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Lisez Julien Coupat, par Fox News

Le journaliste politique Glenn Beck livre sur la chaîne américaine Fox News son analyse du livre «L'insurrection qui vient», dont la version traduite en anglais sort le 9 août. Selon lui, il s'agit d'«un livre dangereux» qui «appelle à la révolution violente» et que les Américains doivent prendre très au sérieux.

 

«L'extrême gauche appelle activement à la violence. [...] Ils veulent abattre le capitalisme et le mode de vie occidental. Cela a commencé en France et s'est étendu à des pays comme le Grèce ou l'Islande, des pays où les gens n'ont plus de travail, plus d'argent et plus de patience. [...] L'Europe est au bord de la destruction depuis plusieurs années. Maintenant, le phénomène est sur le point d'arriver aux Etats-Unis.»

Le présentateur révèle que Julien «Coupé», l'un des auteurs présumés du livre, a visité le Canada avec son amie en janvier 2008 et s'est «glissé» de l'autre côté de la frontière pour visiter New York. «Qui s'inquiète de la frontière canadienne? Au fait, nos frontières sont sûres, pas vrai?» ironise-t-il.

Conclusion de Glenn Beck, qui avoue tout naturellement n'avoir pas encore lu le livre: «Je ne demande pas à une interdiction de ce livre. Il est important que vous lisiez ce livre. Vous savez ce que les gens pensent, vous savez qui sont les ennemis, et vous êtes prêts.»

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La complaisance au mal

Etonnants ces échanges nourris sur Slate aussi à propos d'un texte et de son auteur présumé, présumé coupable/innocent de sabotage. Il vient de se marier. Rouillan et Ménigon mariés en prison sont en train de divorcer.

D'abord Tarnac ce lieu emblématique, centre métaphysique sur le plateau de Millevaches. Je suis né à proximité aux temps de ces « résistances » invoquées. Lire de Jean Marie Borzeix né à Bugeat, ancien directeur de France Culture : « Jeudi Saint » (Stock) pour en savoir plus sur ce qui se passait là. Lire aussi Richard Millet : « L'opprobre, essai de démonologie » Gallimard voir http://passouline.blog.lemonde.fr/2008/04/12/moi-contre-le-reste-du-monde/. Tarnac se trouve presque à mi-chemin entre St Merd les Oussines et la Villedieu, un moyen terme entre scatologie et escathologie métaphysiques? Pour l'ambiance. Mille vaches ne veut pas dire mille bovins ou mille salauds mais mille sources. C'est sans doute un lieu de ressourcement aux directions multiples, dans tous les Sens.

Ensuite « l'insurrection qui vient » de réfugiés résistants sans doute. Il est vrai que les commentaires ici sont soit clairement opposés soit dans différentes formes de complaisances, directes ou détournées. Que peut-on dire de ce genre de texte qui se caractérise par un arrière fond qui dessine une société entièrement organisée par les pouvoirs, incarnations du mal et par une prophétie (auto-exauçante) de nécessaire destruction de cette société. Il est « de bonne guerre » de stigmatiser certains maux de notre société et d'en faire la règle de son existence même. Le principe du bien ici c'est le peuple c'est-à-dire plus justement une figure de la « masse » comme toutes les métaphysiques matérialistes Il faut bien reconnaître que la principale caractéristique de ce peuple c'est d'être soumis au mal qui en devient ainsi la référence première dès lors que nait l'individu et son désir d'autonomie. On se demande dans quelle société le supposé auteur a pu construire une telle vision tout en ayant été porté jusqu'au gradins de l'EHESS. Peut-être dans les entrailles même de cette maison.

On voit bien que le regard de l'auteur et de ceux qui s'y retrouvent est chargé d'affects mais aussi d'une cohérence radicale qui là ne se prête à aucun doute critique. Evidemment tout ce qui serait de l'ordre d'une critique prouverait ipso facto son appartenance au mal.

Il s'agit là d'un phénomène humain qui est tel que si nous sommes disposés dans un certain Sens le monde et la réalité affirment une cohérence implacable. A chaque Sens du regard une « vérité du monde » parfaitement cohérente grâce notamment au refus de considérer qu'il puisse y avoir d'autres points de vue, leurs tenants sont très vite identifiés comme dans la faute ou l'erreur. Cette vérité unique enjeu de tous les combats a trouvé avec le relativisme moderne un regard complaisant et désengagé. Un hors jeu qui n'est plus qu'un jeu. Les médias en sont friands. Seulement cet hors jeu du Sens a un Sens, humain comme les autres, même s'il se dit dans le déni, l'évitement, la complaisance, la plainte victimaire, c'est selon. A chaque Sens correspond aussi un certain visage de l'homme et du monde.

On peut identifier le Sens de la possession et de l'emprise où tout n'est qu'affaire de pouvoir, interprété comme tel dans les problèmes et dans les solutions, prendre le pouvoir à ceux qui le détiennent (révolutionnaire non?). Ces rapports de pouvoir s'expliquent par la lutte du bien contre le mal au nom de puissances quasi métaphysiques (celle du peuple, celle de la classe dominante). On peut changer les noms le scénario est le même, les logiques et manoeuvres de puissance sont les mêmes, les arguments sont les mêmes, l'intégrisme est le même. Seulement une question de degrés dans les affects mobilisés, comme une sorte d'instinct animal.

Le Sens du relativisme, lui, dénie le Sens comme coeur de l'homme, principe d'humanité et donc tout ce qui engage de cet ordre. L'homme est vite considéré comme un sous produit de la nature et toutes ses croyances ou comportements comme des effets naturels de systèmes naturels ou des lois naturelles des sociétés. Seule l'atteinte à la Nature est condamnable, la complaisance hormis cela est générale, une sorte d'amoralité fondatrice.

Un autre Sens est celui de la rationalité idéale, celle qui reconnaît à l'homme la capacité de construire un monde idéal. Il consent à considérer qu'il y a des parties « animales » en l'homme, irrationnelles, non policées, non éduquées mais que la civilisation cherche justement à réduire par la raison, la culture, pas par la violence. Certains comme Peter Sloterdijk philosophe allemand, y voit une sorte de dressage par un formatage selon les représentations, les catégories et les normes culturelles.

Un autre Sens est celui de l'accomplissement humain au travers d'une culture communautaire singulière et son Sens du bien commun. Critères de valeurs et enjeux de maîtrise de l'humanité en chacun et en tous balisent tout processus d'interprétation. Le discernement des Sens y est essentiel puisqu'on y considère que le Sens est le propre de l'homme l'humanité en l'homme. De là on se demandera si « l'insurrection qui vient » grandi l'homme ou le réduit au conflit des instincts et de la lutte « contre les forces du mal ». On y reconnaitra un Sens bien humain mais destructeur d'humanité.

Alors est-ce que ces Sens se valent? Une vérité qui ne grandi pas l'homme l'abaissent et nous en sommes responsables, auteurs et non pas simples spectateurs passifs ou innocents. Des mille sources en l'homme il importe de discerner celles qui l'accomplissent de celles qui l'en détournent.

Roger Nifle Humanisme Méthodologique et Prospective humaine
http://journal.coherences.com

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