La boîte mail du patron de Twitter jetée en pâture

Slate.fr, mis à jour le 16.07.2009 à 11 h 24

La mésaventure était arrivée à Sarah Palin en pleine campagne présidentielle. Cette fois-ci, c'est tombé sur Evan Williams, le PDG de Twitter. Un mystérieux hacker qui se fait appeller «Hacker Croll» a pénétré dans sa boîte Gmail, ainsi que dans celle de sa femme et de deux employés de l'entreprise.

Le problème est que Williams utilise sa boîte Gmail pour ses activités professionnelles. Le pirate, qui a envoyé ses documents volés au blog français Korben et au blog américain Techcrunch, a eu accès à tout un tas d'informations sur l'entreprise.

On apprend notamment le possible lancement d'une émission de télé-réalité sur le web, une sorte de Pékin-Express où les participants seront aidés par leurs «followers» Twitter. Plus intéressant encore, le hacker est tombé sur les prévisions de croissance du site, jusque là restées confidentielles: 25 millions d’utilisateurs fin 2009, 100 millions fin 2010, 350 millions fin 2011.

Twitter a réagi via son blog officiel: selon Biz Stone, un des co-fondateurs du site, ce n'est pas Gmail qui est en cause mais bien un banal problème de mot de passe: «cela montre l'importance de suivre des règles précises de sécurité personnelles, comme par exemple de choisir des mots de passe inviolables».

Le blogueur Korben en tire la même leçon: «on voit par cette démonstration de piratage qu’il est très facile à partir d’un simple mot de passe deviné via une question secrète de remonter dans d’autres comptes (Facebook, Gmail et autre) et ainsi pénétrer au coeur d’une entreprise».

En publiant certains de ces documents volés, Techcrunch a déclenché la colère de ses commentateurs. Le blog se défend en estimant que ces documents représentent une information, qu'ils aient été volés ou non, et prend exemple sur d'autres mémos fuités par des employés de certaines compagnies: «Bien sur la personne qui nous a donné cette information en violant la confidentialité n'a pas agit éthiquement, ou en tout cas a agi illégalement. Mais pour nous, c'est juste de l'info».

Rue 89 revient sur ces questions d'éthique et de déontologie, estimant que «le scoop est bien souvent basé sur des informations subtilisées à des gens qui ne voudraient pas qu'elles sortent, ou pas à ce moment-là». Mais le site rappelle au passage que lorsque Techcrunch s'était fait «voler» des informations sur des développements futurs, le blog avait demandé à ce qu'elles soient retirées...

[Lire l'article complet sur le New York Times]

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