Monde

Honduras: une société au bord de l'implosion

Slate.fr, mis à jour le 16.07.2009 à 10 h 08

Le site internet du Washington Post révèle les malaises d'une société hondurienne divisée à la suite du coup d'Etat du 28 juin dernier qui a écarté du pouvoir le président Manuel Zelaya. Le gouvernement formé par le président par intérim Roberto Micheletti, dont la légitimité est mise en doute voire contestée par de nombreux états à travers le monde, a depuis déclaré légale et non-négociable l'éviction de Zelaya; mais au Honduras, nombreux sont ceux qui soutiennent encore le président déchu.

Le journaliste Juan Forero décrit une société divisée, au bord de l'implosion. Il rapporte d'abord les propos d'une activiste défendant les droits des Indiens, Berta Cáceres, qui tente de rallier depuis le début du mois de juillet tous les partisans de Zelaya: «Il venait à notre rencontre - les chauffeurs de taxi pouvaient se rendre au palais présidentiel et lui parler, de même que les agriculteurs pauvres, les groupes féministes. (...) Les gens l'aimaient, ils l'aimaient parce qu'il disait des choses qu'ils savaient être vraies mais qu'aucun président n'avait dites avant lui». Rebeca Murillo, la sœur d'Isi Obed Murillo -jeune partisan de Zelaya abattu par les soldats dans l'aéroport de Tegucigalpa- explique quant à elle la vague d'espoir suscitée par les réformes promises par l'ancien président du Honduras: «Mel Zelaya voulait changer les choses. Il nous demandait ce que l'on voulait, et ce que l'on ne voulait pas. Ce qui nous divise ici, c'est l'argent; nous avons vu en Zelaya la personne capable de nous sortir de la misère».

Le Honduras est en effet l'un des pays d'Amérique Latine les plus pauvres et les plus inéquitables, rapporte le quotidien américain. Un rapport de 2008 de l'ONU estime qu'au Honduras, sept habitants sur dix vivent dans la pauvreté. «Je vois une société profondément polarisée et divisée, s'inquiète José Miguel Insulza, secrétaire général de l'OEA (Organisation des Etats Américains). Il y a beaucoup de tensions».

Le Washington Post explique qu'au Honduras, l'opposition entre pro- et anti-Zelaya souligne des divisions antérieures: celles qui opposent les classes moyennes et supérieures aux couches plus pauvres de la population. Car certains Honduriens ne voient en Zelaya qu'un populiste, et perçoivent ses promesses comme une menace. «Pour nous, Zelaya c'est Chavez. Nous ne voulons pas de Chavez ici», explique Adolfo Facussé, un investisseur hondurien.

[Lire l'article complet sur WashingtonPost.com]

(Photo : Honduras opposing Zelaya, rbreve / Flickr )

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