L'Etat ne doit pas suivre l'exemple d'EDF
Malgré le succès d'un grand emprunt, EDF veut augmenter ses tarifs de 20%
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Qu'il est tentant de dresser un parallèle entre la situation d'EDF et celle de l'entreprise France SA! D'un coté, l'électricien national vient de réussir brillamment à lever, par un emprunt auprès des Français, pas moins de 3,2 milliards d'euros. Quelques jours après qu'EDF se soit jeté à l'eau, c'était au tour du chef de l'Etat d'annoncer aux députés et aux sénateurs réunis à Versailles le projet de lancer un grand emprunt national.
Difficile de comparer la logique d'une entreprise avec celle d'un Etat. Et pourtant. EDF, dans sa campagne destinée à réveiller l'ardeur des épargnants, a justifié son emprunt par son besoin de financer l'avenir, à savoir ses investissements en France dans les dix à quinze prochaines années. Cette année, EDF, dans le seul Hexagone, a prévu, pour rattraper plusieurs années de sous investissement, d'augmenter de 44% ses efforts qui atteindront 7,5 milliards d'euros. Ce sont donc 2,3 milliards de plus qu'en 2008. Et 4 milliards de plus qu'en 2007. Des montants qui n'ont rien de surdimensionné comparés aux besoins. A lui seul, l'EPR de Flamanville devrait coûter 4 milliards d'euros, soit 20% de plus que les 3,3 milliards prévus en 2005.
De son coté, Nicolas Sarkozy, pour présenter son emprunt, n'a pas recouru à d'autres arguments: l'Etat, a expliqué le président de la République, va faire appel aux français pour financer les priorités nationales d'avenir. Sans donner plus de précision pour l'instant sur la destination de cet argent. Recherche, technologies, savoir, école, développement durable? Pas moins de deux anciens Premiers ministres, Michel Rocard et Alain Juppé, vont plancher sur le sujet, faire le tri, et tenter de dégager un consensus national.
Que de similitudes entre ces deux situations. A commencer par le constat que tant EDF que l'Etat disposent de bien d'autres solutions de financement, plus faciles et moins onéreuses, que l'emprunt auprès des particuliers. Aucun des deux n'a de problème pour trouver des capitaux sur les marchés.
Des situations financières difficiles
Une autre comparaison mérite d'être faite. Elle concerne la justification de l'emprunt et l'affectation des capitaux récoltés. Si EDF et l'Etat disent que l'argent levé servira à financer l'investissement, il n'est pas vain de se demander s'il ne servira pas surtout à boucler des fins de mois difficiles.
La situation financière d'EDF est très tendue. Si ses activités à l'étranger s'autofinancent, en France, à moins de trouver des ressources supplémentaires, EDF risque de connaître de grosses difficultés à partir de 2012 en raison des coûts de maintenance de son appareil de production qui a beaucoup vieilli, de l'entretien de ses réseaux et du service de sa dette. Celle-ci a bondi de 50% rien qu'en 2008, pour atteindre 24,5 milliards d'euros après les acquisitions de British Energy et le projet de rachat d'une partie des actifs nucléaires de l'américain Constellation.
La situation financière de l'entreprise France est encore moins brillante. Le déficit public devrait représenter plus de 7% de la richesse produite cette année tandis que la dette nette s'est alourdie de plus de 37 milliards d'euros par rapport à la fin 2008 pour représenter 1.233 milliards. A ce rythme là, la dette de la France pourrait bien représenter 88% de son PIB en 2012.
Un emprunt pour quoi faire?
Alors, un emprunt pour quoi faire ? La tentation sera très forte - on l'a constaté avec les vœux formulés par plusieurs ministres - d'utiliser le produit de cette souscription nationale pour financer les petits projets des uns ou des autres, ou pire les dépenses de fonctionnement de l'Etat plutôt que de le réserver aux dépenses d'investissement.
Dans ce contexte, l'appel du pied de Pierre Gadonneix pour obtenir un relèvement des tarifs de l'électricité en France de 20% sur les trois ou quatre prochaines années prend une coloration un peu inquiétante. A peine son emprunt réussi au delà de toutes les espérances, le président d'EDF fait déjà savoir qu'il sera nécessaire de relever ses tarifs - il est vrai bloqués depuis des années - pour tenir son budget.
Curieux signal tout de même, tant dans son contenu que dans son tempo, qui revient à dire que, qu'elle qu'ait été l'ampleur du succès de l'emprunt lancé par EDF auprès des Français, il ne suffisait de toute façon pas à résoudre l'équation financière de l'entreprise.
