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Vous venez de survivre à un crash... Et après?

Brian Palmer, mis à jour le 18.08.2010 à 9 h 59

Surtout, ne bougez pas!

En juillet 2009, après le crash du vol de Yemenia. REUTERS/Thomas Mukoya

En juillet 2009, après le crash du vol de Yemenia. REUTERS/Thomas Mukoya

Les six occupants d'un appareil de tourisme porté disparu lundi 12 octobre au large de la Corse ont été récupérés sains et saufs par des hélicoptères militaires et de la sécurité civile. Tous souffraient d'hypothermie après avoir passé plus de cinq heures dans une eau à 20 degrés. Cet article, paru après le crash du Yemenia airlines en juillet dernier, rappelle les bons réflexes à adopter si vous vous retrouvez dans une telle situation.

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Mardi 30 juin, quelques heures après le crash du vol de Yemenia airlines, l'AFP annonçait que Bahia Bakari, une jeune comorienne de 12 ans, était la seule survivante de la catastrophe. Elle s'est accrochée à un débris pendant 10 heures avant d'être secourue. Que faire si votre avion s'écrase et que vous vous retrouvez à flotter dans l'océan?

Ne bougez pas. La plus grosse erreur que les font les victimes isolées en pleine mer est d'essayer de nager. La chaleur corporelle crée naturellement une enveloppe d'eau chaude autour de votre corps. En supposant que vous vous êtes écrasé tout habillé, vos habits contribueront à maintenir cette enveloppe. Au contraire, la nage — ou l'agitation frénétique — tend à dissoudre cette couche d'eau isolante, en plus de puiser inutilement dans vos réserves d'énergie. Utiliser la flottaison naturelle du corps est une bien meilleure stratégie. Si vous disposez d'un objet flottant — un coussin de siège ou tout autre débris flottant — accrochez vous-y bien. Sinon, adoptez une position dorsale avec les jambes et les bras en extension pour flotter. Cette technique ne marchera pas par forte mer, les vagues s'écrasant alors sur votre visage en permanence. Dans cette situation, mieux vaut rester à la verticale avec votre tête submergée, et refaire surface occasionnellement pour prendre de l'air. (Cette stratégie, appelée «drown-proofing», ne doit jamais être utilisée dans une eau froide, car elle augmente sensiblement le risque d'hypothermie. Dans une eau froide et mouvementée, il vous faudra nager sur place.)

Il y a seulement trois cas de figure qui peuvent vous pousser à nager. Le premier, pour rejoindre un débris flottant. Ensuite, s'il y a d'autres survivants, rassemblez-vous pour partager la chaleur corporelle et augmenter vos chances d'être repéré par les équipes de sauvetage. Troisièmement, le lieu du crash peut être un environnement très hostile. Le feu est fréquent dans les avions accidentés, et le feu et la fumée peuvent tuer des survivants en très peu de temps. Il est aussi fréquent qu'une grande flaque de carburant toxique se forme autour de l'avion. Les survivants d'un crash doivent s'éloigner de ces dangers en nageant contre le vent et hors de portée de toute trace de carburant visible. Mais ne vous éloignez pas trop: les sauveteurs chercheront près du lieu du crash.

Une fois à l'écart du lieu du crash et flottant confortablement, la victime peut commencer à envisager le sauvetage. Il y a peu de chances pour que le seul survivant d'un crash d'avion dispose d'outils de signalisation, mais un objet brillant fera l'affaire. Si un hélicoptère ou tout autre engin de recherche apparaît, faites un V avec votre index et votre majeur et visez les sauveteurs. Avec votre autre main, attrapez la lumière grâce à l'objet brillant et dirigez-la à l'intérieur du V.

Peur des requins? Vous avez beaucoup plus de chances de mourir d'hypothermie, de noyade, d'exposition au soleil ou de déshydratation. Mais si vous avez une peur incontrôlable des requins, vous pouvez minimiser le risque en évitant les sécrétions corporelles (urine, fèces, vomi). Si vous ne pouvez plus vous retenir, faites-le par petites doses, en attendant qu'elles se dissipent avant d'envoyer la prochaine salve.

Brian Palmer

Traduit par Grégoire Fleurot

Photo: En juillet 2009, après le crash du vol de Yemenia. REUTERS/Thomas Mukoya 

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