Tibéhirine: «les délires d'un général français»?

Slate.fr, mis à jour le 07.07.2009 à 12 h 13

Le site internet d'El Watan est sceptique face aux déclarations du général français à la retraite François Buchwalter sur la mort en mars 1996 des sept moines de Tibéhirine. Le quotidien algérien francophone titre même : «Il accuse l'armée algérienne d'être derrière la mort des moines de Tibéhirine : Les délires d'un général français».

Le journaliste Mokrane Ait Ouarabi revient d'abord sur les révélations de l'ex officier supérieur français, alors attaché militaire à l'ambassade de France à Alger. Selon ce dernier, l'armée algérienne est responsable du massacre des sept moines cisterciens : «les hélicoptères de l'armée algérienne ont survolé le bivouac d'un groupe armé et ont tiré, s'apercevant ensuite qu'ils avaient non seulement touché des membres du groupe armé mais des moines. (...)Les corps des moines étaient criblés de balles», a déclaré François Buchwalter, entendu le 25 juin 2009 par la justice française.

Le quotidien algérien met en doute la véracité des faits décrits par ce dernier. L'ancien général français tiendrait ces informations d'un militaire algérien dont le frère avait été aux commandes d'un hélicoptère lors de l'attaque. La source est donc inconnue et peu fiable, et aucune preuve matérielle ne vient vérifier l'éventuelle véracité de ces propos. «Si les moines ont été criblés de balles tirées d'hélicoptères comme le disait le général Buchwalter, comment se fait-il qu'aucune victime n'ait été touchée à la tête?» se demande le journaliste algérien.

Enfin, l'article rappelle le contexte de «crise larvée entre Alger et Paris», et souligne la médiatisation excessive de ces révélations. «Il faut dire que ce général à la retraite n'est pas seul dans ce qui s'apparente à une campagne de dénigrement de l'Etat algérien», s'étonne le journaliste en rappelant les déclarations de Jean-Pierre Raffarin qui s'était aussitôt emparé de l'affaire en demandant la levée du secret-défense dans cette affaire. Tout le travail reste donc à faire selon El Watan, car «beaucoup de zones d'ombres méritent d'être élucidées».

[Lire l'article complet sur El Watan]

Lire sur le sujet: Les mystères du massacre des moines de Tibéhirine, par Henri Tincq.

(Photo: Plusieurs milliers de personnes se sont réunis pour une cérémonie du souvenir, une semaine après l'annonce du décès des sept moines. REUTERS)

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