Que fera l'Etat?
ll serait abusif de transposer cette situation à celle de l'Etat. Si le projet de grand emprunt annoncé par Nicolas Sarkozy suscite pour l'instant beaucoup de scepticisme, il faut espérer qu'il aura le mérite de lancer un large débat destiné à faire prendre conscience à l'opinion de la distinction entre ce que doit être une bonne dépense publique pour préparer l'avenir et ce qu'est une mauvaise dépense fonctionnelle de l'Etat à proscrire.
Restera à ne pas anéantir les enseignements tirés de ce débat. Par exemple en décidant, une fois le grand emprunt national levé, de se résigner à augmenter l'impôt plutôt qu'à accentuer l'effort de réduction des charges de fonctionnement de l'Etat. Un peu comme EDF qui, avant de réclamer un peu vite une augmentation aussi conséquente de ses tarifs, devrait d'abord démontrer sa détermination à réduire ses coûts et améliorer sa productivité.
Philippe Reclus
(Photo: La centrale nucléaire de Bugey, REUTERS/Robert Pratta)
Mis à jour le 10/07/2009 à 7h21














































sachant que la notation de l'Etat français devrait descendre drastiquement en septembre prochain, je comprends qu'il préfère emprunter aux particuliers plutôt qu'aux marchés... Et il est évident que les impôts vont augmenter, même si l'effort de rationalisation et d'efficacité de l'Etat continue. La fin de l'hégémonie de ce qu'on a appelé "l'occident", c'est maintenant: un tour d'honneur avec Bush, le point final avec Sarkozy qui rentre au bercail de l'OTAN.
Les pays riches et leur population vont apprendre à se serrer "un peu" la ceinture. Fini le temps où tout était facile...
On ne peut imaginer la réalité de la collusion entre Etat et EDf, elle est totale, même si on essaie de faire croire le contraire.
Ensuite, payer si cher cet emprunt puis prévoir les hausses des prix dès maintenant ressemble à un prémassage de ce qui nous attend, c'est a dire de l'inflation qui sera lancé par l'Etat lui même et ses sbires: c'est à mon sens le premier signe fort de la tendance d'un retour à marche forcée vers l'inflation pour résoudre nos petits problémes de dettes, alors alllons y gaiement plus on sera endetté et plus la facture sera allégé ensuite, il faut commencer à habituer le bon peuple au augmentation des prix.
Mais l'état fait comme EDF et c'est d'ailleurs lui qui lui a demandé de faire tout ce cinéma. L'état va nous emprunter et emprunter ailleurs puis va augmenter nos impôts c'est à dire ce que nous payons en échange de ses services. Avec les licences UMTS on a déjà fait payer le développementde France Télécom en Angleterre (120 Mds de Francs). A quand des articles qui tiendraient compte de la réalité avec un article du genre : "Comment l'état s'y prend pour faire payer aux Français le développement d'EDF à l'étranger" ?
on nous avait raconté que la privatisation d'edf avec la mondialisation serait le garant pour des prix moins chers !
Quels menteurs ! il fallait soutenir les gaziers quand ils manifestaient et nous expliquaient que la hausse des tarifs seraient inévitables. Pendant la tempête Klaus, l'électricité a été remise ne priorité aux entreprises, et la population (dont je fais partie) a attendue. Le fric ... Attendons nous à la même chose pour la poste !
Avec EDF nous sommes maintenant au pays des voleurs!
1 - EDF ne respecte pas le Contrat de Service Public signé entre Thierry Breton (Ministre) et Pierre Gadonneix President d'EDF qui s'est engagé en 2006 à ce que le prix du kwH ne dépasse pas l'inflation de 2006 à 2011! voir extrait de la déclaration de notre Premier Ministre de l'Epoque.
EXTRAIT Déclaration du premier ministre, Dominique de Villepin sur la politique énergétique, le 15 mai 2006.
Au-delà de ces initiatives destinées à réduire notre dépendance énergétique et à protéger l'environnement, le Gouvernement est attentif à ce que les prix de l'énergie ne pèsent pas trop lourdement sur le budget des ménages.
Concernant les prix du gaz, qui sont indexés sur les coûts d'approvisionnement à l'étranger, la révision des tarifs va devenir annuelle, au lieu de trimestrielle. Il n'y aura donc pas, après la hausse intervenue début mai, de nouvelle évolution des tarifs de Gaz de France avant le 1er juillet 2007.
