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- Par Mike Steinberger
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Mike Steinberger est le chroniqueur œnologique de Slate : slatewine@gmail.com. Son ouvrage, Au Revoir to All That, sur l'ascension, la chute et le devenir de la cuisine française, sort en juin aux Etats-Unis.
- DU MÊME AUTEUR
Mike Steinberger
Mike Steinberger est le chroniqueur œnologique de Slate : slatewine@gmail.com. Son ouvrage, Au Revoir to All That, sur l'ascension, la chute et le devenir de la cuisine française, sort en juin aux Etats-Unis.
Comment McDo a conquis la France
La chaîne de fast-food s'implante au Louvre
Mac Donald va bientôt ouvrir l'une de ses enseignes dans le Carrousel du Louvre, à Paris. «C'est l'apogée du consumérisme accablant, de la gastronomie débile et d'un ensemble d'odeurs désagréables, posés dans le contexte d'un musée», s'insurge un historien de l'art qui travaille au Louvre. Le site web Louvre pour tous, qui a pour mission de défendre et informer les visiteurs du musée, réagit: «Henri Loyrette, président du musée du Louvre, devait juste dire un seul mot pour empêcher l'odeur de frites de monter jusqu'au nez de la Mona Lisa. Il en a choisi autrement.» Au delà des images figurées, beaucoup de personnes en France voient en Mac Donald le cheval de Troie de la globalisation et une menace pour les produits locaux. Pour mettre cette implantation symbolique en perspective, nous republions un article du critique gastronomique de Slate.com de juillet 2009: comment McDo a conquis la France.
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Dans son nouvel ouvrage, Au Revoir to All That: Food, Wine, and the End of France («Adieu vin, fromage et exception culinaire française»), le chroniqueur œnologique de Slate Mike Steinberger se penche sur l'étonnant déclin de la cuisine française au cours des dernières décennies, et décrit comment le pays de l'art culinaire par excellence a perdu son sens de la table. Dans cet extrait, l'auteur explique comment McDonald's a conquis la France, qui représente aujourd'hui son deuxième marché mondial.
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Par un doux après-midi de mars 2007, à Paris, le Salon international de l'agriculture touche à sa fin. Une semaine durant, des centaines d'agriculteurs accompagnés de leurs bêtes ont propulsé la campagne dans la ville, histoire de donner aux citadins un petit aperçu de la France profonde*. Les enfants du bitume caressent les chevaux, coursent les poules et restent ébaubis devant la quantité de déjections déversées par les vaches. Les viandes, les fromages et les vins qui font la réputation du terroir français sont à l'honneur. L'événement permet aux Parisiens de réaffirmer annuellement leur soutien à l'agriculture française, et en ce sens, de réaffirmer leurs racines. Cette ambiance patriotique est du pain bénit pour les politiciens: inauguré par le président Jacques Chirac le dimanche précédent, le salon a vu défiler dans la semaine un nombre significatif de ministres et de députés du pays.
Encouragée par le beau temps, une gigantesque foule a afflué pour le jour de clôture. La plupart des visiteurs sont des familles avec de jeunes enfants, qui forment un saisissant portrait de la nouvelle France multiculturelle «black-blanc-beur», où les foulards islamiques le disputent aux casquettes et aux baskets. Après une semaine de festivités, la bouse, le crottin et la paille ont tout envahi. A en juger par l'odeur de basse-cour et par ce qu'on retrouve sous ses chaussures, on se croirait vraiment dans une ferme. Du moins, jusqu'à ce que l'imposant stand McDonald's n'éclabousse le regard, au fond du hall du bétail. Qu'est-ce que diable cet exposant fait ici, et pourquoi est-il plein à craquer?
Opération séduction au salon de l'Agriculture
Je m'approche et découvre qu'aucune nourriture n'est vendue. Enfin, au sens propre. Car McDonald's nourrit en revanche les badauds de sa propagande commerciale. Le stand est tapissé de vastes panneaux colorés qui détaillent la quantité de bœuf, de volaille et de produits maraîchers français qu'utilise McDonald's, la valeur nutritionnelle des produits, ainsi que les pratiques éco-responsables du groupe. Le tout baignant dans une imagerie champêtre de vaches, de pommes de terre et de gerbes de blé.
