur intrinsèque du diplôme s’en trouve elle-même amoindrie, bien au contraire. Faisons repasser le bac à nos parents et voyons le résultat. Et cette progression traverse l’enseignement secondaire dans son ensemble. Je demande aujourd’hui à mes élèves de troisième de maîtriser des notions de narratologie que je n’avais abordées, en mon jeune temps, au mieux, qu’au lycée.

Elitisme, reproduction, exclusion

L’autre argument, plus pernicieux, prétend que si un nombre toujours plus grand de candidats obtient un diplôme donné, c’est bien qu’on le donne à n’importe qui. Le retournement est saisissant et en dit long sur l’idée que se font certains de la visée démocratique de notre école.

Il y a en France une crispation de l’élite sur son pré carré, qu’elle semble prête à défendre au prix même d’une distorsion de la logique, qu’elle cache bien souvent derrière sa glorification tous azimuts de la fameuse méritocratie républicaine. Qui ne sert plus aujourd’hui qu’à la reproduction d’une aristocratie, intellectuelle et socioéconomique repliée sur elle-même.

Une fois démonté le mythe de la baisse du niveau, il reste néanmoins deux problèmes, bien réels ceux-là, et sur lesquels il faudrait plutôt se concentrer d’urgence. D’abord le taux d’échec préoccupant des étudiants à l’université, notamment en première année. Il paraît soutenir, évidemment, l’argumentaire des Cassandre de l’école. Puisqu’un étudiant sur deux échoue en première année de licence, c’est bien qu’il n’était pas digne du diplôme qu’on lui a bradé en fin de secondaire. La solution? Introduire une sélection à l’entrée de l’université: ainsi on verra bien qui «mérite» vraiment d’y entrer. En réalité, la sélection existe déjà, elle a nom «classes préparatoires», lesquelles monopolisent la quasi totalité des étudiants dits les meilleurs.

Deux phénomènes conjoints peuvent expliquer les difficultés de l’université, sans pour autant remettre en cause la validité du baccalauréat. Le premier ressort de l’orientation. Nombre d’étudiants en échec sont ou bien des jeunes qui se sont engagés dans une filière sans en connaître tous les enjeux, ou bien des lauréats du baccalauréat professionnel qui, mal renseignés, viennent tenter leur chance là où ils croient voir les seules études valables, parce que leur bac, ils le savent bien, est toujours considéré de seconde catégorie, et parce que les IUT et DUT, qui devraient leur être réservés, accueillent les bacheliers des sections générales avec un peu trop d’empressement.

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Comments

Demagogie à tous prix

N expliquons pas tout avec des certitudes idéologiques :

Orthographe : Il me paraît ridicule de la prendre comme étalon de la connaissance - Je n ose plus depuis longtemps parler à mon entourage , en maniant avec dextérité l imparfait du subjonctif , Même si dans le lot des amis sont bacheliers , ils me trouveraient ridicule et ils auraient raison -
Ce que je trouverais nettement plus sage de la part de nos intellectuels serait d accepter vite fait une simplification de l orthographe , qui est un des motifs de la perte de l usage de notre langue à l international ,- Pourquoi ces th , ph , et les X pluriels pour ne pas les confondre avec ceux en S
Viens mon chouchou (X) , mon bijou (X) avec tes joujouX sur mes genouX pour jeter des caillouX aux vilains hibouX pleins de pouX - J allais oublier les règles d accord du participe passé
Rien qu en simplifiant la grammaire et l orthographe avec des règles simples sur le modèle de l esperanto par exemple , on pourrait économiser des milliers d heures fastidieuses de cours , et confier à un bon nombre d enseignants des tâches plus gratifiantes -