Pour l'électricité, les tarifs des particuliers n'augmenteront pas plus vite que l'inflation durant les 5 prochaines années : c'est l'un des engagements importants du Contrat de Service Public d'EDF que j'ai signé avec Thierry Breton et Pierre Gadonneix en octobre dernier. François Loos, pour sa part, a réuni ce matin même les producteurs et obtenu des résultats concrets, avec un objectif : que le coût de l'électricité préserve la compétitivité de nos entreprises industrielles, y compris les petites et moyennes entreprises.
Face au niveau élevé du prix du pétrole, le Gouvernement entend mener une politique responsable, tout en étant attentif au pouvoir d'achat des salariés.
Une politique responsable, cela signifie qu'il ne peut être question de subventionner par une baisse de la fiscalité pétrolière la consommation de carburants. Il est vrai que les recettes de TIPP que l'Etat tire de la consommation de pétrole sont importantes - de l'ordre de 19 milliards d'euros. Mais ces sommes sont indispensables pour financer les services publics, l'entretien des routes ou le revenu minimum d'insertion.
2 - Essayez d'imaginer combien d'Euros auraient été souscrits dans le cadre de l'emprunt EDF oh combien recommandé par nos chères banques (encore une fois après Natixis!) si cette demande d'augmentation avait été faite avnat le lancement de cette souscription. Aucun souscripteur n'a été informé que cet emprunt été lancé pour payer les dettes d'EDF! je ne comprends pas pourquoi la COB n'intervient pas
Nous sommes vraiment au pays de la desinformation et des pertes de valeurs.
Nous ne sommes malheureusement pas sur la route de la réussite!
signé: un contribuable qui a investit dans un système de chauffage "durable" dont l'amortissement était basé sur les engagement de l'état au moins sur 5 ans. Ayez confiance !!!
@Philippe Reclus:
Vous vous trompez sur votre analyse. L'état a tort de vouloir emprunter auprès des particuliers alors qu'il est classé AAA et que l'écart de taux avec le meilleur pays de la zone euro (l'Allemagne) est faible (3.75% pour l'OAT 10 ans France). A coup sûr, le taux auquel cet emprunt sera proposé sera plus élevé que celui obtenu qu'en émettant très classiquement des OAT. Enfin, compte-tenu de la situation actuelle, il est franchement stupide de demander aux français d'épargner
En revanche, compte-tenu de sa notation (A+), EDF aurait sans doute fait une bonne opération.
Donc: EDF a pris la bonne décision, mais pas l'État. Et ce parce que la situation financière de l'état est bien meilleure que celle d'EDF. (il n'y a pas de mérite à cela: les états peuvent toujours augmenter leurs impôts...)
au risque de paraphraser mes petits camarades, je profite de la tribune pour râler contre une administration centrale qui prend ses administrés pour des cons et tond la laine sur le dos du mouton pour assumer des ambitions non dites.
La mission de service public qui cadre l'activité de EDF est largement oubliée à la fois par le principal actionnaire qui en est l'auteur (l'Etat) et par l'exploitant de l'entreprise qui se fait plaisir à jouer à l'entreprise mondiale avec son beau "jouet" sans considération de ses objectifs premiers.
L'exercice du contrôle de l'actionnaire n'étant vérifié par personne et au pire, sans sanctions, il ne peut qu'être condamné de complice de la situation de son entreprise. Ca fait un peu penser à d'autres entreprises publiques ou parapubliques ...
La gestion long terme de EDF est sujet à critiques depuis des années sans que ni l'actionnaire ni la direction de l'entreprise n'ai fait quoi que ce soit. Au contraire, des encouragements béats ont été prodigués au "champion national" qui allait en remontrer à la terre entière ... avec l'argent de qui ?
L'accroissement de la dette de EDF est pour moitié du à ses investissements à l'étranger qui sont totalement déconnectés de ses missions. On se demande qu'elle kamikaze de politicien est capable de nous expliquer pourquoi racheter un producteur d'énergie US est bon pour la ménagère de la Creuse.
Personne, à gauche comme à droite n'a levé un ongle de petit doigt pour s'insurger sur le fait que 140 euros annuels d'augmentation moyenne par foyer était une pression quasi fiscale insupportable. Au fait, où est la Commission de Bruxelles pour contrôler ces errements dans le cadre d'un monopole d'Etat ?
Qui relaie que les augmentations incessantes d'importation d'électricité sont là pour palier aux carences de l'insuffisante capacité de production ? pas la presse ni les politiques.
En résumé, pour la gloire de EDF, de sa gestion "étonnante", de ses ambitions au service de l'Etat, de ses sous-investissements nécessaires à l'accomplissement de sa mission de service public, le bon peuple va encore devoir cracher au bassinet. Ceci n'intéresse pas la presse ni les politiques. On pourrait presque croire à une collusion mais ce serait surement aller trop loin ... quoi que.
Grrrrrr