Culture

Dans les coulisses de The Wire

Slate.com, mis à jour le 28.11.2013 à 12 h 24

Comment Bunk, Kima, Freamon et McNulty relâchaient la pression hors tournage.

Clarke Peters et Dominic West, aka Lester Freamon et Jimmy McNulty / HBO

Clarke Peters et Dominic West, aka Lester Freamon et Jimmy McNulty / HBO

Cet article balaie l'ensemble des saisons de The Wire, il contient donc des spoilers

A l’époque de la diffusion de la quatrième saison de The Wire (Sur écoute), affirmer que la série fonctionnait comme un «roman à la Dickens» était déjà un cliché de soirée mondaine. Sous beaucoup d’angles, c’était totalement pertinent, vu la forme en feuilletons de la série, sa conscience politique progressiste et son cadre tentaculaire. Mais la référence littéraire de David Simon remonte à bien plus loin –elle est plus vieille que Shakespeare même, et de plusieurs siècles. The Wire, disait-il, est, fondamentalement, une tragédie grecque.

«Les anciens appréciaient la tragédie, pas seulement pour ce qu’elle leur disait du monde mais pour ce qu’elle leur disait d’eux-mêmes, expliquait-il. Presque toute la communauté de la télévision et du cinéma américains réussit à fuir cette vraie catharsis, que la tragédie est ouvertement conçue pour canaliser. Nous ne tolérons pas la tragédie. Nous nous en moquons. Nous la déprécions. Nous choisissons le rire, le sexe, la violence. Nous faisons triompher l’individu sur son destin, encore et toujours.»

Dans cette version olympienne de Baltimore, le rôle des dieux était joué par les forces aveugles du capitalisme moderne. Et tout mortel assez orgueilleux pour prôner le moindre changement se voyait, dans le style classique, inéluctablement et implacablement mordre la poussière, voire était violemment effacé.

«On s’est contentés de s’approprier une tradition très ancienne et totalement ignorée, et ça a eu l’air complètement nouveau et extrêmement improbable, racontait-il. Ce n’est pas un thème récurrent sur les écrans américains parce que ce n’est pas le genre d’histoire qui attire les foules

Cela a été possible à ce moment et à cet endroit-là parce qu’avec le nouveau modèle de TV câblée payante, qu’il y ait foule ou pas n’est plus primordial.

Michael B. Jordan, Larry Gilliard, Jr. et J. D. Williams © HBO

Pourtant, The Wire était aussi d’une incontournable modernité; ses personnages se basaient sur de véritables psychologies singulières, refusant d’être manipulés comme des pions sur un échiquier. Ils allaient parfois jusqu’à surprendre leurs créateurs.

Il y a eu un débat passionné dans la salle des scénaristes autour d’un moment crucial de l’avant-dernier épisode de la saison 1, Cleaning Up: l’exécution du jeune trafiquant de drogue Wallace par le voyou plus dur mais à peine plus âgé Bodie Broadus. Juste avant d’abattre son ami, Bodie hésite, et la main qui tient le pistolet tremble. Ed Burns, co-créateur de la série, avait émis une objection: le Bodie vu jusqu’ici était l’incarnation même d’un monstre de la rue, un jeune tellement abîmé et immunisé à la violence par la culture de la drogue qu’il n’aurait jamais hésité à appuyer sur la gâchette, même pour tirer sur un ami.

«Ça ne cadrait pas avec le personnage. Bodie était quasiment un psychopathe, limite. Moi je me disais: “On emmène le public dans cette direction, et maintenant ce type va se mettre à reculer?” Ça collait pas. C’était des conneries», raconta Burns, en se remémorant ce qu’il avait ressenti sur le moment.

Dans les saisons suivantes, Broadus allait devenir le pendant côté drogue du détective solitaire Jimmy McNulty: un soldat qui tente de tracer son propre chemin et finit écrasé par le système. Sa mort déclencha une émotion inattendue. Et tout cela, concéda Burns, avait été préparé par son moment d’humanité inopiné de la première saison.

