Psychologie du clash sur Internet
Y a-t-il un surmoi numérique à l'heure du web social?
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Je me souviens de mes premiers émois numériques. Lycéen au temps de la glorieuse époque du chat Caramail, j'explorais cette nouvelle manière d'appréhender la relation à l'autre sexe, cet échange dématérialisé où le contact ne se faisait pas à touche-touche mais à touches-touches (de clavier).
En discutant avec mes camarades, je découvrais des similarités dans nos usages du web, et je partageais rapidement leurs confessions intimes: untel avait rencontré une charmante jeune fille sur un chat, tel autre avait essayé les sites de rencontres en ligne. Et je découvrais simultanément ces amants de la toile qui s'embrasaient par claviers interposés, tiraient des plans sur la comète au moindre indice, et ouvraient leur cœur au tout-venant numérique quand il semblait qu'il leur était difficile de le faire IRL (in real life). Et souvent, quand le charme factice de l'écran se dissipait, la réalité distordue par le prisme du web apparaissait à leurs yeux dans toute sa vérité crue et sa complexité, parfois pour le meilleur, mais souvent pour le pire.
Nous avons tous, qui que nous soyons et quels que soient nos usages du web, expérimenté cette curieuse et parfois désagréable impression que le web agissait comme un véritable catalyseur d'émotions, un accélérateur de particules sentimentales. Habitués à un comportement social sans exubérances, le web a forcé notre nature et nos allants de manière abrupte. Tout s'est accéléré lors du basculement général de la France dans le haut-débit à l'aube du XXIe siècle: Internet n'était plus un usage parallèle et facultatif de nos vies, mais une extension de nous-mêmes, centrale et englobante dans notre écosystème social.
Depuis, la campagne référendaire de 2005 est passé par là, et nous avons vu à quoi pouvait ressembler la politique sur le web: du débat intense, certes, mais devant continûment lutter contre les récifs qui menacent de le faire sombrer dans les abymes de l'invective; ici, pas de monstre du Loch Ness, mais un point Godwin qui menace à chaque seconde de montrer le bout de son nez.
Sur le web, «on s'aime trop vite», chantait Calogero. On se fâche vite également: sur Twitter, l'arrivée des beaux jours semble avoir mis en ébullition plus qu'à l'accoutumée les blogueurs qui utilisent le service. «Twitter, superstar du clash?» C'est la question que pose le blog BienBienBien, en égrenant la liste de ces empoignades pour l'honneur où des bretteurs d'un nouveau genre ferraillent ensemble sous le regard goguenard de leurs «followers» (suiveurs) respectifs. Je m'empresse de la reformuler: comment se fait-il que l'amour, la haine, sentiments d'ordinaire si calfeutrés dans l'espace social, s'expriment avec autant de disproportion dans l'espace public numérique?
Un problème de surmoi numérique
Ils sont nombreux, les éminents psychologues, psychiatres, pédopsychiatres, pompiers de l'addiction qui pensent avoir pris le tournant de la culture numérique et pullulent sur les plateaux télé pour dispenser leurs diagnostics sur les pratiques du web. L'écran et le clavier seraient ainsi des refuges de l'émotion, une manière de se couper du monde social; le succès des sites de rencontres en ligne serait le signe d'une incapacité à affronter l'autre dans le jeu de la séduction, et l'adolescent qui veut une notoriété numérique par son blog ou son profil MySpace chercherait un échappatoire aux vraies relations sociales. Même si cette théorie est à côté de la plaque, elle repose sur un fondement scientifique assez intéressant: le rapport de soi au monde social sur le web.
Si les émotions s'y expriment brutes, c'est qu'il y a une totale absence de surmoi numérique. En psychanalyse, le surmoi, c'est le «moi social», l'une des trois instances de la personnalité théorisées par Sigmund Freud. Le surmoi est le lieu de l'intériorisation des principes du Bien et du Mal, construits pas à pas par les figures tutélaires du père, puis de l'école, et plus généralement par toutes les institutions éducatives (ajoutez-y l'Eglise pour les croyants). Il agit à la fois comme un régulateur de soi dans l'espace social et comme miroir policé renvoyant l'image «normée» à laquelle il faut se conformer, faute de ressentir la désagréable émotion sociale qu'est la honte. Lorsque cette pression du surmoi sur le moi est trop forte et empêche l'individu d'exprimer sa vraie personnalité, la névrose apparaît. Sur Internet, il n'y a pas de contrôle social, parce que l'on reste isolé derrière son écran. Personne n'est là pour juger positivement ou négativement les émotions que l'on exprime. Sans l'action de ce surmoi qui nivelle à un niveau médian les émotions et les sentiments exprimés dans l'espace social, tout y est sur le web plus intime, sincère et sensible, et au final toujours, peu ou prou, paroxystique.
