Pour un contrat de l'après-crise
- CC Flickr Alan Nakkash -
Nous traversons la plus grande crise économique et sociale que le monde ait connue depuis la Seconde Guerre Mondiale. Nous courbons l'échine, mieux nous faisons face. Et pourtant cette crise peut nous fournir l'occasion d'une nouvelle étape de notre construction nationale.
Comme il a été possible de nouer un contrat de l'après-guerre, nous devons à présent, écrire avec nos concitoyens, le contrat de l'après-crise. Un contrat qui devra promouvoir la Démocratie de la réussite.
Ce contrat doit traduire un accord de volontés, et consacrer des engagements mutuels entre des citoyens et la nation. Exigence de compétitivité, garantie de solidarité, responsabilité écologique.
Ce contrat de l'après-crise doit porter un nouveau pacte productif. La France a besoin de ses entreprises. De l'ampleur de la création de richesses dépend notre la place dans la mondialisation comme notre capacité à réduire le chômage. Ce pacte pourrait s'écrire de la manière suivante: l'Etat s'engagerait à faciliter l'accès au crédit, en fixant des obligations aux banques, en créant des produits d'épargne affectés à l'investissement productif. Il favoriserait, en liaison avec les Régions, des pôles de compétitivité avec une défiscalisation de l'effort de recherche. Il abaisserait significativement l'impôt sur les sociétés sur les bénéfices réinvestis et relèverait le taux pour les profits distribués. En contrepartie, les entreprises négocieraient avec les partenaires sociaux des accords sur la formation, la rémunération et l'emploi des jeunes comme des seniors. L'ensemble des allègements de cotisations sociales (30 milliards d'euros) serait revu par rapport à ces trois objectifs.
Ce pacte productif serait aussi un pacte écologique. C'est une nouvelle croissance qu'il faut faire émerger avec la diversification énergétique, l'isolation, les nouveaux modes de transport. Aussi la Caisse des dépôts devrait être refondée pour devenir la caisse du développement durable et tous ses produits d'épargne dédiés au financement écologique. La France dispose — encore pour combien de temps? — de la présence d'un secteur public (EDF, AREVA, SNCF, La Poste...). Il devrait être mis au service de cette mutation.
Ce contrat de l'après-crise doit aussi porter un nouveau pacte éducatif car notre pays n'a d'avenir que s'il fait le choix de faire de la France, l'une des nations la mieux formée du monde. Or, nous souffrons de deux handicaps:
Primo, notre pays compte un taux élevé de jeunes en échec (20% sortent sans diplôme).
Secundo, il ne parvient pas à fournir des élites assez nombreuses pour répondre aux besoins de la nouvelle donne économique. En somme, notre système éducatif n'est ni juste ni efficace.
Je le reconnais, cette question n'est pas qu'une affaire de moyens. Nous devons penser une nouvelle organisation, revoir l'orientation et faire preuve d'une intolérance radicale à l'égard des inégalités. La généralisation du service public de la petite enfance et des maternelles devrait être une priorité. Un tronc commun dans l'école élémentaire doit être introduit et l'enseignement technique et professionnel doit être valorisé.
Enfin, la démocratisation du savoir passe par le renforcement de nos universités. Elles ne peuvent plus passer au second rang, derrière les Grandes Ecoles; elles doivent devenir et demeurer la formation d'excellence dans notre pays.
Le contrat de l'après-crise est plus qu'un simple projet. Il s'agit d'engagements qui devront non seulement nous permettre de nous redresser économiquement mais également nous offrir de nouvelles perspectives, celles du vivre mieux, celles de l'émancipation individuelle et de l'engagement collectif, celles du Progrès et de l'Egalité.
François Hollande
Image de une CC Flickr Alan Nakkash
Mis à jour le 11/07/2009 à 9h56








































Mr Hollande tout ce que vous écrivez est connu, rien de nouveau. Vous avez 15 ans de retard. Poncif sans réel contenu. C'est avec ce type de déclaration que vous voulez devenir Président en 2012 !
Comme dirait Orphudio "le PS avance".