«Le résultat c’est que ça a donné une dynamique formidable qui s’est maintenue pendant quatre saisons. Ça a fait surgir une bonne dose d’humour dont les psychopathes sont dépourvus», estima-t-il.

«Ça m’a permis d’apprendre très vite. Au départ, ça ne m’avait tout simplement pas plu parce qu’on ne joue pas ce genre de tour au public. Mais maintenant quand j’y pense, je me dis “C’est cool. Ce truc a permis d’entrer dans une autre dimension.” Ça a marché. Ça a très bien marché.»

***

Ce genre de débat n’était qu’un aspect de ce qui devint, à mesure que s’amplifiait la portée de The Wire pour englober de plus en plus de facettes de Baltimore, une danse intime et complexe en constante évolution entre les exigences de la réalité et de la fiction. Et si cette tension créatrice revenait de façon récurrente dans la salle de travail des auteurs, c’était aussi une réalité quotidienne pour les acteurs qui donnaient vie aux personnages de la série.

Pour des raisons de transparence ou d’ingérable manque d’organisation, la police de Baltimore a ouvert grand ses portes aux acteurs de The Wire dont beaucoup ont accompagné, dans un but pédagogique, les policiers dans leur tournée. Même pour ceux qui se considéraient raisonnablement blasés en termes de réalités urbaines, cela a été un choc.

Dominic West et Clarke Peters © HBO

«J’ai grandi en HLM, mais c’était pas des rangées de maisons aux fenêtres murées ni des bébés tout nus dans les bras d’héroïnomanes de 12 kilos», commenta Seth Gilliam, qui jouait le sergent Ellis Carver. Lui et Domenick Lombardozzi (Herc) furent assignés aux côtés d’un agent de la brigade des stupéfiants particulièrement zélé surnommé Super Boy. Un jour, ils se retrouvèrent pliés en deux sur la banquette arrière pendant une fusillade. «Je me disais: “Ma tête n’est pas couverte! Ma tête n’est pas couverte! Est-ce que je vais sentir la balle quand elle va me toucher?», se souvint Gilliam.

Wendell Pierce, qui jouait Bunk Moreland, John Doman, le formidable Major Bill Rawls et Dominic West (Jimmy McNulty) étaient dans un autre groupe. «On a été sur les lieux de fusillades et d’agressions au couteau. Il y avait un type qui avait encore un couteau fiché dans le corps. Un autre qui s’était fait tirer dessus, et que le flic essayait d’emmener en ville pour l’interroger», raconta Doman.

«Tous on se disait “c’est inimaginable.”»

Loin de chez eux et de leurs familles laissées à New York, Los Angeles ou Londres, les acteurs passaient beaucoup de temps ensemble. Au moins deux groupes se formèrent. Le premier tournait autour de la maison que Clarke Peters, qui interprétait le rôle de Lester Freamon, avait achetée après la saison 1. Peters est un érudit quinquagénaire né à New York. Adolescent, il quitta les Etats-Unis pour Paris où subsistaient les vestiges d’une grande communauté de noirs américains. Au bout de quelques semaines, il y rencontra James Baldwin, Maya Angelou et le pianiste de blues Memphis Slim, entre autres. Quand la comédie musicale Hair arriva en France, il travailla comme créateur de costumes d’une des productions et finit par rejoindre la distribution. Il s’installa ensuite à Londres, jouant principalement au théâtre, rencontra David Simon et interpréta le junkie avunculaire Fat Curt dans la première série de Simon pour HBO, The Corner.

A Baltimore, la maison de Peters devint un genre de salon bohême et branché fréquenté par les acteurs les plus âgés et les membres de l’équipe comme Doman, Jim True-Frost (qui jouait Roland Pryzbylewski) et d’autres. Plusieurs finirent par y louer des chambres. Peters, strictement végétarien, cuisinait des repas collectifs très sophistiqués. Il y avait un piano et des bœufs improvisés carburant au vin rouge et à la fumette. Pour ceux qui auraient été pris d’une envie subite de peindre une aquarelle en nocturne, des toiles posées sur des chevalets étaient installées au sous-sol. Ses habitués appelaient la maison «L’Académie».