UN NIVEAU RECORD DE REUSSITE AU BAC DE 86 % ........ On pourrait rapprocher ce chiffre de quelques autres : 70 , 9
Illétré , se dit de quelqu un qui est incapable de lire un texte de 70 mots ,
l Agence Nationale de lutte contre l illetrisme estime que 9 % des personnes entre 18 et 65 ans sont concernées -
Le mot illétré , ne s applique pas aux élèves dont la langue maternelle , ou généralement parlée n est pas la langue française , comme dans la plupart des quartiers de ville auxquelles vous faites allusion-
Quelles conclusions j en tire à propos du taux de réussite de bacheliers , aucune évidemment
Ne brouillons pas les cartes à nouveau pour écrire une tirade à propos des élèves qui suivent des cours dans des quartiers défavorisés, et ou les enseignants font un travail de bénédictins

Plus on va moins vite , moins le temps est plus court

simplification de l orthographe et de la grammaire

> simplification de l orthographe
> l'orthographe trop complexe du français est un des motifs de la perte de l usage de notre langue à l international

> Rien qu en simplifiant la grammaire et l orthographe avec des règles simples
> on pourrait économiser des milliers d heures fastidieuses de cours , et confier à un bon nombre d enseignants des tâches plus gratifiantes

Bien d'accord ! :-)

l'orthographe

Excusez-moi, mais je ne comprends pas qu'un français ne s'exprime pas en français !!! Ayant eu à lire des rédactions des élèves de 3ème, j'ai été choquée de voir une faute à tous les mots ... La langue française est aussi difficile que la langue allemande et ne parlons pas de la grammaire espagnole !! J'ai appris les deux langues. A l'heure actuelle, les jeunes écrivent en langage codé de SMS et ne savent plus écrire en français. Dommage... parce que comme langue "facile" il ne restera plus que l'anglais !!! Alors mettre aux orties la langue française, je ne suis pas totalement d'accord.Ce n'est pas la peine d'apprendre des langues étrangères si les élèves ne parlent pas français. Je connais un chef d'entreprise de 40 ans à Montpelier qui exige pour embaucher une lettre de motivation à la main et sans faute ; si la lettre est tapée à l'ordinateur elle finit à la poubelle. Je suis aussi frappée de voir les lacunes en littérature française, en histoire-géographie, tout simplement en culture générale...
C'est bien triste. c'est vrai que ma génération a été élevée autrement mais il nous reste une base intellectuelle sans rapport avec celle des jeunes de 2009. Je pense sincèrement qu'ils ne veulent pas apprendre, tout effort est insurmontable, ils sont fatigués dès qu'ils arrivent à 8 heures du matin à 15 ans !!! Surprenant !

Vous alimentez la rengaine

Ce n'est pas parce que que bac s'est démocratisé qu'il a perdu de sa valeur, c'est parce qu'on a cédé sur l'essentiel, la maîtrise du français en particulier. C'est tellement vrai que de grandes écoles sont dorénavant contraintes de mettre en place des cours de "rattrapage" en orthographe, grammaire.
Mais tout cela n'est pas simplement un manque de maîtrise de choses dépassées, c'est tout simplement la réflexion des jeunes qui est en cause puisque ce qui se conçoit bien s'expose aisément.
Je renvoie donc l'auteur de ce papier éphémère à ses délires pédagogistes.

Repensons l'ORIENTATION !

Merci pour cet article réfléchi.

Je viens d'être diplomé Ingenieur. Bac+5: 2 années de classe préparatoire et 3 ans d'école public. Je n'ai découvert le métier d'ingénieur (une infime partie en fait) qu'en stage de 3ième année, les 6 derniers mois... Et si je m'étais trompé ? Et si ce métier ne me correspond pas ? Et si j'avais perdu 5 ans ? Et si j'avais dépensé l'argent de mes parents (dans mon logement en école) pour rien ? Et si j'avais couté près de 50.000 euros (un peu plus en fait) à l'Etat Français pour rien ?
Bon en Math et Physique en Terminale S, je n'avais aucune idée de mon orientation future. L'ont m'a proposé Prépa ou Médecine... J'ai choisi Prépa comme solution de facilité (plus près de chez moi, dans mon lycée...).
Finalement, je ne suis pas malheureux et trouverai bien un emploi me convenant. Mais l'exemple est tristement banal ! Est-ce normal ? NON, ce n'est pas acceptable. Il faut repenser l'Orientation car la Non-orientation coûte trop cher en espoir, en confiance et en argent !

