Quand Slate se plante d'analyse sur le voyage Hollande-Sarkozy

Un Falcon présidentiel, en 2011. REUTERS/Jean-Paul Pelissier

Un Falcon présidentiel, en 2011. REUTERS/Jean-Paul Pelissier

Nous avons publié un article erroné sur les mesures du CO2 envoyé dans l'atmosphère à l'occasion du voyage de l'ancien et de l'actuel chef de l'Etat à Soweto.

Quand des informations incomplètes deviennent des analyses erronées... Ce matin, vers 10h, et jusqu'à ce mardi soir 19h, nous avons publié à cet endroit un article intitulé «Nous avons mesuré le bilan carbone de la vanité présidentielle et du voyage Hollande-Sarkozy au dernier Mandela Day». Il s'agissait de calculer le poids «des chamailleries entre François Hollande et Nicolas Sarkozy» en «tonnes inutiles de CO2 de plus dans l’atmosphère» à l'occasion de ce voyage en Afrique du sud.  

Selon nos informations, pour se rendre aux cérémonies organisées par l’Afrique du Sud en hommage à Nelson Mandela, François Hollande et son prédécesseur, invité par le chef de l'Etat, devaient donc voyager chacun à bord d’un Falcon présidentiel, préféré à l'Airbus. Raison officielle invoquée: l’économie.

Pour mesurer la trace carbone de François Hollande, de Nicolas Sarkozy et de leurs entourages, nous avions pris en compte les dépenses en kérosène des trois Falcons (celui qui allait transporter l'actuel chef de l'Etat, celui qui allait transporter l'ancien et un Falcon de secours) contre les dépenses de l'Airbus.

Il nous manquait deux informations essentielles, que nous aurions dû vérifier, et qui nous ont été indiquées dans la journée dans les commentaires de cet article: 

1. Quand le chef de l'Etat utilise un avion, il y a toujours un autre appareil de secours, que le premier avion soit l'Airbus présidentiel ou un Falcon. Nos calculs auraient donc dû inclure un «match» entre les dépenses et la trace carbone d'un Airbus + un Falcon contre trois Falcon. Il y a donc une possibilité que, en effet, le voyage à 3 Falcon envoie moins de carbone dans l'atmosphère qu'avec Air France One et le Falcon de secours.

2. François Hollande a prévu de s'arrêter en Centrafrique, où il vient d'envoyer les militaires français pour tenter de mettre un terme à la violence qui ravage le pays. La présence de Nicolas Sarkozy ne s'imposait évidemment pas en ces lieux, et il devient logique que l'ancien président de la République revienne à Paris dans le Falcon qui l'a conduit à Johannesbourg.

Je vous prie, chers lecteurs de Slate, et aussi les intéressés —passé et présent chefs de l'Etat mis en cause dans cet article—, d'accepter nos excuses pour avoir publié cet article erroné. 

Johan Hufnagel

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