Juppé - Rocard, l'erreur de casting
Deux anciens Premiers ministres aux commandes de la commission chargée de réfléchir aux priorités du futur emprunt national. Issus tous deux de la génération «des mauvaises dettes», est-ce bien raisonnable?
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Donner à Alain Juppé et à Michel Rocard la responsabilité de définir les grandes lignes d'investissements de l'emprunt national en dit long sur l'idée que Nicolas Sarkozy se fait des orientations à donner en matière de développement économique et en particulier sur la nécessité de rajeunir le tissu industriel français. L'avenir de notre économie a été mis entre les mains de l'ancien Premier ministre de Francois Mitterrand de 1988 à 1991 âgé aujourd'hui de 79 ans et du premier Ministre de 1995 à 1997 de Jacques Chirac qui atteindra bientôt sa 65e année.
Alors, c'est, soi-disant, «dans les vieux pots qu'on fait les meilleures recettes», mais toute la problématique de cet emprunt national réside bien dans la capacité de ces «hauts responsables» à définir les priorités du futur emprunt national pour qu'elles puissent être à l'origine de création de richesse et de valeur ajoutée pour demain. Christine Lagarde a déjà évoqué quelques pistes. L'emprunt Sarkozy devrait ainsi être investi dans des secteurs «dont la rentabilité à court terme n'est pas évidente», citant en particulier «l'économie de la connaissance, l'investissement dans les réseaux numériques et l'infrastructure de manière générale».
Dénicher les secteurs de l'économie du futur réclame du flair, un esprit visionnaire et l'expertise de chercheurs chevronnés. On peut éventuellement se demander si ces deux fins limiers en politique ont été objectivement sélectionnés pour relever le défi? Tout dépendra donc de leur capacité à savoir s'entourer de jeunes prodiges capables d'envisager leur avenir au mieux. Car l'emprunt national vise bien des investissements à long terme pour générer des potentiels de croissance pour les générations à venir.
Une génération qui vit aux crochets des suivantes
Mais ne portons pas le regard trop loin et regardons juste «derrière l'épaule» ce que l'ancienne génération, celle née sur la période de la seconde guerre mondiale (c'est-à-dire celle de Monsieur Rocard et de Monsieur Juppé) a été capable de réaliser jusqu'à présent. Toute cette frange de la population a traversé les trente glorieuses avec un dynamisme économique exceptionnel, certains ont «fait» mai 68 et tous ont connu les prémisses de notre système actuel, qui a eu le mérite d'instituer notre système de protection sociale bien appréciable.
Mais après cette belle époque pleine de bon sentiment et d'avancées sociales s'en est suivie une période moins euphorique avec l'emballement du chômage et avec lui la dette. Le poids de la dette publique est passé de moins de 30% en 1980 à près de 70% de notre PIB aujourd'hui. Or, s'il existe comme l'explique Nicolas Sarkozy, de bonnes et de mauvaises dettes, l'ancienne génération, celle qui fut au pouvoir à partir des années 80 jusqu'à aujourd'hui, a bien été celle qui a fait exploser «nos mauvaises dettes».
Le résultat économique est sans appel: depuis plus de trois décennies, la France n'a jamais renoué avec une croissance forte, le pouvoir d'achat, à entendre les syndicats, est en dégradation constante et le chômage reste anormalement élevé. Ainsi, l'orthodoxie financière ni même la responsabilité intergénérationnelle n'ont été les points forts de cette génération qui fait peser sur les générations futures le poids de leur emprunt abyssal.
D'autant que les personnalités issues de cette même génération sont aujourd'hui les premiers à expliquer aux plus jeunes, qu'ils devront travailler plus et plus longtemps et se montrent indignés face à la grogne populaire. Mais comme «les conseillers ne sont pas les payeurs», ils n'ont rien à craindre pour leur bourse. En revanche, laisser aux ténors du siècle passé la responsabilité d'orienter la dette dans les investissements qui doivent «augmenter les actifs de la France», peut paraître bien surprenant, voir inquiétant sur l'efficacité in fine de ce plan et des orientations réelles que souhaite donner Nicolas Sarkozy à l'utilisation de l'emprunt public.