"...un étudiant sur deux échoue en première année de licence...". La cause n'est pas l'enseignement à l'université. Et non! Ce n'est pas non plus que la moitié des étudiants de première année sont idiots. Si ces étudiants ne travaillent pas car ils n'ont aucune motivation ou qu'ils ne réussissent pas, la cause n'est qu'une mauvaise orientation.
Arrêtons donc de nous concentrer sur l'enseignement, repensons l'orientation car là est la priorité ! Le coût annuel pour l'Etat d'un étudiant en université se trouve autour de 5000 euros. Détournons cette perte d'argent dans l'ORIENTATION sous toutes ses formes (conseillés qualifiés, stages de découverte en entreprise, et autres...).

En revanche, si la sélection en sortie de Bac peut sembler inégalitaire, il est impératif de limiter le nombre de places (en imposant des quotas) dans les différentes licences, dès la deuxième année, dans un souci d'harmonie avec les débouchés des filières, et car il est incohérent d'avoir une sélection très forte à la fin de l'enseignement (Comme dans la filière STAPS par exemple, où les étudiants sont contraints de se ré-orienter non pas à la fin de la première année, mais après 3, 4, parfois 5 années de faculté).
On ne fait que gâcher l'espoir, le courage, la confiance et l'argent, des étudiants et du pays! Les jeunes Français ont précisément besoin d'argent, de courage, de confiance et d'espoir. Orientons les !

Ben

Vous vous trompez du tout au

Vous vous trompez du tout au tout.

Bourdieu a montré que l'école reproduisait les hiérarchies sociales en transmettant une culture qui correspond au capital culturel des milieux favorisés, ce qui défavorise donc les enfants d'ouvriers face à l'école. Or vous, vous prétendez que c'est une certaine élite qui refuse de transmettre sa culture. Il ne s'agit nullement d'un pré-carré... vous faites erreur.

Concernant le niveau général des élèves, que vous prétendez meilleur que jamais, écoutez, moi je n'ai pas la prétention de vous faire une étude sur les 50 dernières années mais ce que je sais, ce que je constate tous les jours dans ma petite fac de province, c'est que le niveau est très bas. Et quand je vois la difficulté que j'ai eu à obtenir le bac (édition 2008), je comprends très vite comment cela est possible.

Un argument me fait bondir par contre. Les élèves d'aujourd'hui connaitraient des choses "différentes" que ceux d'antan. J'imagine facilement qu'il s'agit de l'utilisation d'un ordinateur, des moyens de communication récents (internet, téléphonie mobile) ou des conneries comme ça. Mais je suis désolé, cela ne crée aucun lien social. Je constate à ma fac que tout le monde a facebook, msn et un pc à sa disposition chez lui... mais reste que peu de gens se mélangent. Les blancs ensemble, les noirs ensembles, les wesh ensembles. On est tous de la génération MSN/SMS, on est des pros de la communication "virtuelle", on est tous sur facebook 24h sur 24h mais personne ne se parle dans la réalité. Prétendre que ces connaissances-là sont la base de la société de demain est utopique et, selon moi, dangereux. Il serait grand temps de rétablir un minimum de lien social, autour de vrais valeurs, autour de symboles forts, autour d'une culture littéraire plutôt qu'autour d'un écran de télévision quoi.

Moi je détestais lire il y encore de ça 1 an mais les cours de philo de l'année dernière m'ont ouvert les yeux et, je pense, sauvé la vie. Je ne remercierais jamais assez cette école "élitiste" que vous dénoncez pour m'avoir fait découvrir le plaisir des livres... et j'emmerde tous ceux qui trouvent ça "bourgeois", "aristocrate" (je suis fils d'artisan et petit-fils de paysan/ouvrier donc limite ça me fait bien rire) ou "réac".