J'ai lu cet article plusieurs fois et je n'y ai rien vu qui ne pourrait être souscrit par Nicolas Sarkozy, soi-même.
Je dois avoir la berlue.
"Ce pacte productif serait aussi un pacte écologique. C'est une nouvelle croissance qu'il faut faire émerger avec la diversification énergétique, l'isolation, les nouveaux modes de transport. Aussi la Caisse des dépôts devrait être refondée pour devenir la caisse du développement durable et tous ses produits d'épargne dédiés au financement écologique."
'aussi' ? Tout le système productif et du marché doit être revu à l'aune de l'écologie. Pour l'habitat les solutions sont déjà connues depuis longtemps et pour le transport, on attend encore la vraie révolution après la prius. Citreën parlait d'un hybride diesel/électrique... C'est pour quand ?
" La France dispose — encore pour combien de temps? — de la présence d'un secteur public (EDF, AREVA, SNCF, La Poste...). Il devrait être mis au service de cette mutation."
Pourquoi devrait-on garder des entreprises publiques ? Les collectivités publiques peuvent déléguer les services publiques à des entreprises ou a des associations... Histoire de gagner en productivité.
"Ce contrat de l'après-crise doit aussi porter un nouveau pacte éducatif car notre pays n'a d'avenir que s'il fait le choix de faire de la France, l'une des nations la mieux formée du monde. Or, nous souffrons de deux handicaps:
Primo, notre pays compte un taux élevé de jeunes en échec (20% sortent sans diplôme).
Secundo, il ne parvient pas à fournir des élites assez nombreuses pour répondre aux besoins de la nouvelle donne économique. En somme, notre système éducatif n'est ni juste ni efficace.
Je le reconnais, cette question n'est pas qu'une affaire de moyens. Nous devons penser une nouvelle organisation, revoir l'orientation et faire preuve d'une intolérance radicale à l'égard des inégalités. La généralisation du service public de la petite enfance et des maternelles devrait être une priorité. Un tronc commun dans l'école élémentaire doit être introduit et l'enseignement technique et professionnel doit être valorisé.
Enfin, la démocratisation du savoir passe par le renforcement de nos universités. Elles ne peuvent plus passer au second rang, derrière les Grandes Ecoles; elles doivent devenir et demeurer la formation d'excellence dans notre pays."
Paradoxalement, la France est aussi un des pays les plus élitistes au monde, tout en étant totalement de mauvaise foi: pas de numerus clausus et le bac pour tous... Et l'écrémage se fait en DEUG. Par ailleurs, nous avons ces grandes écoles et ces prépas qui pompent des sommes folles pour un résultat assez mauvais. La formation tout au long de la vie, y compris en culture générale devrait être la règle, pour qu'un jeune qui sort de l'école à 16 ans pour apprendre un métier puisse revenir apprendre plus tard, sans que ceci soit obligatoirement lié à son travail. Commencer l'école plus tôt ne changera rien au problème, tant que l'école telle qu'elle est conçu en France reste une fabrique normative. Et puis, pourquoi toujours et encore des diplômes ? Quelle est cette société où si on n'a pas le diplôme mais qu'on fait le travail, on est moins bien payé ou exclus de l'avancement.
C'est tout un système qu'il faut repenser, pas des petites touches à droite ou à gauche...
Vous parlez de moyens: c'est clair que si on cumule les sommes de l'école, de l'université et de la formation continue, on arrive à un beau pourcentage du PIB. Alors, oui, le problème est celui de l'efficacité: où va cet argent et à qui profite t'il vraiment ?
Y a du travail. Est-ce un nouveau parti social-démocrate écologique qui le fera ? Et qui incarnera la gauche du 21 ème siècle ?
Je suis d'accord sur le bon sens général de cet article. Notons au passage la bonne nouvelle que constitue un leader socialiste disant clairement que les entreprises créent la richesse. Espérons que les plus idéologues de ce parti finiront par reconnaître un jour cette simple évidence.
Le seul hic, c'est que cet article oublie la conséquence principale de cette violente crise mondiale qui vient se superposer à la crise lente que nous subissons en France depuis 1973. Nous sortirons de la crise avec des marges budgétaires nulles, même négatives. Depuis 2009, le paiement des intérêts de la dette représente plus de 3% du PIB de la France. A force de vouloir défendre un modèle social Français sans le rendre viable à long terme, nous avons créé une machine infernale de la dette qui s'autoalimente. Et quand les taux d'intérêt vont monter dans 2 ans...... Nous, français, ne sommes pas responsables de cette crise mondiale. Mais elle révèle au grand jour notre crise lente nationale.
