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Eloge du ventilateur pour survivre à la canicule

Michel Alberganti, mis à jour le 05.06.2015 à 8 h 31

Plaidoyer pour un appareil simple, écologique et plus efficace qu’il n’y paraît pour refroidir le corps humain par ces temps de grosse chaleur.

Old wind / bachmont via FlickrCC License by

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Cet article a été originellement publié le 26 juillet 2013.

Au cours des prochains jours, vous allez peut-être craquer. Clim ou ventilateur? Avant d’opter pour le luxe «à l’américaine» avec un appareil coûteux qui ne fonctionnera que quelques jours par an, considérez les arguments du ventilateur. Une solution à 30 euros, simple, légère et sans installation...

Comment un simple ventilateur peut-il concurrencer les appareils sophistiqués? En exploitant certaines caractéristiques thermiques du corps humain à la place du travail mécanique effectué par le climatiseur (le principe est que la clim transfère la chaleur dans les deux sens, soit vers l’intérieur pour le chauffage, soit vers l’extérieur pour la réfrigération).

Un ventilateur se borne à faire circuler l’air. Son hélice aspire l’air à l’arrière et le propulse à l’avant. Pour en profiter, le corps humain doit se trouver à l’intérieur du flux ainsi créé. Que se passe-t-il alors? Deux phénomènes simples.

L’intérieur du corps humain se trouvant à la température de 37°C, la peau se trouve soumise à une température comprise entre 37°C et la température ambiante. L’air étant un mauvais conducteur thermique, le refroidissement de la peau s’effectue d’autant plus mal que l’air ambiant est chaud. La couche d’air chauffée directement par la peau reste donc à une température d’autant plus élevée que l’air ambiant est chaud.

Le ventilateur agit alors comme le vent. Ce vent qui, l'été, nous apporte une douce fraîcheur malgré un soleil de plomb. Mais l’air du ventilateur, lui, vient... de la pièce dans laquelle nous nous trouvons. Pourtant, il souffle la couche d’air chauffée par la peau qui se retrouve ainsi en permanence à la température de l’air ambiant. De quoi gagner la différence avec 37°C. Ce qui n’est pas négligeable. Lorsqu’il fait 30°C dans une pièce, comme au moment où j’écris ces lignes, la chaleur, insupportable sans ventilateur, l’est nettement moins grâce à ce souffle permanent, même à 30°C.

Le second effet de la ventilation est lié, comme dans les appareils de réfrigération, au phénomène d’évaporation. Lorsqu’il fait chaud, les pores de la peau du corps humain secrètent un liquide, la sueur, composée essentiellement d’eau, de minéraux (sodium, potassium, calcium, magnésium...), de lactate et d’urée.   

La fonction de la transpiration est de réguler la température du corps humain afin qu’elle ne s’élève pas trop au dessus de 37°C. C’est pour cette raison que l’on ne transpire que lorsqu’il fait chaud ou que certains sentiments, comme la peur ou l’anxiété, font monter la température interne.

Contrairement à ce que certains pensent (si, si...), la sueur ne transporte pas la chaleur de l’intérieur du corps vers l’extérieur. La nature est plus astucieuse et nous permet de nous refroidir sans nous vider de notre eau.

C’est le phénomène d’évaporation de la sueur qui assure la réfrigération du corps humain. En effet, lorsque l’eau passe de l’état liquide à l’état gazeux, elle consomme de l’énergie calorifique. Cela signifie qu’elle absorbe de la chaleur suivant la loi de variation d’enthalpie. On parle également de chaleur latente de vaporisation. C’est pour cela que nous ressentons une fraîcheur parfois très forte sur la peau lorsque nous transpirons. Nous évacuons en effet 580 Kcal par litre de sueur.

L’air du ventilateur assure une évaporation permanente de la sueur, au point que l’on cesse de transpirer de façon visible. Inconvénient: une déshydratation qui peut ne pas être perceptible mais qu’il faut pallier en buvant régulièrement de l’eau.

C’est ainsi qu’un simple ventilateur devient une machine à réfrigérer le corps humain grâce à la participation active de ce dernier. Il coûte moins cher à l’achat et consomme moins d’électricité. C’est donc une solution écologique.

Choisissez de préférence un modèle qui se pose sur le sol. Mieux vaut, en effet, un courant d’air ascendant qui touche la plus grande partie du corps. Si vous transpirez peu, humidifiez votre peau à l’aide d’un gant de toilette mouillé. Mais pas trop, car attention au coup de froid...

Michel Alberganti
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