Domenick Lombardozzi, Corey Parker Robinson, Sonja Sohn et Seth Gilliam © HBO

Pendant ce temps, les acteurs plus jeunes vivaient des expériences moins sages –sans entraves, loin de chez eux, ils avaient souvent besoin de relâcher la pression. Ce groupe-là se retrouvait dans le centre, sur le Block, un bout d’East Baltimore Street où s’alignent les clubs de strip-tease (et, dans une ambiance de semi-détente, le commissariat central de Baltimore). Les acteurs de The Wire, devenus des visiteurs de légende du Block, comptaient un noyau dur comprenant Dominic West, Seth Gilliam, Domenick Lombardozzi, Wendell Pierce, Andre Royo (Bubbles), J.D. Williams (Bodie) et Sonja Sohn (Kima) –qui tenait la dragée haute aux garçons tant hors caméra que dans la série.

«Nous finissions de tourner vers 1 heure et, vous savez, les établissements normaux ferment à 2 heures, alors on allait au Block, juste pour palper l’énergie, racontait Royo. Les propriétaires des clubs sortaient, les filles sortaient. C’était comme si on était des héros. Les héros locaux

Lors d’une partie de softball entre les acteurs et l’équipe, Royo loua une limousine et une équipe de strip-teaseuses pour jouer les pom-pom girls.

Dominic West, comme on pouvait s’y attendre, attirait l’attention des femmes dans le cadre professionnel comme ailleurs. «N’importe quel mec se serait contenté de ses restes», disait Wendell Pierce. Tous étaient des buveurs invétérés et parfois les choses partaient en sucette. Seth Gilliam appréciait particulièrement peu d’être approché pendant qu’il profitait de son temps libre.

Andre Royo © HBO

«Il pouvait se changer en pochard mauvais d’une minute à l’autre, rapportait Andre Royo. Si quelqu’un disait: “Oh vous êtes les gars de The WireSeth répondait: “Apprends la politesse, on était en train de discuter là.” Et c’était des types qui n’avaient pas l’habitude qu’on leur parle comme ça. Qui déjà avaient pris sur eux pour venir nous voir

En général s’ensuivaient quelques cris et bousculades, mais ça n’allait pas plus loin grâce à l’omniprésence des videurs.

«Sonja avait toujours un des videurs en ligne de mire et elle pouvait lui faire signe des yeux. C’est une meuf sexy, alors ils s’assuraient que tout allait bien pour elle

Seth Gilliam et Domenick Lombardozzi, Bert et Ernie à l’écran, partageaient un grand appartement à Fell’s Point. Ils organisaient des soirées épiques à base de bière et de jeux vidéo, notamment des tournois de Madden NFL opposant «Les Gentils et les Méchants», les flics contre les dealers. Les parties duraient jusqu’à 5 ou 6 heures du matin, moment où la moitié des joueurs devait partir pour être sur le pont à 8 heures (Clarke Peters, le bohémien raffiné, exprima le fossé des générations qui divisait la distribution après avoir entendu Lombardozzi se vanter d’un coup particulier sur Madden qu’il avait joué la veille au soir: «Il disait: “Yeah, man, ce que tu fais c’est tu appuies sur x, x, y, x, y, y ...” et je me disais: “C’est quoi ce bordel? C’est à ça qu’ils passent leur temps libre?”»).

Seth Gilliam et Domenick Lombardozzi @ HBO

L’énergie refoulée qui alimentait toutes ces festivités avait un pendant plus sombre. Pour beaucoup de ces acteurs, particulièrement ceux qui travaillaient de nuit pour de longues prises dans des rues glauques, le tournage était épuisant, tant physiquement que mentalement. Andre Royo trouvait particulièrement difficile d’incarner Bubbles, le junkie clairvoyant. Le père de Royo possédait un magasin de vêtements à Harlem et il mettait un point d’honneur à soigner son apparence et à se rendre à l’école en souliers chic et costumes croisés. Il savait que le voir habillé en junkie crado ferait particulièrement mal au cœur à ses parents –pas seulement pour des questions vestimentaires, mais parce que c’était le genre de rôle auquel les acteurs noirs étaient trop souvent cantonnés. Lors de son casting, devant Simon et les producteurs Clark Johnson et Robert Colesberry, Andre Royo exprima son inquiétude à l’idée que Bubbles ne soit qu’un stéréotype de junkie black de plus.