Ah oui et j'oubliais: votre diatribe anti-orthographe, comme si l'orthographe était le snobisme suprême. Je ne sais même pas quoi y répondre... c'est juste pitoyable, pathétique, honteux. Je ne peux pas comprendre comment une PROFESSEUR et AUTEUR peut ne serait-ce qu'oser dire ça...

Curieux

Curieux cette auto-justification d'un enseignant qui, sans doute, comme ses confrères, refuse toute forme d'évaluation ou de mise en place d'une politique qualité au sein de l'éducation nationale.

Certes l'orthographe n'est pas le parangon de la culture, elle est cependant bien nécessaire pour la compréhension entre les personnes. L'illettrisme est plus grave et la comparaison des pourcentages d'illettrés dans une classe d'âge à trente ou quarante ans d'intervalle est déjà révélatrice. Il faut dire que quand un oral se limite à un interrogation sur quelques textes soigneusement remâches tout au long de l'année, il y a peu de chances que la majorité des candidats puissent avoir une vision bien large de la littérature.

Mais quittons le français pour d'autres matières. A partir des jeunes que je côtoie et qui sont d'un niveau aujourd'hui banal (du bac au DEA) force est de constater que bien peu sont capables de situer les dix premières villes de France sur une carte (je ne parle pas des productions ou ressources de telle ou telle région) ou de relier un pays du monde à sa capitale (vous nous direz que la géographie est d'une importance relative), incapables tout autant de tracer une perspective historique, la chronologie ayant été soigneusement broyée dans l'enseignement. Dans le même registre il est incongru de demander à un littéraire d'avoir quelque approche de la physique ou de la chimie, les sciences naturelles sont à la même enseigne. Le niveau par contre est sans doute aujourd'hui bien meilleur en langues étrangères qu'il ne l'était il y a quarante ans.

Le niveau du bac monte et baisse en même temps!

Je remarque que l'auteur de cet article regrette que l'orthographe soit un des étalons de la qualité de l'enseignement et déplore implicitement que cela permet aux réactionnaires de justifier le retour à un certain élitisme du bac. Je souhaite toutefois féliciter ce même auteur pour la qualité rédactionnelle et l'excellent niveau d'orthographe de cet article.

Je me permettrais pour ma part d'écrire ce commentaire dans le français le plus correct possible. Pourtant l'orthographe n'a jamais été mon fort et je m'excuse par avance des possibles fautes de cet article mais par respect pour ceux qui auront la gentillesse de me lire je ferais l'effort de m'appliquer.

Sur le fond, quoique je ne crois pas être très loin du fond avec ma précédente remarque, peut-être peut-on envisager un double mouvement qualitatif avec une hausse du niveau du bac en valeur absolue simultanée avec un baisse du niveau en valeur relative.

Je m'explique. Lorsque le pourcentage de bacheliers passe de 30% à 66% en 20 ans, peut-être seuls un nombre correspondant à 40% ont le niveaux des 30% de l'époque? Ce qui démontre clairement que le niveau des jeunes français a monté. Ce qui démontre aussi que 26% des bacheliers n'ont pas le niveau du bac des années 80. Ce qui implique que le niveau moyen des 66% est inférieur à celui des 30% de la génération précédente et traduit une baisse de niveau général du bac.