L'anonymat conforte l'usager du web dans la conviction qu'il participe à un gigantesque bal masqué. En se cachant, il se montre, et la parole se fait plus libre. Pour les hommes politiques, la gestion de ce bal masqué est parfois compliquée, car la parole est libérée du poids de la pression sociale. Finalement, quand Denis Olivennes, le patron du Nouvel Observateur, se désole que le web soit devenu le «tout-à-l'égout de la démocratie», c'est le signe flagrant du chemin qu'il reste à parcourir par certains dans l'appréhension de ce territoire décomplexé qu'est devenu le web social.
Qu'en est-il aujourd'hui? Depuis environ 4 ou 5 ans, l'anonymat du web est battu en brèche jusqu'à n'être plus qu'une donnée relative, voire un mirage cruel. L'ascension des mastodontes Google et Facebook pose le délicat problème de l'archivage ad vitam aeternam de nos données numériques. Le nouveau réflexe des recruteurs de «googliser» le nom d'un potentiel candidat pour scruter sa présence sur le web et ainsi recueillir des informations masquées lors de l'entretien conduit de plus en plus les jeunes à censurer leurs profils Facebook, comme le montre une étude de l'université de Dayton.
Avec les blogs et les profils MySpace, l'anonymat a été secoué par le versant intime: chacun était libre de se montrer en se cachant. Avec Facebook et ses équivalents professionnels que sont Viadeo et LinkedIn, c'est bas les masques: le username (nom d'utilisateur) qu'on se choisissait aléatoirement sur les forums et les modules de chat a été remplacé par la transparence de l'état civil.
Personne n'a été forcé de se montrer impudemment. Mais beaucoup l'ont choisi aussi parce qu'ils vivent du web ou en sont des acteurs. La question de la gestion de réputation est alors devenue un enjeu indispensable. On ne peut pas tout faire ou tout dire en toute impunité dès lors que l'on a acquis une visibilité. Les récents déboires du blogueur Romain Libeau qui a triché un examen sous les yeux de Twitter ont fait rire, puis un peu peiné. Ils ont surtout rappelé que rien n'était gratuit sur les réseaux sociaux, ni anecdotique, ni insignifiant: si l'on peut y gagner de la notoriété, on peut tout aussi vite la perdre. S'il semble qu'il y ait cependant une grande capacité d'oubli (peut-être due à l'impressionnant débit d'informations), une réputation peut vite se ruiner.
Toutefois, y a-t-il vraiment une prophylaxie du clash? A l'heure où chacun sait qu'il est visible, exposé au regard de tous, y a-t-il des mécanismes de contrôle social sur le web? Même en dépit de cette constitution progressive d'un espace social numérique, il ne me semble pas qu'il y ait aujourd'hui un surmoi numérique capable de générer une censure en amont, inconsciente et intériorisée, dans les relations sociales sur le web. J'en tire deux hypothèses:
1. Ou bien le web touche à un horizon indépassable, celui de l'impossibilité de matérialiser des rapports sociaux, auquel cas la société numérique qui se solidifie aujourd'hui est une pâle copie artificielle de la «vraie» société. C'est l'hypothèse de ceux qui ne sont pas des natifs du web ou ne l'ont pas compris, et pensent le web à l'aune de la société «réelle» et par comparaison entre réel et virtuel (hypothèse pessimiste)
2. Ou bien le web organise un espace numérique différent de la société charnelle (qu'on préfèrera à «réelle»), en dissipant le surmoi social. On parvient alors à une société hybride où les individus s'expriment hors de tout contrôle social malgré un anonymat plus que relatif (et qui n'ira pas en s'arrangeant). Deux sociétés coexistent alors de manière complémentaire, sans être opposées, mais se répondant en écho: on vient exprimer une parole différente, un fonctionnement des rapports sociaux différents de ceux que l'on connaît dans l'espace charnel.