Les enfants ne sont pas épargnés par l'opération séduction : sur une petite table trône une pancarte «D'où vient ton McDo?»*, illustrée elle aussi d'images de vaches et de poules. Rien ne laisse deviner que ce stand appartient à une chaîne de fast-food américaine. Et c'est précisément l'idée. En substance, le message martelé est que McDonald's sert une nourriture française, saine et bénéfique à l'environnement. Je n'y crois pas une seconde, mais de toute évidence, le public visé, oui. Ces enfants ne réalisent-ils pas que McDonald's est le cheval de Troie de la mondialisation* et qu'ils se rendent coupables de crime de haute trahison culturelle? Que font leurs parents?
300 points de vente ouverts après l'attaque de Bové
Pour sauvegarder une certaine France, José Bové, qui a démonté le McDonald's [de Millau] en 1999, s'est présenté à l'élection présidentielle. Mais il ne fera pas le poids face au Big Mac. Au premier tour, le 22 avril 2007, il finira bon dixième, avec à peine 1% des voix. McDonald's possède alors 1.100 points de vente en France, 300 de plus que quand Bové a décidé de laminer la malbouffe avec son tracteur. Le groupe sert quotidiennement plus d'un million de personnes en France, et le chiffre d'affaires annuel y augmente deux fois plus vite qu'aux Etats-Unis. Mais le plus sidérant est encore qu'en cette année 2007, la France est devenue le deuxième marché le plus juteux pour McDonald's, devancée uniquement par le pays qui a accouché de la fast food. Bref, Bové est écrasé dans les grandes largeurs.
Mais aussi discutables soient ses méthodes, difficile, pour un francophile amoureux de bonne chair, de ne pas se sentir un minimum solidaire. Quand on voit McDonald's comme une verrue sur le sol américain, le voir en terre française fait l'effet d'un peep show planté au milieu du Vatican; dans la guerre entre roquefort et Chicken McNuggets, j'ai choisi mon camp.
Cheval de Troie
Cependant, je croyais jusqu'alors que les Français avaient été détournés de leurs bistros par un marketing US retors et forcené. Mais ce n'est pas vrai. Les Français se sont rendus à McDonald's et à la malbouffe* de leur plein gré, pour y accourir en masses toujours plus nombreuses. La victoire du cheeseburger n'est pas le fruit d'un complot diabolique ourdi par les Américains pour renverser la culture culinaire française. Non, l'ennemi est venu de l'intérieur, et pas seulement en ce que les Français étaient plus que consentants, mais aussi et surtout parce que les architectes de la stratégie McDo en France sont français.
Le principal architecte (ou bulldozer, selon le point de vue où l'on se place) est Denis Hennequin, Parisien de 49 ans entré chez McDonald's en 1984 juste après ses études de droit. A l'époque, la chaîne se relance en France, après une tentative d'installation infructueuse dans les années 1970, pour cause de désaccord entre la maison mère et les franchises françaises. D'abord assistant manager, il passe ensuite chargé de la formation et du recrutement, puis se voit confier la direction régionale de Paris, avant d'être nommé PDG de McDonald's France en 1996. Les huit années suivantes, il mène la barque à travers la tempête Bové, puis conforte solidement la croissance et l'expansion de la chaîne.
McDo dirigé par un Français
Hennequin accomplit de telles merveilles qu'en 2004, il devient vice-président de McDonald's Europe, puis président un an plus tard, et se retrouve à la tête de plus de 6.000 restaurants répartis dans 40 pays et employant 250.000 personnes. Avoir durablement ancré la présence du clown Ronald en France est une prouesse, et l'homme est donc pressenti pour diriger le siège, à Chicago. Un Français au poste suprême de McDonald's: la pilule serait amère d'un côté de l'Atlantique comme de l'autre.
Le groupe salue unanimement l'audace de ce dirigeant, notamment pendant la crise Bové. A la prudence, aux méthodes délicates et à la recherche du compromis, Hennequin a préféré la provocation pour répondre à la provocation. En 2001, McDonald's France lance ainsi une campagne promotionnelle qui repose sur Astérix, l'irréductible Gaulois préféré des Français, dont les épaisses moustaches ont inspiré les bacchantes de Bové.