«Ils m’ont juste regardé et m’ont dit: “Oh mais tu n’as pas idée de ce qu’on a dans notre manche”»

Mais si Bubbles a pu être davantage qu’un stéréotype, il n’en était pas moins un personnage difficile à interpréter au jour le jour.

«Le monde intérieur de mon personnage n’était pas particulièrement rose, expliquait Royo. Je regardais Idris? Il n’y avait que des gonzesses devant sa loge. Dom West? Des gonzesses. Sonja? Des mecs et des gonzesses. Moi? Des junkies. Ils tombaient amoureux de Bubbles. J’allais dans la loge, je me débarrassais de toutes mes merdes, je ressortais et ils me regardaient genre “T’es pas comme nous. Va te faire foutre.” Et quand je remettais le costume de Bubbles, c’était “Hey! Ça va? Cool que tu sois de retour!” C’est une prise de tête, man. Cette merde, ça te bouffe

A la troisième saison, se rappelait-il:

«Je buvais. J’étais déprimé. Je regardais le scénario en me disant “Qu’est-ce que je fais aujourd’hui? Je me défonce ou je pousse ce putain de chariot?”»

Il n’était pas le seul. Dans le bouillon de culture isolé de Baltimore, immergés dans le monde de la rue, les acteurs de The Wire montraient une propension curieuse à reproduire leurs rôles à l’écran d’une manière qui prélevait un tribut sur leur vie réelle: Lance Reddick, qui jouait le très rigide lieutenant Cedric Daniels tourmenté par le manque de discipline de McNulty, entretenait le même genre de relations tendues avec West qui faisait l’imbécile et essayait de le faire craquer pendant les prises. Gilliam et Lombardozzi, comme Herc et Carver, passèrent la plus grande partie des saisons 2 et 3 en marge de l’action, à mijoter dans des intrigues secondaires, et finirent par faire pression pour rompre leur contrat.

Lance Reddick © HBO

Michael K. Williams, dont le rôle d’Omar était de loin le personnage le plus populaire de la série (un journaliste de GQ a dit en plaisantant que demander aux spectateurs qui était leur personnage favori revenait «à leur demander leur membre préféré d’Adele»), s’est tellement laissé emporter par sa soudaine célébrité qu’il a dépensé presque tout son argent tout neuf en jeans, baskets et pour faire la fête. A l’apogée de sa popularité, Williams s’est fait expulser du HLM de Brooklyn où il avait grandi, pour défaut de paiement. Lui et Royo, entre autres nombreux anciens de The Wire, ont raconté avoir cherché de l’aide pour se faire désintoxiquer une fois l’expérience terminée. Sans parler des membres de la distribution qui n’étaient pas acteurs et qui ont été transportés de la vraie Baltimore dans la fausse –parmi lesquels Little Melvin Williams, qui a inspiré Avon Barksdale, en liberté conditionnelle et jouant le rôle d’un parrain avisé et marqué par la vie.

***

Jouer dans une série comme The Wire signifiait vivre dans un état d’angoisse permanente, la mort (donc le chômage) étant toujours susceptible de vous attendre au prochain retournement d’intrigue. Dans une autre série, la mort d’un personnage peut très bien être le début d’une longue et fructueuse série d’apparitions fantomatiques et autres séquences oniriques. Mais la plupart des acteurs de cet âge d’or de la TV avaient compris que l’un des tropes caractéristiques de l’époque –le fait que, comme dans la vie, n’importe qui peut disparaître à n’importe quel moment– avait d’importantes conséquences pour la sécurité de leur emploi.