Car il faut l'affirmer haut et fort, le modèle français tel que nous le connaissons est moribond depuis 30 ans. Il ne survit que grâce à l'endettement. Toujours plus d'endettement. S'endetter auprès de nouveaux prêteurs pour payer les intérêts des anciens créanciers. Une gigantesque pyramide de Ponzi nationale. Des centaines de Madoff à la tête de notre état. Avec une différence, cette montagne de dette est gagée par de vrais actifs : Nos fortunes individuelles et notre capacité collective à travailler indéfiniment.
Le modèle français aurait pu être sauvé, si nos gouvernants avaient osé le réformer, punir ses abus, bref le rendre financièrement équilibré. Mais non. L'état est faible et recul à la moindre contre réforme corporatiste dès que sont évoqués des mots tels que "productivité", "gestion", "rentabilité", "mérite", "sélection"...
Mais la crise a du bon. Car toutes ces réformes toujours différées ne pourront plus être repoussées. Certes l'état français ne fera pas faillite. Mais il devra sabrer dans ses dépenses, réduire l'état providence et imposer à ses bataillons de conservateurs (syndicats, fonction publique...) des efforts et baisses budgétaires drastiques.
Dans un premier temps il vaudra mieux être riche et avoir un bon parcours professionnel pour s'en sortir. Et finalement ce sont les plus pauvres et les classes moyennes qui souffriront de ce manque de courage politique de ces hommes qui disaient les protéger. Juste retour de bâton. Mais triste retour de bâton.
Dans un deuxième temps il sera possible de reconstruire un nouveau modèle de développement fondé sur l'ancien modèle social mais avec des règles de gestions plus efficaces et débarrassées du modèle "soviétisant" hérité de la reconstruction d'après guerre. C'est pourquoi cette crise a du bon elle permet de purger notre crise lente pour enfin repartir sur des bases saines. Vive la crise !
Toujours autant d'incoherences de la part de nos amis socialistes.
M. Hollande veut que les entreprises francaises soient productives, mais il a ete premier secretaire du parti qui a instaure les 35 heures, qui ont degrade et pour longtemps notre productivite. L'ouvrier francais coute desormais 10% de plus que l'ouvrier allemand.
Par ailleurs il plaide pour un service public fort, alors qu'on sait tres bien qu'il est le plus improductif qui soit. Vivement la privatisation de la Poste de la SNCF, vu ce qu'elles nous coutent pour des trains et des lettres qui arrivent en retard.
M. Hollande propose 30 miliards d'euros de defiscalisations sans nous dire comment il compte les financer. Demain il accusera le gouvernement de laisser filer les deficits.
Au final, des propositions impossibles a tenir pour des raisons budgetaires, dans un joli papier-cadeau intitule "Le contrat de l'après-crise", comme s'il pouvait aider a faire mieux passer la pilule.
J'attends le jour ou les socialistes affronteront publiquement les contradictions de leur discours. Les propositions d'un parti serieux ne doivent pas se reduire a "il faut que" ou "il devrait", il faut aussi expliquer a ses electeurs potentiels comment elles seront implementees, et prouver que cela est faisable. Sinon c'est du vent. En attendant que le parti socialiste me propose plus qu'une utopie, il m'est impossible de voter pour lui.
"De l'ampleur de la création de richesses dépend notre la place dans la mondialisation comme notre capacité à réduire le chômage"
Mr hollande,
Quand vous éloignerez-vous définitivement du dogme de la croissance éternelle comme seule solution à la lutte contre le chômage ?
Et sortirez-vous un jour des schémas éculés qui nous ont mené à cette crise : quid de l'explosion de la productivité ?
L'origine profonde de cette crise tourne justement autour de ces points : la non répartition des gains faramineux de productivité réalisés ces dernières décennies, provoquant l'explosion de la précarité, des inégalités et donc la baisse génralisée du pouvoir d'achat.
http://nouvelledonne.fr