La même année, Hennequin dégoupille une grenade encore plus agressive en inscrivant l'enseigne McDo au Salon de l'agriculture. Ses collègues s'inquiètent fort de la réception qui va leur être faite: «Tout le monde disait qu'on allait se faire lyncher», se souvient Eric Gravier, vice-président de McDonald's France, dans le groupe depuis longtemps. Les craintes sont telles que tous les panneaux ont été réalisés en trois exemplaires, au cas où le stand serait bombardé de fumier.
Mais Hennequin n'en démord pas: McDonald's France se fournissant à 75% en produits français, il veut, dans cette bataille médiatique, forcer les agriculteurs français qui applaudissent hypocritement Bové à reconnaître qu'ils réalisent un important volume d'affaires avec McDo. Le pari est particulièrement osé, mais Hennequin sent qu'il est en position de force, et pas uniquement vis-à -vis des agriculteurs. Car si le grand public français applaudit Bové aussi, la reconnaissance du ventre et du porte-monnaie vont certainement à McDonald's.
L'effet TVA
Et dans cette histoire, le porte-monnaie pèse lourd. McDonald's attire d'abord les étudiants désargentés, bien sûr, mais dans un contexte de chômage élevé et d'économie déprimée, l'enseigne draine toutes sortes de population. Les retraités, par exemple, comptent parmi ses plus fidèles clients. Chez McDo, on mange pour pas cher, et d'autant moins que ses restaurants ont été officiellement enregistrés comme des points de vente de restauration à emporter. Or, la TVA appliquée sur les produits de ces établissements est de 5,5%, contre 19,6 % pour les restaurants «gastronomiques», ce qui alloue (1) à McDonald's un avantage supplémentaire face aux brasseries, bistros et autres cafés.
Il est étrange que les politiques français, que l'on supposerait pourfendeurs de la mondialisation et défenseurs du patrimoine culinaire de leur pays, accordent une telle faveur fiscale à une chaîne américaine de hamburgers. Cette différence de traitement a toujours consterné les chefs, les propriétaires de restaurant et les autres intervenants de la gastronomie française. Comme le résume l'ancien chef deux étoiles André Daguin, qui a présidé l'Union des métiers de l'industrie hôtelière [jusqu'en 2008] : «Soit le gouvernement souhaite que nous ayons les meilleurs restaurants du monde, soit il ne le souhaite pas.»
Ce qui ulcère particulièrement Daguin et d'autres chefs français est que McDonald's profite de la TVA à 5,5% en tant que point de vente à emporter, alors qu'une écrasante majorité de ses clients mangent sur place. Car les Français fréquentent les McDo comme ils fréquentent les bistros: ils viennent, ils mangent et ils s'attardent à table. Comme Gravier l'expose habilement: «Les Français vont chez McDonald's à la française; c'est de la nourriture rapide, d'accord, mais pas trop rapide quand même.»
Les Français dépensent plus que les Américains
Les études menées par la chaîne le confirment: les Américains vont plus souvent chez McDonald's que les Français, à toute heure, souvent seuls, et ils choisissent l'option à emporter 70% des fois; les Français y dépensent plus d'argent que les Américains, y viennent plus souvent en groupe et y mangent à 70 % à l'heure du déjeuner ou du dîner. «En France, il y a toute une culture autour de la nourriture. Les repas ne sont pas un geste alimentaire, ils sont un geste social», conclut Gravier.
Tout l'art de la chaîne a justement consisté à caresser les Français dans le sens du poil, un aspect que je réalise pleinement lors de la visite du McDonald's des Champs-Elysées en juin 2007. Je fais partie d'un groupe de journalistes guidés par Jean-Pierre Petit, successeur de Hennequin à la tête de McDonald's France. Ils nous a conviés dans ce McDo-ci pour nous présenter le dernier-né de l'enseigne en France: le McCafé, section à part entière qui propose lattes, macchiatos et autres cafés élaborés, avec tartes aux fruits, macarons* et autres douceurs bien françaises. Le groupe envisage d'ouvrir des McCafé dans tout le pays, et l'adresse des Champs-Elysées héberge l'un des tout premiers. Certains journalistes s'empressent de commander des boissons chaudes et des pâtisseries, mais moi, on ne m'y prendra pas: on reste quand même chez McDonald's. C'est alors que Petit, qui sert une tournée de macarons, insiste pour que je goûte. J'en prends un à la pistache. Pas mal, me dis-je, mais ce n'est pas un Ladurée. Comme s'il lisait dans mes pensées, Petit précise: «Nos macarons viennent de chez Holder, le groupe propriétaire de Ladurée.» Touché*.