bac et orientation

Bac tout d'abord :
Si les différents bac n'ont pas la même valeur, ce n'est pas par rapport aux connaissances mais par rapport à la capacité d'être logique. C'est une une vieille lune française que de sélectionner à travers des capacités de raisonnement que ce soit à travers le latin ou les mathématiques. Pour moi un bac pro dans une spécialité a autant de valeur intrinsèque qu'un bac technologique ou d'enseignement général. La capacité de comprendre un schéma électrique est tout aussi valeureuse que de commenter les Critiques de la Raison Pure. Par contre le niveau de raisonnement demandé aux différents bacs n'est pas le même. Disons pour être bref et incomplet, la cinquième et difficile question d'une épreuve de maths en bac pro consiste souvent en la mise en place d'une règle de trois. Ce que j'ai rencontré en passant le "certif" en 1956.
Autre remarque comment des lycées qui ont été bouclés par des grèves ou autres blocages pendant 7 à 11 semaines peuvent-ils avoir des résultats semblables à ceux qui ont travaillé toute l'année? (alors que les sujets sont déterminés au mois de novembre pour la session de juin) Mystère dans l'azur ou plutôt dans le système éducatif.
Orientation
J'ai trempé dans l'orientation scolaire et professionnelle pendant 35 ans. Il est IMPOSSIBLE de décrire les métiers et les professions a une personne encore plus à un groupe!!!! point..... Parce que la réalité est fort complexe, que les métiers naissent meurt, ou changent , que les activités à l'intérieur d'un métier sont aussi diverses que le nombre d'entreprises ou de services administratifs. Enfin, que chacun perçoit les informations données à travers sa personnalité et ses valeurs. Le conseiller (pardon le cop) ne peut que aider la personne à voir un peu plus clair en elle. Puis c'est elle qui choisit en fonction de ses aptitudes , de ses goûts (extrêmement fluctuants) et des opportunités de la vie.
Multiplier les informateurs et les structures ne changeront les attitudes et les choix d'orientation qu' à la marge. Par contre, engager dans la voie universitaire des jeunes qui soient susceptibles de réussir dans une voie longue ou très longue, et où la manipulation de concepts est le pain quotidien, serait sans aucun doute une voie à suivre.

quidam

Quand on veut tout démontrer avec les mains, on en démontre rien

"Une fois démonté le mythe du niveau": si l'on peut dire parce que les arguments ne sont pas convaincants. Une analyse sérieuse aurait consisté à présenter des arguments techniques. Là, on est dans les sentiments et l'analyse journalistique. Pour avoir des enfants aux lycées, je ne peux que constater qu'en Français par exemple, on leur enlève un ou 2 points sur leur note globale s'il y a beaucoup de fautes d'orthographe. En 1978, quelqu'un qui faisait de nombreuses fautes ne pouvait pas avoir la moyenne. Si ce que je dis est vrai, comment ne pas dire que le niveau a baissé ?

De même en terminale S, les élèvent font 4h30 de maths quand nous en faisions 9 ! J'ai d'ailleurs constaté que de nombreux chapitres n'étaient plus enseignés (matrices, anneau groupes ensemble, coniques...) En matheux, il est facile de conclure qu'un élève d'aujourd'hui, avec ce qu'il apprend, n'aurait pas le bac de 1978 puisqu'il ne fait pas la moitié du cours de l'élève d'antan. Cela est aussi vrai en physique où les élèves ne font même plus les calculs de couples, de balistique, d'induction... Ils font de l'astronomie, mais cela se résume aux lois de Képler (tombées cette année au bac).

Enfin dans le bac d'aujourd'hui, de nombreux sujets permettent d'avoir des points très facilement. En première, le TPE fait à la maison et souvent par les parents, compte autant que la note d'écrit de français. Quand vous avez 19 ou 20 en TPE, même si vous avez 5 à l'écrit et à l'oral, vous avez 10 de moyenne ne Français. En terminale et en maths, les ROC qui sont de simples restitutions du cour et que les élèvent insèrent dans leur calculatrice, permettent d'avoir entre 1 et 3 points assurés. La note de physique tient compte d'un TP fait dans l'année avec son propre professeur. La note d'éducation physique est connue avant le bac est obtenue avec son propre professeur.

La baisse de niveau, pour moi, est indéniable. Il ne s'agit pas de dire que les élèves sont moins intelligents mais qu'ils font beaucoup moins de choses et sont donc jugés sur beaucoup moins.