Nick Carraway
(Photo: illustration de la pochette de l'album London Calling des Clash)
Mis à jour le 14/07/2009 à 14h18











































« Prendre ses désirs pour réalité »Cette expression populaire traduit ad hoc ce que certains ados (et pas seulement ces derniers), ressentent au travers du net . Il est en effet facile de prêter à l’Autre des sentiments amoureux qu’il n’a pas puisque le virtuel exploite justement notre imaginaire. Tomber amoureux par mails interposés quand on ne se connaît pas visuellement c’est donner vie à nos fantasmes amoureux, il y a quelqu’un qui s’intéresse à vous , quelqu’un qui vient remplir ce vide qui vous pèse et pour un temps cela peut satisfaire ce besoin concret de partager des sentiments qui eux restent dans l’abstrait .Car ce que croient l’ados et qq adultes c’est que le partenaire est là pour satisfaire nos désirs et nous procurer du plaisir ce qui est seulement en partie vraie car un amoureux nous donne plus qu’il nous prive. En un mot il nous régule car le désir ne peut être assouvi complètement sinon l’autre deviendrait une espèce d’esclave enchain , un toxico dépendant qui n’aurait plus aucune volonté sinon celui de nous satisfaire or ce n’est pas le cas dans la réalité d’où l’échec de ces rencontres virtuelles quand elles finissent par se concrétiser car supporter la frustration pour un ados comme pour un adulte n’est pas tjs facile voilà pour l’usage du net amoureux.
En ce qui concerne l’anonymat il peut être signe de lâcheté mais il alimente l’imaginaire si nécessaire au début de toute relation sociale , la curiosité , le mystère ajoute au charme de l’inconnu qui est-il ? que fait-il ?où est-il ? on peut se refaire aux contes des milles et une nuit ;ainsi chaque mail correspondrait à un récit des contes c’est pourquoi on devient vite accro, car on a envie de percer le mystère et en même temps de rester dans le vague par peur d’être et de décevoir son autre virtuel
Enfin en ce qui concerne le surmoi je ne pense pas qu’il soit débridé sur le net tout au plus le net offre un moyen aux plus timides d’exprimer leurs opinions , l’anonymat offrant une espèce de sécurité au défoulement , une espèce de bouteille jetée à la mer dans l’immensité de la toile. Mais au fait quel probabilité à un billet d’être lu ? ce qui me fait penser que la première hypothèse serait la bonne cad impossibilité de matérialiser des rapports sociaux réels mais de créer peut-être de nouveaux rapports virtuels encore faut-il que les bloggeurs admettent rechercher des rapports où alors les blogs ne seraient que des journaux intimes qui n’auraient d’attrait que pour leur propriétaires
Le surmoi est une autorité sur le moi intériorisée. Ce sont des normes sociales qui ont été assimilées. Le surmoi fait, en quelque sorte, partie de nous. Il n'est pas si facile que cela de s'en débarasser. Cette instance supérieure agit aussi bien dans nos rapports réels que dans les échanges virtuels (qui sont d'ailleurs aussi réel !) Bien sûr, l'anonymat joue un rôle, fait parler les plus timides et facilite les clashs, car il libère de toute responsabilité envers autrui. Mais ce n'est pas le propre d'Internet : on se lâche plus facilement dans une lettre anonyme que en face d'une personne. Et dès que les masques tombent, les propos se radoucissent. Audacieux mais pas téméraire comme dirait l'autre. Chacun redevient un sage gentleman. Cela déborde parfois, mais comme ça partirait en vrille dans une conversation réelle entre deux personnes d'opinions divergentes.
Cet article participe d'une multiplication des questionnements à propos de phénomènes comme facebook ou twetter. On a vu récemment ici des pronostics à propos de facebook vis-à-vis de twetter ou encore l'arrivée de nouvelles générations d'âge plus avancé ou encore les incidences sur la démocratie ou même le vote en ligne. En général les analyses sont au ras des pâquerettes ou des algues s'agissant de d'écume des vagues. Pour une fois quelques questions plus sérieuses sont pointées ici, même si les réponses restent vagues.
Par exemple quelle est cette société du virtuel, par rapport à la société habituelle. Quelles sont ces réactions qui flottent sur le niveau affectif et émotionnel, tant dans quelques formes d'illusions que de débordements hors des contrôles habituels. La notion de relation humaine y est pointée comme n'étant pas si simple que cela. La référence psychanalytique en reste au jeu du moi et du surmoi mais commence à poser des questions de comportements et de phénomènes de société.
Dans une mutation aussi massive deux attitudes sont classiques. Celle qui voit que cela bouge mais interprète le phénomène comme un effet conjoncturel explicable par les lieux communs. Elle est la plus fréquente notamment dans l'establishment pétri des représentations qui en constituent les assises mêmes. Celle qui voque à la surface des vagues et en raconte les péripéties extraordinaires au jour le jour. Chaque scène y est dessinée comme l'aboutissement du phénomène sans que soient dépassées les apparences ni en hauteur ni en profondeur ou largeur de vue pour pouvoir établir des liens de Sens, comme le fait l'auteur de cet article.
S'il y a une discipline à laquelle il faut faire appel c'est bien la prospective humaine. D'abord pour situer le phénomène de fond, la mutation d'où tout cela émerge et qui permet de forger une grille d'analyse des situations et phénomènes constatés. Ensuite pour comprendre les péripéties de ce qui est en train d'émerger avec ses phases de maturité progressives et ses égarements, du moins dans les interprétations.
Il se trouve que les deux font appel à la question des âges de maturation de l'humanité. La première est celle où s'inscrit la mutation que différents penseurs et visionnaires se sont attachés à interpréter. La seconde est celle d'un phénomène d'émergence d'un nouveau monde, d'une nouvelle configuration du monde et des affaires humaines.
La mutation
Il s'agit d'un changement de paradigme et de niveau de conscience dont nous sommes témoins, peu perspicaces souvent. Les caractéristiques en sont : la recherche d'autonomisation des personnes et des communautés, la structuration communautaire de toutes les affaires humaines (nouveau paradigme avec le Sens du bien commun), la reconfiguration du champ relationnel grâce aux rapports de proximité humaine à distance qu'internet rend possible massivement.
Internet est le laboratoire de cette transformation du monde à une vitesse sans précédents. Ce qui vient c'est une nouvelle inscription des personnes dans un monde de mondes et d'ensembles communautaires de différentes durées de vie. Tout ce qui était structuré par les normes et contraintes antérieures ne disparaît pas mais sera submergé en quelques décennies. Voyez ce qui s'est passé en moins de 15 ans et qui commence à faire apparaître sa nature très prochaine de reconstruction de nos sociétés.
La mutation s'accompagne de troubles, d'effets d'agitation que l'on confond facilement avec des mouvements de fond. Outre les configurations matérielles et structurelles se sont les configurations mentales qui sont mises en question, les piliers sur lesquels nos civilisations se disaient et croyaient fondées et qu'elle cherchaient à transmettre jusque dans l'idée de progrès, matériel principalement. D'où l'écart entre les phénomènes réels (du virtuel) et les interprétations par les structures établies (cf. hadopi comme cas d'école). Tous les domaines sont concernés, le politique et la démocratie, l'éducation et l'université, la santé publique et les dispositifs de soin, la vie familiale, sociale, économique professionnelle, etc.
La maturation du changement.
L'installation sur internet d'une masse d'individus qui découvrent de nouvelles situations et jeux sociaux se traduit par des phénomènes d'exploration tant de zones d'immaturité brouillonne que d'expériences de maturation. Il est vrai que les idéaux libertaires et individualistes croient avoir trouvé la réalisation des fantasmes régressifs où ni lois ni contraintes, ni règles ne s'opposeraient au bon vouloir de chacun. C'est ce que pointe l'article avec les pulsions archaïsantes qui croient pouvoir se passer de la complexité des relations humaines et des comportements culturels que les hommes ont su inventer. Il ne s'agit pas de les reproduire à l'identique mais de les réactualiser au lieu de s'en croire débarrassé. Il y a tout un profil d'électrons libres, heureux de l'être et qui s'agglutinent la où il y a du monde et on croit qu'une société se construit là. Oui mais lorsque ces bouillonnements seront dépassés.
Un autre stade est et a été le stade de l'interactivité et le traitement de l'information, pour des raisons d'utilités et « d'innovations technologiques ». Il en faut pour créer les infrastructures des mondes qui se construiront à l'avenir. C'était le temps des réseaux que Michel Serres annonçait terminé il y a plusieurs années. On commence à le comprendre.
Nous sommes à un stade ou émerge le jeu des identifications qui participent à l'émergence d'une société nouvelle à partir de l'ancienne et en rupture bien souvent. C'est encore un stade peu avancé, souvent narcissique mais qui avance vers des configurations collectives socio-culturelles et aussi économiques et socio-professionnelles plus étoffées. Le gigantesque apprentissage que les jeunes générations et les générations clairvoyantes sont en train de faire à l'échelle du monde, préparent l'organisation de sociétés plus différenciées, liées aux activités humaines, intégrant les organisations existantes pour les subvertir en innovations structurelles généralisées. C'est là que la résistance des modèles mentaux classiques se heurte à des solutions tout à fait nouvelles et que par ailleurs les maturités culturelles anciennes apporteront parfois leur réflexion pour éviter les constructions infantiles sous prétexte de nouveauté.
Enfin tout cela prépare l'émergence d'une reconfiguration générale. Autour des communautés d'enjeux et des situations associées, orientées par le Sens du bien commun comme ligne de progrès humain, et selon des pratiques d'action communautaire Cela deviendra la compétence essentielle avec l'ingénierie du traitement des situations que les espaces virtuels exigent (et aussi les espaces classiques par conséquent). Nous en sommes aux prémisses mais c'est là et là seulement que les changements attendus s'accompliront. Les médias feraient bien de s'en préoccuper.
Les âges de maturité individuelle et collective sont la clé des deux volets du changement en cours. C'est pour cela que la conception de l'homme est à interroger mais aussi tous les stades de développement sont sollicités en commençant par les plus immatures comme dans toutes les renaissances. Le clash et toutes les attitudes débordantes se réguleront dès que le socius se construira et très vite les communautés majeures d'hommes autonomes libres et responsables entreprendrons de se développer. C'est déjà là il suffit de le voir et ne pas s'illusionner sur les péripéties du chemin.
Avant toute chose bravo pour le style alerte et plein d’images décapantes de votre article.
Dois-je rappeler que Nick Carraway était le nom du narrateur du fameux roman de Francis Scott Key Fitzgerald "Gatsby le magnifique" incarné au cinéma par la coqueluche de ces dames Robert Redford ? Le rôle de Nick Carraway était joué par Sam Waterson qui ne présente pas les mêmes attraits auprès de la gente féminine. Sans autre commentaire…
Si on voulait relancer la querelle déclenchée par le livre noir de la psychanalyse entre les tenants de l’orthodoxie freudienne et un collectif de scientifique de tout horizon, on pourrait commencer par affirmer que la vision simplificatrice du surmoi, qui serait selon Freud l’instance de la personnalité psychique dont le rôle est de juger le moi, est aujourd’hui bien dépassée ….
Quant à l’existence d’un surmoi numérique tel que vous l’évoquez, cela me rend d’autant plus dubitatif qu’il me semble que comparer le web et la société "charnelle" est un raccourci audacieux du point de vue conceptuel.
Dans cet abus permanent du qualificatif virtuel, on a tendance à confondre l’outil et le fond, une foule et une société.
Car le web ce n’est d’abord que la mise en œuvre d’une foultitude d’outils permettant, entre autres fonctions, d’échanger souvent dans l’anonymat, parfois derrière des avatars plus ou moins réalistes choisis par leurs auteurs, mais en tout cas sans risque de sanction sociale.
Le web n’est qu’un contenant, assez neutre d’ailleurs à l’origine, totalement libre dans nos régions à moins que l’Hadopire ne vienne réduire cet espace de liberté individuelle par une camisole répressive inefficace, inutile et indigne du pays qui se prétend celui des droits de l’homme…
Il permet des contenus divers. La plupart du temps il n’aspire à aucune cohérence globale ni ne revendique aucune cause bien qu’il puisse servir les meilleurs comme les pires.
Ces "communautés virtuelles" qui naissent avec la généralisation des regroupements dit sociaux ne permettent pas de définir des identités ni même de parler de société tellement ils sont aléatoires et si peu œcuméniques.
Par comparaison, on ne peut réduire la société humaine charnelle ou intellectuelle ou même confessionnelle aux réunions qui s’y tiennent, quelles que soient leurs formes, pas plus qu’on ne peut comparer ce qu’on appelle parfois des communautés sur le web à des communautés de personnes partageant une croyance, un objectif, des opinions politiques, etc..
Alors, même si on accepte à titre d’outil le concept de surmoi freudien, pourquoi dépendrait-il d’un nouveau moyen de communication si novateur et si prégnant qu’il soit ?