* En français dans le texte
Mike Steinberger
Article traduit par Chloé Leleu
Image de une: REUTERS/Sam Mircovich
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Comments
Article fort intéressant
Article fort intéressant !
Pour ce qui est de la TVA, selon mon professeur de droit fiscal de l'année passée, celle-ci est bien de 5,5 quand le client commande "à emporter" et de 19,6 quand celui-ci choisit de manger sur place, cependant les prix restent tout de même identiques, McDonalds décidant de ne pas répercuter la différence de prix directement sur le client.
En gros, le prix des produits est calculé de telle manière que McDo fait sûrement plus de profit sur les ventes à emporter, ce qui compense le manque à gagner créé par l'absence de répercussion de la TVA à 19,6 des clients qui mangent sur place.
Je n'ai pas personnellement été vérifier ses propos mais selon lui la différence de TVA apparaîtrait sur le ticket de caisse...
tva oui mais
quand on regarde les prix affichés par mac do ils sont loin d'être économiques
mais les gens ne pêtent plus attention mac do rimant avec bon marcher les gens consomment certains d'avoir fait des économies et sans vouloir faire un cour sur la mal bouffe on peut se poser la question ou est le benefice puisqu'en plus dans qq années je serais malade et tjs aussi désargenté?
papapoulos
Y a bon Mc Do
L'article est suffisament bien écrit ou traduit pour à un moment laisser planer le doute sur la TVA: Elle était bien de 5.5 si vous emportiez et de 19.6 si vous mangiez sur place.
L'auteur gomme aussi certains éléments: Aller chez Mc Do est/était à une époque très "tendance" chez les jeunes: c'était pas cher, on aimait ça et en plus c'est "ricain".
Enfin, si je suis plutôt gastronome, j'aime de temps en temps aller me faire un Mc Do, car après tout, si l'une des recettes de la réussite de Mc Do etait aussi dans ce qui y est servi; à savoir que ce n'est pas si mauvais que cela. Et quoiqu'en dise les pourfendeurs, Mc Do, c'est peut-être pas de la bouffe, mais c'est pas cher et en plus , on aime ça !
Cordialement,
http://corto74.unblog.fr
Alors là , je vous trouve gonflé
Bon, je suis pas toujours d'accord avec vous, mais là , à peu de choses près, oui. Sauf la partie c'est pas cher. C'est certain que sur le papier, un menu doit coûter dans les 8 euros. Mais on le mange avec les doigts, c'est sans surprise, parfois tiédasse. Pour 7 fois moins cher qu'un menu dans un deux étoiles que vous avez pourfendu samedi, je trouve que la différence n'est pas indécente ;-)
PS: je suis un inconditionnel du BigMac/coca light/frites
22, v'la johan !
Attention amis slaters, Johan Hufnagel est là . Est-il de permanence ce week end ? Va-t-il jouer le rôle du Grand Sécateur ? 22, les gars, faites gaffe à vos abatis, vos posts seront épluchés, vérifiés, analysés. Et sans doute, comme moi, vous serez titillé et comme moi, vous aimerez cela.
D'ailleurs, Johan, qui a supprimé mon commentaire sur la montée du fascisme ? Et pourtant un commentaire très cool même pas de moi, juste le copié-collé des paroles de la chanson de Louis Chedid "Anne, ma soeur Anne" sur la nazie-nostalgie de certains...
Tiens pour la peine, je vais aller me rendre illico chez Mc Do. Pire, je vais prendre un coke normal, Na !
Cordialement,
http://corto74.unblog.fr
A propos du McCafé
Je me permets juste de réagir à propos de la dernière section de l'article, consacré au McCafé.
Ce n'est pas là une attaque visant directement les Français et leur habitude de boire des cafés à toutes heures du jour et de la nuit... parce que nous n'avons pas cette habitude, contrairement aux anglo-saxons.
Cette initiative est destiné à concurrancer StarBucks, qui est le leader mondial de vente de café, et principalement dans les pays anglo-saxons. MacDonald reprend d'ailleurs les termes utilisés par StarBucks pour qualifier les cafés et casse les prix, d'autant plus que StarBucks est connu pour pratiquer des prix, ma foi, élevé.
