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Le hacking, ce n'est pas que pour les ordinateurs

Au festival Observe Make Hack 2013 / Photo Sabine Blanc

Au festival Observe Make Hack 2013 / Photo Sabine Blanc

Des LEGOS aux recettes de cuisine en passant par la musique classique, tout se hacke. Reportage à l’OHM, sorte de Jeux olympiques du hacking, à la recherche du futur.

«Mieux vaudrait se demander ce qui ne sera pas affecté» par le hacking, estime le journaliste Steven Levy, auteur d'une Bible sur l'histoire du hacking.

Un passage à Observe Hack Make (OHM), énorme festival de hackers qui a eu lieu du 31 juillet au 4 août aux Pays-Bas, suffit pour constater qu'il ne s'agit pas d'une assertion gratuite.

OHM est un peu l'équivalent des jeux Olympiques. En guise d'athlètes, des centaines de conférenciers, dont quelques légendes du milieu, et 3 000 personnes venus les écouter, contre vents et boue ou soleil de plomb, dans un camping improvisé.

Une philosophie de vie

Tout se hacke en effet, si l'on part du principe que c'est avant tout une démarche de déconstruction/reconstruction créative des systèmes, quels qu'ils soient.

Le terme, dans son acception moderne, remonte aux années 50, au Massachusetts Institute of Technology. Des jeunes gens brillants ont commencé à s’emparer des ordinateurs, de coûteuses machines alors utilisées par l’industrie et les militaires, pour donner naissance à l’informatique moderne.

Il y a dans le hacking l’idée de détournement créatif, et cela implique aussi de faire soi-même. D’abord appliqué à l’informatique, le mot a fini par s’étendre à d’autres champs. Le hacking s’apparente alors à une démarche, une philosophie de vie applicable partout. Certains pensent même que Socrate était le premier des hackers...

De façon symptomatique, sur les cinq tentes accueillant les conférences, une seule était dédiée au contenu technique. Le reste était une sorte d'inventaire à la Prévert de tout ce qui peut se détourner, en tirant plus ou moins par les cheveux.

Si le champ semble vaste, à l'image de celui où les tentes ont été plantées, reste la question de la faisabilité pour le commun des mortels, alias Mme Michu/ma maman/mon cousin Kevin, et donc du potentiel sociétal: ce n’est pas du code certes, mais est-ce pour autant facile à réaliser? Slate passe en revue six thèmes abordés et leur seuil d’accessibilité.

  1. 1. La monnaie
  2. 2. Une grande marque
  3. 3. Les plats préparés
  4. 4. Une cabane au fond du jardin / un abri d'urgence
  5. 5. Son animal de compagnie
  6. 6. Bach

1 La monnaie

Du dollar, les pièces qui circulent sous la tente ont bien des apparences: lourdes, ornées de la tête de la statue de la Liberté... En regardant de près, on s’aperçoit vite qu’il s’agit d’une monnaie alternative, un New Liberty Dollar.

«Le hacking, c’est faire soi-même, les monnaies sont créées par les gouvernements et j’ai créé une monnaie privée, personnelle», explique son créateur l’Américain Joseph Vaughn Perling.

«Le hacking peut être connoté péjorativement mais là c’est positif car je ne détruis rien, je crée une nouvelle forme de monnaie qui est compatible avec celles qui existent déjà et qui est faisable par n’importe qui à n’importe quel endroit.»

Pour ce libertarien, c’est une question de droit fondamental:

«Les gens ne sont pas libres à moins que la monnaie soit libre de toutes attaches supplémentaires qui ne sont pas voulues par les gens qui les utilisent.»

Son New Liberty dollar est en fait un reboot, comme son nom le suggère, du Liberty dollar, monnaie alternative à succès disparue en 2009 sous les coups de boutoir de la justice.

Entre-temps, il aurait été utilisé par 250.000 personnes. Son créateur Bernard von NotHaus a été jugé coupable de contrefaçon l’année dernière et même de «terrorisme intérieur», et risque vingt ans de prison.

Pour éviter de finir ainsi, Joseph Vaughn Perling a ôté les aspects qui prêtaient à confusion. Il fait aussi signer aux acheteurs une déclaration stipulant que le New Liberty Dollar n’est pas une pièce américaine ni dessiné pour être similaire à une monnaie émise par le gouvernement.

Sinon, les pièces sont aussi d’or ou d’argent comme leur ancêtre, mais affichent une valeur faciale de 50 dollars contre 20 dollars.

Joseph Vaughn Perling est bien sûr un adepte des cryptomonnaies, ces monnaies numériques peer-to-peer reposant sur le chiffrement, dont la plus connue est le bitcoin.

