Culture

L'Australie, pays des sex-symbols de cinéma

Didier Lestrade, mis à jour le 26.08.2013 à 14 h 44

Sam Worthington, Chris Hemsworth, Liam McIntyre, Travis Fimmel, Jai Courtney... Sur grand comme petit écran, l'Australien est un surhomme, taciturne, musclé, poilu, souvent barbu. Et, au final, irrésistible.

Travis Fimmel dans «Vikings».

Travis Fimmel dans «Vikings».

Quelqu'un en Australie a décidé que ce pays serait désormais leader de l'érotisme du cinéma masculin, surtout dans le domaine de l'action. Depuis Russell Crowe, et bien avant en fait, le cinquième continent n'a de cesse de produire des bêtes de sexe pour promouvoir une idée de l'homme sympa et irrésistible qui finit par devenir le premier rôle des films ou des séries télé. On dirait qu'en ces temps de fin du métrosexuel, il soit nécessaire d'aller down under pour trouver des vrais mecs.

Le phénomène s'est accéléré ces dernières années avec l'explosion des carrières de Sam Worthington, un Anglais qui a grandi à Perth (Avatar), Chris Hemsworth (Thor), Andy Whitfield et Liam McIntyre (Spartacus), Travis Fimmel (Vikings) et le tout dernier de la liste, Jai Courtney (Die Hard 5). À chaque fois, l'Australien est un surhomme, taciturne, musclé, poilu, souvent barbu.

En termes de positionnement, des rôles aussi importants que celui de Russell Crowe dans Gladiator ont nourri un renouveau post-péplum qui a étonné tout le monde depuis dix ans. Ces films sont réellement des trendsetters, le look de ces acteurs australiens a un impact majeur auprès des fans qui aiment la grosse castagne. Et les gays ne sont plus les seuls à blaguer sur la question mythique de la drague ringarde:

«Et... tu aimes les films de gladiateurs?»

Tu as vu Joel Edgerton dans 300? C'est tout le monde qui suit le mouvement, les geeks de la SF, les nanas qui raffolent de ces hommes craquants (et ne me dites pas que Russell Crowe dans L.A. Confidential ne l'est pas). Quand on est en haut de l'affiche d'un blockbuster comme Avatar, ça se remarque.

La trajectoire est toujours la même. Des débuts de loubards dans des films de série B devenus cultes: Romper Stomper pour Russell Crowe, Chopper pour Eric Bana, Bootmen pour Sam Worthington, et bam! Un gros film d'action qui cartonne, un autre à la suite, puis un bon thriller et pour finir une comédie dramatique sirupeuse. Et le tour est joué.

En savoir plus sur eux

Ce qui lie tous ces hommes, c'est qu'ils provoquent une envie sincère d'en savoir plus sur eux. Vous découvrez Jai Courtney en second rôle dans Jack Reacher et sa gueule vous arrache les yeux: vous allez instantanément sur Google pour vérifier. Ah mais c'était lui dans Spartacus, merde, j'avais pas fait le lien!

Sam Worthington est devenu l'objet d'une admiration populaire que la critique méprise, surtout depuis qu'il s'est mis dans la tête d'affronter l'Olympe dans Le Choc des Titans. Et que serait True Blood sans le sex-appeal du frère de Sookie, Ryan Kwanten? Est-ce que Le Seigneur des Anneaux aurait marché sans la ribambelle de guerriers barbus comme David Wenham? Wolverine sans Hugh Jackman? Hulk sans Eric Bana? Brokeback Mountain sans Heath Ledger? Le Mentalist sans Simon Baker?

Et regardons de plus près ce qui s'est passé avec le cas d'école qu'est devenu Spartacus. Un premier rôle pour Andy Whitfield qui joue le rôle titre, une sorte de Jésus Christ qui passe à la guérilla. À la surprise générale, il décède d'un cancer dès la fin de la première saison. Et on enchaîne tout de suite après avec Liam McIntyre, un autre Australien avec un visage angulaire qui finit par devenir aussi christique que le premier.

Et même si on peut argumenter que Spartacus est un croisement/sous-produit entre 300 et Gladiator, c'est effectivement une des meilleures mini-séries de ces dernières années, à mettre au même niveau que des grandes productions avec beaucoup plus de moyens (Troie, Alexandre). Au fur et à mesure que la série se développe, les scènes de guerre prennent de plus en plus d'ampleur avec du gore, du sexe frontal et l'utopie politique de devenir libre. Une combinaison très chargée.

Blanc, sexy, baraqué, courageux, impulsif

Travis Fimmel dans Vikings est sûrement le plus étrange de tous. Physiquement, il ressemble à un hipster de San Francisco qui serait tombé dans une rave techno hardcore de Scandinavie. C'est le mec hétéro bandant dont tout le monde rêve, avec une barbe clairsemée, un regard si malin qu'il est presque pervers. C'est le plouc white trash des quartiers qui n'a pas à se fatiguer parce qu'il attire tous les regards.

On se demande quand l'Australie va faire un parc d'attraction avec tous ces acteurs. En tout cas, cette série va inciter tous les hipsters barbus à mettre des bijoux dans leurs barbes. On en reparlera dans deux ans quand ça fera de gros articles dans Numéro.

Alors, pourquoi tous ces acteurs proviennent d'Australie? En fait, ce n'est pas nouveau. Il y a eu bien sûr Mel Gibson, qu'on a pris pour un Australien à cause de Mad Max, mais il y a eu Bryan Brown, qui était tout le temps torse nu dans Les Oiseaux se cachent pour mourir. Personne n'a vraiment compris l'intérêt de Crocodile Dundee, mais Rod Taylor dans La Machine à explorer le temps de George Pal et Les Oiseaux d'Hitchcock, ça m'a traumatisé quand j'étais gosse tellement le mec puait le sexe. Idem pour l’ultime queutard, Errol Flynn dans Robin des Bois.

Finalement, le fil conducteur de toutes ces carrières, c'est le profil du mec working-class, blanc, sexy, baraqué, courageux, impulsif, qui mène des luttes impossibles en mal de leaders. Ce sont tous des acteurs qui ancrent la fidélité du public et des fans sur des questions d'éthique et de morale. Ils ont tous des voix super belles et ils ne se prennent pas trop au sérieux. Ce qui est une bonne alternative au cinéma français.

Didier Lestrade

Didier Lestrade
Didier Lestrade (71 articles)
Journaliste et écrivain
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