Voilà un premier point que l'article ne traite pas, la relation à StarBucks.
L'autre point qui n'est malheureusement pas abordé, c'est le choix fait, d'abord en France, puis ailleurs, de personnaliser les magasins selon l'environnement dans lequel il se situe. A la différence des Etats-Unis où chaque magasin se ressemble, en France, ils abordent tous une décoration particulière qui ne tranche plus avec l'environnement local dans lequel ils s'inscrivent.
C'est là une stratégie délibérée pour que les restaurants MacDonald ne soient pas outre-mesure associé à de la restauration rapide venue d'outre-Atlantique. Force est de constater que ça marche. Dommage que là encore l'article ne l'ait pas évoqué...
Vous avez probablement
Vous avez probablement raison, et vous le faites remarquer aux lecteurs. Les commentaires existent aussi pour ça: compléter, amender si besoin, et dialoguer. Merci.
Ahhh, Mc do !
Marrant comme ça revient toujours...
En tout cas, au vu des réactions modérées de Slate, c'est à croire qu'on manque de "gauchistes extremistes" sur ce journal !! :) (à part les journalistes, bien sur...)
Bon, je suis un gauchiste particulier, parce que j'aime le coca et le Mc Do, pour la même raison que Corto !! Mc Do (tout comme le coca) c'est bon !
Alors après, les gouts et les couleurs... c'est autre chose. Mais les potatoes sont bonnes, le royal cheese et le royal bacon aussi, et j'aime bien tester leurs nouveaux sandwich occasionnellement. Et puis la comparaison des Mc Do d'un pays à l'autre est toujours savoureuse (je déconseille les Mc do Italiens).
De manière très personnelle, je n'aime que les potatoes et les 2 sandwich cités. Je ne prend donc que ça. Mais quand j'ai envie d'un bon burger pas cher, quel plaisir (et que ceux qui me disent que Quick est meilleur restent avec leur certitudes :) ), surtout à l'époque des royal à 2 € !
Mc do ne pouvait que marcher en France, car le Français moyen n'a jamais rien eu contre la junk food (tout est relatif, mais la charcuterie, grasse, salée et mauvaise pour la santé, c'est de la junk food aussi !!), et n'a généralement rien contre l'Amérique. Mais la plupart de ceux que je connais (de mon âge...) vont au Mc do une ou deux fois par mois et s'y font péter le bide.
Après y a les jeunes (dont j'ai été), qui y vont tout le temps, même quand ils n'ont pas faim, pour passer le temps, voir même pour défier les parents/l'establishment qui tente de lui faire croire que Mc do c'est le diable !
Mais bon, au final, ça ne vaudra jamais un bon hamburger fait maison ! :)
Donc relier le déclin de la cuisine française au résultats de Mc Do en France est d'une bétise grave. Par contre, il serait plus intéressant de savoir si la France réussit à échapper à l'utilisation intensive du Mc Do chez les classes les plus pauvres comme apport de protéine peu cher... car c'est là qu'est le drame, ces populations ayant fortement tendance à prendre du poids et à oublier le principe même de "bien manger".
Bilevesées
Encore un aigri anglo-saxon qui se livre au french bashing. Je trouve cela curieux que l'on trouve un plaisir à vouloir abaisser les autres... et qu'on le reprenne servilement à longueur de colonnes.
Je me moque un peu savoir si Mc Do a du succès en France ou non. Les journalistes assimilent la cuisine française à la cuisine des restaurants. Vaste erreur, si grandeur il y a, ce n'est pas dans les restaurants gastronomiques que peu de bourses peuvent se permettre, mais c'est dans la cuisine faite à la maison, la cuisine régionale qui a une richesse que l'on retrouve dans très peu de pays : de la bouillabaisse à la choucroute. Certes, les surgelés gagnent peut-être du terrain, mais il suffit de voir le succès des émissions culinaires pour constater qu'il y a encore une vraie demande pour une cuisine familiale de qualité.
Atchoum
Aller au Mc Do, c'est manger avec les mains
Le succès de Mc Do est la conséquence même de la nourriture à la française.
Le succès auprès des enfants a été immédiat en France, parce que c'est l'inverse du repas traditionnel. On mange vite et en prenant la nourriture à pleine mains. Tout l'inverse du repas traditionnel qui n'en finit pas pour des enfants obligés de rester à table et de montrer un minimum d'éducation dans le maniement des couverts et de la conversation. (Parle pas la bouche pleine !)