Oriane Claire
Image de une: Nicolas Sarkoay entouré d'Alain Juppé et Michel Rocard, le 7 juillet 2009 à l'Elysée.
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Mis à jour le 12/07/2009 à 15h31










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Annoncer un emprunt avec un objet aussi vague que preparer l'avenir est deja soit une maneuvre soit une dissimulation.
Accoupler deux stars un peu vieillissantes et certainment sur la touche peut faire paraitre consensuel et ratisser un large public mais est surtout une astuce deja vue.
le scenario a l'air bien faible une fois les effets d'annonce passes.
Mais plus que d'avoir laisser filer les dettes publiques se qu'on peut vraiment reprocher a tous les premiers ministres c'est leur incapacite a imaginer d'autres structures de developpement. En ne mettant pas la creation d'emploi au centre des priorites d'avoir limite l'impact en France de toute croissance et d'avoir en consequences augmenter les charges sur les salaires.
Il ne fallait pas etre un genie pour anticiper les effets de la globalisation des marches. Il suffisait d'une petite calculette pour anticiper l'augmentation de la demande d'energie des pays emergents. Le secteur primaire reduit a l'agriculture intensive et subventionnee, le secondaire au secteur automobile et immobilier, restait le tertiaire.
La, la France championne des hypermarches a reussit a favoriser les importations, les delocalisations et la transformation de profits commerciaux en profits financiers. Perdant ainsi sur 70 % de la consomation perissable des menages ( produits alimentaires et d'entretiens) une bonne part des recettes de TVA.
En plus des problemes sociaux inherents a la deshumanisation des paysages urbains et de l'eradication des Koulaks, certes politiquement non-recuperables, mais qui representaient plus de 2 millions d'emplois et activites.
Pour completer le casting il manque l'eminent futurologue Alegre.
Je ne trouve pas que vouloir prendre l avis de deux personnalités compétentes , soit une mauvaise idée pour définir des options qui engagent le futur - Ceci pour qu on en tire le meilleur profit possible et parce que sans consensus on ne résoudra rien
Le catalogue des erreurs passées n est guère éclairant pour solutionner les problèmes qui vont se poser
les sujets de priorité n existaient même pas , il y a une douzaine d années
Merci d'étayer votre remarque par des exemples précis et chiffrer avec les conséquences POSITIVES sur l'économie de notre pays.
Les priorités sont permanentes et la compétence doit permettre d'éviter des erreurs qui mettent en cause les Economies.
Je suis preneur car je n'ai rien vu des actions de ses deux Messieurs sur l'arrêt de cette spirale infernale nommée DEFICIT qui ronge notre pays et causera sa perte.
Merci par avance.
Ce qui est troublant est que ces deux personnalités viennent de deux mondes diamétralement opposés, et c'est là où on se dit que faire partie de l'élite ultime - pour ne pas dire le fait avoir fait l'ENA - rassemble bien au delà des convictions profondes. Bien sûr il s'agit de l'intérèt du pays et nous avons là deux intelligences d'expérience. Mais...et les convictions ? les convictions...Souvenons nous : l'un très propret avait sa veste négligemment jetée sur l'épaule en 1986 avec ses petits copains rénovateurs et pro-madelinistes, prompts a insuffler un vent ultra-libéral sur la France. L'autre venait du monde de la contestation dite gauchiste de la fin des années 60 et déclamait sa passion la clope à la bouche dans des salles indisciplinées, bref un monde diamétralement opposé...Curieux quand même...Troublant...Et effectivement tout se petit monde se retrouve entre soi au chaud sur les marches de l'Elysée. Au fond c'est le meme petit monde. Pas celui de Don Camillo, mais de la grande administration. Et en effet ils feraient mieux de ne pas trop la ramener meme si c'est hasardeux de juger et rien ne dit qu'il ne faut pas faire appel aux anciens : les jeunes qui arrivent sont peu ou prou du même moule.