Un système qu’il aimerait améliorer:

«C’est éphémère, difficile à saisir, j’essaye donc de faire quelque chose de plus tangible, une vraie pièce étalon en or ou en argent, avec une valeur de bitcoin dessus. Vous pouvez donc l’utiliser pour acheter quelque chose évalué en bitcoins.»

La première vient tout juste d’être frappée, avec un QR code sur une des faces. Il espère aussi appliquer le concept du New Liberty dollar à d’autres monnaies.

Faisabilité: moyenne.

Utiliser des pièces de monnaies alternatives n’a rien de difficile, en revanche ça se complique pour trouver des personnes qui les acceptent.

Les cryptomonnaies sont plus complexes techniquement, la seule lecture du mode d’emploi de bitcoin est rebutante.

Un bitcoin

Le terme «crypto» peut aussi freiner car il connote des activités underground, voire illégales, comme se procurer de la drogue. Silkroad, le plus célèbre site de vente de drogues en ligne a recours aux bitcoins, par exemple, pour passer entre les mailles du filet. Un point qui inquiète autant les mamans que les gouvernements.

2 Une grande marque

Steven Canvin est un petit veinard. Il est entré dans le groupe LEGO en 1998 pour développer les robots LEGO Mindstorms. De 2010 à 2013, il a été community manager sur ce produit.

Cet Anglo-Danois a donc eu un poste d’observateur privilégié de la façon dont LEGO a fini par accepter d’être hackée, pour le plus grand bien de son chiffre d’affaires.

Par «hackée», on n’entend pas être copiée dans un but mercantile sans protester: LEGO ne verse pas gaiement dans le copyleft, elle se montre au contraire tatillonne et même procédurière.

Non, il fait comprendre par là que la marque danoise, au lieu de garder le contrôle sur sa production, a accepté que la communauté participe au développement de ses jouets [PDF]. Le tournant remonte à 1999, alors que LEGO vient de lancer la gamme Mindstorm.

Un étudiant de Stanford hacke la technologie et la met à disposition sur Internet. La marque a alors l’intelligence de ne pas attaquer ce passionné et comprend qu’elle peut en tirer du bénéfice. L’année d’après, la fonction de community manager est créée.

Et depuis, c’est un cas d’école de gestion intelligente des fans, comme l’explique Steven: «Il y a maintenant aussi des hackers qui font leurs propres briques, avec des imprimantes 3D ou des fraiseuses, des versions en métal pour leur intérêt car ils pensent qu’il y a des manques. Ils font part de leurs exigences à la marque, nous voulons ces pièces, pourquoi vous ne les faites pas? Pour cette raison, le groupe LEGO a accepté cette pression, et a dédié des gens pour servir d’interface

La marque danoise laisse par exemple ses fans faire des armes à sa place, car ce n’est pas compatible avec ses valeurs. «Là où LEGO ne veut pas aller, les autres y vont, toujours pour l’amour de la brique», conclut Steven, lyrique.

Faisabilité: Faible.

LEGO ou IKEA se prêtent au hack, car elles vendent des produits bidouillables par nature et ont eu l’intelligence d’en jouer. Mais il n’en va pas de même pour de nombreuses marques et la crispation sur la propriété intellectuelle et le droit d’auteur reste forte. Alors, même si la technique facilite la copie et l’échange de documentation, cela risque fort de finir en justice.

3 Les plats préparés

Pizzas, hamburgers, saucisses, bières, coca, les stands de nourriture d’OHM font honneur au cliché du nerd grassouillet qui se soucie de son hygiène de vie comme de sa première ligne de code.

Pour échapper aux odeurs de graillon, direction la food hacking base, emmenée par le sémillant Algoldor, «fermenteur» ou «kvasir» voyageur de son métier.

Le jeune homme officie en cuisine, vêtu d’une simple robe monacale, les pieds nus. «J’applique les technologies à l’art de la fermentation en m’aidant des mises à jour techniques de la communauté slow food et en partageant en retour à la communauté des hackers, les aidant à être plus en harmonie et en relation avec la nature», annonce-t-il.

Pour se rapprocher de Gaiä, pourquoi ne pas tenter un atelier kombucha? De loin, cette boisson ressemble un peu au Club Mate, la boisson favorite des hackers, tirée du maté sud-américain, qu’ils glougloutent en abondance durant le camp. Au goût, elle y ressemble aussi un peu: légèrement piquante, fraiche, mais moins douce.

Quant à la préparation, mieux avoir l’estomac accroché. Le kombucha est obtenu «par le biais d'une culture symbiotique de bactéries et de levures dans un milieu sucré», nous dit Wikipedia en langage scientifique.

Le symbiote en question, qui porte le doux nom de «mère de kombucha», se présente sous une forme médullaire beige-marron. Et il se dégage de la boisson en fermentation un parfum de vinaigre.

