Culture

Séance de rattrapage

Slate.fr, mis à jour le 25.07.2009 à 12 h 44

Harry Potter, Brüno, Public Enemies ou Le Liseur, les critiques de Slate

Ces films sont toujours à l'affiche, mais vous avez peut-être raté les critiques des chroniqueurs de Slate. Rattrapage en sept articles.

Brüno surpasse Borat: Vous pensiez avoir tout vu de l'humour de Sasha Baron Cohen avec Borat? Détrompez-vous, Brüno va encore plus loin dans la misanthropie et la cruauté, dans un mélange bizarre de performance d'avant-garde et de défi que pourraient se lancer des gamins. Pour profiter du film, un seul conseil: ne réfléchissez pas trop et ne le prenez pas comme un film à thèse. Alors que le personnage de Borat parvenait à devenir touchant, celui de Brüno reste une caricature insupportable, arriviste, méprisante, et dénuée d'humanité. Tout ça interprété par un acteur clairement masochiste.

Harry Potter et le prince de sang mêlé: Beverly Hills chez les sorciers: Il est temps que l'école se finisse. Cet opus de la saga Harry Potter est ennuyeux à souhait, même si l'on prend toujours autant de plaisir à suivre l'évolution des trois personnages principaux, qu'on a vus passer de bambins maigrelets à adolescents fougueux. Le film manque d'un grand méchant, et passe à la place plus de temps sur les histoires d'amour compliquées des protagonistes.

L'erreur du «Liseur»: En février, Ron Rosenbaum priait pour que «Le Liseur» n'obtienne pas d'Oscar. Raté, Kate Winslet a remporté la statuette de la meilleure actrice pour sa performance. Mais l'analyse du film par Rosenbaum est toujours d'actualité: son projet est, métaphoriquement, de disculper les Allemands de l'époque nazie d'avoir été complices de la Solution Finale. En partant de «Le Liseur», Rosenbaum revient sur cette mode cinématographique de dénaturer l'expérience de la Shoah.

Des ennemis publics de pacotille: Alors que la biographie de John Dillinger (affrontements virils et fusillades sanglantes, le tout coiffé d'un feutre parfaitement ajusté) se prête particulièrement bien au grand spectacle, l'adaptation de Michael Mann laisse indifférent. Johnny Depp ne convainc pas, la dimension sociale et historique du film est évacuée en deux répliques, bref, on a l'impression de passer deux heures dans un musée Grévin des gangsters.

Sexe, finance et Internet: Entre deux blockbusters, Steven Soderbergh a tourné «The Girlfriend Experience», avec Sasha Grey, une actrice porno de 21 ans, dans le rôle principal. Elle joue Chelsea, une call-girl de luxe qui commence à s'attacher à l'un de ses clients, alors qu'elle a déjà un petit ami. Au travers des riches clients de Chelsea qui laissent entrevoir la chaîne de délation sur laquelle repose un capitalisme au bout du gouffre, le film prend une profondeur inattendue.

Allen, rien de nouveau: «Whatever Works» ne fait que recycler la recette classique des films de Woody Allen. Les limites de l'exercice sont rapidement atteintes puisque le contraste avec les grands Allen des années 70 à 90 est éclatant. Bref, les obsessions et les manies du réalisateur, sans nécessairement le génie qu'on espérait.

Calm your enthusiasm: Le scénario de «Whatever Works» traînait dans les cartons de Woody Allen depuis les années 70. Finalement tourné en 2008, il offre le personnage principal le plus désagréable de sa filmographie, la fille la plus nunuche, un scénario étouffant, et un New York de pacotille.

(Photo officielle du film Brüno)

Slate.fr
Slate.fr (9125 articles)
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte