La droitisation de la France est un mythe (pour le moment)

A la fin d’une manifestation de la Manif pour tous contre la légalisation du mariage homosexuel le 26 mai 2013 à Paris, REUTERS/Pascal Rossignol

A la fin d’une manifestation de la Manif pour tous contre la légalisation du mariage homosexuel le 26 mai 2013 à Paris, REUTERS/Pascal Rossignol

Sur le long terme, les enquêtes de fond montrent un mouvement inverse chez les Français depuis trente ans. Et si une certaine crispation est constatée depuis deux ou trois ans, le fait de savoir si elle sera durable est contesté.

La France se droitise. Tout le monde le sent. Il suffit, pour s’en convaincre, de relire le discours de Grenoble de Nicolas Sarkozy, d’écouter les propos de Manuel Valls sur les Roms, de voir le soutien populaire au bijoutier de Nice ou encore le déferlement de propos homophobes occasionné par le débat sur le mariage homosexuel.

Et que dire des bons scores du Front national depuis trois ans, des cantonales de 2011 à la très médiatisée victoire dans le canton de Brignoles récemment en passant par les 17,9% de suffrages récoltés lors de la dernière présidentielle ou les bonnes performances lors d'élections législatives partielles?

Cette impression a poussé Nicolas Sarkozy et ses conseillers à mettre l’islam et l’immigration au cœur de la campagne présidentielle de 2012. L’UMP est régulièrement accusée de se «droitiser» pour se calquer sur l’évolution de l’électorat.    

De son côté, le PS, inquiet pour ne pas dire paniqué, se creuse la tête pour savoir comment répondre au phénomène. En juin dernier, une concentration impressionnante de hauts responsables socialistes, chercheurs, politologues et autres penseurs influents de la gauche française se rassemblait, à l’initiative de François Rebsamen, président du groupe socialiste au Sénat et diagnostiqueur de ce phénomène depuis plusieurs années, au Palais du Luxembourg pour un colloque intitulé «Droitisation de la société française: mythe ou réalité?»

Vue la tonalité des interventions, les organisateurs de l’évènement (le groupe socialiste du Sénat et la fondation Jean-Jaurès, un des think tanks de référence dans le camp socialiste) auraient pu laisser de côté le point d’interrogation. Au centre des discussions, une étude intitulée «France 2013: les nouvelles fractures» publiée en janvier dernier par l’institut de sondages Ipsos en partenariat avec Le Monde: 70% des Français jugent qu’il y a «trop d’étrangers en France», 62% pensent qu’on «ne se sent plus chez soi comme avant» et 74% estiment que la religion musulmane n’est «plutôt pas tolérante» ou «pas tolérante du tout».

Le problème des sondages et des résultats électoraux

Cette étude, rigoureuse et de grande ampleur, apporte un éclairage précieux sur l’état de l’opinion publique en France en 2013 sur une série de sujets comme l’impression de déclin de la France, l’autorité, l’argent, l’Etat social ou encore la xénophobie. Pourtant, elle n’est qu’une «photographie de l’opinion», comme aiment le rappeler les sondeurs eux-mêmes, tandis que la droitisation est une évolution durable vers la droite de la société.

Existe-t-il des outils pour mesurer de manière concrète et rigoureuse cette évolution que l'on ressent au travers des évènements, des médias et des scores électoraux?

Comparer les scores électoraux justement, en additionnant les votes des partis «de gauche» et «de droite», ne nous renseigne pas sur l’état de l’opinion, tant les facteurs qui entrent en ligne de compte lors d’un vote sont nombreux.

«Si la droitisation était le fait que plus de gens votent à droite, cela changerait tous les trois ans en France, précise Pierre Bréchon, professeur de science politique et directeur honoraire de l’IEP de Grenoble. Cela voudrait dire que la France ne se droitise pas parce que la gauche est devenue majoritaire».

Ce serait oublier des phénomènes comme le fait qu’un même parti peut évoluer sur l’échiquier politique au cours de son existence, ou qu’une partie des électeurs vote plus en fonction de sa confiance dans un candidat, voire même par rejet d’un de ses adversaires, que par adhésion à un programme ou à des idées.

Un des classiques de la sociologie électorale française, qui cherchait à analyser pourquoi un corps électoral qui semblait en majorité acquis à la gauche avait reconduit la majorité de droite sortante lors des élections législatives de 1978, s'intitule d'ailleurs France de gauche, vote à droite? Un titre qui a parfois été réutilisé en sens inverse après la dernière présidentielle.

«Il n'y pas de droitisation»

Répondre à la question de la droitisation implique de s’intéresser à l’«évolution des systèmes de valeurs», explique Pierre Bréchon, et d’avoir des points de référence répétés dans le temps et comparables.

C’est exactement ce à quoi travaille le chercheur, qui dirige un groupe d’une quinzaine de confrères appartenant à différentes universités et laboratoires de recherche français au sein de l’Association pour la recherche sur les systèmes de valeurs (Arval).

Ils réalisent tous les neuf ans depuis 1981 (la dernière édition date donc de 2008) une grande enquête à travers des entretiens en face à face sur les valeurs des Français, qui s’insère dans une enquête européenne plus large. Le questionnaire, en grande partie le même d’une vague à l’autre, permet de connaître de manière précise les évolutions sur près de trente ans, tandis que les échantillons importants (1.821 personnes interrogées en 1999, plus de 3.000 en 2008) assurent la solidité statistique de l'enquête. Et le constat de Pierre Bréchon est clair:

«Si on regarde les valeurs, il n’y a pas de droitisation des Français. Sur une longue période, ce sont les idées de gauche qui sont plutôt à la hausse. La xénophobie, par exemple, est à la baisse, indépendamment des petites fluctuations qui peuvent arriver.»

Bien sûr, il ne s’agit pas ici de dire que toutes les personnes se définissant comme de droite sont xénophobes, et il existe des personnes se définissant comme de gauche qui sont xénophobes. Mais la xénophobie est systématiquement plus présente chez les électeurs de droite que de gauche. Voici donc l’évolution des réponses des Français à la question «Quand les emplois sont rares, les employeurs devraient embaucher en priorité des Français?»:


Source: Arval

De la même manière, la tolérance à l’égard de l’homosexualité a beaucoup augmenté dans la société française depuis les années 1980. «C’est la valeur qui a le plus progressé», confirme Pierre Bréchon, et une fois encore le graphique est sans appel. Voici l’évolution des réponses des sondés quand on les interroge sur leur acceptation de l'homosexualité —plus le chiffre est grand, plus elle est grande:


Source: Arval

Le libéralisme économique est un autre indicateur classique de la couleur politique: le soutien à l’intervention de l’Etat et à des politiques de redistribution est plutôt de gauche, tandis que le laissez-faire économique et la moindre intervention de l’Etat sont plutôt de droite. Là encore, l’évolution est plutôt contraire à la théorie de la droitisation.

«Les Français supportent de moins en moins les inégalités, ils sont pour qu’il y ait des gardes-fous sociaux», explique Pierre Bréchon. Selon lui, le terme qui caractérise le mieux l’évolution des valeurs de nos compatriotes est l’individualisation, à ne pas confondre avec l’individualisme:

«L'individualisation correspond à une culture du choix, chacun affirmant son autonomie, sa capacité d'orienter son action sans être contrôlé et contraint. La perte de prégnance du catholicisme sur les consciences —ce qu'on peut appeler le mouvement de sécularisation de la société— contribue fortement à cette affirmation de l'autonomie individuelle.»

Les travaux de l’Arval, dont la rigueur et le sérieux sont reconnus, ont toutefois une limite: en ne posant les questions qu’une fois tous les neuf ans, ils ne prennent pas en compte les variations à plus court terme. Or, les évolutions en matière de valeurs, si elles suivent des tendances générales, ne sont pas linéaires.

Indices longitudinaux

Sur la base des travaux du chercheur en sciences politiques américain James Stimson, Vincent Tiberj, chargé de recherches à Sciences Po, qui a récemment dirigé l'ouvrage Des votes et des voix, de Mitterrand à Hollande, a résolu ce problème en mettant au point deux indices: «l’indice longitudinal de préférences», qui mesure l’évolution des valeurs économiques et sociales, et «l’indice longitudinal de tolérance», qui rend compte de l’évolution des valeurs culturelles et de la tolérance.

A chaque fois, le principe est le même: plutôt que de se fonder sur une seule question susceptible d’être affectée par des biais de mesure et d’erreur d’une année à l’autre, l’indice agrège des séries de questions posées à plusieurs reprises sur une longue période et dont la réponse peut clairement être identifiée comme des demandes sociales ou libérales pour le premier indice, et comme tolérantes ou intolérantes pour le deuxième indice.

Après un travail statistique précis, l’indice donne un score pour chaque année dont on peut mesurer l’évolution, et surtout dont la marge d’erreur est beaucoup moins grande que sur une seule question ou même un ensemble de questions classique.

Mouvement thermostatique

Cette analyse fine permet de déceler des phénomènes subtils, comme ce que les chercheurs en sciences politiques anglo-saxons appellent la loi «thermostatique». Derrière ce mot se cache un phénomène d’une simplicité extrême: quand un gouvernement de gauche est au pouvoir, les citoyens ont des demandes de politiques de droite, et vice-versa.

Déjà observé aux Etats-Unis, au Canada et en Grande-Bretagne, ce phénomène s’applique aussi à la France:

Les couleurs correspondant au bord politique du gouvernement (rose pour la gauche, bleu pour la droite) ont été rajoutées. Source: Vincent Tiberj, «Ca s’en va et ça revient: les valeurs sociales et économiques de l’électorat», dans Sofrès, L’état de l’opinion 2012, Paris, Seuil, p. 97-110

La logique thermostatique explique quasiment à elle seule les variations entre demandes socio-économiques de droite et de gauche dans le temps. On voit par exemple qu’après de nombreuses années de gouvernements de droite, les demandes de politiques de gauche étaient à un niveau très élevé en 2012, à la veille de l’élection de François Hollande.

«Après l’élection de François Mitterrand en 1981, qui a mis en place des politiques de gauche très dures, on voit une chute brutale dans les demandes de politiques socio-économiques de gauche, souligne Vincent Tiberj. Chirac mène une politique thatchériste en 1986 et on voit la courbe remonter.»

Tolérance en hausse sur le long terme

Difficile donc de parler d’une droitisation des demandes socio-économiques des Français, qui dépendent en grande partie de la couleur politique de ceux qui dirigent le pays. Du côté des valeurs culturelles en revanche, les travaux de Vincent Tiberj confirment le constat de Pierre Bréchon et de l’enquête valeurs:

«Sur le temps long, la société est beaucoup plus ouverte aujourd’hui qu’elle ne l’a jamais été auparavant.»

Voilà à quoi ressemble l’«indice longitudinal de tolérance» mis au point par le chercheur et qui agrège 62 séries de questions posées depuis 1990 sur la tolérance à l’égard des minorités ethniques ou religieuses et plus généralement le jugement sur l’immigration ou le multiculturalisme, dans le cadre du baromètre annuel de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH):

Source: «Racisme et xénophobie en hausse: retournement historique ou effet de contexte», Nonna Mayer, Guy Michelat et Vincent Tiberj.

La tendance générale est clairement à un lent recul des préjugés dans la société française. Bien sûr, elle n’est pas linéaire et connaît des périodes de hausse et de baisse en fonction, encore une fois, d’un effet thermostatique mais aussi d’évènements particuliers. En 2005, au moment des émeutes urbaines, l’indice avait connu une baisse importante traduisant une poussée xénophobe aussi spectaculaire qu’éphémère.

Mais de manière générale, la tolérance augmente, «une tendance générale en Europe» précise Pierre Bréchon. Il souligne notamment le rôle des médias qui, malgré certaines dérives de l’information en temps réel, «contribuent à ce qu’on soit mieux informés qu’avant».

Le renouvellement générationnel de la population est un autre facteur important dans cette évolution générale. Contrairement à une idée reçue récemment véhiculée par le président de la République lui-même, une population qui vieillit ne se droitise pas forcément.

Si les personnes âgées ont effectivement tendance à être moins tolérantes que les jeunes, ce n’est pas à cause de leur âge mais parce qu’elle se sont construites politiquement à une époque beaucoup moins tolérante qu’aujourd’hui. Le renouvellement des générations fait que les personnes nées à des époques moins tolérantes meurent, et sont remplacées par des personnes plus tolérantes.

Une droitisation de la droite

La tendance générale supposée à la droitisation masque un autre phénomène plus spécifique: la droitisation de la droite. Depuis 1990, l’acceptation des immigrés, des étrangers, des minorités est toujours plus élevée à gauche qu’au centre et au centre qu’à droite, mais les différences entre ces trois groupes étaient stables jusqu’à récemment.

Or, depuis 2008, le niveau de tolérance des personnes se disant de droite a subi un véritable décrochage par rapport à celui des personnes se disant de gauche, et même avec celui des centristes:


 
En rouge, les personnes se disant de gauche, en jaune les personnes se disant centristes et en bleu celles se disant de droite. Source: «Racisme et xénophobie en hausse: retournement historique ou effet de contexte», Nonna Mayer, Guy Michelat et Vincent Tiberj.

«Plus qu’une droitisation, c’est à une vraie polarisation que l’on assiste sur les valeurs culturelles, analyse Vincent Tiberj. On n’a jamais eu, depuis la fin des années 1990, autant de différences sur les questions culturelles entre gauche et droite. Depuis 2009, la gauche ne bouge pas, tandis que la droite revient à un niveau d’ouverture de la fin des années 1990.»

«Une crispation, une peur des autres très forte»

L’autre constat à faire sur l’indice général de tolérance est sa baisse de six points entre 2009 et 2011, la première sur deux années consécutives depuis la fin des années 1990. Le nombre de personnes interrogées jugeant que les Français musulmans sont des Français comme les autres est passé de 79% à 72% en deux ans, celles qui voient l’immigration comme «un enrichissement culturel» sont passées de 72% à 64% et la part des personnes opposées au droit de vote des étrangers non européens aux élections locales a chuté de 59% à 44%.

Cette baisse de la tolérance est d’autant plus étonnante qu’elle ne s'explique ni par l’effet thermostatique (la droite étant au pouvoir, l'acceptation envers ces idées aurait dû augmenter) ni par l’idée très répandue selon laquelle la xénophobie augmente en temps de crise économique (en 2008 et 2009, la tolérance a continué d’augmenter malgré la crise).

Brice Teinturier, directeur général délégué de l’institut de sondages Ipsos, qui a mené la fameuse étude sur les nouvelles fractures, n’est pas un adepte de la première heure de la théorie de la droitisation. Pourtant, il fait aujourd’hui partie de ceux qui pensent que le phénomène pourrait bien être en marche:

«J’ai été très critique vis-à-vis de cette idée pendant longtemps. Bien entendu, sur trente ans, la société est plus tolérante. Mais depuis deux ou trois ans, il y a des indicateurs qui montrent une résurgence de la demande de tradition, d’autorité. Il y a une crispation, une peur des autres très forte. Toutes les enquêtes le montrent.»

Le basculement des «ambivalents»?

Pour Vincent Tiberj, il faut, pour comprendre l'évolution récente, revenir sur la manière dont fonctionnent les valeurs:

«Pendant longtemps, on a eu une conception des valeurs comme quelque chose de durable, construit psychologiquement. On pensait qu’une personne était raciste parce qu’elle avait été éduquée raciste. Mais on a découvert depuis les années 1990 que le rapport aux valeurs est plus ambivalent. Le même individu peut présenter simultanément des dispositions à la tolérance et aux préjugés, la prévalence des unes sur les autres dépendant fortement de l’environnement, des informations reçues, d’évènements récents qui l’ont marqué.»

Le chercheur, qui suit de près les recherches en sciences politiques américaines axées sur l’analyse quantitative, fait ici référence aux travaux de Stanley Feldman, Karen Stenner ou encore Paul Kellstedt, qui ont montré que l’actualité et le débat politique peuvent influencer les valeurs des électeurs.

Les affrontements de Grenoble en juillet 2010 et le discours de Sarkozy qui a suivi, les révolutions arabes faisant craindre une percée des islamistes et un afflux d’immigrés, les débats sur la burqa, le halal et les prières de rue… Autant de faits qui ont fait basculer les Français «ambivalents» d’une situation où leurs prédispositions à la tolérance l’emportait à une situation où ils ont cédé à leurs prédispositions xénophobes.

Brice Teinturier partage, avec des mots différents, cette analyse:

«Le discours politique ne créé pas in abstracto des choses, mais il peut les amplifier et créer des référents. Depuis le début des années 2000 et l’émergence de la droite décomplexée, l’offre politique favorise l’idée qu’il y aurait de plus en plus d’assistés, qu’il y aurait une menace de la population musulmane, qu’il y aurait des problèmes d’intégration massifs. Cela contribue à fabriquer un ressenti sur ces questions là.»

«On sait qu’il se passe quelque chose, mais on ne sait pas quoi»

Reste donc une grande question en suspens: que se passe-t-il depuis 2010? Assistons-nous au début d’une tendance lourde de droitisation de la société après des décennies d’ouverture progressive? Ou vivons-nous une droitisation éphémère due simplement à la conjoncture d’évènements propices à un repli et à des stratégies politiques accouchant d’un discours plus droitier?

Impossible de répondre à ces questions sans quitter le champ de l’analyse minutieuse des données disponibles pour rentrer dans celui des hypothèses et des intuitions. Pour Pierre Bréchon, les tendances lourdes l’emportent encore sur les frémissements de court terme que connaît le pays:

«Les valeurs de tolérance sont foncièrement en train d’augmenter. A moyen terme, je ne crois pas à une inversion de cette tendance.»

«Il y a un mouvement de réaction à l’autorité extérieure, qui dans le moment présent et récent se caractérise par un retour des traditions, estime pour sa part Brice Teinturier. S’agit-il du début d’un cycle long? On sait qu’il se passe quelque chose depuis trois ans, mais on ne sait pas quoi exactement.»

Vincent Tiberj se fait lui aussi très prudent, et prend encore une fois comme point de référence les phénomènes déjà observés outre-Atlantique. Là-bas, la tolérance continue de progresser sur une série de questions, notamment raciales, tout en plafonnant sur des sujets bien précis. «Les lignes ne bougent plus sur l’avortement, qui est devenu un enjeu central, un marqueur politisé à l’extrême depuis vingt ans qui définit ce qu’est être conservateur aujourd’hui» explique-t-il.

Selon lui, l’islam et le multiculturalisme pourraient endosser le même rôle en France. Les électeurs de gauche et de droite, s’ils continuent à donner une importance très forte aux questions socio-économiques, se définissent aussi de plus en plus par rapport aux questions culturelles, d'où la plus forte présence de celles-ci dans le débat politique et les médias.

Grégoire Fleurot

Partager cet article