Michael K. Williams © HBO

La situation avait transformé les acteurs en limiers décortiquant chaque nouveau scénario en quête du moindre signe qu’ils étaient condamnés. «Chaque fois que vous lisiez le script vous recherchiez un indice: quand ils racontent trop votre histoire vous vous dites “oh merde ils en font trop, je vais passer à la trappe”», expliquait Andre Royo. Lui et Michael K. Williams s’étaient dit entre eux que l’un de leurs deux personnages, Omar ou Bubbles, allait obligatoirement y passer avant la fin de la série (et c’est Williams qui remporta ce sinistre concours). Après quelques saisons, Royo finit par développer un genre de syndrome de Stockholm. Il alla voir Simon et lui demanda si garder Bubbles en vie ne desservait pas le réalisme de l’histoire, étant donné l’espérance de vie moyenne d’un mouchard junkie.

«David m’a regardé et m’a dit: “Mais ta gueule. Je ne sais pas ce qui va se passer, mais ce que je sais c’est qu’il faut un peu d’espoir, sinon les gens ne vont pas avoir la force de se lever le matin.”»

L’angoisse des acteurs de The Wire a pu être aggravée par le fait que la communication avec ses acteurs n’a jamais été le fort de Simon sur le plateau. «David avait un problème avec le fait de dire aux gens comment ils allaient mourir. Il ne se contentait jamais de dire “Bon, tu vas mourir.” Il y avait toujours cette énergie bizarre», raconte Andre Royo. Larry Gilliard Jr., qui jouait D’Angelo Barksdale, avait piqué une colère en apprenant son départ précoce dans la saison 2: Simon était tombé sur lui sur le plateau et lui avait dit:

«Tu vas adorer ce que je t’ai écrit pour cet épisode

«Génial!», avait répondu Gilliard.

«Je veux dire, c’est probablement ton dernier épisode en fait...», avait continué Simon.

La leçon n’avait apparemment pas porté ses fruits à la fin de la saison 3. Tous s’accordent à dire que les producteurs avaient honnêtement l’intention de s’asseoir en face d’Idris Elba pour évoquer avec lui le moment et la façon dont Stringer Bell allait mourir. En réalité, cette réunion n’eut jamais lieu, et il apprit la nouvelle en lisant le scénario –ce qui lui fit péter un câble. Circonstance aggravante, le scénario indiquait qu’Omar devait pisser sur le corps de Bell, ce qui est apparemment une vraie tradition dans les gangs de Baltimore. Idris Elba se rendit sur le plateau et commença à dire aux autres acteurs qu’il ne tournerait pas la scène, réussissant à en gagner certains à sa cause.

Idris Elba © HBO

«Il était dégoûté, man. Ce que je comprends, parce qu’en effet, on le virait», explique George Pelecanos, l’auteur de polard qui avait écrit l’épisode.

«David et moi on est allés dans sa loge et on a essayé de le calmer. On lui a dit: “C’est la fin du personnage. On ne peut pas continuer son histoire; ce n’est pas logique. Et c’est exactement comme ça qu’il finirait.”»

Idris Elba faisait une fixette sur l’urine. Omar ne lui pisserait pas dessus, justifièrent Simon et Pelecanos; il pisserait sur un personnage de fiction. «Pas sur mon personnage», rétorqua Elba.

Simon et Pelecanos auraient pu avoir recours à l’une des répliques préférées de David Chase lorsqu’il doit faire face à ce genre de récriminations:

«Qui a dit que ce personnage t’appartenait?»

A la place, ils l’ont cajolé et se sont excusés jusqu’à ce qu’Elba se laisse fléchir. La scène de la mort fut tournée dans un hangar vide de Baltimore et terminée à 4 heures du matin. En descendant une rue obscure pour retourner à sa voiture, Pelecanos entendit des pas lourds derrière lui et se retourna, angoissé. C’était Elba. «Je voulais juste te serrer la main, dit-il au scénariste. C’est que du boulot

Brett Martin

Traduit par Bérengère Viennot

Cet article est une adaptation du livre de Brett Martin Difficult Men: Behind the Scenes of a Creative Revolution: From The Sopranos to Mad Men to Breaking Bad

Un documentaire sur les coulisses, issu du site de HBO:

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