Pas dégoûté pour deux sous, le public goûte tout ce qu’Algodor lui tend entre deux préparatifs: le kefir, une boisson également fermentée, des navets macérés, etc.

D’autres plats et boissons plus consensuels sont aussi proposés, souvent végétariens, du petit-déjeuner au repas du soir: des sushis, des tambouilles de pâtes, etc. Et contrairement aux stands de junk food, le prix est libre.

Faisabilité: très forte.

Il suffit de jeter un oeil sur le Tumblr Je commente sur Marmiton pour constater que le hacking culinaire est un sport national. Votre grand-père qui fait son petit vin de noix? Votre mère qui fait sa confiote maison avec les fruits du jardin? Les petits paysans qui font leur fromage? Des hackers qui s’ignorent.

Et, vu les scandales sanitaires à répétition, la crise économique qui perdure ou encore les velléités propriétaires de Monsanto sur les semences, le fait maison, du jardin à l’assiette, a de beaux jours devant lui.

4 Sa cabane au fond du jardin / les abris d’urgence

A OHM, toute l’infrastructure est amenée sur place dans un champ vierge. Si vous voulez être sûr que vos provisions ne finissent pas en compote après deux jours en plein cagnard, vous pouvez toujours trimballer un frigo ou des tripotées de sacs isothermes.

Mais pour plus de cohérence avec l’événement, il est préférable de construire une yourte open source réfrigérée.

Monsieur yourte s’avance sous la forme bonhomme de Vinay Gupta, un anglo-indien se présentant comme le «gourou de la résilience globale» au look très baba cool, pagne fleuri, tongs et barbe.

Ce qui ne l’empêche pas d’essayer de bosser en bonne intelligence avec les gouvernements pour lutter contre les problèmes environnementaux par exemple. «I am trying to keep you alive», tel est sa devise, et son hexayourte fait partie de la panoplie.

«L’hexayourte est une construction très simple basée sur le concept de dôme géodésique de Buckminster Fuller, mais elle est beaucoup plus simple et facile à construire. C’est un projet de hacker car il y a un design unique en open source et les gens construisent leur modèle, selon leur but. Il y a également le partage de l’innovation, si vous avez une nouvelle idée, vous faites une hexayourte, vous prenez des photos, tout le monde copie et partage. Cela ressemble beaucoup à un logiciel ou de l’hardware open source, même si la technologie est différente.»

A ce jour, treize variantes existent. Vinay Gupta vante les quelque 750 pièces construites lors du très chic Burning Man l’année dernière, ou encore la possibilité d’en faire un abri de jardin ou comme maison pour villages communautaires.

«Mais le vrai objectif, ce sont les tentes de secours après les catastrophes, précise-t-il. En contreplaqué, elles coûtent 400 euros pièces et elles s’usent après une ou deux années à cause de la chaleur du soleil qui les cuit. Les hexayourtes en contreplaqué reviennent à 100 dollars et durent de 3 à 5 ans, soit 10 fois moins chères. Au lieu d’avoir une tente cheap faite au Pakistan, vous en avez une réalisée sur place. Il y a 16 millions de réfugiés éparpillés dans le monde, ce ne devrait être pas si compliqué que ça de faire quelque chose.» Le déploiement en Haiti fait ainsi partie des objectifs.

Faisabilité: bonne.

On a tous monté une étagère Billy. «Pour des gens qui ont déjà assemblé des meubles en kit, ce n’est pas plus difficile, assure Vinay. Les pièces de bois sont plus grosses et les outils différents, il faut utiliser une visseuse, peut-être une scie électrique, la complexité est plus grande. Si vous êtes un bon bricoleur avec les bons outils, vous pouvez la construire. Si vous travaillez avec du contreplaqué, c’est comme construire une maison, si vous travaillez avec des matériaux plus légers comme des objets préformés ou des matériaux temporaires, cela ressemble à de l’origami avancé, mais ça reste de grandes feuilles de matériaux.»

5 Son animal de compagnie

«Vous voulez le voir voler?» Le public approuve bruyamment. Dans un bruit léger de rotor, il s’élève sous le haut chapiteau, une bonne partie du public se lève pour saisir l’instant. Applaudissement à la fin du vol.

Il, c’est Orville, le chat de Bart Jansen, un artiste néerlandais qui a pluggué son chat décédé et empaillé sur un quadcopter. Le tout donne un objet artistique fascinant, une blague à la Monty Python interrogeant notre rapport à la mort de nos êtres chers, incarnée dans une icone du Net, le chat, une sorte de LOLcat donnant à philosopher. Carton obligé sur le web.