Minimiser l'importance de

Minimiser l'importance de l'orthographe est parfaitement aberrant. Ce ne serait "pas grave" si l'on fait une faute à chaque ligne ? Mettez-vous à la place d'un employeur, privé ou public, qui reçoit une lettre de motivation ! La plupart des lettres truffées de fautes finissent à la poubelle. Peut-être ces candidats ont-ils des qualités par ailleurs, mais il leur manque celle que l'on demande en premier : pouvoir s'insérer aisément dans la société (civile et professionnelle), posséder les codes de ceux avec qui l'on va travailler. Pour certains métiers, l'orthographe n'est bien sûr pas un problème, mais pour la majorité des autres, oui, d'autant plus qu'il n'existe plus de secrétaires ou de dactylos pour rédiger à sa place. Aujourd'hui on demande à tous les salariés, cadres compris, d'être autonomes sur leur ordinateur, et de produire leurs propres écrits. Alors s'ils doivent déranger constamment les collègues pour se faire corriger les fautes, c'est invivable pour les autres, et c'est une perte d'argent pour l'employeur. C'est aussi simple que cela.

Et puis n'exagérons pas : il est quand même bien plus facile d'apprendre l'orthographe que d'apprendre la physique nucléaire. Certains élèves actuels seraient d'ailleurs bien meilleurs s'ils avaient redoublé, comme cela se faisait avant. Certes, ça n'est pas agréable, mais s'il faut une année d'apprentissage de plus à certains enfants, pourquoi le nier ? Des choses désagréables, il y en a tout au long de la vie, et si l'école est un sanctuaire ça n'est pas néanmoins un club de vacances. Enfin, ça ne devrait pas l'être.

Nier que le niveau baisse correspond à la politique de l'autruche. Il y a encore quelques années, il fallait des heures et des heures en bibliothèque pour collecter des informations afin de rédiger un exposé sur tel ou tel sujet ; aujourd'hui il suffit de quelques clics sur le Net. Ce n'est pas la même qualité de travail, et au final ça ne produit pas le même résultat parce que les élèves ne font que survoler ce qu'ils font. Et j'ai l'impression que tout est fait pour que ce niveau baisse encore. Il y a actuellement une proposition pour limiter les heures de cours au lycée, afin que les jeunes sortent à 15h30 l'après-midi. On croit halluciner. A mon époque (1989-1992), c'était 7 ou 8 h de cours par jour, donc sortie à 17h ou 18h. Que vont faire les élèves pendant ce temps libre ? Des activités de loisirs ? Il faut souhaiter aux parents de gagner au loto, parce qu'actuellement aucun loisir n'est gratuit. Des cours de rattrapage ? Là c'est plus probable, mais encore une fois ça n'est pas gratuit.

Je suis peut-être hyper réactionnaire dans mes propos, mais à mon époque pas si lointaine (je ne suis pas née en 1940) on savait que c'était au lycée qu'il fallait donner le coup de collier pour avoir le meilleur niveau possible et choisir sa filière d'études sup, et ultérieurement son métier. Et que quand on arriverait dans la vie professionnelle, on pourrait enfin profiter des fruits de ces efforts.... Faut-il en conclure que nos dirigeants anticipent sur le fait que la vie professionnelle sera plus longue et moins gratifiante, et que par conséquence il vaut mieux profiter de la vie à l'école ?

J'entends déjà certains dire : ce n'est pas parce qu'on fait plus d'heures de cours qu'on travaille mieux. Certes. Mais alors il faut aller jusqu'au bout du raisonnement et l'appliquer à la sphère professionnelle, qui est, je crois, l'aboutissement normal du cursus scolaire. Or, là, bizarre, c'est l'inverse qui se produit : il faut sans cesse faire plus d'heures..... C'est curieux comme, d'un bout à l'autre de la chaîne, les valeurs s'inversent.

Aquarius74

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