Ce n'est pas seulement la transgression absolue, c'est le bonheur. Et les parents, ces lâches (j'en ai fait parti), y trouvent aussi leur compte. C'est une sortie familiale qui fait plaisir aux enfants et aux parents, car elle ne se transforme pas en bagarre pour les obliger à rester assis devant leur assiette et à montrer un minimum de respect envers leurs voisins, même si le service est interminable. Si on ajoute à ça qu'avec l'économie réalisée en emmenant toute la famille au Mc Do, les parents peuvent s'offrir une baby-sitter et un bon gueuleton à deux...
Le succès immédiat de Mc Do en France a surpris les américains eux-mêmes.
A l'époque, la chaîne se relance en France, après une tentative d'installation infructueuse dans les années 1970, pour cause de désaccord entre la maison mère et les franchises françaises.
Dans mon souvenir, les américains avaient donné l'exploitation en France de Mc Do à des franchises, parce qu'ils n'y croyaient pas. Et devant le succès immédiat de la formule, ils ont voulu, au grand damne des franchisés, reprendre l'exploitation en direct en invoquant de supposés manquements à leurs obligations pour casser les contrats.
Ce qui me surprend avec la distance, ce n'est pas que Mc Do ait du succès en France, mais qu'il ait du succès dans des pays où la notion de repas familial n'existe pas, tout le monde mangeant à tour de rôle dans la cuisine, parfois sans même s'assoir. Des pays où manger au Mc Do, c'est comme manger à la maison :)
El Gato
Les enfants de Pierre Gagnaire et le Mc Do
Mon cher El Gato,
Pour apporter de l'eau à votre moulin (une fois n'est pas coutume), du temps où Pierre Gagnaire était encore à Saint-Etienne, sa première femme se plaisait à raconter que toutes les semaines elle emmenait ses enfants manger au Mc Do parce qu'ils "adoraient ça".
Très cordialement.
Marianne Arnaud
McDo et les français - Relativisons
McDo n'a pas démoli la tradition culinaire française: elle est assez grande pour se détruire elle-même. Quand on voit Jean-Pierre Coffe faire la publicité de Leader Price !!!
Ceci dit; voyons la chose avec un peu de recul:
- McDo est cher: les produits sont achetés en très ,très grosses quantités et probablement sur la base de contrats léonins envers les fournisseurs. Le nombre limité des menus et leur extrême standardisation permet des économies d'échelles qui ne sont pas répercutées dans les prix.
En dehors des malheureux esclaves qui triment derrière le comptoir, il n'y a aucun service chez Mc Do. Pas de livraison des plats à la table, et ce sont les benêts de clients qui poussent l'obligeance jusqu'à débarrasser les plateaux.
Les McDo ne devraient pas être jugés comme des restaurants: Comme leur classification l'indique c'est de la restauration rapide pour lycéens qui veulent socialiser après la classe et pour les employés pressés.. Les mêmes lycéens passés la crise de l'adolescence découvriront les joies de la cuisine traditionnelle s'ils en ont l'opportunité. Ma fille et ses copines étaient fans du McDo à quatorze ans. Dix ans après, elles n'y mettent plus les pieds et se font les bouffes entre amis dans des restaurants traditionnels. Si elles ne vont pas au restau, elles cuisinent à la maison et se débrouillent plutôt bien.
La gastronomie française souffre d'un relatif déclin dû à de nombreux facteurs socio-économiques et les McDo n'ont qu'un impact marginal. Il n'est pas dit que ce déclin soit irréversible. Donnez aux jeunes une chance de goûter à la bonne bouffe et ils seront enthousiastes.
Candide93
succés de McDo
surtout McDo respecte les enfants. Ils dépensent peu ? peu importe ils sontbienvenus. est ce qu'un enfant a essayé d'aller dans un bar et je ne parle pas de commander un repas ? les serveurs sont souvent désagréables et condescendants. A ce niveau les restaurateurs français ont ce qu'ils méritent.
Pour la TVA , la correction de la nouvelle loi est bienvenue. Quant au prix du McDo, ce n'est pas si bon marché que cela par rapport à beaucoup de restaurants ouvriers mais c'est propre, clair, et on est bien accueilli.
JG