Bart et son complice technique Arjen Beltman mâtinent leur récit d’une dose d’humour pince sans rires:

«Nous avons hacké un animal décédé en un hélicoptère, c’est l’essence du hacking de transformer quelque chose en quelque chose d’autre qui a un autre usage, un autre but, on en a fait de l’art, raconte Bart. Mon chat a d’abord été hacké par une voiture japonaise, qui l’a tué sur une route. Je l’avais appelé Orville, du prénom de l’homme qui a fait le premier vol motorisé contrôlé. J’ai donc décidé de lui rendre un hommage en le faisant voler, pour qu’il mérite de nouveau son nom. Parce qu’il est mort avant terme, j’ai décidé de lui donner une nouvelle vie. Mais je ne suis pas un hacker, je suis un artiste.»

Arjen rectifie: «tout cela va ensemble, hacking, art, technologie.»

S’ensuit un débat WTF sur la possibilité pour un chat d’étirer naturellement ses pattes selon la forme d’un quadcopter. Verdict: il faut casser les os.

Plus sérieusement, Bart dit ne pas avoir d’influence consciente. Si la taxidermie est à la mode chez les artistes, le Hollandais explique qu’il «met juste deux idées ensemble».

A OHM, le duo a aussi joué les attractions avec sa seconde expérimentation similaire, sur une autruche. La bête a daigné voler quelques secondes avant de s’affaler au sol. Une autruche n’est pas un leste matou.

Ce qui n’empêche pas Bart de songer à poursuivre le concept avec une girafe: «il y en aura sans doutes d’autres car c’est amusant à faire.» Le fun comme motivation, encore un point que Bart et Arjen partagent avec les hackers.

Faisabilité: très faible.

Franchement, il faut une bonne dose de transgression pour aller confier son toutou ou son canari adoré après sa mort pour en faire un objet capable d’amuser la galerie. Quant à le faire vraiment soi-même, le défi technique dépend de la taille de la bestiole. Et même pour le simple chat, «aucune pièce originale du quadcopter n’a été utilisée, il faut beaucoup réfléchir pour le faire», détaille Arjen. Pour un bouledogue ou un cheval, bon courage.

6 Bach

Comme le parterre de hackers devant elle, Kimiko Ishizaka a les doigts lestes et agiles sur son clavier. Mais les touches que ses doigts parcourent ne sont pas celles d’un clavier d’ordinateur mais celui d’un piano à queue.

L’instrument a été installé dans l’immense tente Ada Lovelace samedi en fin de journée: Kimiko Ishizaka est venue pour jouer Bach et Chopin en guise de concert final à OHM.

Improbable? Du tout, l’artiste germano-japonaise a déjà travaillé avec le milieu dans le cadre du projet Bach open source, l’enregistrement et la diffusion versée au domaine public des variations Goldberg.

Robert Douglass, un développeur fan de musique, avait mené l’initiative, financé par une collecte de crowdsourcing, en association avec Musescore, un éditeur de logiciel gratuit et libre pour l'édition de partitions de musique et la composition.

Depuis, Kimiko Ishizaka est devenue une évangéliste du domaine public. «Toute la grande musique dont nous avons hérité avec le temps dans le domaine public a besoin d’éditions numériques modernes sous des licences libres, de même que des enregistrements de qualité dans le domaine public qui soient des références et autorisent les hackers à réaliser de nouvelles créations à partir d’elles», explique-t-elle.

Actuellement, le cadre législatif européen stipule que les droits voisins du droit d’auteur, c’est-à-dire ceux des artistes-interprètes et des producteurs, durent 70 ans. En clair, on a le temps de mourir avant de pouvoir retravailler les compositions, ou il faut passer à la caisse. Sans compter la perte de temps à gérer ces aspects juridiques.

Pour porter la bonne parole, une tournée mondiale de douze concerts a été annoncée lors du festival, doublé de clips vidéo combinant la musique des variations Goldberg et des animations générées par ordinateur basées sur les équations fractales de Mandelbrot. Une campagne Kickstarter a commencé pour financer l’opération.

L’opération s’inscrit dans la philosophie de la culture libre, selon lequel «tout travail créatif est dérivatif».

De ce point de vue, Bach et Chopin sont considérés par Kimiko Ishizaka comme «deux des plus grands hackers et créateurs de musique de tous les temps».

L'oeuvre de Bach, plus que tout autre musicien classique, se prête au jeu de la métaphore avec le code informatique, comme l’a démontré Douglas Hofstadter dans son ouvrage culte Gödel, Escher, Bach: Les Brins d'une Guirlande Éternelle.

Bien sûr, le concert de OHM a été enregistré et sera disponible sous une licence Creative Commons by nc.

Faisabilité: moyenne. 

Le vieux monde de l’industrie musicale continue de faire de la résistance, le copyright madness est en pleine forme. En même temps, Pascal Nègre n’est pas immortel.

Texte et photos par Sabine Blanc

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